ChangeNow - Innovations Énergie, Eau, Biodiversité (yc compensation carbone, taxe carbone, énergies renouvelables)

 

Ce 3ème article sur les innovations à ChangeNow est consacré à l'énergie après un 1er article sur quelques paradoxes écologiques et sur comment produire de manière écoresponsable et un 2ème sur l'économie circulaire (la logistique, l'usage, la gestion des déchets (tri,déchets sauvages, recyclage, upcycling, compostage).

 

Notre consommation d'énergie est directement corrélée au PIB, production. Plus le PIB augmente, plus notre consommation d'énergie augmente. Comme aujourd'hui notre consommation d'énergie est le principal vecteur d'émissions de CO2, on peut dire que la croissance de notre PIB entraîne la croissance des émissions de Gaz à Effets de Serre ce qui accroît le réchauffement climatique...

 

Donc pour réduire notre impact, il faudrait ... Réduire notre croissance, non ? C'est un sujet tabou car notre société industrielle est fondée sur la croissance alors on essaie de trouver des solutions pour découpler croissance du PIB et croissance des émissions de GES mais actuellement personne n'a réussi ! Nous verrons ce qui l'en est ici ...

 

Sommaire (Lien direct vers les parties d'articles)

Conclusion

Énergie

Les innovations sont principalement incrémentales dans l'énergie en permettant d'augmenter l'efficacité énergétique. De nouvelles technologies ont aussi pour ambition de mieux tirer parti de l'énergie hydraulique en particulier du mouvement des vagues.

Production d'énergies renouvelables

Il y a 5 sources d'énergies renouvelables : l'énergie solaire, l'énergie éolienne, l'énergie hydraulique, la géothermie et la biomasse.

 

Les trois premières génèrent principalement de l'électricité et les deux dernières du chauffage (en particulier le bois pour la biomasse).

Energies solaires

L'AIE (Agence internationale de l'énergie) estime qu'avec les installations existantes fin 2018, l'énergie solaire représente 2,6 % de l'électricité produite dans le Monde (soit 585 TWh).

 

Pour se donner une idée du chemin à faire pour basculer totalement vers les énergies renouvelables, elle estime qu'elle pourra atteindre au plus 16 % en 2050. L'énergie éolienne représente elle 4,7 % en 2018.

Lambda Energy travaille sur un filtre réalisé en nanoparticules qui transforme les longueurs d'onde bleu et vert en rouge, ce qui augmenterait de 5 points le rendement photovoltaïque (rapport entre la production produite et la puissance du rayonnement (aujourd'hui limitée à 25 %) captée par les panneaux solaires.

 

Ils sont déjà parvenus à augmenter de 2 à 4 % avec leur prototype et utiliseraient des principes analogues aux quantum dots utilisés pour les TV...

Innoventum développe des solutions hybrides solaires et éoliennes avec un design qui s'intègre facilement dans un paysage ou une zone urbaine. Il commence à y avoir une levée de boucliers parfois justifiée contre les éoliennes, pour leur bruit, leur impact sur les oiseaux et chauves-souris et parce qu'elles peuvent défigurer le paysage.

La récente position d'Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire a d'ailleurs dénoncé leur développement anarchique.

 

Le design et l'intégration des moyens de production d'énergies renouvelables sont donc un enjeu essentiel si on souhaite une adhésion des riverains à leur implantation. Cela rappelle notamment l'éco-design qui a été utilisé par les sociétés télécoms pour cacher leurs antennes BTS (2G,3G,4G).

Enfin, Offgrid propose une solution deux-en une destinée aux pays en voie de développement. Elle utilise l'énergie solaire pour distribuer de l'électricité et rendre l'eau potable (par filtration) dans des lieux éloignés.

 

Cette solution est aussi particulièrement utile en cas de catastrophe naturelle.

Energie hydraulique

Les barrages hydrauliques représentent la très grande majorité de l'énergie hydraulique produite (10 % de l'électricité produite en France, près de 17 % dans le Monde). L'utilisation des vagues et des marées est un autre moyen de produire de l'énergie, mais plus difficile à transformer en électricité.

 

Leur énergie cinétique peut être captée en exploitant les courants de marée, qui peuvent être captés par des turbines, ou hydroliennes ainsi que leur énergie potentielle en exploitant les variations du niveau de la mer.

Cette dernière technique est utilisée dans les usines marémotrices comme la fameuse usine de la Rance mise en service en 1966, restée 45 ans, la plus grande usine marémotrice au monde avec une capacité de 240 MW.

Par comparaison, la majorité des centrales nucléaires françaises ont une capacité de production de 900 MW (les 4 plus puissantes ont une capacité de 1400 MW), les parcs éoliens de Fruges, le plus grand parc éolien en France avec ses 70 éoliennes a une capacité totale de 140 MW, le 1er parc solaire français Helio Boulouparis en Nouvelle-Calédonie a récemment mis en service une seconde tranche portant sa capacité à 30 MW avec 101 200 panneaux solaires sur environ 40 hectares )

 

Les sites adaptés au captage de l'énergie marémotrice sont peu nombreux et nécessitent des aménagements importants qui modifient notablement les équilibres écologiques dans des zones généralement fragiles. La Grande-Bretagne a aussi créé une centrale marémotrice utilisant les courants sous-marins.

SinnPower utilise le mouvement des vagues pour produire son électricité avec un système de flotteur.

 

EEL Energy offre une solution permettant de produire de l'électricité grâce à une hydrolienne biomimétique ondulant comme un poisson dans l'eau. L'intérêt de cette dernière solution est d'augmenter les zones accessibles à leur solution par rapport aux turbines.

 


Même si c'est enthousiasmant de voir de nouvelles solutions qui permettraient de produire de l'énergie renouvelable, ces dispositifs restent encore à l'état de prototype, leur déploiement de manière industrielle semble encore lointain et l'énergie produite et encore trop faible il a un coût trop élevé pour faire concurrence aux autres énergies renouvelables.

 

Néanmoins, il est toujours judicieux de poursuivre ces travaux, car ces solutions peuvent être tout à fait complémentaires à d'autres solutions dans certaines zones locales en particulier pour les îles.

Biomasse

La biomasse est source d'énergie renouvelable si la production de biomasse est supérieure ou égale à sa consommation. En France, elle représente plus de 40 % des énergies renouvelables. Via des techniques de combustion, la gazéification, la pyrolyse ou encore la méthanisation, elle peut produire de la chaleur et plus globalement de l'énergie. Le problème est que sa consommation produit du CO2.

 

Certes l'impact global pourra être nul ou négatif si les forêts captant le CO2 sont utilisées pour produire de l'énergie. Néanmoins, ce serait une supercherie que de transformer des forêts compensant les émissions de carbone en biomasse en disant que nous produisons de l'énergie renouvelable ! Soit on compense le carbone émis, soit on produit de l'énergie à partir de biomasse pas les 2 !

Paradoxe des énergies renouvelables

Accroître fortement l'utilisation des énergies renouvelables est loin d'être une solution simple et sans impact écologique.

Énergie solaire et éoliennes, intermittentes nécessitent des batteries

Etant des énergies intermittentes, les panneaux photovoltaïques et les éoliennes nécessitent des batteries (Li-Ion généralement) pour conserver l'énergie lorsque la production instantanée dépasse la consommation instantanée.

 

Or ces batteries nécessitent certaines « terres rares », dont le lithium et le cobalt extraits de mines qui peuvent être extrêmement polluantes.

Eoliennes réduisent la biodiversité des oiseaux et chauve-souris

S'ajoute un autre problème pour les éoliennes. Elles réduisent la biodiversité en tuant un certain nombre d'oiseaux et chauves-souris (entre 0,3 et 18,3 selon la Ligue de Protection des Oiseaux principalement des passereaux cf. son étude).

 

 

 

Sur les 97 espèces retrouvées, 75 % sont officiellement protégées en France. L'implantation des éoliennes dans ou à proximité des ZPS (Natura 2000) génère la plus grande mortalité.

 

La mortalité directe due aux éoliennes est au moins deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1 km des Zones de Protection Spéciale (zones Natura 2000 au titre de la Directive Oiseaux) et elle y affecte bien plus qu'ailleurs les espèces patrimoniales.

Biomasse, émettrice d'oxydes d'azote

La biomasse venant de forêts renouvelées produit de l'énergie renouvelable mais aussi réduit la qualité de l'air car elle émet plus d'oxydes d'azote que les combustibles comme le gaz naturel et le fioul. (cf. les conseils de l'ADEME pour réduire les NOx émis par les chaudières à biomasse)

 

D'autre part, il faut s'assurer que les terres utilisées pour la biomasse ne réduisent pas aussi la biodiversité 

Energie hydraulique met en péril la faune et la flore des rivières

L'énergie hydraulique via ses barrages et ses turbines marémotrices mettent en péril la faune et la flore des rivières et des océans.

 

Selon la WWF, sur 21.387 centrales hydrauliques, près de 30% de ces centrales se trouvent dans des zones protégées, principalement dans des parcs nationaux et des sites naturels.

 

8.785 infrastructures supplémentaires sont prévues ou en construction qui menacent la biodiversité alors qu'elles produisent peu d'énergie (modifie le débit naturel d'un fleuve, bloquent les voies de migration des poissons, affectent la survie des espèces vulnérables et piègent les sédiments qui protègent les rives face aux inondations.).

 

L'activité bactériologique dans l'eau des barrages, surtout en régions tropicales, relâcherait aussi d'importantes quantités de méthane (gaz ayant un effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2 ).

Nucléaire, énergie non renouvelable, risqué à long terme même si émet autant de CO2 que les éoliennes 

 

 

Le nucléaire émet très peu de gaz à effet de serre (lié à leur construction et exploitation et émet autant que les éoliennes) n'est pas une énergie renouvelable car elle utilise l'uranium enrichi, ressource naturelle, même si les réserves actuelles suffisent pour au minimum une centaine d'année. rejette surtout des déchets radioactifs qu'on ne peut éliminer.

 

Leur retraitement à la Hague nécessite leur vitrification pour un entreposage en surface et ou leur stockage en couche géologique profonde. Les déchets radioactifs (comme Technétium 99 - article) ont des demi-vies de 200 à 300 000 ans, d'autres comme le Césium 235 a une demi-vie de quelques millions d'années. Leur radiotoxicité diminue avec le temps.

L'EPR (3e génération) recycle partiellement les déchets radioactifs et fournirait 22 % de plus d'électricité qu'un réacteur traditionnel à partir de la même quantité de combustible nucléaire et réduirait d'environ 15 à 30 % le volume de déchets radioactifs générés grâce à une fission plus complète de l'uranium, néanmoins leur construction est d'une bien plus grande complexité que les centrales de 2ème génération.

 

L'EPR de Flamanville qui a accumulé les déboires coûterait 12,4 Md € contre un coût initial estimé en 2006 à 3,3 Md € avec un retard de 10 ans (mise en service en 2022 au lieu de 2012). La construction de deux EPR jumeaux permettrait selon EDF de réduire le coût unitaire à 7,5 Md € pour les prochains EPR. En Chine, la construction de deux EPR s'est faite pour environ 12 milliards d'euros. Cela ne tient pas compte du coût de déconstruction...

Le réacteur à neutrons rapides (dont SuperPhénix était un prototype qui est en cours de démantèlement) permet de recycler aussi les déchets radioactifs néanmoins ils posent d'autres problèmes techniques et ne serait pas rentable par rapport à l'utilisation d'uranium enrichi.

Reste la fusion nucléaire qui pour le coup ne produit aucun déchet radioactif et ne sera peut-être opérationnel que d'ici 20/30 ans.

 

Le projet ITER qui permet de tester cette technologie n'a pas vocation à produire de l'énergie et émettrait son premier plasma en deutérium-tritium en 2035.

Comparaison des coûts de production des différentes énergies

Pour l'électricité, Il est aussi nécessaire son coût de production reste compétitif avec les autres sources d'énergie. Selon la Cour des comptes, pour le nucléaire, il serait de 6 cents € /KWH (en 2013) qui augmente en raison des coûts de maintenance.

 

Les coûts seraient aussi supérieurs pour les centrales nouvelle génération (> 6 centimes € juste pour le coût de construction pour la centrale nucléaire EPR (GEN. 3) de Flamanville p26 ).

 

Pour l'éolien, il serait au minimum d'environ de 5,7 cent / kWh et 7,4 cent/kWh pour le solaire professionnel au sol à plus de 17 centimes pour le solaire résidentiel (ADEME).

Que faire ?

Il faut certes développer les énergies renouvelables mais croire qu'elles seront capables de répondre à nos besoins énergétiques actuels est une gageure car elles n'en souvent pas la capacité et auraient à grande échelle aussi des conséquences dramatiques sur notre planète (en particulier réduction de la biodiversité).

 

Le nucléaire pose des cas de conscience terribles entre une énergie produisant des déchets radioactifs, présentent des risques pour les populations à court terme et à long terme mais c'est une énergie que les énergies renouvelables ne peuvent aujourd'hui remplacer totalement en l'état.

 

 

 

Si l'arrêt de centrales nucléaires semble donc hasardeux comme nous le voyons en Allemagne dont l'électricité émet beaucoup plus de GES (312 g eq CO2/kWh et la part des énergies renouvelables peut passer de 75% à 15% de sa production énergétique en fonction de la météo compensée par des centrales thermiques) que la France (versus environ 50 g pour la France), la construction de nouvelles centrales semble aussi très hasardeux. Il faudrait immobiliser des capitaux très importants sur des projets à 20 ans minimum alors que ces mêmes sommes pourraient être utilisées de manière beaucoup plus agiles.

Réduction de la consommation

La principale solution qui tient la route est la très forte réduction de consommation d'énergie. J'en parle plus loin dans cet article.

 

 

Aujourd'hui, seule la terrible pandémie de coronavirus Covid-19 a eu un impact significatif et mondial sur la consommation d'énergie mais au prix de décès de milliers de personnes, d'un arrêt massif de l'activité et de déplacements. Cette baisse de consommation réduit la pollution de manière significative en particulier en Chine très consommatrice de charbon.

 

D'autre part, il faut espérer que cette pandémie ne dure pas et que sa fin ne provoque une forte reprise de la consommation d'énergie et l'émission de nouveau massif de GES ... 

Pilotage mix énergétique

La 2ème solution est d'augmenter notre capacité à piloter le mix énergétique localement en utilisant le moins d'énergie émettrices de CO2.

 

Concrètement, cela signifie être capable en cas de pic de consommation dans un secteur géographique de puiser dans des batteries à proximité, potentiellement de faire de l'effacement énergétique (réduire la consommation par exemple d'industries ou de chauffage pour l'effacement diffus) pour utiliser au minimum des centrales thermiques ou d'importer de l'électricité.

Développement des énergies renouvelables

Très restrictive au début, ses règles s'assouplissent depuis un arrêté de novembre 2019 qui permet à deux sites d'y participer à condition de ne pas être situé à une distance de plus de deux kilomètres et que la puissance totale de ce type d'installation ne dépasse pas les 3 mégawatts. Ils utilisent le réseau électrique usuel donc il est inutile de construire une infrastructure parallèle.

La 3ème solution est de développer les énergies renouvelables à condition qu'elles permettent de remplacer l'utilisation de centrales thermiques. Ce n'est pas évident compte tenu de leur intermittence et que le stockage par batterie n'a de sens que localement.

 

L'auto-consommation collective (partager l'énergie produite avec ses voisins non producteurs) devrait aussi être développée d'autant que cela permet de rendre des quartiers et des communes résilientes en cas de panne électrique.


Comme le prix de l'électricité est très bas (13 c/kWh comparativement à l'Allemagne à 30 c/kWh), elle se développe très peu (50.000 autoconsommateurs dans l'Hexagone, contre un million et demi en Allemagne).

 

Le surplus de consommation peut être revendu au prix du marché (en France environ 1 cent € jusqu'à 5 cent € en cas de pic en hiver) ou donné à titre gratuit à Enedis (utile quand il arrive que l'électricité ait un prix négatif ;) ex: ci-contre sur base des prix Spot RTE   )

 

 

 

En revanche, il n'y a pas de prix de rachat comme pour l'autoconsommation individuelle (pour <= 3 kWc 10 cent en auto-consommation, 18 cent si revente totale) . Il serait sans doute judicieux de donner aussi un coup de pouce au prix de revente pour l'auto-consommation collective.

Quelques repères sur la production d'énergie

Dans le monde, la production mondiale d'énergie primaire est d'environ 13 790 millions de TEP (2015). La part des énergies renouvelables dans la consommation finale mondiale d'énergie est estimée en 2017 à 18,1 %, dont 7,5 % de biomasse traditionnelle (bois, déchets agricoles, etc.) et 10,6 % d'énergies renouvelables « modernes » : 4,2 % de chaleur produite par les énergies renouvelables thermiques (biomasse, géothermie, solaire), 3,6 % d'hydroélectricité, 2 % pour les autres renouvelables électriques (éolien, solaire, géothermie, biomasse, biogaz) et 1 % pour les biocarburants; leur part dans la production d'électricité était estimée en 2018 à 26,2 %.

La consommation d'énergie finale en France de pétrole en 2017 est de 140,1 MTEP (tonnes équivalent pétrole), dont 24 % de l'électricité.

 

 

 

Les énergies renouvelables représentent environ 14 %. La biomasse-déchets représente 9,7 % principalement liée à la combustion de bois (environ 9 Mtep dont plus de 70 % en bois « domestique »). Le nucléaire représente 17 % de la production d'énergie, hydraulique 2,4 %, éolien 1,1 %, solaire 0,4 %.

Distribution d'énergie

Il y a de plus en plus de distributeurs qui proposent d'acheter de l'énergie verte (qui comprend aussi le biogaz, la co-génération) auprès de distributeurs énergétiques. Il est impossible de savoir si l'électricité que vous consommez provient d'une source renouvelable ou pas (ce sont des électrons !)

 

 

Néanmoins dans de nombreux cas, des distributeurs ne vendent pas de l'énergie dite verte (cf. liste de Greenpeace qui note les fournisseurs français).

 

D'une part, ils achètent de l'énergie carbonée ou d'origine nucléaire et d'autre part ils achètent des garanties d'origine à des producteurs d'énergie verte.

A chaque MW d'énergie verte produite est associée une garantie d'origine pour un MW. Le producteur d'énergie verte peut revendre son énergie verte à un distributeur (mais sans la garantie) et d'autre part, il peut vendre sa garantie d'origine à un autre distributeur qui en réalité n'achète pas d'énergie verte. Un client final qui achèterait de l'énergie de ce distributeur, n'utilise pas d'énergie verte mais sait que quelque part une quantité d'énergie verte a été produite !

 

Comme le précise le rapport de Carbone 4, en France seul 1 % des garanties d'origine émises en 2017 correspondent à des installations postérieures à 2015 (principalement hydrauliques). C'est dû notamment au fait que la législation française empêche de cumuler des aides publiques (comme les tarifs de rachat) et des garanties d'origine.

Startups / Organisations à ChangeNow

Enercoop est un des fournisseurs d'énergie « vraiment » verte, les plus connus avec un modèle coopératif (SCIC).

 

L'énergie provient exclusivement de producteurs indépendants exclusivement d'énergies renouvelables.

Elecocité offre aussi de l'électricité verte (l'évaluation n'a pas encore été faite par GreenPeace) et propose qu'une partie de vos consommations financent un projet d'énergies renouvelables (comme EEL Energy)

Distribution dans les pays en voie de développement ou difficiles d'accès

Pour faciliter l'accès des populations dans les pays en voie de développement à l'énergie, de plus en plus de distributeurs proposent un accès à l'énergie « pay-as-use », Oorja propose ainsi d'y déployer l'usage de panneaux photovoltaïques et de vendre à l'usage l'énergie produite.

Stockage de l'énergie

Une problématique majeure des énergies renouvelables est leur intermittence de production qui nécessite un stockage spécifique. Il existe de nombreuses manières de stocker l'énergie : mécanique comme les barrages hydroélectriques, électrochimique (piles, batteries, vecteur hydrogène), électromagnétique (bobines supraconductrices), thermique (chaleur latente ou sensible).

 

 

 

L'enjeu est de parvenir à réduire au maximum les pertes entre production et consommation de l'énergie notamment en réduisant les intermédiaires. Le solaire thermique qui chauffe l'eau est beaucoup plus efficace qu'un panneau photovoltaïque qui transforme les rayons du soleil en électricité qui elle-même chaufferait l'eau.

En raison de l'omniprésence de l'électricité, le stockage électrochimique est la solution la plus pratique comme l'a montré le développement des batteries rechargeables lithium-ion.

 

Elles posent néanmoins des problèmes car il faut exploiter des mines de lithium et de cobalt qui peuvent être très polluantes. D'autre part le recyclage des batteries Li-Ion reste encore trop faible. La réglementation européenne (Directive 2006/66/CE ) n'oblige qu'à recycler ces batteries à 50 % de leur poids contre 90 % pour les batteries au plomb.

Batteries à hydrogène, Fuel Cells / Piles à combustibles

L'autre solution sont les batteries à hydrogène (fuel cells ou piles à combustibles). Elles ne rejettent que de la vapeur d'eau et sont produites à partir d'une ressource quasi-inépuisable l'eau.

 

La transformation de dihydrogène en énergie cinétique (du réservoir à la roue) est supérieure à l'essence (45 % versus 20 %).

 

 

Sa production pose des problèmes de rendement et écologique. Elles peuvent être produites par électrolyse de l'eau qui a un rendement faible comparé à l'essence (20 % versus 80 à 90 % pour l'essence du puits au réservoir), par thermolyse mais aussi à partir d'hydrocarbures ce qui émet fortement du CO2 (séparation du carbone et de l'hydrogène et production de CO et de CO2 en parallèle du dihydrogène). Cette dernière solution bien qu'absurde sur le plan écologique est la plus couramment utilisée...

 

 

 

Aujourd'hui, les piles combustibles utilisent principalement du platine, très cher et rare qui aurait vocation à être remplacé par la palladium moins rare.

EH Group Engineering présentait ainsi sa pile à combustible.

 

 

 

Au-delà des problèmes d'efficacité énergétique, l'une des raisons qui empêche l'utilisation massive d'hydrogène est la nécessité de créer des infrastructures spécifiques en parallèle des infrastructures existantes (stations-services et recharge électrique) sans compter les bisbilles entre opérateurs (ex : fermeture du réseau Corri-Door de 189 bornes en France en raison de des dissensions entre Izivia et EVBox).

Réduction de la consommation d'énergie et d'émissions CO2

Stratégie Bas Carbone en France plutôt Stratégie énergies renouvelables .

La France a mis en oeuvre une stratégie Bas Carbone (cf. article) en investissant 6,7 Md€ en 2016 et 9Md€ en 2017 (dont 3,7 Md€ pour aider à l'implantation d'éoliennes et de panneaux photovoltaïques en 2016 et 5,7 Md€ en 2017), l'impact a été ... d'augmenter les émissions de gaz à effets de serre (GES) ... et l'objectif d'ici 2028 est de stabiliser les émissions de CO2 !

 

 

 

C'est assez logique car 75 % de l'électricité provient du nucléaire. Bien que loin d'être parfait avec ses déchets et risques (cf. plus haut), il produit autant d'émissions de CO2 que les éoliennes. Comme les éoliennes et l'énergie solaire sont des énergies intermittentes, elles nécessitent des moyens de productions complémentaires en particulier le gaz qui augmentent les émissions de CO2 !

C'est ballot, ils se sont trompés sur le nom de la stratégie ! L'objectif de cette stratégie bas carbone n'est pas de réduire les émissions de carbone de la France mais d'investir dans les énergies renouvelables. Il aurait été préférable que le nom de la stratégie corresponde à la réalité. On évite de faire prendre des vessies pour des lanternes !

 

D'autre part, on aurait lancé en parallèle une vraie stratégie bas carbone. Quand on lit la stratégie proposée par le gouvernement, elle semble limpide et pertinente, malheureusement le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) a constaté que nous ne sommes pas du tout en ligne avec les objectifs.

Nous voulions réduire les émissions de CO2 des secteurs les plus émissifs et nous les avons augmentés (cf. article) : dans les transports (plus 6 % par rapport à l'objectif avec 136 MTeCO2); le bâtiment : la construction, l'entretien et le chauffage (plus 11 % avec 88 MTeCO2), l'agriculture (plus 3 % avec 90 MTeCO2 dus pour l'essentiel aux oxydes d'azote des engrais et au méthane émis par le bétail)...

 

 

 

L'industrie en revanche est presque en ligne avec les objectifs, à 1 % près après avoir diminué de 45 % ses émissions depuis 1990. Nous devons poursuivre nos efforts pour réduire notre consommation énergétique tout en dissuadant les surconsommations.

Il faut néanmoins se méfier des fausses bonnes idées. Remplacer un véhicule diesel de moins de 5 ans par un véhicule électrique neuf consomme émet beaucoup plus de CO2. C'est encore pire si vous achetez votre électricité en Allemagne. C'était la raison pour laquelle j'avais proposé que la prime de conversion devienne une prime de covoiturage où le nouveau véhicule bénéficiant de la prime doive obligatoirement réaliser du covoiturage. (cf. article).

 

 

 

La production d'énergie ne représente que 11 % des émissions de gaz à effet de serre en France, en raison d'un mix de production électrique dominé par le nucléaire et l'hydraulique.

Loi énergie et le plan de rénovation énergétique des bâtiments

Pour être honnête, la loi énergie et le plan de rénovation énergétique des bâtiments devrait permettre de réduire la consommation énergétique et les émissions de CO2..

 

Ils ont pour objectif d'inciter les propriétaires de logements classés F ou G (7,5 millions de logements) au sens du diagnostic de performance énergétique (DPE) à réaliser les travaux d'isolation avec des aides pour les ménagers le plus modestes. 

14 milliards d'euros de soutien public en investissement et en primes sur le quinquennat seront alloués à ce plan, complétés par plus de 5 milliards d'euros de certificats d'économie d'énergie directement utilisés pour financer des travaux de rénovation énergétique.

 

En 2018, la majorité des logements construits sont performant en terme de consommation d'énergie (avec une chute néanmoins très forte du nombre de constructions). Cela s'explique en grande partie par les réglementations successives (RT 2005 puis RT 2012) qui ont imposé des normes pour les nouvelles constructions. Quand on compare à 1996, le changement est assez important pour une période de plus de 20 ans.

Financement privé innovant de rénovation énergétique des bâtiments

Des dispositifs innovants de financement pourraient compléter ce plan, par exemple favoriser les investissements d'acteurs privés dans la rénovation énergétique en se finançant sur une part de la réduction de la facture de la consommation d'énergie.

 

 

Un logement de 75 m2 de classe F dépense environ 300€ par mois en électricité, Si nous souhaitons qu'il passe en classe C (90€ / mois). il faudrait isoler deux murs extérieurs (soit environ 42 m2 = 2*8,7 m * 2,4 m de hauteur sans tenir compte des fenêtres pour un appartement carré) pour un coût moyen de 160 € / m2 et deux murs intérieurs (42 m2) pour un coût moyen de 60 € / m2 . Le coût total de l'isolation serait de 9240€.

 

 

Sans même tenir compte des primes de l'Etat (ex : 20€/M2 pour l'isolation des murs par l'intérieur pour les ménages aux revenus modestes), l'investisseur pourrait gagner un taux d'intérêt de 3,1 % par an sur 6 ans (net d'inflation de 1,5%) en réduisant la facture énergétique de l'occupant de 20% (soit 504 € par an = 20%*210*12 mois, l'investisseur gagnerait 12096 € au total soit un taux annuel brut de 4,6%). Au bout des 6 ans, l'occupant bénéficierait de la totalité de la baisse de facture.

Innovations dans la réduction de consommation d'énergie

Ecojoko

 

Pour réduire la consommation énergétique, la première étape consiste à se mesurer, il existe de nombreuses solutions dans le domaine du Smart Home. Ecojoko présente sa solution connectée pour connaître à tout moment sa consommation et les équipements qui consomment.

 

Il utilise l'IA pour distinguer les signatures électriques des différents équipements grâce à un capteur placé sur le disjoncteur.

Pour être capable de décomposer un signal global (par exemple le courant électrique mesuré à partir du capteur placé sur le disjoncteur) en multiples signaux distincts ( courant du réfrigérateur, de la télé, des appareils en veille), on utilise généralement des transformées de Fourier (on décompose une fonction en une multitude de fonctions sinusoïdales, ce qui la rend plus simple à manipuler). On fait l'opération inverse de l'animation ci-jointe en testant de nombreuses hypothèses ;)

 

L'IA est sans doute utilisé en combinaison avec les transformées afin d'évaluer ses coefficients et doit être associé avec une période d'apprentissage rapide et personnalisé au consommateur.

 

 

 

Le problème de ce type d'équipement est qu'on y fait attention les premiers mois puis on l'oublie. S'il n'est pas connecté avec le chauffage, les différents équipements de la maison pour gérer leur alimentation, son bénéfice s'amenuise rapidement. Les 25 % de réduction annoncé est dans la très grande majorité des cas très surestimée.

Climatisation, facteur aggravant du réchauffement climatique climatique

Un autre problème majeur du réchauffement climatique est la climatisation, qui consomme beaucoup d'énergie et émet du CO2 ce qui augmente le réchauffement climatique ...

 

 

Selon une étude de la revue Nature , le changement climatique devrait accroître la demande énergétique de 11 à 27 % en cas de réchauffement modéré et de 25 à 58 % en cas de réchauffement "fort", principalement due à la climatisation. Le taux d'équipement en climatiseurs devrait passer de 1,6 milliard d'unités aujourd'hui à 5,6 milliards en 2050 ce qui représente la consommation actuelle de la Chine en électricité ! 

 

Le schéma ci-contre présente le scenario RCP 8.5 du GIEC qui est souvent considéré comme le scénario "Business-as--usual", on ne fait pas de changement radicaux à nos modes de consommation (ce qui est actuellement malheureusement la tendance. La température augmenterait de 4.3°C d'ici 2100 versus le scénario RCP 2.6, qui semble inaccessible d'une augmentation de 1.8°C d'ici 2100.

Ubiblue 

Ubiblue utilise une solution fondée sur l'effet magnétocalorique (changement de température d'un matériau magnétique soumis à un champ magnétique externe) alors que la plupart des solutions de climatisations sont fondées sur la compression de gaz réfrigérant. Sa solution permettrait de réduire de 50 % la consommation énergétique et élimine les émissions de hydrofluorocarbone, généralement utilisé.


Autre technique, Equium a créé un équipement qui transforme la chaleur (100 kW à 200°c) en froid (50kW à 5°c) grâce à une technologie fondée sur la thermoacoustique sans consommation électrique.

Il y a une technique plus simple pour réduire la température des bâtiments et moins utiliser les climatiseurs ... peindre les toits en blanc ce qui augmente leur albedo et donc leur pouvoir réfléchissant.

 

C'est qu'à fait notamment Los Angeles (cf. article). Cool Roof réalise une étude du toit pour vérifier la possibilité de peindre en blanc (les toits en PVC ne peuvent être peints) et crée une peinture spécifique (biosourcée, anti UV, anti-encrassement, anti-champignons).

Joulia propose lui une douche qui utilise la chaleur de l'eau évacuée pour réchauffer l'eau froide propre et réduit donc la consommation d'eau chaude.

 

 

 

De manière générale, les industriels vont petit à petit intégrer la dimension d'éco-conception afin de réduire la consommation énergétique. Le problème est que cela prend énormément de temps pour avoir un impact massif.

Aeroshield a trouvé une solution pour isoler les fenêtres avec une efficacité 50 % supérieure aux fenêtres à double vitrage en remplaçant l'air par un aérogel. Il serait aussi plus léger et moins épais qu'un triple vitrage.

Saurea innove en créant un moteur photovoltaïque  qui est capable de faire tourner une roue sans utiliser de balais (qui s'usent), sans électronique et sans aimants. La puissance est encore faible (s'il est associé avec d'autres panneaux, moteur allant jusqu'à 250 watts) mais il permet de servir de pompe à eau, turbine de ventilation ou brumisateur.

 

En cachant par un obturateur les cellules photovoltaïques au fur et à mesure, on crée un phénomène similaire à l'électro-aimant. Les cellules servent d'alimentation et pour la commutation des phases du moteur afin de créer l'énergie mécanique.


Greenspector est une solution permettant de mesurer et améliorer la consommation énergétique des applications et sites web services à l'attention des développeurs.

Est-ce que la Compensation Carbone est du Greenwashing ?

Compensation carbone peut donner bonne conscience à tort

Plusieurs startups comme Climateseed ou Reforest'action montrent comment compenser Les émissions de CO2.

 

En général ce sont des plateformes qui financent des projets de développement d'énergies renouvelables, de reforestation avec une dimension souvent inclusive pour les populations locales.

Cela pose néanmoins un double problème, Tout d'abord, ça déresponsabilise les émetteurs de CO2, en transformant une externalité négative en responsabilité externe.

 

Cela permet de s'acheter une bonne conscience à moindre frais sans réaliser de changements internes pour réduire véritablement ses émissions.

 

 

 

Bien sûr, les projets peuvent avoir un impact positif notamment sur la diversité et être inclusif mais la compensation carbone, c'est comme une cerise sur le gâteau sans le gâteau !

 

En revanche, s'il y a une vraie stratégie de réduction des émissions avec des objectifs ambitieux, c'est la compensation carbone est un plus. Sans cette stratégie principale, la compensation carbone est du greenwashing.

Reforestation ne compense qu'après une longue durée, que pour une période limitée et peut ne servir à rien

Deuxième problème lié aux projets de reforestation, que j'aborde plus longuement ici est que les émissions de CO2 sont déjà réalisées et sont compensées qu'après la croissance complète des arbres.

 

 

 

Une fois qu'ils ont dépassé leur phase de croissance, ils ne consomment que marginalement du CO2. Pour absorber de nouveau du CO2, soit il faut couper les arbres et les utiliser pour des usages durables (construction de maisons par exemple), soit il faut trouver de nouvelles terres à replanter (ce qui peut aussi créer une concurrence de terres).

 

On peut même arriver à des situations absurdes où on ira planter du peuplier partout au détriment d'autres espèces car ce sera l'un des arbres qui captent le plus de CO2. Pourquoi ne pas imaginer des arbres génétiquement modifiés aussi comme le prévoit Joanne Chory qui a imaginé une plante capable d'absorber 20 fois plus de CO2 que les autres plantes ! En termes de biodiversité, ce n'est pas l'idéal... Et pourquoi ne pas d'abord réduire ses émissions avant de chercher à les compenser !

Evidemment si on utilise le bois comme biomasse pour générer de l'énergie, on perd tout le bénéfice des captations de CO2 !

 

Enfin comme l'a montré la perte de 90% des arbres plantés en Turquie (11 millions en 4 mois !), le manque de suivi des forêts replantées font perdre totalement l'intérêt de la reforestation.

REDD+, le quantitive easing appliqué au climat !

Il existe aussi des solutions encore plus greenwashing : les REDD+ qui consiste à attribuer des crédits carbone si on préserve les forêts, on évite d'aggraver notre impact sur le climat (interdit sur le marché européen mais autorisé en Californie). Moins je détruis, plus j'ai des crédits.

 

 

Le comble de l'absurde avec les REDD+ est qu' il manque de solutions pour compenser les émissions de CO2 pour l'aviation, alors on crée de nouveaux REDD+. Pour augmenter leur nombre, il suffit d'augmenter le potentiel de destruction ! C'est du quantitive easing appliqué à la planète. A la différence de la monnaie, le potentiel de destruction n'est pas infini.

C'est vrai que pour ces financiers, le concept de « Fini » est quelque chose qui les dépasse complètement jusqu'au jour où ... ! (cf. aussi article de Carbone 4 sur la compensation des émissions de CO2 par l'aviation)

 

Il serait judicieux de revenir sur terre avec un peu de bon sens paysan. Il faudrait appliquer un fort facteur réducteur aux compensations CO2 attribuées aux actions de reforestation aujourd'hui (en les fondant sur des chiffres vérifiés sur le terrain) et ne pas intégrer les REDD+ évidemment. Il faut aussi éviter toute compensation qui accapare des terres utilisées pour d'autres usages naturels ou qui réduit la biodiversité.


Est-ce que la Compensation Carbone est du Greenwashing ?

Augmenter le prix du CO(émissions de CO2)

Aujourd'hui seule une crise comme le coronavirus Covid-19 a obligé les Etats et les entreprises à réduire drastiquement les vols avec l'acceptation des citoyens. Néanmoins, à long terme, il semble peu probable que ceux-ci soient prêts à prolonger l'expérience de confinement après cette crise planétaire pour réduire leurs émissions de CO2.

 

Le meilleur moyen de réduire les émissions de CO2 sans avoir des mesures coercitives est le prix (en l'occurrence le prix de la tonne de CO2 (cf. article Carbone 4)  L'explosion du trafic aérien est fortement liée à la baisse des prix, l'inverse devrait donc être exact.

 

Le problème est que cela deviendrait complètement inégalitaire puisque seules les personnes riches pourraient se payer les vacances aux 4 coins du monde alors qu'auparavant « tout le monde » y avait accès. Comme l'esprit humain a une très forte aversion à la perte, cela ne facilite pas les choses.

 

Il y a deux mesures qui pourraient être prises pour réduire fortement les émissions de CO2 en minimisant l'impact inégalitaire.

Taxe / détaxe carbone selon l'impact environnemental

La première consiste à imposer aux produits ayant des alternatives écologiques une taxe carbone / une détaxe en fonction de leur impact environnemental.

 

L'Allemagne a ainsi décidé d'augmenter la fiscalité sur les billets de 74 % pour les court et moyen-courriers et de 41 % sur les longs courriers. En parallèle, ils ont baissé les taxes sur le secteur ferroviaire, assez peu développé outre-Rhin et bien moins émetteur de carbone en la passant de 19 % à 7 %.

 

 

 

Concrètement, cela représente une taxe de 13 euros sur les vols intérieurs et européens (14 € en GB), 33 euros pour les moyen-courriers et environ 60 euros (86€ en GB) pour les longs courriers. Élisabeth Borne a annoncé une écotaxe sur les billets d'avion mais beaucoup plus faible car plafonnée à 18 euros par billet. Une autre voie serait de taxer le kérosène qui en est exempté en raison de la convention internationale de Chicago sur l'aviation civile internationale que la France a ratifié en 1944 mais c'est très long à négocier !

 

Ces taxes suscitent évidemment une forte opposition des compagnies aériennes en particulier américaines qui les accusent de contrevenir au régime de compensation et de réduction de carbone pour l'aviation internationale (CORSIA). On voit que transformer des secteurs ne va pas se réaliser du jour au lendemain ...

Ces taxes pourraient s'appliquer à tous les secteurs. Des vêtements fabriqués en Asie subirait une taxe proportionnelle au CO2 pour les fabriquer et les transporter jusqu'à leur lieu de consommation. Inversement la recette de cette taxe servirait à réduire les prix des produits à faible impact environnemental (produits près du lieu de consommation en particulier).

 

Cela nécessiterait une traçabilité des différents composants qui n'est pas toujours évidente afin d'éviter des cas où le produit serait assemblé en France mais dont les composants proviendraient du monde entier.

 

 

L'avantage de cette solution est de favoriser aussi la production et l'emploi local. Par simplicité, on peut utiliser des canevas standards (pour calculer les émissions en fonction du mode de transport et de la distance sans connaître la consommation précise du bateau transporteur) pour calculer les impacts environnementaux. Nous pourrons affiner les modèles au fur à mesure.

 

 

 

Néanmoins, en raison de la libre circulation des marchandises en Europe, il sera sans doute difficile de la mettre en place sur la partie transport pour les produits européens.

Récemment Jeff Bezos a constitué un fonds de 10 milliards de dollars pour faire face au réchauffement climatique destiné à des scientifiques, ONG, activistes.

 

Une idée qui aurait beaucoup plus d'impact sur la planète serait justement qu'Amazon applique ce type de taxe / détaxe aux produits qu'ils vendent.

Compte Carbone par foyer

Les émissions de CO2 sont étroitement liées à la croissance au PIB et donc à la croissance de la consommation. Aujourd'hui, nous n'avons pas reçu malgré toutes les bonnes volontés à découpler les deux.

 

 

Pour réduire les émissions de CO2, il faut réduire la consommation et pour un grand nombre de produits et services, la consommation est élastique en fonction du prix. Plus vous augmentez un prix, plus vous réduisez sa consommation (à quelques exceptions près comme les produits de première nécessité ou certains produits de luxe à faible élasticité). (Ci-contre le compte CO2 mais qui a un principe différent car en payant vous investissez dans des actions de réduction de CO2
 

 

 

Cela pose d'ailleurs un énorme problème car notre société est fondée sur la croissance et pas sur une stagnation ou une réduction de la consommation. Pour être caricatural, vous aurez beaucoup plus de facilité à augmenter le salaire de quelqu'un de 10 % et les prix de 15 % que de baisser son salaire de 10 % et réduire les prix de 15 % alors qu'économiquement la 2ème option lui est nettement plus favorable.

Une idée serait que chaque foyer ait un compte personnel d'émissions de CO2 non transférable et non transformable en monnaie (afin de responsabiliser chacun et d'éviter les transferts abusifs). A chaque achat, nous paierions en euros et en émissions CO2. Si notre compte Carbone est à zéro, nous pouvons le recréditer avec un prix de la taxe carbone suffisamment élevé pour dissuader des émissions de CO2.

 

 

 

Voici quelques exemples, un ménage composé de 2,3 personnes consomme 17 tonnes équivalent CO2 (teq CO2) soit 7,4 teq CO2 par personne. Normalement l'objectif serait d'atteindre 2 tonnes par personne voire 1,7 teq CO2 selon Jean-Marc Jancovici pour atteindre un réchauffement climatique maximum de 2°C.

Imaginons que nous accordions un budget initial de 2 teq CO2/personne (multiplié par le nombre de personnes dans le foyer) et que chaque mois nous accordions un crédit supplémentaire de 0,2 teq CO2, nous nous rapprocherions du but. Nous pourrions d'ailleurs réduire au fur et à mesure réduire l'allocation mensuelle.

 

D'autre part, nous pourrions faire payer des crédits carbone additionnels par exemple 100€ / teq mais ce prix pourrait être croissant en fonction du nombre de crédits supplémentaires demandés par mois.

 

 

Pour un vol Paris-New York, il y a de nombreuses différences de calcul sur les émissions de CO2 : on peut tenir compte que des émissions liées uniquement au trajet ou intégrer aussi l'amont (ex : l'extraction du carburant, au raffinage et à son trajet du puits au réservoir de l'avion) et les autres effets liés à l'altitude comme les NOx (oxyde d'azote) et les traînées de condensation ( "lignes blanches").

 

Partons sur celui de la DGAC, qui calcule un A/R pour 1 teqCO2. Si vous achetez un billet A/R pour New-York, si votre compte présente un solde > 1 teq CO2, vous ne payez rien en plus en revanche s'il ne vous reste que 0,5 teq CO2, vous paierez en plus 50 € (0,5*100€).

 

 

 

Le solde initial, le crédit mensuel, le calcul des émissions de GES doivent bien sûr être ajustés pour tenir compte des impacts sociaux néanmoins mettre en place ce compte serait un signal très fort et un levier d'action pour modifier nos comportements.

 

Pour mettre en place ce compte Carbone, nous pourrions commencer par une phase test, où chaque foyer aurait un compte virtuel où il pourrait se familiariser avec. Durant cette phase test, aucune somme ne serait réellement perçue en revanche elle permettrait à chacun de visualiser son utilisation. Il faudrait aussi que de plus en plus d'industriels et d'entreprises de service réalisent un double affichage euros et émissions GES et puissent créer des solutions simples pour débiter ce compte. La voie législative serait utile pour inciter chacun à le faire.

 

On peut aussi imaginer que des actions solidaires ou pour la société civile comme le ramassage de déchets sauvages à titre individuel, des actions auprès des collectivités pour réduire les émissions GES permettent de recréditer ce compte Carbone.

 

Ce compte ne résout pas tout, car il ne tient pas compte des impacts négatifs ou positifs qu'on peut avoir sur la biodiversité, la pollution ... indépendamment du réchauffement climatique. Une idée pourrait être de créer des équivalences pour que ces actions soient intégrées dans ce compte.  Soyons francs, on mélange des choux et des carottes mais si on veut avoir une vision globale de nos impacts, il vaut peut-être mieux cela plutôt que d'avoir une multitude d'indicateurs qui risque de perdre tout le monde.

 

Dans ce cas, nous pourrions modifier le terme de teq CO2 en monnaie "Planet", unité universelle qui représenterait l'impact négatif maximum de chaque individu mais aussi entreprise sur notre planète. En revanche, il est essentiel selon moi que ce compte en "Planets" ne puisse être transféré ou monétisable en euros...En revanche, on peut l'alimenter grâce à des euros ou des actions ayant des impacts forts sur notre planète.

Eau, réduire son gaspillage

Au niveau individuel, Oopla propose un petit kit permettant de réduire sa consommation d'eau, Hydrao a créé un pommeau de douche connecté qui change de couleur en fonction de sa consommation d'eau.

 

Le mode d'alimentation est astucieux puisqu'il utilise la pression de l'eau pour actionner une dynamo, source d'énergie pour modifier la couleur du pommeau et le connecter à son smartphone.

 

 

Je suis assez sceptique sur la réduction effective de consommation d'eau chez des particuliers. A moins de passer des plombes à réfléchir sous la douche, la durée d'une douche, en particulier un matin quand on va travailler, variera peu à cause de la couleur du pommeau de douche.

 

En revanche sur le plan collectif, cela pourrait avoir du sens si c'est associé avec une durée limitée d'eau chaude afin d'indiquer qu'il ne reste plus beaucoup de temps avant la fin de cette durée. Il y a d'autres solutions plus simples comme un timer sonore aussi ...


Pour collecter de l'eau, de nombreuses startups utilisent l'humidité de l'air pour la transformer en eau potable. Au CES Las Vegas, Watergen et Zero Mass Water présentaient leur solutions.

 

Pour cette dernière, elle n'a même pas besoin d'être accordée au réseau électrique car elle est alimentée par des panneaux solaires qui condensent l'eau de l'air.

 

Space Apes présentait son prototype à ChangeNow avec un autre principe. Ils utilisent un adbsorbant en silicone. Ils seraient capable d'extraire l'eau sous forme liquide en concentrant de rayons de soleil pour réchauffer les adsorbants et augmenter la pression interne ... A voir si cela est industrialisable, d'autre part l'eau ne semble pas vraiment potable ..

Pour éviter de gaspiller de l'eau ou de la traiter inutilement, on commence à voir des circuits courts permettant d'utiliser l'eau de pluie pour arroser les plantes et les pelouses. C'est plus compliqué à mettre en oeuvre car il faut un dispositif spécifique pour collecter l'eau et ensuite la raccorder au système d'arrosage. Il est impossible de créer un réseau parallèle à l'eau potable sauf si elle est locale ou qu'il y a des besoins massifs d'eau non traitée dans un large espace (ex : terrains agricoles).

 

 

 

My Water propose lui des fontaines à eau publics afin d'éviter l'achat de bouteilles en plastique.

Biodiversité, souvent oubliée mais indispensable

Impacts de la chute de la Biodiversité : favorise les épidémies comme coronavirus Covid-19

De nombreuses startups présentaient aussi des solutions pour favoriser la biodiversité. Cela paraît moins urgent que le réchauffement climatique, malheureusement la chute de la biodiversité a un impact aussi important, voire supérieur, que les impacts négatifs du dérèglement climatique.

 

 

 

Cette chute favorise l'émergence de pandémies (le nombre d'épidémies a été multiplié par 10 en une centaine d'années) et de maladies comme le coronavirus Covid-19 en rapprochant les populations humaines et les animaux domestiques d'écosystèmes sauvages, en favorisant l'émergence de germes qui auront beaucoup plus d'impacts sur des populations homogènes que des populations à forte biodiversité.

 

La biodiversité et de manière générale la diversité sont les premiers facteurs de résilience de tout écosystème et système, les réduire nous rend plus fragiles.

On estime que les services mesurables de la biodiversité s'élèveraient à 50 % du PIB mondial soit environ 23 500 milliards d'euros par an. Les exemples les plus connus sont la pollinisation des abeilles, l'absorption de CO2 par la végétation, la protection contre l'érosion des sols,le filtrage de l'eau...

 

L'estimation exacte est très complexe en raison des nombreuses interactions et effets de réseau que peuvent avoir la préservation ou la perte de biodiversité.

 

La biodiversité est aussi un filet de sécurité pour l'humanité et l'environnement. Face à des maladies, des environnements dégradés, de fortes variations de chaleur... une diversité des solutions naturelles évite que nous mettions tous les oeufs dans le même panier et facilite l'adaptation globale. Une solution naturelle actuelle qui n'est peut-être pas adaptée à notre environnement actuel le sera peut-être beaucoup plus demain, si nous éliminons cette ressource naturelle, c'est une chance en moins de s'en sortir demain.

Biodiversité en ville

Urban Canopée, présent aussi au CES Las Vegas avec ses faux « arbres », armatures hébergeant des plantes grimpantes, crée des « ilots de chaleur »

 

Urban Forests utilise lui la méthode Miyawaki, pour créer des espaces végétaux denses en très peu de temps grâce à un écosystème vertueux entre les plantes. Ils nécessitent peu d'entretien, en revanche ils ne produisent pas de fruits ou de légumes sauf si on plante aux alentours des arbres fruitiers ou des vergers.

 

L'intérêt est principalement de créer rapidement des espaces à forte biodiversité.

Innovations dans la biodiversité

La startup Hostabee veut contribuer à la biodiversité avec sa ruche connectée pour suivre l'évolution des colonies d'abeilles et prévenir les risques.

 

La propagation de ruches qui a priori semble être une bonne idée montre aussi les limites de l'intervention massive des hommes à ce sujet. La forte croissance des populations des ruches et donc des abeilles domestiques fait concurrence aux abeilles sauvages qui ont moins de fleurs à butiner (diminution de plus de 50% de l'abondance des abeilles sauvages dans un rayon de 900 mètres autour des ruchers par rapport aux densités mesurées au-delà de cette distance selon l'INRA).

 

 

 

Une solution simple consiste à augmenter les distances entre les différentes ruches afin de réduire cette concurrence existant aussi entre les abeilles domestiques. Le concept de mégapole pour les abeilles est donc contre-indiqué, peut-être devrions-nous nous en inspirer en ces temps de Coronavirus - COVID 19 ...

Beeodiversity utilise les abeilles comme capteur de biodiversité en analysant le pollen rapporté à la ruche (grâce à une trappe à pollen).

 

La mesure est la première étape pour mettre en place des actions concrètes pour améliorer la biodiversité car elle permet de s'assurer de leur pertinence et de changer de cap si nécessaire.

Conclusion

Nous voyons que les domaines de l'énergie, de l'eau et de la biodiversité sont loin d'être simples. Chaque élément, acteur a un impact sur l'autre qui a des répercussions sur un autre ...

 

A l'image du jeu de la vie, il est très difficile de Conway, même en connaissant les éléments et règles de base, il est très difficile de prédire comment un écosystème va évoluer. Une chose est sûre, il est très rare qu'une solution unique résolve tous les problèmes. En revanche, les solutions locales et de bon sens sont souvent beaucoup plus pertinentes même si cela va à l'encontre de notre envie irrépressible du  "One Size fits all problems".

 

Il sera très difficile aussi de bouleverser nos modes de consommation pour réduire nos besoins énergétiques même si on commence à en avoir un avant-goût avec la pandémie coronavirus Covid-19.  Néanmoins, il est préférable d'anticiper et prévenir afin d'atténuer les impacts futurs et plus largement d'agir.

 

Si vous souhaitez avancer sur ces sujets, sensibiliser vos collaborateurs, les former ou réaliser des projets sur l'économie circulaire ou la RSE.

  • je réalise pour des entreprises, des missions pour "sourcer" des innovations, les évaluer, concevoir et construire des solutions avec les partenaires développant ces solutions qui répondent aux problématiques des entreprises clientes et les déployer. 
  • je réalise des débrief / conférence ainsi que des formations spécifiques à vos métiers pour identifier les innovations, tendances et disruptions dans ce domaine notamment , n'hésitez pas à me contacter :) Contact

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere

 

Conseil en Innovation (IA, IoT, RSE / Économie circulaire ) - Contact - contact@livosphere.com

 

Conférences, Formation, Architecte et réalisation de projets innovants :  De la recherche d'innovations, de startups à leur déploiement et accompagnement dans vos projets ( de la recherche d'innovations / nouvelles technologies au déploiement de celles-ci dans votre entreprise)

Face au coronavirus Covid-19 et futurs risques mondiaux, que faire ? Construisons une société résiliente !

Le coronavirus Covid 19 met sous tension nos sociétés, il constitue un terrible "stress test" à l'échelle mondiale de notre capacité à faire face à un fléau mondial et nous avons une réactivité sans commune mesure comparée  au changement climatique ou la chute de la biodiversité.

 

Bien plus grave que la grippe , elle bouleverse aussi nos libertés individuelles pour enrayer la pnadméie. Néanmoins, cette crise peut nous servir d'aiguillon pour anticiper d'autres risques futurs (changement climatique, inégalités sociales exacerbées...) et à mettre en place une stratégie de résilience fondée sur 6 principes :

  1. Lister nos dépendances et risques et la gravité de leurs impacts
  2. Mettre en place  des systèmes d'alertes et de suivi de ces risques
  3. Créer des solutions  pour les réduire et atténuer leurs impacts s'ils surviennent
  4. Développer  des solutions d'urgence pour parer à court terme aux conséquences
  5. Construire  des solutions à moyen terme de mode dégradé si la situation perdure
  6. Se diversifier en mettant en oeuvre des solutions, des modèles économiques et sociaux alternatifs si la situation perdure à long terme

(les liens sont directs vers les sections de l'article) - Article écrit le jeudi 12/3 

 

Impacts nécessaires sur nos libertés

Elle bouleverse nos libertés habituelles afin d'enrayer la pandémie (désormais qualifiée aujourd'hui par l'OMS) en nous interdisant

 

de nous déplacer :

 

Trump ferme les Etats-Unis aux étrangers venant d'Europe pour trente jours alors que l'Etat de Washington (à l'Ouest des Etats-Unis intégrant la ville de Seattle, à ne pas confondre avec la capitale Washington DC qui fait du Columbia District avec beaucoup moins de cas;) ) est l"Etat avec le plus fort taux de mortalité : 7,9% (Liste des cas complète des Etats).Trump risque fortement regretter sa politique contre l'Obamacare, le système de santé américain à destination des plus pauvres car les personnes contaminées doivent venir travailler car elles ne perçoivent pas d'argent en cas d'absence maladie ce qui facilitera la propagation du virus.  Cela pourrait aussi avoir un impact sur l'élection de Trump.

de consommer : Italie ferme tous les commerces sauf pour l'alimentation et la santé et met en quarantaine , des provinces entières soit 15 millions de personnes, un quart de la population. L'Italie est le pays avec le plus fort taux de mortalité 6,6%.

 

de s'éduquer : Plus de 300 000 élèves ne reprendront pas le chemin de l'école ce lundi 16 mars dans le Haut-Rhin, l'Oise et en Corse.

 

de voir ses proches : En France, l'intégralité des visites de personnes extérieures dans les établissements d'hébergement des personnes âgées (EHPAD) est suspendue.

 

[MAJ 14/3/2020] : La France est au stade 3 de l'épidémie avec des mesures de plus en plus contraignantes depuis l'allocution du Président de la République, Emmanuel Macron (12/3) puis de son Premier ministre (14/3) : interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes, les hôtels, restaurants, bars cafés, cinémas, les écoles, les musées, les salles de spectacles, les clubs, les salles de Gym, Station F, les commerces non nécessaires (tous les commerces sauf les pharmacies, les magasins et marchés alimentaires, les stations essence, les banques, les bureaux de tabac et de presse) sont fermés.

Covid-19 beaucoup plus grave que la grippe

Covid-19 n'est pas à considérer comme une simple grippe car

  • d'une part son taux de létalité calculé (sur base des décès dus au COVID-19 et des cas recensés de COVID-19) est supérieur à 2,5% (8% pour les 70-79 ans, 15% pour les > 80 ans) versus 0,1% pour la grippe saisonnière,
  • elle est plus 1,5 à deux fois plus contagieuse que la grippe (1 individu contamine environ 2 personnes, soit potentiellement 33 jours pour contaminer la population mondiale (2^33) si chaque individu contaminait 2 autres personnes)
  • il n'y a pas de vaccin (au 12/3/2020) qui permettrait de réduire la propagation (versus 50% de personnes de 65 ans et plus sont vaccinées en France contre la grippe).

Si 50% de la population française attrapait le COVID-19, ça ferait près de 700 000 morts soit un doublement de la mortalité en France (10 000 décès liés à la grippe) avec un taux de 2% de mortalité !

 

Néanmoins, comme de nombreuses personnes sont asymptotiques, ne présentent pas de symptômes et ne sont pas prises en compte dans les statistiques des personnes contaminées, ce taux de mortalité pourrait être de 0,6% si on utilise les statistiques de la Corée du Sud qui teste désormais systématiquement ces habitants.

 

Cela signifie potentiellement 200 000 décès en France au lieu de 700 000 indiqués plus haut soit plus que la première cause de décès, les tumeurs et cancers.

 

Par comparaison, la grippe espagnole a contaminé un tiers de la population (1,83 Md) et tué environ 50 millions de personnes. Avec un taux à 0,6% de mortalité et un tiers de population contaminée, nous aurions à déplorer 15 millions de décès, avec un taux à 2% de mortalité, le nombre de décès serait similaire à celui de la grippe espagnole (avec plus de 5 fois plus de population mondiale aujourd'hui).

Quels enseignements tirer pour anticiper ces risques imprévisibles ?

Nos sociétés ont beaucoup de fragilités, le coronavirus a en montré une mais nous faisons face à d'autres risques liés au dérèglement climatique, aux inégalités sociales ?

 

 

L'UE, l'Etat, les régions, les villes, les entreprises et acteurs publics même les individus peuvent adopter une vraie stratégie de résilience pour réduire leurs impacts.

 

 

 

J'avais abordé ce sujet lors d'une de mes interventions à l'Assemblée nationale auprès d'un certain nombre de députés sur la démarche pour faire face à une catastrophe naturelle (cf. article ).

Voici une démarche possible pour les entreprises et collectivités

Pour imager cette démarche, je réaliserai un parallèle avec le risque d’un accident de voiture et sa survenance.

Axe 1 : Lister nos dépendances, les risques liés et la gravité des impacts s'ils surviennent

Notre société a de plus en plus dépendances et pour des raisons d'efficacité et économiques laisse peu de place aux solutions capables d'offrir des alternatives.

 

Lister les dépendances

 

Les dépendances sont nombreuses : l'incapacité des salariés à venir (liée par exemple à une maladie contagieuse comme le Coronavirus Covid-19 privant chacun de se déplacer et de se réunir), la perte d'accès à l'électricité, à l'eau, à l'alimentation, le cyberhacking, le défaut de fournisseurs ou de clients ...

 

Il est plus simple de réfléchir aux dépendances plutôt qu'aux causes qui pourraient les affecter car il est quasi impossible de les évaluer.  Les causes pouvant affecter mon accès à l'électricité sont infinies (travaux, inondation, grève...) en revanche je peux partir du principe que je risque de perdre cet accès un jour ou l'autre et donc d'agir en conséquence. En revanche, il est utile de réfléchir aux causes internes et sur lesquels on a une influence ou un contrôle. Pour les télécoms, on peut envisager qu'un opérateur mobile peut couper votre accès télécoms. NE conséquence, vous utiliserez plusieurs réseaux télécoms (fixe / mobile avec la possibilité de réaliser du roaming national), et des solutions dégradés en backup (ex: réseau Lora pour la remontée de données de capteurs). 

 

 

Pour chaque dépendance, on peut essayer de déterminer le risque de survenance. Néanmoins, compte tenu de l'imprévisibilité actuelle de beaucoup de facteurs (ex: Coronavirus), il est préférable pour la suite de la démarche de considérer le risque comme certain (worst-case scenario).

 

Il pourra être réintroduit à la fin de la démarche pour prioriser les actions. Un territoire ou une entreprise en zone inondable priorisera les actions pour faire à ce type d'événement de préférence à des actions contre les tornades. En revanche, il n'est pas nécessaire de traiter certains risques comme le chute d'une météorite menaçant l'humanité car ils dépassent largement le périmètre une collectivité ou une entreprise ... 

 

Pour faire le parallèle avec les risques d’accident de voiture, les dépendances sont l'attention du conducteur, la sécurité du véhicule, la qualité des infrastructures, les causes sur lesquelles peuvent influer le conducteur sont la vitesse, l'alcoolémie, la fatigue, la distraction due à son smartphone mais aussi le choix du véhicule et des routes qu’il prend…

 

Déterminer les impacts et leur gravité

Il faut déterminer leurs impacts et leur gravité si nous n'avons plus accès à certains services, ressources ...

 

Un exercice à réaliser est de le réaliser sous forme d'ateliers / brainstorming avec des acteurs provenant de différents services pour indiquer quels problèmes cela poseraient, s'ils n'avaient plus accès à Internet, leurs données, l'électricité ...

 

Pour faire le parallèle avec les risques d’accident de voiture, cela peut être des pertes matérielles, des blessures à soi et autrui, le décès...

Axe 2 : Mettre en place des systèmes d'alertes et de suivi

L'objectif est d'identifier le plus tôt possible la survenue de ces risques mais aussi l'augmentation de la probabilité qu'ils surviennent.

 

On peut mettre en place une structure centralisée ET décentralisée de remontée et d'analyse de risques technologiques (avec des capteurs connectés, de l'IA ) mais aussi humains car s'il n'y a plus d'accès à l'électricité il faut anticiper leur éventuelle panne.

 

 

Pour les risques d'accident de voiture :

 

 

Ce sont les alertes de collision, un éthylomètre embarqué, un capteur d'attention intégré dans le pare-soleil mais aussi le contrôle des pneus, le contrôle technique ... pour vérifier si les risques ne s'accroissent pas.

Axe 3 Développer des solutions pour réduire les risques et atténuer leurs impacts s'ils surviennent

Pour le coronavirus, ce sont toutes les mesures de quarantaine, de limitation de déplacements et de regroupement...

 

Le gouvernement a par exemple mis en place des « mesures barrières » pour éviter qu'Emmanuel Macron, son gouvernement et ses collaborateurs attrapent le Coronavirus sachant que Franck Riester, ministre de la Culture - et cinq députés sont infectés. Des mesures de bon sens ont été prises comme éviter de serrer la main, se laver régulièrement les mains mais aussi espacer chaque siège...

 

 

Pour la perte d'accès à l'électricité, il est judicieux d'avoir des solutions manuelles qui ne nécessitent pas d'électricité pour fonctionner. Il faut aussi que le personnel soit formé à les utiliser à l'image des pilotes d'avion si le pilote automatique n'est plus opérant.

 

 

Pour les risques d'accident de voiture,

Pour réduire les risques ce sont les limitations de vitesse, les contrôles d'alcoolémie, le repos toutes les 2 h...

 

 

Pour réduire l'impact, ce sont les airbags, la structure déformante de la carrosserie capable de supporter les chocs, l'e-Call appelant les secours en cas d'accident...

Axe 4 : Développer des solutions d'urgence pour parer aux conséquences à court terme 

Dans le cas du coronavirus, ce sont des solutions temporaires de télétravail, de vidéoconférences,

 

Pour la perte d'accès à l'électricité, vous pouvez utiliser des groupes électrogènes, des batteries de stockage mais plus simplement il faut être capable au pire de gérer la situation sans électricité, d'avoir un processus manuel en backup.

 

Pour la perte d'accès à l'eau potable, des entreprises comme Zero Mass Water sont capables de fournir de l'eau potable à partir de l'humidité de l'air et fonctionnent avec des panneaux solaires. En revanche, c'est fini pour les douches !

 

 

 

Pour les risques d'accident de voiture,

 

Ce sont l'accès à une trousse de premier secours, des secours proches du lieu d'accident, un hôpital capable de porter les premiers secours aux blessés...

Axe 5: Développer des solutions à moyen terme de mode dégradé si la situation perdure

L'objectif est de créer un filet de sécurité à moyen terme.

 

 

Pour le coronavirus, vous pouvez mettre en place une vraie politique de télétravail avec les outils pour que les salariés puissent travailler, piloter des sites, outils de fabrication à distance en cas de maladie. L'automatisation et la robotisation permettent aussi de travailler à distance. Une aile d'hôpital est aujourd'hui assurée par des robots à Wuhan. Néanmoins, cela créé une dépendance à l'accès à l'électricité et aux télécoms ...

 

 

 

Pour l'énergie, développer la production d'énergies renouvelables locales et partageables localement (afin de faciliter la solidarité)

 

Pour les matières premières, vous pouvez développer l'économie circulaire en utilisant vos propres déchets ou ceux de partenaires proches pour fabriquer vos produits ou produire localement vos aliments. A ce titre, il devrait y avoir de plus en plus de "fermes urbaines", serres... attenantes à des magasins d'alimentation sachant que beaucoup de commerces de la grande distribution ont des espaces non utilisés car ils avaient anticipé des agrandissements de leur superficie, devenus superflus aujourd'hui.

 

 

Pour les risques d'accident de voiture,

 

Ce sont l'accès à un centre de rééducation, à une assurance pour couvrir ses revenus durant la durée de l'invalidité.

Axe 6. Se diversifier en développant des solutions, des modèles économiques et sociaux si la situation perdure à long terme

Il faut diversifier ses modèles économiques, sociaux afin que certains d'entre eux puissent être résilients.

 

 

Le contre-exemple des Laboratoires Boiron est un cas d'école en misant sur la vente de produits homéopathiques (95% du CA et 60% des ventes réalisées en France), ils n'ont pas réduit leur dépendance aux produits homéopathiques malgré les risques de déremboursement ce qui les contraint à licencier plus de 600 personnes.

 

 

Des stratégies de partenariat, d'innovation ouverte, de lancement de produits et services potentiellement moins rentables sur de plus faibles volumes mais plus résilients sont quelques options.

 

 

A l'image d'un écosystème, vous devez avoir un pool complémentaire de produits et de solutions qui peuvent prendre le relais de solutions non fonctionnelles.

 

 

Pour les collectivités, il faut aussi identifier les services à absolument maintenir et quelles solutions complémentaires peuvent être mises en place. Idéalement, il faut que ces solutions puissent être locales afin de réduire les dépendances externes et permettre d'avoir au moins un mode de vie dégradé même en étant coupé de l'extérieur.

 

 

Pour les risques d'accident de voiture,

Ce sont choisir le vélo, la marche à pied à la place, réduire ses déplacements en voiture en achetant en vivant principalement à proximité de son lieu de résidence, trouver un travail, une activité compatible potentiellement avec son invalidité.

 

 

 

D'ailleurs les personnes ayant déjà une diversité d'activités ont plus de chances de s'en sortir avec une invalidité que ceux qui sont concentrés sur une seule activité ou travail.

Conclusion

Pour finir, cette crise doit nous alerter sur la nécessité d'anticiper ces risques et qu'il existe des solutions et moyens pour les mettre en oeuvre pour que la situation soit vivable. En revanche, sans anticipation, de nombreux phénomènes de panique apparaissent amenant à des comportements insensés comme se battre pour du papier toilette !

 

 

 

Notre société est une Formule 1 lancée à toute vitesse qui crée des nids de poule devant elle, nous devons apprendre à devenir une société tout-terrain qui roule moins vite mais est capable de supporter les nids de poule et n'en creuse plus (cf. mon article à ce sujet qui date de 2011 !) .

 

 

Si vous êtes intéressé d'échanger à ce sujet ou de travailler sur ces problématiques, n'hésitez pas à me contacter. 

 

Dimitri Carbonnelle Livosphere - Contact
Conseil en Innovation technologique : IoT, IA... et durable / RSE

 

Speaker, Formation et accompagnement de projets innovants, de la recherche d'innovations à leur déploiement

 

ChangeNow - Innovations, Startups : Économie circulaire Logistique, usage, gestion des déchets, recyclage

Nous avons couvert dans l'article précédent les innovations pour produire de manière écoresponsable et de manière plus générale les 6 innovations qui m'ont le plus interpellé à ChangeNOW. (English Version)

 

Cet article couvre une 2e partie de l'Economie Circulaire la logistiquel'usage, la gestion des déchets (tri,déchets sauvagesrecyclageupcyclingcompostage - Liens directs).  Un autre article aborde les innovations au CES Las Vegas : IA, IoT, Sustainability...

 

Rendre un événement éphémère, durable  est loin d'être aisé, c'est pourquoi j'ai aussi présenté la démarche qu'ont suivi Santiago Lefebvre et Rose-May Lefebvre-Lucotte, fondateurs de ChangeNOW et d'Etienne Villotte, fondateur de Epatant, scénographe de ChangeNOW pour rendre cet événement écoresponsable.

Sommaire (lien direct vers section)

Economie Circulaire : Logistique, Usage, Déchets, Recyclage, Pyrolyse

Événement éphémère et économie durable : Oxymore ?

Conclusion

 

Il y a 2 autres articles, le 1er est consacré à la production (locale, écologique, microalgues...), le 3e sur l'énergie, la biodiversité et l'eau. (Liens directs vers les parties de l'article)

Economie Circulaire : Logistique, Usage, Déchets, Recyclage, Pyrolyse

Logistique

Logistique maritime

Avec 50 000 navires marchands en circulation sur les mers du globe, le secteur maritime assume le transit de 90 % des marchandises transportées dans le monde, à un moment ou à un autre de leur cycle de vie.

Il représenterait 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l'Institut supérieur d'économie maritime et 11% des émissions de CO2 dues au transport (le 1er étant de loin la route avec 74% de ces émissions puis l'avion à 12%).

 

 

Si cela paraît assez faible, sa croissance pourrait être beaucoup plus forte (*2,5 d'ici 2050).


Il existe plusieurs solutions pour y faire face. Tout d'abord une solution simple défendue par Philippe Louis-Dreyfus, président du conseil de surveillance de Louis-Dreyfus Armateurs (LDA) un des gros armateurs mondiaux et déposée par la France à l'Organisation Maritime Internationale (OMI), réduire la vitesse des bateaux !

 

Si les vraquiers qui représentent 70% de la flotte mondiale réduisent leur vitesse de deux noeuds soit de 15% (Vs 12 ou 13 noeuds aujourd'hui, environ 23 km/h), on peut réduire les émissions de CO2 de 20%.

 

L'autre mesure serait d'imposer un plafond annuel d'émissions de gaz à effet de serre pour une flotte. Chaque armateur garderait alors le choix de la méthode pour y parvenir.

Airseas - Voile additionnelle

Pour réduire la consommation, une technique qui commence à devenir en vogue est l'utilisation du vent comme force motrice complémentaire. AirSeas (spin-off d'Airbus et soutenu par LDA) présentait sa voile qui permettrait de réduire de 20% la consommation de fuel et donc de GES (Gaz à Effet de Serre).

 

Actuellement, ils ont évalué le gain sur terre mais ne l'ont pas encore testé en mer. Le système de pliage et de dépliage de la voile est bien conçu pour éviter que la voile tombe à la mer. D'autre part la solution est associée avec une cartographie des vents afin de proposer les routes permettant d'utiliser au mieux le potentiel vélique sans obliger à de trop longs détours.

 

En revanche, il n'y a pas d'adaptation en temps réel de la navigation en fonction du vent actuel ou anticipé à court terme. C'est évidemment l'usage en mer qui permettra véritablement de s'assurer de l'intérêt substantiel de cette solution. La solution est très intéressante dès lors qu'elle s'appliquera au parc actuel des bateaux et avant l'arrivée de nouveaux bateaux ayant une bien meilleure efficacité énergétique.

 

 

La voie à long terme est évidemment de construire des bateaux consommant dès leur conception moins de ressources fossiles. Ils utilisent aujourd'hui du fioul lourd, peu cher, très chargé en soufre, à 3,5%, "jusqu'à 3500 fois plus polluant que les voitures et ne sont pas équipés de filtres à particules" !

Zephyr et Borée (bureau d'études de navires) développe un premier bateau destiné à Arianespace pour transporter les éléments de la fusée spatiale de l'Europe jusqu'à Kourou.

 

Il utilise des voiles rigides articulées permettant une vitesse variant faiblement nécessaire au déplacement ces équipements très sensibles.

Neoline propose lui un cargo avec une voile souple (cargo roulier dit " ro-ro ", roll on â?" roll off à propulsion principale vélique et à propulsion auxiliaire diesel-électrique ) sur une ligne entre Saint-Nazaire et Baltimore (1er départ en 2022).

 

L'avantage de cet itinéraire est d'avoir des clients sur place avec du fret spécifique, qui ont un flux régulier de marchandises. A l'image des lignes aériennes entre villes moyennes, il évite la forte concurrence sur d'autres lignes.

 

Pour Neoline, la réduction de consommation serait de 80 à 90% avec une vitesse de 11 noeuds au lieu de 15/16 noeuds et donc une traversée de 13 jours au lieu de 9 jours entre Saint-Nazaire et Baltimore. Le gisement vélique est idéal sur cette route ce qui sera certainement une limitation sur d'autres trajets. La propulsion diesel-électrique reste toujours nécessaire pour permettre les manoeuvres au port ou en cas de manque de vent ou de vents instables (comme le Pot-au-Noir dans l'Atlantique).

Energy Observer

En fonction des routes choisies, le vent peut ne pas suffire pour propulser significativement des navires d'où la dernière solution, le stockage d'énergie sous forme d'hydrogène. Energy Observer se lance dans cette aventure, en combinant l'énergie solaire et le vent pour produire de l'hydrogène stocké dans une pile à combustible à partir de l'eau de mer.

 

Néanmoins, l'utilisation à titre principal de piles à combustible à hydrogène semble encore lointaine (> 5/10 ans) dans le domaine commercial et encore plus pour les gros navires. Les rendements énergétiques cumulés de la synthèse du dihydrogène et de la compression ou liquéfaction sont encore assez faibles. N'oublions pas que le dihydrogène n'est pas une source d'énergie primaire à la différence du pétrole ou du gaz ; c'est un vecteur d'énergie car il n'existe pas à l'état naturel, car toujours associé avec l'oxygène pour former l'eau (H20 !).

Logistique des grossistes

Avant de parvenir à des détaillants, les produits passent généralement par des grossistes. A Rungis, un très grand nombre de produits sont déplacés dans des bacs de polystyrène pour les produits frais comme le poisson, des cagettes en bois ou des cartons pour les autres produits alimentaires.

 

Pandobac propose aux entreprises de louer ses bacs (plastique PEHD recyclable) entre 2 et 5€ par mois plus 0,3€ pour le lavage du bac versus un coût unitaire et à usage unique de 0.60€ pour le carton, 0.80€ pour les cagettes en bois et 1.50€ pour le polystyrène. Leurs bacs ont été conçus pour facilement s'imbriquer lorsqu'ils sont vides et s'empiler lorsqu'ils sont remplis. L'intégration d'un QR Code facilite le suivi des bacs.

 

Il y a néanmoins un inconvénient pour le grossiste. Il va livrer son bac, par exemple à un restaurant qui va le garder le temps de le vider. Le grossiste ira le récupérer à la prochaine commande du restaurant en redonnant un autre bac. Pour que ça soit rentable pour le grossiste, il faut que le taux de rotation des bacs soit au minimum hebdomadaire (c'est le cas pour des produits frais) et que cela ne soit pas gênant pour lui que du matériel qu'il loue soit immobilisé chez ses clients. C'est sur le terrain que Pandoback verra rapidement si son modèle économique est pérenne pour lui et ses clients et s'il est "scalable". 

Dernier kilomètre

Living Packets, qui était présent au CES Las Vegas ainsi qu'à Viva Tech en 2018 (avec une solution beaucoup moins évoluée) a une démarche similaire en proposant la location d'un emballage connecté réutilisable et repliable pour un coût de 2€ mensuel à destination des sites e-Commerce. Il possède en plus un système de géolocalisation autonome et un écran e-Ink (qui n'a pas besoin d'alimentation électrique pour afficher mais pour changer d'affichage).

 

 

Le modèle économique est aussi innovant car il permet à des particuliers d'investir dans les box qui seront mis à la location et grâce auxquels ils peuvent tirer des bénéfices.

 

Là encore, la problématique est la voie retour du paquet. Living Packets a une incitation financière pour qu'un particulier remette en circulation des boxes auprès d'un réseau de magasins affiliés. C'est l'expérience terrain qui permettra de voir si ce modèle prend ou pas et s'il n'y a pas un risque que de nombreuses boxes restent immobilisées chez des particuliers.

Repack

Dans le domaine des colis, Repack proposait aussi des « enveloppes réutilisables », pour la voie retour, il suffit de remettre l'enveloppe vide dans une boîte aux lettres, le frais de retours sont inclus ! 


Circuit fermé - Loop

Loop

Les solutions pour réduire le coût et l'impact écologique de la « Reverse Logistics » (voie retour de l'emballage ou du produit du consommateur vers le fabricant) sont au coeur de l'économie circulaire.

 

Loop (filiale de TerraCycle) présentait sa solution en partenariat avec de nombreux industriels de l'agroalimentaire comme Coca-Cola, Maisons du Café, Nivea..

 

 


Lorsque vous commandez des produits sur Loop (en partenariat avec Carrefour), vos produits sont emballés dans un conditionnement réutilisable et lavable conçu par Loop en concertation avec les industriels et déposé dans un gros sac pliable, tout cela en échange du paiement d'une consigne.

 

Lorsque vous faites une nouvelle commande, le sac et les conditionnements sont récupérés par le livreur (Reverse logistics) et remplacés par vos nouveaux produits. Vous pouvez aussi demander l'enlèvement de vos sacs sans commander mais cela crée un retour à vide.

Ils ont aussi développé des « Shop-in-the-Shop » pour acheter et rendre ses produits qui pourrait être une solution alternative pertinente sur le plan écologique comparé à la livraison à domicile.*

 

Le stockage des produits est à Lille et le lavage des conditionnements est réalisé à Besançon (400 km aller) ce qui est loin d'être écoresponsable. Le développement du partenariat avec Carrefour permettrait de réduire fortement les distances et donc la taille des boucles.

 

 

 

 

Pour accroître fortement le maillage et réduire les distances, il faudrait idéalement que l'approvisionnement, le cycle de retour, de lavage soient mutualisés par plusieurs acteurs. Ce n'est pas du tout la stratégie de Loop, néanmoins on pourrait imaginer que des acteurs tiers puissent laver et remplir les conditionnements utilisés par Loop et les industriels.

 

A l'image d'Amazon, Loop deviendrait une plateforme de vente intégrant un circuit complet (conditionnement, transport, lavage, remplissage et réutilisation qui pourraient être réalisés par des acteurs externes) à l'image de la MarketPlace d'Amazon.

Solzero propose une solution similaire à Loop en B2B (notamment avec Franprix) et peut installer des équipements automatisés de lavage.

 

L'enjeu est de parvenir à un effet de masse pour que la solution ne reste pas anecdotique.

 


Réutilisation de contenants

Les contenants réutilisables sont fabriqués à partir d'aluminium, d'acier inoxydable, de verre mais aussi de plastique.

 

 

Lyspackaging a créé la bouteille VeganBottle à partir de la bagasse de canne à sucre (résidu agricole restant après la distillation du rhum). A priori, il resterait des excédents de bagasse non utilisés malgré l'utilisation de la bagasse pour alimenter les fours destinés à chauffer l'alambic. Cela pose néanmoins deux questions, que se passe-t-il si de nombreuses entreprises se mettent à utiliser la bagasse pour produire des bouteilles végétales et comment fait-on pour éviter le transport de déchets ou le transport de bouteilles fabriquées à partir de ces déchets du lieu de production du rhum vers le lieu d'utilisation des bouteilles ?

 

 

De manière générale, il y a un vrai enjeu pour réduire les boucles au maximum entre la production à partir de déchets, le transport vers le lieu d'achat puis de consommation et tout le cycle retour. Le problème est qu'en réduisant les boucles, on réduit les quantités et donc on bénéficie beaucoup moins d'économies d'échelle ce qui surenchérit les coûts et rend moins attractive financièrement l'économie circulaire ...

 

 

 

Point d'attention, il est très fortement déconseillé de réutiliser ses bouteilles à usage unique en plastique (biodégradables ou pas) car elles deviennent des nids à microbes et sont très difficiles à laver parfaitement. Il vaut mieux préférer des gourdes en acier inoxydable ou des bouteilles en verre.

Biodégradable versus durable

Il y a une opposition évidente entre un produit biodégradable et un produit durable mais souvent oubliée. J'ai eu notamment du mal à convaincre un interlocuteur sur un stand qu'un verre en verre (issu de sable siliceux) n'est pas biodégradable, en revanche il est durable.

 

 

De la même manière, un produit issu du végétal n'est pas nécessairement biodégradable et inversement.

 

 

Pour savoir quel matériau utiliser, il est nécessaire de se poser la question de l'usage, de la réutilisation potentielle du produit (et la logistique nécessaire pour le faire) et du changement de comportement possible (ramener son contenant en particulier).

 

 

 

Idéalement, il faut réduire au maximum les usages uniques et utiliser des matériaux durables réutilisables au pire recyclables indéfiniment (avec un coût énergétique et des émissions de GES très réduits) comme le verre ou l'aluminium. Si l'usage unique est incontournable, l'emballage devrait être biosourcé et biodégradable.

Vrac – la nouvelle tendance

Jean Bouteille

La solution idéale est évidemment de n'avoir aucun emballage d'où une tendance de fond, le développement du vrac. Jean Bouteille s'est spécialisé dans des solutions permettant de vendre des liquides en vrac en proposant des contenants principalement en verre pour les boissons, huiles et vinaigres mais aussi les lessives, shampooings, gels douche. Évidemment, ça nécessite une coopération avec chaque industriel. Vous ne trouverez pas de sitôt du Château Margaux en vrac ! Néanmoins, ils recherchent des producteurs bio pour la plupart. Cela peut être une très belle opportunité pour tous les petits producteurs comme nouveau canal de vente.

 

Il y a une consigne pour chaque contenant. Pour une bouteille, elle sera facturée 2€ pour chaque client, payée 0,83€ par l'enseigne. Si un client ramène une bouteille, il recevra en retour 1€. C'est malin car cela dissuade la surconsommation et le gaspillage de contenants. Cela pourrait avoir du sens dans le cadre de la loi pour une Economie Circulaire sur la consigne.

 

 

Jean Bouteille a aussi conçu un dispositif permettant de remplir une bouteille en 20 secondes plutôt que quelques minutes grâce à la compression du liquide. On peut bien sûr dire qu'encore une fois on va utiliser de l'énergie pour faire gagner du temps. Est-ce vraiment nécessaire ? De l'autre, s'il y a un plus grand nombre de consommateurs qui basculent vers le vrac parce qu'il y a moins de contraintes qu'avant, ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose non plus !

Réseau Vrac

Pour toutes les enseignes et industriels intéressés, l'association Réseau Vrac réunit tous les acteurs pour trouver des solutions communes sur ce sujet. Il propose une définition simple pour le vrac : la « Vente au détail de produits non pré-emballés, en libre-service, à la quantité désirée dans un contenant réutilisable ».

Usage : location, augmenter durée d'usage et externalités négatives

Location partagée

Pour passer d'une économie de consommation à une économie d'usage, la location est une bonne option. Cela n'a de sens écologique que si le produit est loué pour de courtes périodes et que son taux d'utilisation et de rotation sont élevés. Les locations longue durée peuvent au contraire avoir un impact négatif car elles incitent à renouveler beaucoup plus souvent ses produits.

 

Un non-sens écologique est le Pack Reprise de la Rue du Commerce qui permet de restituer un produit à 80% de sa valeur lors de l'année de l'achat. Cela incite le consommateur à racheter tous les ans un nouveau produit !

Lizee est une marque blanche de la location pour des articles utilisés sur de courtes périodes principalement. Ils proposent d'adopter une démarche progressive sur des produits spécifiques. Ils facilitent toutes les démarches de l'entreprise (facturation, remise à neuf, assurance, logistique, entreposage...). Décathlon travaille avec eux notamment pour les produits fortement saisonniers (neige, skis...).

 

 

 

C'est un modèle qui a tout son sens pour les produits de bricolage, les vêtements de cérémonie ou régulièrement renouvelés, le matériel sportif... C'est une vraie opportunité pour les marques qui avant de passer complètement le pas, délègue le risque à une entreprise externe.

 

La location est un métier à part entière beaucoup plus complexe que la vente directe sur le plan logistique, économique, relation client, facturation... C'est une excellente idée qu'une société propose cela en B2B car cela réduit l'obsolescence programmée. Le fabricant à tout intérêt à ce que ses produits durent le plus longtemps possible afin qu'ils soient loués le plus souvent et sur la plus longue durée possible.

Augmenter la durée d'usage

Green Mood propose des panneaux isolants acoustiques à base de mousses naturelles (lichens scandinaves) stabilisées. Elles sont naturelles (y compris au toucher), ont une durée de vie de plusieurs années (même une dizaine d'années pour certaines) et nécessitent très peu d'entretien car la sève est remplacée par un mélange glycérine-colorant.

 

 

Ils jouent avec les différentes couleurs de mousse et sont capables de composer des tableaux comme la mappemonde, un des éléments iconiques de ChangeNOW.

 

 

 

Petite précision néanmoins, la mousse est blanche à l'origine et nécessite d'être colorée. On peut ainsi avoir des panneaux en mousse couleur rose bonbon. Cela retire un peu du charme de la solution, néanmoins la coloration est réalisée grâce à des pigments alimentaires. Le coût d'un panneau est de l'ordre de 500€ HT le mètre carré. Bien d'autres plantes peuvent bien sûr être stabilisées.

Réduire les micro-pollutions individuelles et massives - Microfibres Textiles

Les microfibres plastiques sont des constituants textiles millimétriques issus de plastiques transformés et composites tels que le nylon, l'acrylique, le polyester. Chaque lavage en machine (un cycle) de tissus synthétiques libèrerait plus de 700 000 microfibres plastiques dans l'environnement. Dans l'eau, elles agissent comme éponges à polluants ultra-toxiques avalées par les poissons puis nous. 


La meilleure solution serait de n'acheter que des textiles naturels. A ce titre, les pires vêtements sont les polaires donc acheter des vêtements recyclés à base de plastique serait une hérésie. Une étude réalisée par l'Université de la Californie à Santa Barbara pour Patagonia, fabricant de vêtements d'extérieur, a révélé qu'une seule veste de laine polaire Patagonia peut libérer 250 000 microfibres !

 

Patagonia consciente du problème préconise idéalement de mettre ses vêtements à laver dans un sac filtrant les micro-fibres comme le GuppyFriend Washing Bag ou d'ajouter un filtre à microfibres à la machine à laver. Les micro-fibres récupérées par le filtre sont ensuite mises dans la poubelle « non-recyclable » ...

Planetcare a développé ainsi ce type de filtre pour les machines à laver. Idéalement, il faudrait que la législation contraigne les prochaines machines à laver à intégrer obligatoirement ces filtres et donne aussi comme objectif de réduire l'utilisation des microfibres plastiques dans les vêtements. Une idée un peu iconoclaste serait d'obliger à ajouter un pictogramme avec un poisson s'asphyxiant pour tout vêtement intégrant des microfibres plastiques sur l'étiquette indiquant les matières ! Cela permettra d'alerter le grand public sur le sujet à l'image des indications sur les paquets de cigarettes.

 

[MAJ 17/2/2020] : La loi anti-gaspillage qui vient d'être votée par le Parlement fait obligation aux fabricants de doter d'un filtre à microfibres plastiques chaque appareil qui sortira de leurs chaînes à compter du 1er janvier 2025.

 

Plutôt que d'attendre 5 ans ... Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire, réunit ce lundi matin les représentants des marques de lave-linge, des innovateurs et des ONG pour établir la feuille de route qui doit conduire à la production de machines à laver garanties « zéro microplastiques ».  

 

De manière générale, le plastique se planque partout y compris dans les objets les plus inattendus (cf. article)... sachets de thé, lingettes humides, tasses de papier, Tetra Paks, nettoyants pour le visage, gels pour la douche et exfoliants pour le corps, les étiquettes sur les fruits, les reçus de caisse (mélange de papier et de plastique) ... Les industriels doivent s'y mettre pour rechercher des alternatives pour que le plastique disparaisse de tous les produits à usage unique.

Déchets

Tri des déchets

Uzer que j'avais vu régulièrement au CES Las Vegas revient avec Eugène pour scanner les emballages et indiquer comment les recycler. Ils ont aussi une application qui permet de le faire. A terme, il y a de fortes chances que Yuka intègre cette fonctionnalité directement dans son application avec le nombre d'utilisateurs (> 9 M).

 

A ce titre, un amendement obligeant les industriels à rendre accessibles les informations sur leur emballage en open data a été proposée par la députée Paula Forteza et adopté, il y a peu. Il se trouve que c'est un des 2 amendements numériques que je lui avais présenté quelques mois plus tôt. Je suis ravi qu'elle ait pu le mener jusqu'au bout. Cela pourrait devenir un levier pour changer les comportements car l'information devient directement accessible de manière compréhensible.

 

Wastebox propose un service de mise à disposition de benne avec sa récupération mais je n'ai pas trop vu l'innovation ...

GreenBig vend B:Bot, une solution de collecte de bouteilles en plastique. Le plastique est broyé par B:Bot sous forme de paillettes, ce qui réduit fortement le transport mais rend plus compliqué le lavage des paillettes (car le plastique est mélangé avec la colle et le papier) puis son intégration dans de nouvelles bouteilles en plastique. Cristalline utilise ce dispositif mais les avis sont partagés sur les impacts environnementaux et sanitaires du broyage avant recyclage.

 

B:Bot rétribue de 1 cent, chaque bouteille donnée et de 15 centimes si la consigne pour recyclage avait été adoptée par la Loi pour l'Economie Circulaire. J'ai un sentiment mitigé à ce sujet. La rétribution à 1 cent incitera des personnes à ramener des bouteilles en plastique et augmenter le taux de recyclage des bouteilles en plastique (limité sur le plan national à 57%). 

La généralisation d'une consigne obligatoire pour recyclage poserait de nombreuses questions comme on l'a vu dans les débats entre les acteurs sur ce sujet autour de la Loi pour une Economie Circulaire (cf. mes 14 propositions concrètes à ce sujet) :

  • Déploiement de machines de tri (et donc une nouvelle infrastructure et les ressources pour les créer et les maintenir) qui va à l'inverse d'une mutualisation des moyens qui généralement est plus économe en énergie, ressources ...  
  • Création d'une nouvelle filière pour le recyclage de plastique en plus de la filière via les poubelles jaunes qui a d'ailleurs suscité une vive réaction des collectivités qui perdaient une manne financière liée à la vente de ces plastiques 
  • Création d'une nouvelle infrastructure pour un nombre important de communes en particulier dans l'Ouest qui ont déjà un taux de recyclage des plastiques élevé
  • Le recyclage est l'étape avant la pyrolyse des déchets ou leur enfouissement, idéalement il faudrait les éliminer ou favoriser la réutilisation.

A l'inverse, le taux de recyclage dans de grandes villes comme Paris est inférieur à 40% et la seule solution paraît être la consigne des emballages (mais plus pour réutiliser que recycler). Avec Hoali, j'avais proposé un dispositif complémentaire à la consigne classique pour déconsigner ses bouteilles directement à partir de sa poubelle jaune. Ca ne résout pas tous les problèmes, mais ça vaut le coup d'étudier des approches plus légères pour collecter les déchets. Au final, la consigne pour recyclage a été retoquée lors de l'examen de la Loi pour une Economie Circulaire à l'Assemblée nationale (et aussi au Sénat).

Collecte de déchets sauvages

 

 

Selon leur estimation, 80% des plastiques qui aboutissent dans les océans proviendraient de 1000 rivières (cf. Carte).

 

Les points jaunes représentent les rivières qui déversent massivement leurs déchets dans les océans.

The Ocean Cleanup qui avait déjà proposé des solutions pour nettoyer l'océan montrait Interceptor, sa solution pour intercepter les plastiques dans les rivières.

 

Cette approche en amont semble beaucoup plus pertinente car cela permet de capturer les déchets (petits et moyens) avant qu'ils n'atteignent l'océan et qu'il se transforme en microplastiques quasi impossibles à capturer aujourd'hui.


Plastic Odyssey ne récupère pas les déchets plastiques (bien précisé sur leur site) mais fait de la sensibilisation à travers les océans sur le déchet plastique. Ils embarquent une micro-usine de valorisation du plastique embarquée et un espace d'expérimentation qui présente des alternatives au plastique.

Recyclage de ses propres déchets

Plusieurs startups montraient comment ils recyclaient leurs propres produits dans de nouveaux produits. Mud Jeans (« Circular Jeans » ), utilise à 40% des jeans recyclés pour fabriquer leurs jeans.

Le plus cocasse est certainement Coca-Cola présents sur le stand de Loop. Ils montraient leur « Marine Bottle » créé à partir de 25% de déchets plastiques provenant des océans (c'est le 1er contributeur mondial de plastique dans les océans !).

 

Entre nous, ce serait nettement plus simple et meilleur pour l'environnement qu'il n'y ait pas de plastique envoyé dans l'océan, plutôt que d'aller chercher des plastiques récupérés dans les océans et d'en fabriquer des bouteilles en plastique recyclé !

Upcycling - valorisation de déchets transformés en produits de valeur

Uptrade, lui est un bureau d'achat qui valorise les chutes de tissu, fins de rouleaux ou des déclassés de production d'industriels du textile en les proposant à des sociétés qui recherchent cette matière première (recycleurs, upcycleurs, styliste).

 

Uptrade s'occupe de la logistique, le tri et la mise à disposition des matières.

Recyc Leather recycle les chutes de coupe de gants en cuir pour réaliser de la petite maroquinerie notamment. Ils utilisent principalement de la croûte de cuir non traitée car actuellement il n'est pas possible de recycler des cuirs tannés car ils utilisent du chrome (ou des sels d'aluminium) dans la très grande majorité des cas (pour des raisons de rendement). Les boues issues du tannage au chrome doivent être « neutralisées » chimiquement avec de l'oxyde de magnésium, de la chaux ou de la soude.

 

Une fois séchés, les restes sont entreposés en décharges de classe I (pour les déchets les plus dangereux). à la place, il est possible de réaliser du tannage végétal (issus d'écorces, racines, fruits...) beaucoup moins nocif (mais plus gourmand en eau que le tannage au chrome) dont les boues peuvent être valorisés dans la filière agricole.

Rev Society utilise du plastique recyclé pour réaliser ses collants eux-mêmes recyclables.

 

 

Oth recycle les pneus pour réaliser les semelles de ses snickers. Scale utilise les écailles des poissons tels qu'aiglefins, sardines, saumons récupérés auprès des mareyeurs pour réaliser de la « pierre d'écaille ». En comprimant ce matériau, cela extrait le collagène qui permet de les mouler et de les transformer en plaque une fois séchée.

 

 

 

Neolithe transforme des matériaux non recyclables (déchets ultimes non recyclables comme les déchets industriels et issus de la déconstruction) en granulats destinés au BTP. La solution est particulièrement bien pensée pour le BTP car les déchets créés sur place peuvent être réutilisés sur place comme matériau de construction, une Economie Circulaire locale !

UHCS Constructions utilise le PET pour réaliser des structures modulaires de bâtiment. Le choix du PET ne me semble pas pertinent car il y a déjà un manque cruel de PET pour les industriels des boissons qui veulent augmenter la part de plastique recyclé dans leur bouteille. 

Ils n’étaient pas présents à ChangeNOW mais j’en profite pour parler de FabBRICK, brique isolante créée par Clarisse Merlet utilisable pour isoler des cloisons ou réaliser du mobilier à partir de textile recyclé (coton) en utilisant de la colle écologique. 

La palme de l'originalité revient à Ocean Sole Africa qui transformait des tongs récupérées sur les plages et rivières au Kenya en magnifiques « peluches ».


Problèmes posés par le recyclage - Volume, transport et mélange des matières

S’assurer de la pérennité de l’approvisionnement et de solutions alternatives le cas échéant 

Sur le principe, le recyclage de déchets non utilisés paraît être une excellente idée. Néanmoins, il y a plusieurs limites à cela. La première est l'approvisionnement en matières, Scale doit créer un réseau d'approvisionnement provenant de mareyeurs pour se fournir en écailles de poisson, il doit ensuite les transporter avant de les transformer en poudre puis briques.

 

 

Pour que sa solution soit pérenne et durable, il faut d'abord que sur le plan économique ses briques aient un coût de production similaire à celui d'autres briques équivalentes (à moins d'avoir une caractéristique extrêmement différenciante), d'autre part il faut réaliser une analyse du cycle de vie pour s'assurer que le coût de transport et de transformation n'est pas supérieur au coût de fabrication d'un produit provenant d'un autre matériau (potentiellement recyclé). Enfin, il faut s'assurer qu'on ne prive pas d'autres acteurs de cette ressource pour un bénéfice environnemental et économique supérieur. Il faut aussi anticiper les conséquences d'une utilisation massive de ce « co-produit » ou « déchet » devenant une ressource principale.

 

 

Pour rappel, une des raisons pour lesquelles le gouvernement français a fiscalement favorisé la consommation de gasoil est liée à la surproduction de gasoil dans les raffineries en France.

 

 

Les constructeurs automobiles français ont fortement investi dans le moteur à diesel qui s'est fortement développé dans les années 80 en France. Cela a contribué à la forte augmentation de la consommation qui n'a pas été jugulée assez rapidement par une fiscalité moins avantageuse pour le diesel. Cela a abouti à une importation massive de diesel de l'étranger ... On voit ce qui en résulte aujourd'hui.

Problème du mélange de matières

Le mélange des matières peut présenter aussi un risque car il est très difficile ensuite de séparer celles-ci. Sustonable mélange du PET avec du quartz pour faire des plaques, Qwarzo (en quantités très faibles néanmoins) ajoute une pellicule de quartz à du papier pour le rendre rigide et remplacer certains usages du plastique comme les pailles. Paper on the Rocks créé du papier en mélangeant des déchets de BTP et des déchets agricoles sauf qu'à part eux, personne ne saurait recycler leurs cahiers ...

 

 

 

Quand des entreprises disent que c'est 100% recyclable il faudrait s'assurer par qui et si leurs produits peuvent rentrer dans le cycle usuel de recyclage.

Recyclage chimique

Un des buzz words dans le domaine du recyclage est le recyclage chimique qui recouvre en réalité, trois techniques : la purification des plastiques par dissolution dans des solvants, la dépolymérisation (qui casse les molécules des polymères) et, enfin, les procédés thermiques (pyrolyse et gazéification). Pour moi, c'est la solution de dernier recours ... à éviter au maximum si c'est possible.

 

 

La promesse est de rendre par exemple le plastique éternellement recyclable (en cassant et reconstituant les molécules de plastique), en revanche les impacts néfastes peuvent être nombreux : solvants toxiques, coût énergétique prohibitif ...

Clear impacts propose une solution qui permettrait une combustion sans émission de gaz nocifs grâce à l'utilisation de vibrations à une intensité spécifique. Ca créerait une forme de vortex pour séparer les différents composants pyrolysés. Ils utilisent aussi cette technique pour assainir les eaux usées.

La pyrolyse peut transformer des matériaux non recyclables en énergie et potentiellement en nouveaux matériaux ou en diesel... Etia propose la première option, EarthWake la 2e.

 

Je suis extrêmement sceptique à ce sujet car l'objectif n'est pas, selon moi, de perpétuer une économie carbonée ... Le nom de la seconde entreprise prête aussi fortement à confusion.

 

 

Ces entreprises se prévalent de favoriser l'économie circulaire, les cercles proposés peuvent être tellement grands que c'est à demander si comparativement à leur solution, l'économie linéaire n'est par préférable dans ce cas !

Compostage

Pour les déchets biologiques, le compostage semble pertinent dès lors qu'il est en circuit court.

 

 

Upcycle propose un composteur destiné principalement aux restaurants d'entreprise ou d'écoles. à€ la différence des composteurs individuels, on peut aussi composter de la viande et du poisson. La matière doit rester 14 jours dans le composteur (qui est mécaniquement brassée toutes les 2h durant 2 min afin d'avoir un compost homogène) puis doit reposer 2 mois à l'extérieur.

 

L'ajout de broyat de bois apporte du carbone, aère et absorbe l'humidité. L'équipement est vendu à 15 000€ ou loué 650€ par mois. Cela a du sens dans une démarche durable une fois intégré avec un potager ou une serre autonome en énergie. En revanche, il ne faut pas compter sur la vente de compost pour rentabiliser la machine car une tonne de compost est vendue aux alentours de 25€ HT !

Carbiolice proposait des plastiques compostables, qui selon moi n'est pas une bonne solution, il est nettement préférable soit de réutiliser ou au pire d'avoir des produits biodégradables car le compostage nécessite des conditions particulières pour décomposer la matière.

 

Le compostage peut parfois même nécessiter un équipement industriel (entre 70 et 80 °C, avec un taux d'humidité de 70 % et un taux d'oxygène de quelque 20 %), a priori, ce ne serait pas le cas de Carbiolice qui pourrait être composté dans un composteur individuel.

Événement éphémère et économie durable : Oxymore ?

Les problématiques

Une des problématiques des événements comme ChangeNOW est que par définition ils sont éphémères, il est donc difficile qu'ils soient durables.

 

Pour donner un exemple tout simple, si vous réalisez des affiches ou des bâches avec votre signalétique et les dates de votre événement, vous aurez du mal à la réutiliser !

 

Comme la durée d'utilisation est très courte, soit vous pouvez louer les éléments « génériques », soit vous devez les faire fabriquer sur-mesure sans pouvoir les réutiliser.

 

 

La location est une bonne option mais peut se révéler très chère. Ce n'est pas le prix des éléments de stand qui coûte cher mais la main d'oeuvre pour déplacer et installer ainsi que les coûts de stockage quand ils ne sont pas utilisés, plus les marges des standistes. Le comble est atteint au CES Las Vegas, où le coût de location d'une télé peut être 2 à 3 fois plus cher que son coût dans un magasin. à€ ce jeu-là, la plupart des startups en particulier françaises achètent leur TV sur place dans un BestBuy local et la redonnent à des associations caritatives après.

Il est aussi difficile d'utiliser des produits de récupération. J'ai eu la chance d'échanger avec Etienne Villotte, le fondateur d'Epatant, l'agence qui a réalisé la scénographie de ChangeNOW (qui a aussi réaménagé totalement les Canaux, Maison des Économies solidaires et innovantes de la ville de Paris en utilisant très majoritairement des éléments recyclés).

 

 

Il s'était fixé comme objectif de réaliser le fond de scène en récupérant des lattes de sommier à recycler. Ils ont réussi à trouver les entreprises et organisations capables de leur fournir ces lattes, de réunir celles-ci dans un entrepôt. Mais il fallait toutes les ignifuger. Cela représentait un surcoût majeur, nécessitait d'ajouter un intrant chimique non nécessaire tout en accroissant fortement les délais. Compte tenu de cela, il a été décidé de réaliser un fond de scène sans utiliser d'éléments recyclés. Cela ressemble à un parcours du combattant...

Démarche écoresponsable pour des événements

Santiago Lefebvre, Rose-May Lefebvre-Lucotte et Kevin Tayebaly, fondateurs de ChangeNOW ont mis au centre leur écoresponsabilité ce qui est totalement cohérent avec la nature de l'événement.

 

 

Pour faire face à ces problématiques, en collaboration avec l'agence Epatant, ils ont particulièrement fait appel à la location pour éviter au maximum de jeter des éléments. Ils ont utilisé des éléments recyclés notamment les Chaises Maximum (plastique recyclé) et facilement recyclables. Pour les éléments spécifiques, ils ont réutilisé la plupart des éléments imprimés produits les deux dernières années,

Clés d'un événement écoresponsable : anticiper

Etienne Villotte souligne qu'il faut concevoir l'événement dès le départ comme écoresponsable avec des principes très simples : anticiper la réutilisation des dispositifs (démontage, stockage...), travailler sur les matériaux bruts, privilégier les vis, clous, agrafes par rapport à l'utilisation de colle pour que le matériel puisse être démonté puis réutilisé facilement. Pour mettre en valeur la scénographie, ils ont intégré dans les grilles représentant chaque pôle des éléments distinctifs, verres recyclables pour la partie éco-emballage, tissus pour Sustainable Fashion ... avec l'aide aussi de nombreux bénévoles qui ont imaginé et créé ces dispositifs.

 

L'équipe interne de ChangeNOW a eu pour mission d'identifier les partenaires et mettre en place tous les flux de revalorisation et de sourcing. Ce sont les premières fois qui sont difficiles. A chaque nouvel événement, on parvient à aller plus loin, à changer les habitudes pour que cela soit plus facile, moins cher, plus rapide la fois d'après afin que cela devienne un réflexe, m'indiquait Etienne.

 

 

Santiago et Rose-May m'ont indiqué qu'avoir une démarche écoresponsable a un coût homme relativement important dans la mise en place du dispositif. En revanche, elle serait globalement moins chère, car il y a moins de matières utilisées de base, plus de partenariats qu'une relation clients / fournisseurs et une courbe d'apprentissage élevée pour les événements futurs. ChangeNOW a fait un énorme effort pour réduire au maximum son empreinte écologique malgré un budget qui devait rester limité (Ils n'ont pas fait de bénéfices sur cet événement ).

Autres solutions possibles pour l'événementiel

Dépersonnaliser facilement

Hormis les éléments génériques qui peuvent être loués, il serait judicieux que toute la chaîne événementielle (fabricants de matériels, imprimeurs, standistes, agences de scénographie, organisateur d'événements ...) travaille sur des techniques de dépersonnalisation qui permettraient pour un coût réduit de réutiliser du mobilier, des bâches, des signalétiques et de les personnaliser.

 

Une technique pourrait être le développement d'encres lavables ou effaçables à la chaleur (à condition qu'elles ne s'effacent pas en conditions normales ou de fortes chaleurs (cf. l' encre effaçable du stylo Frixion qui sous la canicule disparait, gênant pour le bac ...).

 

A défaut des solutions de stickers imprimables et décollables, des « vitres » supérieures permettant d'intercaler dessous des éléments imprimés sur feuille transparente, des parties personnalisables amovibles permettraient de réutiliser facilement du matériel.

 

L'imagination des designers, fabricants de mobiliers, bâches avec l'aide des industriels fabriquant des encres devraient trouver une solution car il y a un sacré gaspillage en raison de la personnalisation.

 

Dans le cas de ChangeNOW, la plupart des startups ont pris leur signalétique compte tenu de leur design et qualité 😉

Bénévoles

Une autre approche pourrait être d'utiliser des bénévoles pour réutiliser des produits pour des événements. Cela nécessite une forte préparation en amont pour ne pas faire perdre de temps et être efficace. D'autre part, cette solution n'est possible que pour les événements organisés par une association ou organisation à but non lucratif.

 

Rapide digression : Normalement, la loi interdit des contreparties pour les bénévoles y compris le droit d'entrée et les repas. Toutefois, il est d'usage dans les événements que ceux-ci soient offerts afin que le bénévolat n'engendre pas non plus de frais supplémentaires (pour plus de précisions : Collectif des festivals). Depuis 2006, il est aussi possible d'offrir des chèques-repas du bénévole pris en charge à 100% par l'association et exonéré de charges sociales et fiscales (montant maximum 6,70€ en 2020).

 

 

Pour intégrer une dimension inclusive, il est aussi judicieux de faire appel à des entreprises qui emploient au minimum 80% de personnes en situation de handicap (EA, ESAT ou CDTD).

 

Dans le cas de ChangeNOW, les bénévoles sont notamment intervenus sur des postes comme l’accueil des participants et intervenants, animation des réseaux sociaux, …

Partage de bonnes pratiques et processus qui se structurent

La clé reste toutefois le partage de bonnes pratiques afin de mettre en place des filières et des processus partagés entre événements, organisateurs, agences et au-delà.

 

L'événement Hello Tomorrow sur la DeepTech (12 et 13 mars) a aussi une démarche écoresponsable et propose à tous les organisateurs de discuter d'événementiel responsable dans cet esprit.

Chauffage du Grand Palais

Pour ceux qui étaient vraiment attentifs à l'empreinte écologique se pose la question du chauffage. Évidemment, on pourrait décider de ne plus faire aucun événement au Grand Palais s'il fait trop chaud ou trop froid pour réduire l'empreinte écologique !

 

Une autre manière est que de rechercher des solutions pour que ce type de bâtiment puisse au fur et à mesure nécessiter de moins en moins d'énergie externe (avec des panneaux solaires, peut-être pas au-dessus de la grande verrière 😉 mais ailleurs, des pompes à chaleur ...) et consomme de moins en moins d'énergie. Il est inutile de chauffer toute la verrière ... et c'est possible avec du chauffage par rayonnement infrarouge court (avec un rendement électricité en chauffage très élevé).

 

L'équipe de ChangeNOW a recherché pendant un an avec le Grand Palais des moyens de le chauffer de manière écologique (dont le rayonnement infrarouge), mais les solutions identifiées sont trop « early stage » et pas assez robustes pour être mise en place dès cette année.

 

ChangeNOW collabore justement en ce sens avec la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais pour les aider à faire cette transition dans les futures années.

Conclusion

Nous voyons qu'il y a beaucoup de solutions possibles et qu'elles s'appliquent à tous les domaines y compris dans le monde événementiel.

 

Des solutions peuvent être pertinentes dans un contexte, un lieu et plus dans l'autre en raison de la logistique, distance, des opérations de transformation.

 


 Un vrai travail de recherche, de mutualisation de solutions permettrait d'utiliser une diversité de déchets disponibles localement afin de fournir avec le moins d'énergie et d'impacts négatifs possibles des produits tels que des briques, du mobilier, des vêtements.

 

D'autre part, il serait utile d'expliciter le champ de recyclabilité des différents produits. Un matériau utilisé et recyclable par un seul industriel pour un nombre limité de produits n'a pas du tout le même intérêt qu'un matériau utilisé et recyclable par une très grande majorité d'industriels pour une grande diversité de produits.

 

Le prochain article sera justement sur le diagnostic et les indicateurs RSE (lien vers le 1er)  car pour savoir si on s'est amélioré, il faut une base de départ mesurable. Je couvrirai aussi les autres thèmes comme l'énergie et la mobilité. Avant celui-ci, voici une petite vidéo où je fais un 1er retour de ChangeNow interviewé par  Duc Ha Duong.

 

Je réalise pour des entreprises, des missions pour "sourcer" des innovations (ChangeNOW, CES Las Vegas, MWC mais potentiellement toutes les startups et innovations internationales), les évaluer, concevoir et construire des solutions avec les partenaires développant ces solutions qui répondent aux problématiques des entreprises clientes et les déployer.

 

 

Si vous souhaitez que je réalise un débrief / conférence spécifique à vos métiers pour identifier les innovations, tendances et disruptions dans ce domaine notamment , n'hésitez pas à me contacter :) Contact

 

Si vous souhaitez que je réalise un débrief / conférence ou formation spécifique à vos métiers pour identifier les innovations, tendances et disruptions sur ces sujets, n'hésitez pas à me contacter :)  Je pilote aussi des projets d'innovation sur ces sujets. 

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere

Conseil en Innovation (IA, IoT, Blockchain et RSE / économie circulaire) - Contact (contact@livosphere.com )

Conférences, Formation, Architecte et réalisation de projets innovants :  De la recherche d'innovations, de startups à leur déploiement et accompagnement dans vos projets ( de la recherche d'innovations / nouvelles technologies au déploiement de celles-ci dans votre entreprise)

 

 

ChangeNow - Futur CES / VivaTech des innovations écologiques et sociales au Grand Palais

Les années 2020 sont celles de l'action et plus seulement de l'évangélisation. ChangeNow y fait écho en devenant l'événement incontournable de toutes les innovations sociales et environnementales. (English version - Voir aussi article sur les innovations dans l'économie circulaire et les innovations au CES Las Vegas : IA, IoT, Sustainability...)

 

Installée au Grand Palais après  2 ans à Station F, ChangeNow va désormais pouvoir être The Place to Go comme le CES Las Vegas pour l'innovation technologique, le Mobile World Congress pour les innovations mobiles et digitales (B2B) auxquelles je participe depuis plus de 5 ans.

 

A la différence du CES où la Tech for Tech prime, ChangeNow donne du sens à la tech et plus largement à l'innovation notamment sociale et économique. Il promeut des solutions innovantes, "scalables" à grande échelle, pérenne sur le plan économique qui répondent à un des 17 objectifs de développement durable (ODD ou Sustainable Development Goals, SDG) définis par l'ONU.

 

Quel serait le futur avec ChangeNow ? Nous pourrions imaginer un monde où se nourrir contribuerait à améliorer notre planète plutôt que de la mettre en péril, où les matériaux utilisés seraient réutilisables sans polluer, où le transport utiliserait le vent plutôt que le pétrole, où les produits seraient conçus pour être facilement réutilisés et leurs impacts négatifs neutralisés, où les déchets deviendraient des ressources pour émerveiller les enfants.

 

Ce sont en réalité les 6 innovations qui m'ont le plus interpellé à ChangeNow.

  • Planctonid a développé une nouvelle forme d'agriculture fondée sur les micro-algues capables d'absorber 180 fois plus de CO2 que les arbres pour la même surface et de rendre vivables des eaux truffées de nitrates .
  • Paptic produit des emballages à base de résidus de bois remplaçant le plastique utilisé pour les sacs et emballages.
  • Neoline a créé son premier cargo à voile pour transporter le fret (280 conteneurs) avec une première ligne en 2021 entre Saint-Nazaire et Baltimore.
  • Resortecs produit un fil à coudre qui se dissout à haute température tout en étant lavable et repassable. Cela permet très facilement de décomposer un jean en ses différents éléments (textile, boutons, tirettes...) et d'en créer un ou de le réparer beaucoup plus facilement.
  • Planetcare a développé un filtre pour les machines à laver pour que les microfibres provenant en particulier de nos vêtements synthétiques ne polluent pas nos rivières et océans.
  • Ocean Sole Africa transforme les tongs jetées par les touristes en " peluches " multi-colores.

Il y a bien d'autres innovations citées ci-dessous : le vrac par Jean Bouteille, les moteurs électriques à énergie solaire (Saurea), les bateaux dépolluant les rivières de The Ocean Cleanup... 

Sommaire

Il y a 3 articles, le 2e est consacré à l'économie circulaire (le transport / la logistique, l'emballage, l'usage, le recyclage/la réutilisation, le compostage, la dépollution) et le 3e sur l'énergie, la biodiversité et l'eau.

(Liens directs vers les parties de l'article)

Urgence à agir

Il y a urgence pour les grands groupes et entreprises à investir dans ces domaines et avoir des modèles économiques "sustainable" (sinon elles perdent au minimum 50% des talents). Il faut désormais les financer, industrialiser, les solutions, les déployer.


Un bon signe est la venue de plus de politiques à ChangeNow qu'au #CES2020 (Muriel Pénicaud, Brune Poirson, Kat BorlonganLise Kingo de l'ONU), de personnalités comme Nicolas Hulot, Tony Estanguet (pour Paris 2024) et de beaucoup de personnes de l'écosystème digital. Ce ne sera pas de trop pour accélérer le changement vers des modèles durables.

 

L’Europe a aussi promu son initiative JEDI, Joint European Disruptive Initiative pour attaquer des problèmes comme les micro-plastiques, les pesticides... et éviter qu'on se retrouve en tenaille entre Trump s'il est réélu et Xi Jinping

Paradoxes

Je souhaite aussi soulever plusieurs paradoxes, celui de The Explorers qui a filmé avec des images superbes notre planète pour donner envie de la sauvegarder mais qui pour les montrer doit faire la pub pour la 8K de Samsung (dont le streaming vidéo consommera beaucoup d'énergie).

 

Je suis confiant avec Roberto M. de Samsung que les choses vont bouger aussi chez eux d'autant qu'ils sont intéressés d'échanger avec Emmanuel Faber, PDG de Danone afin de mettre en place un diagnostic et les mesures en ligne avec les 17 SDG. L'ONU en collaboration avec B Corp en mis en place SDG Action Manager, un outril permettant à chaque entreprise de se mesurer par rapport à ces objectifs)

Une amie m'a alerté sur l'utilisation de gobelets recyclables dans les talks de ChangeNow. Faut-il alors utiliser des gobelets réutilisables ?

 

Comme dans un grand nombre de cas, ça dépend (ici du nombre de réutilisations, de la matière...) ! Le plus simple est d'une part de mesurer et de réduire les impacts écologiques en fonction du contexte. Difficile de demander à chaque intervenant de payer une consigne avant de boire de l'eau.

Dernier paradoxe, en voulant faire mieux, on fait moins bien.

 

L'exemple le plus criant est Ecoams Planet qui vend des élastiques recyclables pour réduire la taille de l'espace occupé par les bouteilles en plastique. Je vous laisse juge de la pertinence de cette solution !

 

Paper on the rocks pourrait aussi poser problème. En réduisant la consommation d'arbres pour produire du papier, ils utilisent de la pierre (provenant de déchets BTP) et des déchets agricoles.

 

Le problème est que leurs cahiers ne sont recyclables que par eux car ils mélangent les matières.

Innovations Economie Circulaire

L'économie circulaire repose sur des équations simples pour qu'elle soit pérenne économiquement. Pour le recyclage d'un produit, le coût logistique et de traitement d'un produit à recycler doit être inférieur au coût de la matière vierge pour un même niveau de qualité.

 

Pour la réutilisation, le coût logistique et de traitement d'un produit à réutiliser doit être inférieur au coût de la matière vierge, de production et logistique pour un même niveau de qualité et d'usage.  L'objectif est de réduire les coûts logistiques et de transports notamment en réduisant la taille des cercles.

 

D'autre part, il faut intégrer le taux de recyclage des produits recyclés et le taux de réutilisation des produits réutilisés. Le plastique par exemple ne se recycle que quelques fois (hors recyclage chimique de plus en plus en vogue qui pose d'autres problèmes) à la différence du verre et de l'acier.

 En plus du bénéfice écologique, les innovations ci-dessous ont pour objectif de réduire les coûts de recyclage et de réutilisation et d'avoir un niveau de qualité à l'usage similaire voire supérieur un produit fabriqué de manière linéaire (production -> usage -> déchet).

Production écologique

Production locale

Fruit and Food propose de partager vos excédents de fruits et légumes produits dans vos jardins.

 

Vous n'êtes pas soumis à la fiscalité des bénéfices agricoles (tolérance du fisc) si la surface de votre jardin est inférieure à 500 m2 et que votre potager est attenant à la maison.

Peas & love propose de louer des parcelles de potager communs pour moins de 40€ par mois gérées par un "community farmer" et de pouvoir récolter les fruits et légumes de la parcelle alors que Culture et compagnies (destiné aux entreprises) propose qu'un maraîcher vienne cultiver vos surfaces disponibles (si votre entreprise a des espaces verts) et vous.

 

Les produits sont vendus localement aux salariés ou peuvent l'être aussi à des AMAP locales (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne), restaurant d'entreprise.

Fleurs d'ici a un mode plus classique de vente mettant en relation des producteurs locaux de fleurs (provenant en très grande majorité de l'étranger, Pays-Bas mais aussi Kenya, Équateur, Colombie ...) avec des consommateurs. Ils proposent aussi un abonnement.

 

Pour l'anecdote, ils tracent leur production grâce à la blockchain. Je ne suis pas sûr que cela vaille le coup de le mettre en avant et que la blockchain soit indispensable dans ce cas.

 

 

En direct des éleveurs vendent aussi du lait en circuit court en revanche, ils distribuent dans les supermarchés Super U et Leclerc (Ouest de la France).

 

Une des problématiques de ces structures est leur scalabilité car leur maillage local rend très difficile un développement national et international. L’objectif est de contourner le réseau des grossistes voire de détaillants. Ils ont certes de nombreux points à améliorer mais ont aussi un rôle pour structurer le marché, mutualiser les risques, faciliter la communication (évite la multiplicité d’interlocuteurs) …  La réglementation peut certainement favoriser le développement de multiples entités et initiatives de production locale en circuit court.

 

En revanche, cela me semble difficile de créer des acteurs nationaux et internationaux sur ces domaines à moins de créer de nouveaux types de grossistes sous forme de plateformes à la sauce Uber ou Amazon. Dans ce cas, on perd complètement l'esprit initial.

Produire sans entrants chimiques ou en réduisant les externalités négatives

Solubio (Brésil) fournit des solutions permettant aux agriculteurs de créer leurs propres biopesticides et biofongicides afin d'éviter l'usage de produits chimiques.

 

En les produisant localement, ils sont beaucoup plus efficaces et concentrés que s'ils étaient transportés et conditionnés (c'est une matière vivante ... !) pour une quantité adaptée.

Bioma est une entreprise suisse qui a développé des produits enzymatiques (sans OGM, sans produits chimiques et ne nécessitant pas d'équipement de protection individuelle pour s'en protéger) qui permet de réduire drastiquement l'ammoniaque (NH3) dans les fumiers ce qui par conséquent réduit l'acidification et de l'eutrophisation des milieux.

 

En France, l'agriculture contribue à hauteur de 97 % aux émissions nationales d'ammoniac dont 46 % proviennent des élevages bovins laitiers et allaitants.

Solicaz pose une délicate question car leur métier est de revégétaliser des terres exploitées. Soutenu par le groupe de luxe Kering ( Marques Gucci, YSL, Balenciaga, Boucheron... dirigé par François Pinault, qui à l'origine était dans le négoce de bois ... ;) ).

 

Solicaz permet de revégétaliser par exemple des mines d'or n'utilisant pas de cyanure ou de mercure (ce dernier est amalgamé avec l'or pour faciliter l'extraction d'or mais les vapeurs de mercure sont extrêmement toxiques d'où d'ailleurs son interdiction dans les thermomètres).

 

 

 

Y a-t-il un risque d'effet rebond ? Sachant qu'on peut revégétaliser, va-t-on plus exploiter les ressources naturelles ?

Planctonid proposerait la solution idéale ... des photo-bioréacteurs remplis de micro-algues.

 

Se fondant sur une bibliothèque de plusieurs dizaines de milliers de micro-algues différentes, ils sont capables selon l'intrant (l'eau naturelle, azotée, phosphorée, polluée et même des métaux lourds), le CO2 et la lumière, de les transformer en produits alimentaires (les micro-algues séchées et mises en poudre) pour nourrir des élevages, de servir de complément alimentaire pour un impact écologique bien moindre (dont aucun dégagement de méthane) et me de réaliser des bio-plastiques.

Pour une surface équivalente, ces micro-algues pourraient capter 180 fois plus de CO2 que des forêts. La difficulté est d'industrialiser le processus de production car les micro-algues doivent être consciencieusement choisies, cultivées à la bonne température avec les conditions lumineuses adéquates.

 

Compte tenu de leur multiplication, il faut gérer leur récupération ainsi que le cycle de l'eau. On ne peut pas par exemple les mettre dans une cuve transparente et attendre qu'elles se multiplient car les microalgues au centre ne peuvent survivre n'ayant plus accès à la lumière. Planctonid a passé le cap de l'industrialisation, ils traitent en pilote des eaux usées à Saint-Nazaire (et réduit l'eutrophisation des rivières) et a construit une usine visitable à Alicante en Espagne 

Planctonid a choisi des plaques verticales types verre à double vitrage. Sunoleo propose aussi des photobioréacteurs plus petits pour produire de la biomasse en revanche ils utilisent des cuves intégrant des puits de lumière. Selon moi, il y a plusieurs problèmes à ce dispositif, la lumière absorbée par les micro-algues est différente selon leur emplacement, distance par rapport au puits de lumière et profondeur dans la cuve.

 

Je suis aussi un peu circonspect sur le mode de récupération des micro-algues par un système de vidange. Nous verrons...

 

En tout cas, il est évident, que nous basculerons d'ici quelques années du traitement chimique vers un traitement biochimique avec les micro-algues, mais aussi les enzymes et bactéries. Les Dupont de Nemours, BASF et consorts devraient a priori massivement investir puis basculer dans ce domaine. Il est aussi fort probable que des industriels s'amusent à modifier génétiquement les éléments biologiques pour augmenter leur efficacité et leur champ d'utilisation pour le meilleur et ... pour le pire. (NB : Planctonid n'apporte aucune modification génétique à ses microalgues). .

 

 

 

Pour la faim, il y avait évidemment des burgers sans viande ! HankBurgers Vegan avait installé un stand qui ne désemplissait pas sur base des Beyond Burgers, concurrent de l'Impossible Burger, présent au CES Las Vegas.

 

Ne rêvons pas, pour réaliser ces produits ultra-transformés, il faut beaucoup d'énergie, utiliser soit des organismes génétiquement modifiés (ex : le soja léghémoglobine ou hème, qui donne la texture et le goût de la viande aux Impossible Burger) ou d'autres produits interdits aux animaux (selon INRAE). Pour la viande artificielle, non seulement elle est extrêmement coûteuse mais en plus les bénéfices environnementaux sont très réduits.

Si jamais vous adorez le quinoa, n’oubliez qu’il provient à 80% de Bolivie et du Pérou, le reste provenant de l'Equateur, des États-Unis et de la Chine.

 

Saluons néanmoins la production de quinoa en Anjou dans le Maine-et-Loire 😊

Selon le rapport du GIEC, 80% de la déforestation est générée par l'agriculture principalement à cause de l'élevage industriel & la culture du soja pour l'alimentation animale (63 % de la déforestation en Amazonie).

 

Le système alimentaire mondial contribue jusqu'à 30 % aux émissions mondiales totales de gaz à effet de serre (2007-2016), principalement à cause de l'élevage du bétail (14,5%), la culture du riz et l'épandage d'engrais. 

Pour avoir une vision équilibrée de l'impact de l'élevage sur notre planète, je vous conseille aussi la lecture de cet article de l'organisme public l'INRAE, l'institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement.

 

Quelques exemples : 86% de l’alimentation mondiale des animaux se composent d’aliments non consommables par l’homme (feuilles, herbes…), 13% de grains et 1% de soja, manioc…, l’élevage utilise majoritairement des terres non cultivables (dites non arables : prairies, montagnes, steppes…).

 

En revanche, en calculant les surfaces dans les camemberts, on s’aperçoit que l’élevage représente environ 40% des terres cultivables …

 

Produire avec des intrants écologiques

Nous utilisons immodérément des colorants. Or leur production provient souvent de composés chimiques ( les colorants azoïques représentent 60-70 % de la production et certains sont toxiques et mutagènes).

 

Pili crée des colorants biodégradables mais résistants aux lavages grâce à des micro-organismes analogues aux levures utilisées pour fabriquer la bière, le pain. Ils consomment 5 fois moins d'eau, produisent 10 fois moins de CO2...

Pour remplacer le plastique, Paptic (vidéo) produit des emballages à base de résidus de bois.

 

Il résiste aux déchirures et à l'humidité à la différence du papier et est recyclable et réutilisable à la différence des plastiques utilisés pour les emballages.

De manière plus anecdotique en termes d'impact, Krown.Bio fabrique des objets de décoration à partir de mycélium (racines de champignons) et de déchets agricoles. 

 

Luma Arles transforme grâce à l'impression 3D des algues en lampes, bocaux ...

 

Marine Innovation utilise aussi des algues et d'autres sous-produits (mélasse d'huile de palme...) pour fabriquer des emballages, boîte à oeufs, cales dans les packagings.

 

Lactips propose des granulés thermoplastiques grâce à des protéines de lait. Ses emballages sont biodégradables et même comestibles et pourraient remplacer de nombreux sachets (riz, détergents...)


Enfin, l'éco-conception est aussi anticiper et faciliter le désassemblage de son produit. Resortecs fabrique des fils qui se dissolvent sous la chaleur et qui permettent de désassembler des vêtements en leurs différents composants tout en étant lavable, repassable.

 

Cela permet très facilement de décomposer un jean par exemple en ses différents éléments (textile, boutons, tirettes...) et d'en créer ou réparer un nouveau beaucoup plus facilement. Il y a trois types de fils qui se dissolvent à des températures différentes. Un à 190°C pour les vêtements qui se repassent, un autre à 170° et 100°C pour les tricots.

 

La température de repassage est certes supérieure à 200°C mais comme le fer à repasser ne passe pas nécessairement longtemps sur les fils et que la température se diffuse dans le tissu, les tests actuels n'ont pas montré qu'ils se dissolvent. A l'inverse, la température de dissolution ne peut être trop élevée pour éviter que les vêtements brûlent !

Démarche

Voilà pour la première partie de ce guide de ChangeNow qui en comportera encore bien d'autres (ça prend du temps de l'écrire !).

 

La démarche est celle que j'utilise pour analyser les startups et innovations au CES Las Vegas depuis quelques années (cf. debrief 2020, 2019, 2018), fondée sur de nombreux échanges avec les startups, entreprises, une veille technologique, la lecture de nombreux articles et ouvrages... D'autre part, je cherche à remettre en perspective les innovations par rapport à d'autres solutions, en tenant compte de leur viabilité économique et de leurs impacts sociaux et environnementaux (je réalise des expertises à 360° de startups et innovations pour la BPI).

Modèle économique

Comme toutes les entreprises citées ci-dessus, j'ai aussi un modèle économique. Mes écrits sont accessibles gratuitement.

 

Je réalise pour des entreprises, des missions pour "sourcer" des innovations (ChangeNow, CES Las Vegas, MWC mais potentiellement toutes les startups et innovations internationales), les évaluer, concevoir et construire des solutions avec les partenaires développant ces solutions qui répondent aux problématiques des entreprises clientes et les déployer.

 

Aujourd'hui, la plupart de mes missions concernent de nouvelles technologies comme l'IA, l'Internet des Objets et la blockchain. L'article suivant présente le projet que j'ai réalisé pour déployer des robots collaboratifs dans une entreprise de mode. Je m'étends vers des projets ayant un impact environnemental et/ou social.

 

Si vous souhaitez que je réalise un débrief/conférence ou formation spécifique à vos métiers pour identifier les innovations, tendances et disruptions (Mobilité, Énergie, Santé, Economie Circulaire, Smart City, 5G, IA, Blockchain, IoT  ...) , n'hésitez pas à me contacter :)  Je pilote aussi des projets d'innovation sur ces sujets. 

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere

 

Conseil en Innovation (IA, IoT, Blockchain, Robots) - Contact (contact@livosphere.com )

Conférences, Formation, Architecte et réalisation de projets innovants :  De la recherche d'innovations, de startups à leur déploiement et accompagnement dans vos projets ( de la recherche d'innovations / nouvelles technologies au déploiement de celles-ci dans votre entreprise)

Prédictions 2020 : Tech for Good, Tech for Gods, Tech Bashing ... ou une tech plus humaine, locale, durable, proportionnée

Comme chaque année, je réalise des prédictions sur l'année qui suit et les quelques années qui suivent car j'ai tendance à un peu trop anticiper certains événements. (Pour des conférences, cliquez ici - In English)

 

En 2019, j’avais traité le sujet de l’Humanité aux pieds d’argile et comment créer une société résiliente « en boule de gui », en 2018, l’Inflexion exponentielle des technologies, la Confusion (Homme-Artificiel, Vrai-Faux), et Confrontation entre Etats, GAFA, BATX, Individus, Planète 

 

Le fil rouge pour cette année est la place de la Tech dans nos sociétés. 2020, sera une étape charnière pour la technologie, nous avions parlé d'une sympathique Tech for Good et avons dépassé ce cap car aujourd'hui devant le réchauffement climatique, les inégalités sociales…, nous sommes face à un dilemme : Tech for Gods ou Tech Bashing.  Je suis partisan d’une technologie qui prend en compte plus la dimension humaine, locale, durable, et qu'elle soit proportionnée au problème.

 

En résumé mes prédictions sur les nouvelles technologies sont  : 

Tech for Good

  • IA :  massification de la « pervasive IA », combinée avec la blockchain, l’IoT … utilisant moins de données, plus attentive aux  données personnelles, à l’éthique (federated et transfer learning, edge AI), émergence des  IA architectes ou méta-IA et aux  IA personnelles, portabilité des modèles
  • Blockchain et crypto-monnaies / monnaies digitales : Brique parmi d’autres, Digital Yuan, monnaie des routes de la soie,  IoT plus interopérable
  • 5G pas d'explosion en B2C à la différence des usages en entreprise (Critical IoT : Industrie, véhicules, e-santé) qui devraient émerger mais avec une couverture bien moindre que la 4G
  • Quantique – Quantum Washing et montée de la cryptographie post-quantique
  • Génie génétique, l’arrivée des xenobots, organoïdes, génétique synthétique

Tech for Gods :

  • Rappel sur le changement climatique ... Passer de 37 Mdt équivalents à CO2 à 0 en 20 à 30 ans ...
  • Géo-ingénierie sur le devant de la scène malgré les risques
  • Risques de démocratisation des Tech for Gods (« Black Ball ») et comment les réduire

Tech Bashing

  • Lassitude vis-à-vis de la technologie 
  • Fragilité de notre société et notre dépendance vis-à-vis d’elles
  • Perte de contrôle face aux technologies et notamment pour les emplois

Technologie plus humaine, locale, écologique, proportionnée au problème

  • Partir du problème et non de la solution 
  • « Impact Crowns » - Couronne d’impact sur le plan sociétal, environnemental et économique 
  • Favoriser les comportements positifs et dissuader les comportements néfastes
  • Vers une approche locale fondée sur des solutions partagées et mutualisées, low tech
  • Imaginer un Futur souhaitable en 2050 pour les moins de 20 ans fondée sur la collaboration, la responsabilisation des citoyens et des communautés, l’éco-responsabilité, la diversité dans le respect de l’autre
  • Emergence d’une société complémentaire en boule de gui à notre société actuelle

Quelques autres prédictions :

Not too good

Quelques prédictions pour 2020 :

  • Accroissement massif de l’influence digitale de la Chine et dans une moindre mesure de la Russie avec la montée du nombre d’utilisateurs non asiatiques d’applications chinoises (ex TikTok), lancement du Digital Yuan qui dans quelques années pourraient être la nouvelle monnaie d’échange sur les nouvelles routes de la soie et pour les pays hyper-inflationnistes.

 

  • Forte augmentation (au minimum +50%) du coût de l’énergie sur le plan mondial (ex : pour l’électricité : 0,3 € / kWh sur le plan européen versus 0,2€ aujourd’hui ) liée à une taxation beaucoup plus forte et une forte augmentation des prix du pétrole (raisons géopolitiques mais plus incertaines à cause de la surproduction de gaz de schistes )
  • Entrée dans la phase exponentielle de bouleversements climatiques dans un monde de plus en plus vulnérable : inondations, incendies, perte d’accès à l’électricité, Internet, télécom sur de périodes dépassant le mois …  Après avoir bénéficié de l’inertie climatique pour ralentir les impacts humains sur notre planète, l’inertie commence à avoir un effet accélérateur négatif

 

Comment y faire face ?

Aujourd'hui, 2050 sont devenus les années repoussoir avec son flot de catastrophes, effondrements, ravages annoncés dus notamment à l'utilisation de certaines technologies ! 50 ans avant, l'imaginaire collectif sur les années 2000 était plein d'espoir, de rêves nourris par la Science-Fiction, de progrès technologiques bien sûr exagérés et erronés sur différents plans mais qui donnait envie de les vivre. Il en est tout autrement aujourd'hui.

 

Entre les films Retour vers le futur et Ready Player One, le contraste est saisissant !

Tout ça ne paraît pas très enthousiasmant, je termine donc par mes dernières prédictions pour répondre à ces problématiques :

 

Nouvel imaginaire pour 2050

  • Emergence d'un nouvel imaginaire désirable pour les nouvelles générations qui vivront dans une société « post-consumériste »

 


 

 

Si les moins de 20 ans ne veulent pas périr de désespoir, ils peuvent créer et communiquer sur leur propre imaginaire de la société dans laquelle ils aimeraient vivre, différente de celle de leurs aînés. C'est cet imaginaire que des hommes et femmes comme Greta Thunberg doivent propager et construire plutôt que de perdre leur énergie à demander aux anciens de renier leur imaginaire.  

 

ll y a beaucoup de débats sur les positions de Greta Thunberg lors de son passage à l'ONU ou à Davos.

 

Greta Thunberg est un peu la "Laurent Alexandre" du climat, son rôle est de nous faire prendre conscience de l'urgence climatique. Les leviers les plus forts pour y réussir sont la peur et le désespoir, domaines dans lequel elle sait exceller.

 

Mais on ne peut pas demander à Greta de devenir la Gandhi, la Martin Luther King du climat. D'ici un an ou deux, émergeront d'autres figures charismatiques, qui prendront la relève de Greta. Après cette première prise de conscience (merci Greta), elles nous emmèneront mondialement vers l'action au pas de course. Elles seront porteuses d'une transformation drastique de nos modes de consommation (encore très majoritairement fondée sur la consommation de masse, la mobilité carbonée, l'agriculture intensive...). Elles seront capables de faire bouger les lignes des États, des entreprises et changer nos comportements individuels. Avant Martin Luther King, il y a eu de nombreuses personnalités, Rosa Parks, Linda Brown, qui chacune ont contribué à transformer notre société. Greta est juste la première incarnation de ce bouleversement.

 

Soyons à l'écoute, découvrons et favorisons l'émergence de la Gandhi, la Martin Luther King du climat. Certaines personnalités jailliront et incarneront la métamorphose de notre société en se fondant sur des actions de masse partagées et non plus sur une peur collective.

  • Emergence d'une société complémentaire voire parallèle qui deviendrait un filet de sécurité si notre société pyramidale et fondée sur l'économie de marché défaillait. Elle serait fondée sur 4 principes :

1. la collaboration (de pair à pair, dans une communauté et entre communautés)

2. la responsabilisation des citoyens et des communautés (en anglais : " Citizen et community empowerment ") qui permet de décentraliser des décisions, moyens, ressources à la bonne maille et être responsable (" accountable ") de ses décisions (positives et négatives)

3. l'éco-responsabilité, utilisation de la low tech (tech utile, durable et accessible) et la high tech là où c'est vraiment pertinent

4. la diversité (indispensable pour faire émerger des idées nouvelles, être plus résilients, solidaires) dans le respect de chacun

 

L'objet de ces prédictions n'est pas d'avoir raison mais plutôt qu'on se pose les bonnes questions, à chacun ensuite d'y répondre. Nous rentrons dans un cycle de 20/30 ans qui devrait s'accélérer et profondément transformer nos sociétés, nos vies, notre consommation.

 

Nous vivons le début d'une crise existentielle de nos civilisations plutôt qu'un effondrement.

 

Rassurons-nous, il y a les JO 2020 et les élections américaines cette année, qui sait nous aurons peut-être de très bonnes nouvelles qui compenseront peut-être le lot de mauvaises nouvelles 😉

Tech for Good, Prévisions sur les avancées de l'IA ...

 

Avant de commencer à voir tous les problèmes posés par les nouvelles technologies voyons mes prédictions à ce sujet et ce qu’elles peuvent faire de bien en 2020 !

IA : massification, IA architectes, données personnelles.

Massification de l'IA invisible

Elle se démocratisera de manière visible et surtout invisible en s'intégrant de plus en plus, dans notre quotidien dans nos logiciels et nos smartphones.

 

Dans nos TV, l'IA réalise déjà de l'upscaling, dans nos smartphones l'IA améliore la qualité des photos ou redresse notre tête quand on l'utilise avec FaceTime. Nos radiateurs, équipements électroménagers devraient réduire leur consommation, nous alerter avant les pannes et communiquer avec nous pour des usages précis, grâce à l'IA embarquée dans des puces pour des prix dérisoires.

 

Le partenariat de Snips (reconnaissance vocale & NLP embarquée aujourd'hui rachetée par Sonos) par NXP illustre cette tendance en proposant des puces capables de gérer les échanges vocaux spécifiques. Les lunettes classiques intégrant un assistant vocal intelligent (ou juste un espace pour l'intégrer) devraient faire florès comme l'illustre Amazon avec Echo Frames et Bose Frames.

 

 

De nouvelles interfaces homme-machine se développeront (ex: interfaces Brain-to-Command performantes comme NextMind captant et décodant avec l'IA le point d'attention à partir des flux électriques à la surface du crâne ).

 

 


Clinatec avait déjà montré leur dispositif, Wimagine  qui permet à une personne tétraplégique de se déplacer grâce à son exosquelette. On utilise ses intentions de mouvement (interprétées par les signaux électriques du cerveau un Brain Computer Interface (BCI), dispositif médical qui mesure en haute résolution l'activité électrique dans le cerveau)

L'année dernière, BrainCo montrait ses premières prothèses de main utilisant la modulation de l'influx nerveux dans les moignons pour faire bouger chacun des doigts, cette année au CES Las Vegas, je peux même serrer sa main. L'IA est utilisée pour traduire un influx nerveux déclenché par le cerveau en geste et aide les personnes à compenser leurs handicaps. L'IA apprend du cerveau humain qui s'adapte à l'IA qui apprend du cerveau humain...


Capacités en croissance exponentielle et une aide précieuse

L'IA devrait rentrer dans une phase exponentielle en termes de capacités d'analyse, de découverte et de création. Les scientifiques sont souvent confrontés à la masse de données collectées lors de leurs expériences, de leurs découvertes. L'IA va devenir une aide indispensable pour eux pour faire le tri des données, trouver les perles rares mais aussi identifier les erreurs.

 

Récemment, une IA créée par Google a su prouver plus de 1200 théorèmes mathématiques (déjà prouvés 😉 ) avec un taux de réussite de près de 40% après avoir été entraînée sur plus de 10 000 théorèmes. Une IA a pu sur base de textes scientifiques anciens prédire les meilleurs matériaux thermoélectriques modernes grâce à du text-mining. Une IA d'une équipe du MIT a su traduire avec une précision de 67% une langue ancienne, le Linéaire B, forme ancienne et archaïque du grec.

Les Etats devraient aussi en profiter pour débusquer les comportements illicites et les fraudeurs. Le fisc français peut identifier les fraudeurs (limité aux activités occultes, domiciliations fiscales fictives, trafics illicites)... comme l'a autorisé le Conseil Constitutionnel, avec un certain nombre de garde-fous (ex : conservation limitée à 5 jours, recours interdits aux sous-traitants pour l'exploitation ou la conservation des informations personnelles).

 

Certains se disent qu'il suffit de ne plus poster publiquement des photos à côté de son véhicule pour passer à travers les mailles du filet. Ce serait bien naïf. Certaines IA sont capables de déterminer votre orientation sexuelle avec une forte probabilité sur base de vos likes même si vos likes n'ont aucun lien apparent avec votre orientation sexuelle. (cf. documentaire : Comment Trump a manipulé l'Amérique sur Arte) et intervention de Yuval Harari si un algorithme lui avait prédit qu'il était gay à 15 ans plutôt qu'il ne s'en rende compte à 21 ans). 


Le principe est assez simple, si des groupes de personnes ayant des caractéristiques communes likent plus particulièrement certains types de posts par rapport à une population ne les ayant pas, on peut en déduire sur base des likes, la probabilité qu'ils aient tel type de comportement.

 

Avec 10 likes, on serait capable de mieux vous connaître qu'un collègue de travail, avec 100, mieux que vos proches et amis, avec 230, mieux que votre compagne/compagnon ... Il ne vous reste plus qu'à regarder combien de Like publics vous avez laissé sur Facebook, Instagram, Twitter ...

 

Pour entraîner l'IA, il faudrait idéalement identifier les posts des fraudeurs existants et connus du fisc et les corréler avec leurs likes néanmoins le Conseil Constitutionnel n'a pas autorisé à recourir à ce dispositif pour les cas de contribuables coupables d'un défaut de déclaration et déjà sous le coup d'une mise en demeure. Ca devrait donc ralentir la phase d'apprentissage 😉

 

Néanmoins, le fisc veut porter à 35 %, la part des contrôles ciblés par l'IA en 2020, contre 13,85 en 2018.

Démocratisation de l'IA au sein des entreprises et programmation par l'IA

Google met à disposition des outils de plus en plus simples pour permettre aux entreprises de créer leurs propres IA (avec AutoML ou AutoAI). Ces briques logicielles déterminent par elles-mêmes les modèles de machine learning et de deep learning, en fonction des besoins et des données d'entraînement disponibles. Ces offres se généralisent chez Google, Microsoft, Amazon, Datarobot et plein d'autres comme chez la startup française Prevision.io qui était au CES 2020 et présentera une nouvelle mouture de son outil.

 

De plus, le codage sera de plus en plus simplifié grâce à l'IA avec des solutions low-code ou No Code qui auront des performances de plus en plus proches de codeurs professionnels. Le métier de codeur se transformera en architecte de solutions d'IA car l'IA va être capable de programmer par elle-même. En revanche, on aura toujours besoin de quelqu'un pour spécifier ce qu'elle doit programmer et lui donner les lignes directrices et les lignes rouges à ne pas dépasser.

 

Combinaison de l'IA avec l' IoT, Quantique, blockchain, génétique .

L'IA sera combinée massivement avec d'autres technologies les objets connectés, la blockchain, la robotique, le quantique même.

 

L'IA combinée avec la génétique et la robotique permettrait de réaliser les thérapies géniques à des coûts bien moindres, à condition bien sûr que les labos pharmaceutiques acceptent de réduire leurs marges bénéficiaires (généralement leurs marges nettes sont supérieures à 20% et peuvent dépasser les marges bénéficiaires (Lien 2018) d'un certain nombre de groupes de luxe en %.).

 

 

Les robots industriels intègreront massivement la vision augmentée par l'IA pour adapter leur comportement (j'ai réalisé un projet de robots collaboratifs pour une entreprise de mode. Voici un lien vers une étude de cas qui décrit sa mise en place). 

Dans les processus administratifs, la RPA ou Robotic Process Automation (avec des entreprises comme UI Path, Blue Prism, Automation Anywhere et plus récemment Microsoft avec UI Flows) permet d'automatiser des tâches répétitives et intègrent de plus en plus des briques d'IA à différents niveaux. Pour transformer des données non structurées en données structurées, la RPA utilise l'OCR pour la reconnaissance de caractères, le traitement du langage pour l'analyse de mails.

 

Pour s'assurer que le processus ne déraille pas, l'IA s'assure que les données utilisées ne sortent pas d'une enveloppe normale de données usuelles ou qu'il n'y a pas d'incohérence entre les données. Pour les cas inhabituels, la main serait redonnée à un être humain.

 

Imaginons qu'une date de naissance 1/1/1982 soit transmise dans un formulaire pour solder sa retraite aujourd'hui, une RPA classique ne verrait pas l'erreur sauf si cela a été codé en amont. Une IA serait capable d'identifier cette incongruité sans que personne ne lui indique qu'il y a potentiellement une erreur dans son programme car l'IA verrait qu'un très faible nombre de dossiers ont une année de naissance aussi récente. On utilisera des techniques d'apprentissage non supervisé, afin de grouper des caractéristiques de données similaires et d'identifier des écarts inhabituels.

Petit rappel, il n'est pas nécessaire d'utiliser des réseaux neuronaux pour faire cela, des technologies de data clustering permettent de le faire aussi. L'IA permet d'avoir une finesse et d'identifier des clusters moins évidents dès lors qu'on a une quantité de données suffisante.

 

 

 

Il ne serait d'ailleurs pas étonnant que les IA apprennent à utiliser des techniques classiques de statistique et " supervisent " automatiquement leur utilisation. Cela éviterait de dépenser du temps et des ressources pour entraîner un réseau neuronal pour trouver de simples corrélations linéaires !

Utiliser moins de données nécessaires ou en générer automatiquement

Une des problématiques de l'IA, plus précisément des réseaux neuronaux avec apprentissage supervisé est d'avoir des données labellisées de bonne qualité et en nombre pléthorique.

 

Pour identifier un chat dans une image, il ne suffit pas d'avoir des images de chat, il faut labelliser chaque image pour indiquer celles où il y a un chat et si possible où il se trouve. Cela prend énormément de temps et de nombreuses entreprises indiennes se sont spécialisées dans ces micro-tâches (grâce notamment à la plateforme Amazon Mechanical Turk). Les grandes avancées de l'IA consistent à réduire le temps nécessaire à labelliser les données. Il existe de plus en plus de techniques, par exemple

  • en utilisant une IA qui va montrer des images qu'il a pré-catégorisées, l'humain ne fera juste qu'un travail de vérification pour les cas limites,
  • créer de nouveaux sets de données grâce à la conception 3D qui permet de simuler une multitude de lumières, d'angles de vue, de textures... à partir d'un seul objet conçu en 3D,
  • créer des univers virtuels dans lesquels interagissent les objets en intégrant les lois physiques. Les moteurs de jeux créés par Ubisoft par exemple seraient très utiles pour entraîner des IA dans des mondes virtuels ainsi que ceux de Dassault Systèmes (même s'ils ne font pas encore.)

 

Une autre technique est de prendre des contenus avec plusieurs formats d'un même contenu et entraîner une IA capable de traduire l'un dans l'autre. Jean Ponce (ENS) utilise l'audio-description des films pour labelliser les scènes (les objets, les événements ...) (ex : un homme passe à côté d'un piano alors que la femme regarde Sam)

Techniques pour réduire la consommation énergétique et les risques de hacking

Plutôt que de réinventer la roue à chaque fois, c’est-à-dire réentraîner des réseaux neuronaux à partir de rien, les IA fondées sur les réseaux neuronaux vont utiliser de plus en plus les technologies de Transfer Learning et Federated Learning (ou apprentissage fédéré).

Transfer Learning

Le transfer learning permet de passer d'un modèle généraliste et de le spécialiser, il s'entraîne sur des domaines spécifiques beaucoup plus rapidement et avec moins de données. Par exemple, un réseau neuronal apprendra à distinguer des espèces de fleurs à partir d'un réseau neuronal capable de distinguer les fleurs. C'est la technique utilisée par NextMind pour en une minute être capable d'apprendre où vous portez votre attention grâce à son casque car ils ont entraîné leur IA avant avec un très grand nombre de données.

 

 

 

Comme l'amélioration de l'apprentissage est linéaire quand la base croît exponentiellement, cela signifie que cela coûte en ressources et en données des bases beaucoup plus importantes pour passer d'un taux de fiabilité de 80% à 85% que d'un taux de 92% à 97%. La mutualisation de bases génériques (comme Imagenet) associée au transfer learning, permet de minimiser ces impacts ainsi que le croisement de données de sources diverses et indépendantes. Si dans un véhicule autonome, vous avez trois sources de données indépendantes indiquant à 80% qu'il y a un piéton devant lui, la probabilité que ce soit un piéton est de 1 - (1-0,8)^3 = 99,2%. Cela nécessite certes d'ajouter des capteurs indépendants et d'intégrer de l'IA (sensor fusion) mais cela coûte moins cher que d'avoir un seul équipement parvenant lui-même à avoir un taux de fiabilité de 99,2%.

Federated Learning

Le Federated Learning évite de transmettre ses données brutes pour entraîner un réseau neuronal global "mère" sur base de réseaux neuronaux "filles".

 

On entraîne un réseau neuronal localement et on ne transmet que les paramètres de ce réseau neuronal au réseau neuronal global qui les utilisera pour s'améliorer. Cela évite en particulier de transmettre des données brutes (ex : données clients, opérationnelles...) et réduit donc les risques de fuite de données. La startup Cosmian utilise cette technologie associée avec le chiffrement homomorphe pour " garantir " la sécurité des données 

Differential privacy et chiffrement homomorphe

Il existe d'autres techniques comme l'agrégation de données entre plusieurs personnes et la Differential privacy (la confidentialité différentielle en français) pour assurer la confidentialité des données. Le chiffrement homomorphe permet d'entraîner un réseau neuronal sur base de données que vous aurez cryptées.

 

En phase de production, vous cryptez vos données en entrée, les faites passer par votre modèle d'IA qui les transforme en résultats cryptés. Vous seul pourrez les déchiffrer avec votre clé de décryptage. Néanmoins la qualité de l'apprentissage est bien moindre et nécessite beaucoup plus de données que l'apprentissage classique.

Edge AI, IA local

Pour éviter de transmettre des données, l'exécution et même l'apprentissage peuvent en partie se réaliser sur des équipements locaux grâce à la forte croissance de puissance de calcul des processeurs IA et le développement de puces neuromorphiques spécialement conçues pour l'apprentissage de l'IA.

 

 

Cela permet de respecter le RGPD et réduit la consommation énergétique.

Même combat : Green AI, RGPD, Cybersécurité

Réduire les entraînements superflus d'IA et la consommation d'énergie grâce au transfer learning, réduire les transmissions de données dont personnelles, les risques de hacking et la consommation énergétique avec le federated learning et l'Edge AI sont quelques techniques qui permettent d'adresser ensemble les impacts environnementaux, la protection des données, la cybersécurité.

 

 

Leur développement et la création de nouvelles (comme les IA architecte cf. ci-dessous) vont devenir vitaux dans les prochaines années si on veut éviter un rejet de l'IA en raison de ses conséquences négatives sur la planète et les individus. Google a d'ailleurs utiliser Deepmind pour réduire sa consommation énergétique dans ses serveurs.

 

 

 

Au début, il y a du greenwashing mais nous devrions converger vers du vrai Green AI. Cela est d'autant plus crucial qu'une IA sans électricité vaut autant qu'une puce grillée ! 

Combinaison : IA connexioniste (Réseau neuronal) et IA symbolique (moteurs de règles)

Beaucoup de data scientists ne jurent que par le deep learning alors qu'il y a des techniques beaucoup plus simples et rapides.

 

Appliquer le deep learning, c'est comme utiliser la force brute, tester une multitude de combinaisons pour résoudre un problème mathématique. Un peu de raisonnement suffit souvent amplement !

 

Or l'IA n'est pas une mais multiple, entre IA symbolique (nommé aussi GOFAI Good Old Fashioned AI : moteur de règles) et connexionniste (réseaux neuronaux notamment). Les deux démarches sont différentes, la première, top-down, la deuxième bottom-up.

 

L'utilisation combinée des deux, associée aussi aux outils statistiques traditionnels devrait fortement s'accélérer en 2020. IBM qui aujourd'hui a exclu sa branche IA symbolique, ex-Ilog, de sa solution IBM Watson devrait la réintégrer cette année, selon moi car d'ici peu, les deux types d'IA seront intimement liés.

 

L'intérêt majeur de la combinaison des deux est de nécessiter moins d'énergie et de données. En fonction du type de données et de leur quantité, structurées ou pas, labellisées ou pas, du résultat attendu on peut utiliser les réseaux neuronaux (full CNN, réseaux convolutionnels pour les images, les RNN pour les analyses temporelles, les LSTM ( Long short-term memory) pour le traitement du langage et NLP ...), les réseaux bayésiens, les algorithmes génétiques ... les moteurs de règles et arbres de décisions .... Leur combinaison nous fait entrer dans une fractale d'IA... On ne sait plus très bien quel type d'IA est au-dessus de l'autre.

Méta IA - IA Architecte

La question est comment construire une solution IA cohérente avec une telle complexité et la gérer ?

Comme l'illustre les conclusions de l'accident d'Uber , l'intégration de multiples sources de données avec des décisions potentiellement contradictoires est particulièrement complexe. Pour un véhicule autonome, la probabilité qu'un événement extrêmement rare pour un véhicule survienne est très forte s'il est étendu à l'ensemble des véhicules circulants. Ce n'est pas parce qu'il n'y a quasiment aucune chance de gagner au loto, qu'il n'y a jamais de gagnants ! Le raisonnement est vrai dans le sens inverse.

 

 

Et ce n'est pas tout, pour créer une IA performante, il faut avoir des données propres et si possible structurées. Il faut aussi adapter la présentation des données en fonction du contexte, de l'utilisateur et contrôler la pertinence des décisions des différentes IA.

 

 

Vu la complexité de préparation et traitement de données, il devient de plus en plus compliqué à un être humain et même à une équipe multi-spécialiste d'intégrer, construire une solution complète d'IA.

Les méta-IA ou IA architectes devraient fortement se développer à partir de 2020, elles concevront des solutions d'IA de plus en plus complètes avec la capacité de les adapter en temps réel.

 

Une approche pertinente serait d'avoir un réseau neuronal " architecte " qui testerait des algorithmes traditionnels, moteurs de règles... et des sous-réseaux neuronaux pour résoudre un problème. Une fois entraînée, une autre IA aurait pour rôle de le rendre explicable voire de le transformer en nouveau moteur de règles capable de s'adapter ou en réseau d'agents. Au fur et à mesure, ces IA architectes pourraient manipuler de nouvelles compétences comme la programmation d'interfaces utilisateur en HTML, Python... Microsoft présentait récemment Power Automate  et Power Virtual Agents qui sont une première viision de ce que ce sera.

 

 

 

Ces IA architectes sont les précurseurs de l'AGI, intelligence artificielle générale capable de rivaliser avec les êtres humains.

IA éthique : transparentes, explicables et éthiques

Ces méta-IA ne suffiront pas pour tout gérer car l'IA ne sait pas prioriser par elle-même. La vie d'un être humain a autant de valeur qu'un bit 0 ou 1. Nous devrions intégré des règles éthiques dans les IA pour quelles puissent prioriser un minimum et éviter les non-sens.

 

 

En 2020, les IA explicables et des techniques pour les rendre explicables et l'émergence d'IA éthiques devraient fortement se développer. Il est très difficile de distinguer la frontière entre une IA éthique et non-éthique, d'autant que selon notre culture, le contexte, les utilisateurs, ce qui est éthique un jour, ne l'est plus le lendemain. Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà...

 

 

Une première approche a été réalisée par le groupe d'experts européens HLEG qui ont défini une checklist accessible dans 23 langues . L'objectif est de se poser les bonnes questions quand on met en place une IA.

Une approche complémentaire est de rendre les IA " transparentes " et de les rendre explicables. On a tendance à dire que le deep learning n'est pas explicable et est une boîte noire, ce n'est pas tout-à-fait exact. On peut caractériser de manière approchée un algorithme de deep learning.

 

Dans l'exemple ci-contre, on entraîne un réseau neuronal à détecter le type d'animaux. En cachant des parties d'images de manière réitérée et en vérifiant ce que l'IA détecte dans une image, on est capable de déterminer les zones utilisées par l'IA pour détecter qu'il y a un mouton, une vache...

 

 

De la même manière, on peut vérifier les biais de sélection dans une IA qui trierait des CV en cachant des informations ou en remplaçant des informations par d'autres (adresse, âge, homme/femme). Si le tri de CV est fortement différent si on inverse la donnée entre hommes et femmes, il y a un fort biais lié au genre des candidats. L'IA peut déduire ces informations du prénom, des activités extra-professionnelles, voire de la structure même du CV pour mieux détecter les biais. Il faut alors au préalable vérifier toutes les données corrélées au genre et les cacher ou les randomiser afin de mesurer les biais de l'IA. By th way, c'est encore le boulot d'être humain de faire cette recherche.

La perte de ces informations peut potentiellement réduire la qualité du tri d'où la nécessité d'avoir régulièrement des audits et tests de l'IA et une vérification terrain des CV choisis et non choisis.

 

Même aux Etats-Unis, ils ont conscience des risques de biais puisqu'une loi sera bientôt présentée au Congrès américain à ce sujet par les sénateurs Cory Booker (D-NJ sur la photo) and Ron Wyden (D-OR) et le soutien de Yvette Clarke (D-NY) (Analyse et PDF : Algorithmic Accountability Act : "an algorithmic accountability bill was introduced to the US Congress that would require certain algorithms to be regularly reviewed for signs of bias.").  D'autre part, la sénatrice Maria Cantwell (D-WA) et des collègues démocrates ont proposé un vaste projet de loi sur la confidentialité des données qui obligerait les entités couvertes à auditer certains systèmes de "prise de décision algorithmique" qui utilisent l'apprentissage automatique (ML).

 

L'enjeu est majeur car l’IA peut soit être utilisée comme aide à la décision avec la supervision d'un être humain soit comme outil de décision automatisée. Pour le tri de déchets, une IA intégrée dans une caméra prenant des décisions automatiques pour trier dans un bac à plastique ou en carton paraît évident. Il en est tout autrement dans la prise de décision d'accepter ou refuser un crédit (interdit par le RGPD, tout décision doit être motivée et au final donnée par un être humain)  voire pour prendre une décision de justice comme c'est en train de se passer en Chine avec le crédit social.

 

Pour les personnes intéressées, j'ai réalisé un MOOC spécifique à ce sujet avec EMLyon sur l’IA et la prise de décision qui couvre notamment ces problématiques.

IA personnelle

Aujourd'hui, l'IA que nous utilisons provient d'entreprises externes en particulier les GAFAM, à l'image des données personnelles, il devrait commencer à y avoir un mouvement des consommateurs et citoyens afin que chacun puissions avoir une IA personnelle que nous entraînions.

 

J'avais écrit il y a quelque temps un article à ce sujet (en 2011, Jamais son mon iLad  ...) et je vais réaliser une intervention en juin dont voici le teaser en vidéo avec CamélIA, ma future IA personnelle 😉.


L'objectif est que nous puissions avoir une forme de "contre-pouvoir" face aux IA fournies par les entreprises.

C'est encore un peu tôt mais d'ici quelques années, nous pourrions avoir un droit à avoir et garder une IA personnelle comme aujourd'hui nous avons un droit sur nos données personnelles.

 

 

Un risque majeur est qu'une entreprise sur base de données personnelles ou " para-personnelles " (ex : likes, navigation sur Internet...) même non stockées puisse créer un jumeau numérique de notre comportement. Elle n'aurait plus besoin de ces données personnelles pour nous connaître et anticiper notre comportement, son modèle suffit. Quid alors de notre droit concernant ce modèle personnel d'IA, de sa portabilité, de l'information du client. C'est un sujet que devrait adresser la CNIL. A l'inverse, une IA personnelle pourrait brouiller les pistes, créer un écran de fumée pour ne pas créer ce double digital.

Portabilité des modèles d'IA et propriété juridique

Plus près de nous se pose la question de la propriété des modèles d'IA et de la portabilité de ceux-ci pour poursuivre leur entraînement. IBM, à ma connaissance garde la propriété des modèles d'IA même s'ils ont été entraînés avec des données clients. Cette position est intenable et devient inacceptable pour la plupart des entreprises.

 

De plus en plus de sociétés réalisant des modèles d'IA pour des clients donnent la propriété de ceux-ci à ces derniers. Cela pose néanmoins des questions de propriété intellectuelle dès lors qu'une IA a été entraînée avec de multiples sources de données, clients, externes, open-source... et qu'il est très difficile de démêler l'écheveau.

 

 

Néanmoins, peu d'entreprises peuvent poursuivre l'entraînement de leurs modèles d'IA si elles cessent leur relation commerciale avec leur prestataire d'IA même si les clients possèdent le modèle.

 

 

 

Nous évoluerons certainement vers une portabilité des modèles d'IA comme le permet d'ailleurs le format ONNX soutenu par Microsoft.

Blockchain et crypto-monnaie (digital yuan, euro et monnaies locales)

Un des points faibles de la blockchain (cf. mon article à ce sujet) est sa consommation d'énergie et sa lenteur de transaction pour les blockchain publiques (permissionless lié au mode de consensus : Proof of work extrêmement consommateur d'énergie). 

 

 

Pour cette raison, on verra plus l'émergence de blockchains de consortium (permissioned) qui nécessitent beaucoup moins d'énergie et sont beaucoup plus rapides car les entités qui valident les transactions sont choisies à la différence des blockchains publiques qui peuvent être validées par tous.

 

 

La blockchain devrait voir ses usages s'étendre de manière invisible sur des usages B2B comme l'authentification, la traçabilité notamment alimentaire et des emballages (cf. ma proposition dans la Loi pour une économie circulaire à ce sujet).

 

 

Elle deviendra plus une brique qu'une solution complète. Des données peuvent être partagées dans une base de données décentralisée entre de nombreux participants et être régulièrement hachées et intégrées dans une blockchain publique afin d'assurer sa traçabilité ultérieure.

 

 

 

Combiné avec l'IA, la blockchain et les smarts contracts pourraient voir le développement des premières entreprises autonomes (nommés DAO)

Concernant les crypto-monnaies, je suis assez circonspect sur l'avenir de celles provenant d'acteurs privés. La Libra de Facebook aura beaucoup de mal à sortir après la vague de départ de partenaires (cf. article détaillé) et de l'opposition des Etats et banques centrales. En revanche, les crypto-monnaies et les monnaies digitales devraient être développées par les Etats et les banques centrales.

 

Digital Yuan et Digital Euro

 

Malgré le fiasco de la première crypto monnaie d'Etat, le Petro, projet de "stablecoin" vénézuélien, deux projets majeurs devraient être lancés en 2020, le Digital Yuan, monnaie digitale d'Etat annoncée par le gouvernement chinois (en réalité elle n'est pas fondée sur la blockchain mais utilise certains de ses principes comme la traçabilité) et le "Digital Euro", crypto-monnaie appuyée sur l'Euro et directement gérée par les banques centrales des pays membres de l'Union européenne.

Le Digital Yuan a aujourd'hui un usage domestique et a vocation à remplacer le Yuan, la monnaie fiduciaire. L'intérêt est évidemment de permettre une traçabilité de toutes les transactions et de pouvoir " saisir " facilement les digital yuan des Chinois mal notés ce qui est plus compliqué avec l'argent liquide... On n'arrête pas le progrès !

 

Aucune autre crypto-monnaie n'est autorisée en Chine. L'autre potentiel du digital yuan, d'ici quelques années est son utilisation dans les échanges commerciaux en particulier avec les pays bénéficiant d'infrastructures sur les " nouvelles routes de la soie " et les pays en voie de développement qui ont une très forte inflation et une monnaie très instable comme au Venezuela.

 

L'intérêt est que le yuan devienne petit à petit une monnaie de référence sur le plan international entièrement contrôlé par la Chine et contrer à terme le dollar (10% des échanges commerciaux sont chinois mais le yuan représente 2% des paiements). Le terme approprié de la monnaie chinoise est en réalité, le renminbi, le yuan est l'unité primaire du Renminbi mais c'est le terme utilisé généralement ( 1 yuan vaut 10 jiao). Il est envisageable que certains pays dépendants doivent payer en Digital Yuan pour commercer avec la Chine, ce qui faciliterait sa convertibilité aujourd'hui limitée.

 

 

L'utilisation des cryptomonnaies aurait aussi du sens pour créer des monnaies locales potentiellement "sponsorisées" par les collectivités locales afin de favoriser le commerce local. Un usage inattendu de la blockchain est le jeu vidéo avec Nine Chronicles, un RPG totalement décentralisé, ce qui réduit les risques de blocage en cas de panne centralisée de serveurs.

 

 

Pour plus d'éléments sur la blockchain, vous pouvez regarder mon article spécifique dessus.

 

 

IoT pour plus d'interopérabilité dans la smart home

L'IoT devient aussi de plus en plus une brique permettant de capter des données ou d'agir. L'IoT dans le B2B explose en termes d'usages et permet d'énormes gains de productivité (évite les pannes, déplacements inutiles, optimise la gestion des ressources) et s'associe beaucoup avec l'IA gourmande en données.

 

 

En B2C, l'émergence de standards dans la Smart Home est très longue à venir mais devrait peut-être arriver comme le montre la nouvelle alliance " Project Connected Home over IP ", avec Zigbee Alliance (qui intègre Legrand, Somfy, Samsung) et de nombreux acteurs Apple, Amazon, Google et Zigbee Alliance.

 

 

J'ai fait de nombreuses prédictions erronées sur l'arrivée de normes de communication dans la maison (avec Thread de Google notamment). La principale difficulté est l'incroyable hétérogénéité des objets, usages, accès à l'électricité ... et des occupants dans un logement qui rend les standards extrêmement longs à mettre en oeuvre car il s'agit de standards multilatéraux transsectoriels (équipement de la maison, éclairage, sécurité, télécoms, énergie, mobilité ...).

 

Ma prévision est donc que cela prendra encore beaucoup de temps pour que des standards se démocratisent.

5G : Le soufflé va retomber en B2C, usages en B2B en « Critical IoT »

Il y aura beaucoup de "hype","buzz" médiatique autour de la 5G, c'est une innovation qui changera la donne (plus robuste et moins de latence nommé URLLC) surtout pour des usages spécifiques comme l'industrie, la télé-médecine, le véhicule autonome et connecté.

 

 

En revanche, la 5G restera une innovation incrémentale avec un modèle économique incertain pour les opérateurs télécoms concernant l'augmentation de débit (nommé eMBB pour les usages : 360°, AR/VR) et surtout l'IoT à bas débit et faible consommation d'énergie (nommé mMTC) car les solutions existantes comme NB-IoT, LTE-M, Sigfox, Lora répondent à 80% / 90% du besoin

 

 

 

Les restrictions appliquées à Huawei devraient aussi pénaliser le développement de la 5G car les infrastructures Huawei étant subventionnées par la Chine (Le prix des équipements Ericsson et moins cher que Huawei en Chine) sont moins chères à déployer et donc réduit d'autant le ROI des opérateurs. Vous trouverez une analyse plus complète de la 5G dans mon article sur le CES Las Vegas 2020 .

Quantique - Quantum Washing et montée de la cryptographie post-quantique

Nous entrons dans la phase Hype de l'informatique quantique avec une 1ère phase de "Quantum-Washing" comme il y a eu de l'IoT, l'IA et la blockchain washing.

 

Des principes fondamentaux de la physique quantique comme la superposition des états, l'intrication, la réduction du paquet d'ondes sont la source des futurs usages du calcul quantique : la parallélisation massive de calcul en particulier combinatoire (le premier pas a été les GPU par rapport aux puces traditionnelles, ), la simulation d'interactions chimiques, moléculaires (ex : la compréhension du repliement des protéines ) qui dépendent eux-mêmes de la physique quantique, la sécurisation des échanges.

 

 

L'Union européenne a d'ailleurs lancé un projet OPENQKD pour développer une infrastructure de télécommunication de clés de cryptage quantique.

Le premier intérêt de l'ordinateur quantique est de résoudre les problèmes ayant des multitudes de combinaisons en un temps polynomial plutôt qu'exponentiel (ex : le problème du voyageur de commerce). Cela pose d'ailleurs inversement un souci pour toutes les technologies fondées sur l'impossibilité actuelle de calculer en un temps raisonnable la solution à un problème mathématique comme la décomposition d'un nombre en ses 2 nombres premiers. Ce problème est la base des techniques de cryptage actuelles comme AES 512 bits utilisé pour crypter les données dans une blockchain.

 

 

 

Cela deviendra un risque majeur en particulier pour les services bancaires avec des risques de fuites de données et de piratage. Il devrait y avoir donc des investissements massifs dans les prochaines années dans les techniques de cryptage post-quantique, résistantes aux ordinateurs quantiques, plus rapidement encore que l'ordinateur quantique. Une phase de recryptage de données avec ces techniques deviendra nécessaire afin d'éviter le décryptage des données historiques.

Nous n'y sommes pas encore ... Google et IBM se tirent la bourre, le 1er ayant déclaré la suprématie quantique contestée par le 2e . La suprématie quantique signifie le moment où un ordinateur quantique dépasserait très largement un ordinateur classique en puissance de calcul et est évaluée à plus de 50 qubits.

 

Le Sycamore de Google serait capable de réaliser en environ 200 secondes un calcul qui nécessiterait environ 10.000 ans sur un superordinateur classique sauf qu'IBM affirme qu'il peut réaliser ce calcul en 2 jours et demi.avec un supercalculateur classique (en ajoutant 64 Po de SSD et. 7 racks de data-center. Merci Olivier pour la précision ;). D'autre part, le problème résolu par l'ordinateur quantique de Google n'a aucune application concrète et est spécialement conçu pour des ordinateurs quantiques.

IBM utilise le terme de " volume quantique " (qu'il est seul à utiliser) pour désigner la capacité de calcul d'un ordinateur quantique. Cela regrouperait tous les facteurs pertinents, à savoir, le nombre et la connectivité des qubits, la profondeur de l'algorithme utilisé ainsi que d'autres mesures telles que la qualité des portes logiques, notamment le bruit du signal.

 

 

Il y a loin de la coupe aux lèvres, avant d'industrialiser, de fiabiliser et surtout de pouvoir utiliser des ordinateurs quantiques avec des applications concrètes, il faudra sans doute une dizaine d'années minimum. Le périmètre d'utilisation du calcul quantique est aujourd'hui très restreint aujourd'hui. Nous verrons une phase de création d'algorithmes quantiques et de programmation quantique qui seront fondamentalement différents de la programmation actuelle mais qu'ils ne pourront s'appliquer qu'à un certain nombre de problèmes mais pas la totalité comme le laisserait croire certains médias.

 

 

L'ordinateur quantique ne remplacera jamais les ordinateurs actuels en revanche d'ici 20 ou 30 ans, les puces quantiques pourraient remplacer les GPU et processeurs neuromorphiques qui réalisent des calculs fortement parallèles et seront une de leurs composantes. Le jour où NVidia lance sa première puce quantique, nous pourrons alors parler de vraie révolution quantique. Je vous recommande d'ailleurs l'excellent e-book d'Olivier Ezratty à ce sujet

Génie génétique, l'arrivée des xenobots, organoïdes, génétique synthétique

Nous aurons quelques surprises avec le génie génétique en 2020 bonnes et moins bonnes ... avec l'émergence de langages de programmation génétique.

 

Nous pourrions tout à fait imaginer d'ici quelques années écrire en Python ou son équivalent biologique afin de créer les premiers automates cellulaires pour traiter tel ou tel type de maladie génétique ou soigner des patients atteints de maladie virale.


Nous sommes déjà aux prémices de cette programmation.

 

Au début de cette année a été créé le 1er xenobot, robot programmable basé sur des cellules de grenouille. Après de très nombreuses simulations numériques (Deep Green) pour aboutir à des modèles viables, des scientifiques ont construit des organismes capables de se mouvoir, de déplacer d'autres organismes ... et aussi capables de se réparer tout ça à partir de cellules souches de peau et de muscle de xenopus laevis, des grenouilles qui vivent habituellement en Afrique.

 

On pourra parler vraiment d'organismes vivants lorsque ces xénobots seront capables de se reproduire ... 

D'autres chercheurs ont créé un système CARVER (Cas13-Assisted Restriction of Viral Expression and Readout), qui combine SHERLOCK, un " outil biologique " qui diagnostique et mesure les niveaux d'ARN viral dans un échantillon avec l'enzyme CRISPR -Cas13 pour identifier des mutations cancéreuses ou détecter des virus sur des échantillons génétiques et les traiter. Ils sont parvenus à réduire de plus de 300 fois l'infectivité du virus de la grippe et pourraient éliminer d'autres virus à ARN comme Ebola et la grippe.

 

 

Verra-t-on un jour des BPI (biological programming interface) équivalents des API (application programming interface) dans le monde de la santé ? Je n'en doute pas une seconde ... On risque de voir Google prochainement sur le sujet !

 

 

 

Vu comme le vivant et les virus ont une capacité d'adaptation phénoménale, ce serait ballot que ces virus modifiés se retournent contre nous ... Nous devons avoir une utilisation très spécifique et encadrée de ces remèdes pour éviter la même erreur que les antibiotiques. On les administre de manière préventive pour les animaux d'élevage ce qui a grandement facilité l'émergence de super-bactéries résistantes à l'ensemble des antibiotiques existants. Je vous laisse imaginer les conséquences d'une grippe et Ebola résistante à tout vaccin ... Espérons que le Coronavirus ne prenne pas ce chemin.

On verra aussi de nombreuses alternatives à CRISPR émerger comme les gènes sauteurs qui évitent les problèmes d'off-target de Crispr (gène découpé au mauvais endroit...) ainsi que le développement d'organoïdes. Ce sont des " mini-organes " formés à partir de cellules souches, ou de cellules progénitrices un peu plus différenciées, qui s'auto-organisent dans un environnement 3D adapté (hydrogel...).

 

L'intérêt est de pouvoir étudier de manière beaucoup plus proche de la réalité, le fonctionnement d'un organe ou d'un tissu biologique et de passer à la 3D à la différence des boites de Pétri en 2D. Aujourd'hui, de nombreux animaux sont utilisés pour tester des traitements, les organoïdes permettraient de rendre la recherche animale plus efficace, précise et ciblée, et donc diminuera le nombre d'animaux utilisés mais l'organoïde ne remplacera pas l'animal entier. Sinon, ce serait une forme de clonage.

 

 

 

Des chercheurs de l'université de Californie sont même parvenus à recréer un mini-cerveau avec un réseau de neurones fonctionnel où apparaissent des oscillations cérébrales synchronisées.

La génétique synthétique devrait voir ses premières applications dans le stockage de données et la traçabilité. Des chercheurs suisses ont synthétisé un " ADN " synthétique qui code l'information de conception d'un objet, ils l'ont encapsulé dans des billes de silice nanométriques résistantes à la chaleur et diffusées dans la matière.

 

En l'occurrence, ils ont imprimé un lapin en 3D avec cette matière " augmentée ". En prélevant n'importe quelle partie du lapin, on est capable de récupérer l'ensemble des informations nécessaires à sa conception à l'image de l'ADN vivant. Dans cet " ADN " digital qu'ils nomment " DNA-of-things storage architecture ", ils ont stocké 45kb d'informations mais sont montés jusqu'à intégrer une vidéo de 1,4 MB qui peut être extraite de n'importe quelle partie d'objet dès lors que les billes de silices sont bien réparties dans toute la matière.

 

 

Les usages sont nombreux, le stockage des dossiers de santé électroniques dans des implants médicaux, la traçabilité et l'authentification d'objets comme des sacs, des emballages et l'intégration du mode de fabrication d'un objet intégré dans la matière même de l'objet.

 

 

En revanche, il y a plusieurs limitations, cet " ADN digital " est fixe et non dynamique, il n'est pas " vivant ", il ne se réplique pas par lui-même et sa fabrication reste à ce stade artisanal et non industrie

Tech for Gods

 

Avec toutes ces technologies, l’Homme risque de se prendre pour un dieu capable de résoudre d’une baguette magique l’ensemble des problèmes.

Quelques rappels sur le changement climatique

Aujourd'hui, nous émettons 37 Md de tonnes d'équivalent CO2 par an dans le monde et il faudrait les réduire à 0 d'ici 2055 pour n'avoir que 2° C de plus. Le GIEC indique qu'aujourd'hui nous augmentons la température de 0,2°C par décennie (avec les émissions actuelles) et que nous avons déjà augmenté la température de 1°C. Ce qui signifie qu'au minimum, si nous ne faisons rien et s'il n'y a pas d'effet d'accélération (réduction de l'albédo, dégazage de méthane venant du permafrost...), en 2050, il devrait y avoir 1,6°C de plus (et ce ne serait qu'un début...)

 

 

 

 

Enfin si nous arrêtons de produire aujourd'hui des GES, l'impact sera perceptible dans 20 ans ... L'augmentation de température est liée au cumul de GES émis depuis l'ère pré-industrielle, donc en arrêtant nos émissions, nous ne faisons que limiter l'augmentation de température ... Arrêter d'émettre des GES, c'est un peu comme payer les intérêts de ses emprunts sans s'endetter plus, en revanche, on reste toujours aussi endetté !

Géo-ingénierie sur le devant de la scène malgré les risques

Pour inverser la tendance, il faudrait réduire la quantité de GES accumulé ... un des nouveaux terrains de jeu de la géo-ingénierie. Le GIEC le définit comme " l'ensemble de méthodes et de techniques visant à modifier délibérément le système climatique pour lutter contre les effets du changement climatique " et cela aiguise de nouveaux appetits. La géo-ingénierie peut atteindre d'autres objectifs comme augmenter la bio-diversité, ou les ressources en eau, ici on parlera de " Climate Intervention " plus précise.

 

 

 

Il y a deux moyens d'intervenir actuellement pour réduire le réchauffement climatique soit éliminer et séquestrer le dioxyde de carbone, soit réduire le rayonnement solaire absorbé par la Terre.

Eliminer et séquestrer le dioxyde de carbone

Pour éliminer et/ou séquestrer le carbone, nous pouvons augmenter la capacité des puits naturels de carbone (boisement/reboisement, bioénergie avec utilisation de la biomasse végétale stockant du CO2 pour produire de l'énergie en séquestrant le CO2 produit, Captage direct du dioxyde de carbone dans l'air, Minéralisation du carbone pour le stocker sous forme solide, Stockage géologique en injectant le CO2 dans une formation géologique).

 

 

Les 4 technologies les plus matures sont le boisement/reboisement, la gestion des forêts/champs, le stockage dans les sols agricoles et la bioénergie avec captage et stockage du dioxyde de carbone.

 

 

Une des plus gros projets est le "Great Geen Wall", "construction" depuis 2007 d'une Grande Muraille Verte de 8000 km au sud du Sahara constitué grâce à la plantation d'arbres. 15% a déjà été réalisé et permet aussi d'enrichir les sols et incitent les populations à rester sur leurs terres.

D'autres projets ressemblent plus à du green-washing lorsqu'elles ne sont pas encadrées. Replanter un arbre pour compenser ses émissions carbone est souvent un pis-aller car il faut quelques années pour compenser des émissions déjà réalisées par la croissance d'un arbre.

 

S'il n'y a aucun suivi de ceux-ci, ils resteront des plants d'arbres voués à disparaître qui ne compenseront même pas l'énergie pour les planter.

 

Si les arbres sont brûlés ou tombent naturellement, le stockage du CO2 n'aura duré que quelques décennies au plus... si aucune séquestration du CO2 n'est prévue.


Ensemencement en fer des océans

Les plus gros risques viennent d'autres techniques comme l'ensemencement en fer des océans afin d'accélérer la croissance du phytoplancton responsable du captage du CO2 de l'atmosphère

 

 

L'objectif est d'accroître la quantité de carbone capturée et stockée par les océans et pour des sociétés privées, notamment américaines, de gagner des sommes mirifiques ... : le stockage du carbone devait permettre d'obtenir des crédits d'émissions pouvant être revendus sur les marchés carbone !

 

 

Très mauvaise idée en réalité car si les océans captent 25% des émissions de CO2 anthropiques, l'essentiel du captage se fait via un processus physique de dissolution du carbone dans l'eau selon Stéphane Blain, chercheur au Laboratoire d'océanographie microbienne (CNRS) et une grande partie du gaz carbonique est rejetée lors de la décomposition de ces algues microscopiques à la surface !

 

 

 

Heureusement, un moratoire sur les projets utilisant de telles techniques a été adopté par 191 pays dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique de l'ONU.

Alcaliniser les eaux de surface avec de la chaux

On pourrait contrer le processus d'acidification en alcalinisant les eaux de surface. On relancerait du même coup, la pompe à carbone. Mis à part quelques études financées notamment par l'industrie pétrolière, cette pratique n'a pas encore été testée in vivo. (Source Les Echos)

 

 

 

Pour éviter les ouragans qui se forment dans une eau à plus de 25° C, l'entreprise américaine Intellectual Ventures a breveté un système consistant à faire flotter dans l'océan d'immenses tubes de 300m de long et de 200m de large, pour les plus imposants, permettant, grâce à la houle, de mélanger les eaux du fond avec celles plus chaudes de la surface dans le but de les refroidir et d'éviter ainsi les ouragans.

Réduire le rayonnement solaire absorbé par la Terre nommé GRS, gestion du rayonnement solaire

 

Mais il y a pire… les techniques permettant d’accroître la fraction du rayonnement solaire réfléchie par la Terre afin d’en réduire la température globale nommées modification de l’albédo. 

Albedo

L'albédo qui mesure le pouvoir réfléchissant de la surface de la Terre pourrait augmenter (0,3 en moyenne pour la Terre, 0 pour le noir parfait, 0,1 pour la mer, 0,2 pour une forêt, 0,8 pour de la neige fraîche, 1 pour un miroir parfait).

 

Les constructions humaines ont légèrement diminué l'albédo (les toits d'immeubles et des routes ont un albédo supérieur aux forêts, végétaux), mais la fonte des glaces remplacée par des terres à nu pourrait inverser cette tendance. Attention au raisonnement simpliste qui serait de croire que l'augmentation de l'albédo par exemple en déforestant des forêts (couleur sombre) pour les remplacer par des terres de terre sèche (couleur claire) réduirait le réchauffement climatique car augmenterait l'albédo ! Il y a de nombreux autres facteurs comme la réflectance spectrale dans les différentes longueurs d'onde pour les couverts végétaux, l'évaporation végétale ... qui nous empêche de réaliser ce lien.

 

 

L'apparition de nuages au-dessus de surfaces à fort albédo (glace, désert) diminue l'albédo et expliquerait aussi l'accélération de la fonte des glaces au Groenland.

Techniques de géo-ingénierie : Aérosols, soufre ... dans les nuages

Il y a des solutions comme l'introduction artificielle d'aérosols, de soufre et de carbonate de calcium dans la stratosphère (pouvoir réfléchissant accru), le blanchiment des nuages grâce à la pulvérisation d'eau salée (formation de gouttelettes plus petites au pouvoir réfléchissant plus important), la libération des produits chimiques dans la haute troposphère pour réduire la formation de cirrus, l'augmentation de la luminance des nuages et des océans, la restauration artificielle de la banquise en pulvérisant de l'eau de mer à sa surface pendant l'hiver.

 

On devine que l'impact de ses solutions serait catastrophique pour notre environnement, néanmoins, il y a une très forte pression aux États-Unis, pour financer ces expériences car selon un certain nombre d'entreprises privées et d'ardents défenseurs du " American Way of life ", cela permettrait d'éviter de mettre en place des mesures pour réduire nos émissions de CO2 et de poursuivre notre train de vie actuel ... Hallucinant !

Aujourd'hui, ces solutions sont imaginées comme des solutions de dernier recours ... des sociétés privées militent en disant que nous devons les déployer car nous n'aurions plus aucun recours (certainement des anciens climato-sceptiques qui ont retourné leur veste dans le sens de l'argent !) ...

 

Malheureusement, sous la pression, des Etats comme les Etats-Unis pourraient justifier envers leur population qu'ils ont le couteau sous la gorge et n'ont d'autre choix que de les utiliser pour préserver le mode de vie américain ... (à très court terme) quel qu'en soit le prix. D'ici 2025, il y a de fortes chances si Donald Trump est réélu que des expérimentations à large échelle soient réalisées au détriment d'ailleurs des pays voisins qui ne pourront pas construire des murs du fond des océans montant jusqu'au ciel !

Il existe des solutions nettement plus simples et moins dangereuses comme peindre des routes, toits et autres infrastructures dans des couleurs réfléchissantes et augmenter la couverture végétale (qui augmente l'humidité de l'air). Los Angeles aurait réduit de 7 degrés la température du sol en peignant ses routes en blanc.

 

 

L'installation de panneaux solaires augmenterait la température (albédo plus faible) mais aussi les précipitations ce qui dans ce cas aurait un impact positif au Sahara.

 

 

L'imagination des hommes pour imaginer des solutions simples à des problèmes complexes est sans limites d'autant que cela engendre des problèmes encore plus complexes à résoudre... Nous aurions intérêt à accepter que dans la très grande majorité des cas, il n'y ait aucune solution simple et globale et qu'une approche beaucoup plus locale soit bien plus pertinente.

 

 

 

Plus globalement, ce serait un grand pas pour l'humanité de comprendre que la meilleure manière de résoudre un problème est de ne pas le créer. Utiliser la géo-ingénierie (hors reboisement et technologies locales), est un peu comme demander une rallonge à un prêteur sur gage avec un taux usurier pour rembourser ses dettes. Ca finit rarement bien ...

Tech for Gods for everyone - Risques de démocratisation

Auparavant les technologies pouvant avoir un impact majeur sur notre planète étaient réservées à des Etats, créer une bombe nucléaire est difficile à faire au fond de son jardin.

 

Avec les objets connectés, l'IA, les réseaux sociaux, les données collectées sur chacun de nous sur Internet et nos smartphones, une entreprise devient capable de transformer la destinée d'un pays en manipulant les élections (cf. excellent documentaire sur le scandale de Cambridge Analytica).

 

 

Rappelons qu'un grand nombre d'élections se jouent à quelques pour cent près et qu'attiser sur les réseaux sociaux, les conflits latents et désaccords entre communautés, populations est une méthode employée pour inciter les indécis à voter pour certaines extrêmes.

 

 

Les véhicules autonomes, les objets mobiles autonomes ... (cf. article sur les armes autonomes) dans les mauvaises mains pourraient un jour transporter et lâcher des charges explosives ou biologiques ...

 

 

 

Allons plus loin, les ciseaux génétiques Crispr Cas 9 (cf. article) est à la portée de n'importe quel laborantin débrouillard. Il est rassurant de voir que He Jiankui, médecin chinois qui a modifié génétiquement des embryons humains d'où sont nées les 2 " bébés Crispr " ait été condamné à 3 ans de prison et à une interdiction d'exercer. Sera-t-on capable d'empêcher tout le monde de le faire ? Pourra-t-on s'assurer que personne ne pourra récupérer un virus de la grippe et le manipuler génétiquement pour en faire une arme biologique mortelle ?

Risques de la démocratisation et moyens pour la contrôler

La démocratisation des technologies est une très bonne chose, l'inconvénient est que dans toute population, il y a quelques % à avoir des comportements " déviants ". L' accès facile à ces technologies est un risque majeur. Aux Etats-Unis, la facilité d'accès aux armes est un contributeur aux tueries en masse aux Etats-Unis et bon nombre des tueurs se doutent qu'ils y laisseront leur peau. Si ces mêmes personnes ont accès à ces nouvelles armes, il est extrêmement difficile de le contrôler.


Nick Bostrom dans une intervention à TED dénomme ce type de technologie une " Black ball ", une technologie facile à mettre en oeuvre capable entre de mauvaises mains de détruire un très grand nombre d'êtres humains rendant notre monde très vulnérable (cf. mes prédictions 2019 sur L'Humanité aux pieds d'argile).

 

Ses deux préconisations pour y faire face sont un contrôle massif de la population et une gouvernance mondiale car il considère que les deux autres solutions, réduire la vitesse de la technologie et réduire le nombre de personnes y ayant accès est impossible.

Je suis vraiment opposé à cette vision, car vivre dans une société liberticide inciterait beaucoup plus à se rebeller contre elle et à utiliser des solutions à portée de main pour la détruire quitte à se détruire soi-même. Une gouvernance mondiale pour encadrer le développement technologique me semble illusoire à court terme à moins d'avoir des extra-terrestres impérialistes qui nous menacent ou un astéroïde qui frappe la Terre dans les mois qui suivent.

 


Les espoirs sont faibles que les Etats se coordonnent quand on voit leur implication ténue illustrée par les non-résultats de la COP 25 pour faire face au dérèglement climatique.

 

La situation géo-politique aggrave encore cette situation car nous assistons à la création de blocs isolationnistes qui s'opposent. Plutôt que de partager une ressource commune, chaque bloc veut se l'accaparer au détriment des autres. La Chine déploie ses routes de la Soie comme des racines pour récupérer les ressources planétaires et alimenter son arbre. C'est la tragédie des biens communs.

 

Il y a sans doute une autre voie possible que je décris plus loin ...

Tech Bashing

 

Avant même de parler de tech bashing, la consommation de biens technologiques plafonne et commence même à diminuer y compris dans les pays émergents. 

Lassitude vis-à-vis de la technologie

Même si cela reste encore minoritaire et principalement européen, il y a une conscience qui se développe pour réduire sa consommation, on parle de "Green Friday" pour faire face au consumériste "Black Friday".

 

 

 

Le CES Las Vegas, la Mecque des objets électroniques auquel je participe chaque année (pas très écolo tout ça 😉 ), commence à montrer des signes de faiblesse, il y a moins de délégations, moins d'exposants et a priori de visiteurs (en particulier français et chinois). Un indicateur intéressant est la forte réduction des prix en décembre des chambres d'hôtel à Las Vegas durant le salon (grâce à l'annulation gratuite, cela fait gagner quelques centaines d'euros...).

Impacts de la technologie sur notre planète et les inégalités

Notre mode de consommation associé aux technologies a des impacts de plus en plus négatifs sur notre santé en plus du réchauffement climatique. 91% de la population mondiale ne respire pas un air sain selon la Banque mondiale !

 

 

Même si l'extrême pauvreté a fortement diminué, la pauvreté n'a pas diminué fortement et les inégalités ont explosé qu'on illustre par la courbe de l'éléphant (dont l'interprétation est un peu tronquée et corrigée par la suite).

 

Parmi les 10 personnes les plus riches au Monde, 4 sont issus des GAFAM, 3 ont directement bénéficié de la révolution numérique (CEO Zara, Oracle, America Moval, telco mexicain), seul Bernard Arnault, président de LVMH et Mukesh Ambani à la tête d'un conglomérat indien sont à la tête d'industries " traditionnelles ". Warren Buffet est le financier de la bande.

En sens inverse, 15 % des Français n'ont pas utilisé Internet durant l'année, ce chiffre monte à 41 % pour les titulaires d'un Certificat d'études primaires (CEP). Alors que de plus en plus de services deviennent accessibles uniquement par Internet, une part importante de la population ne peut y accéder.

 

 

Le numérique, permet d'un côté de rendre accessibles beaucoup de services y compris pour les personnes ayant un handicap (comme les assistants vocaux pour les personnes ayant une déficience visuelle) mais creuse aussi une fracture numérique qui peut susciter méfiance voire opposition à lui. 

Fragilité de notre société et notre dépendance

La dépendance de ces technologies, leur accès à l'électricité, aux télécoms peuvent nous rendre méfiants en cas de panne. Que ferons-nous si nous devons arbitrer entre notre consommation personnelle pour nous chauffer ... et la consommation énergétique de ces technologies ?

 

 

 

Aujourd'hui, l'énergie est assez peu chère, mais il y a de fortes chances qu'elle augmente très fortement. Les tensions géopolitiques avec un risque majeur de surenchère, récemment entre les Etats-Unis et l'Iran peuvent toujours être à l'origine d'un conflit régional qui induirait une très forte augmentation du prix du pétrole (l'Iran peut bloquer le détroit d'Ormuz par où passe aujourd'hui un tiers du trafic pétrolier soit 20% de la consommation ). Il s'agit très certainement d'une coïncidence 😉 mais les élections américaines ont lieu cette année ...

Néanmoins, il y a une autre raison pour laquelle, l’énergie devrait augmenter. Il y a un lien direct entre la consommation d’énergie et l’émission de CO2. Pour réduire fortement la consommation d’énergie, il est nécessaire de fortement augmenter ses prix. Les Etats devraient donc augmenter voire fortement augmenter les prix de l’énergie via les taxes (taxe carbone). Le problème est l’impact sur la population, qui pourrait être compensée par des primes, aides … aux plus défavorisés.

 

Pour l’électricité, elle est en moyenne à 0,2€ par kWh en Europe, 0,176€ en France et 0,3€ en Allemagne ce qui ne l’empêche d’exporter fortement. Une augmentation de la taxe carbone sur le plan européen semble être la seule solution car limitée à un Etat, elle défavoriserait trop son économie aux dépens de ses voisins. 

 

Nous pâtissons aussi de l'effet rebond, en augmentant notre efficacité énergétique, nous incitons à plus consommer. 

 

Perte de contrôle face aux technologies

Les êtres humains vont aussi craindre de perdre le contrôle face aux technologies. Le manque de contrôle humain en dernier ressort aurait conduit au crash du Boeing 737 MAX. Le système MCAS de l'avion est un correctif numérique qui doit compenser le cabrage de l'avion en raison de la nouvelle position des moteurs. Se fondant sur une sonde défaillante, le MCAS a considéré que l'avion se cabrait alors qu'il était en position normale, les efforts répétés des pilotes pour redresser l'avion ont été contrecarrés par le MCAS qui le faisait piquer. Il a fini par prendre le dessus sur les pilotes menant au crash.

 

Il y a un vrai risque que nous soyons de plus en plus en désaccord et même en conflit avec les décisions prises par des machines et que nous perdions le contrôle dessus.

 

 

De plus, il y a un flou juridique concernant la responsabilité d'un accident en particulier mortel, s'il implique l'IA. Est-ce l'exploitant, le prestataire ou le concepteur de l'IA qui est responsable ? La jurisprudence constituera les premiers éléments de réponse avant qu'un cadre juridique clair soit établi.

Données personnelles et perte de confiance dans les entreprises, les institutions.

D'un côté, de grandes marques, même si c'est loin d'être la majorité ont des agissements illicites: CDiscount, Allociné et Vanity Fair collectent nos données même si on refuse , la société Ring, populaire aux Etats-Unis pour ses interphones vidéos donne accès à la police à la localisation de ses produits afin qu'ils puissent solliciter les propriétaires à transmettre leurs vidéos.

 

 

Le nombre de fuites de données personnelles s'est fortement accru et les pannes aussi (cf. une augmentation de crashs des applications chez Facebook.)

 

 

 

Les citoyens et consommateurs deviennent de plus en plus méfiants des entreprises et des données qu'ils récupèrent sur nous. Facebook doit payer une amende 5 md$ aux Etats-Unis pour avoir violé les droits à la vie privée, ce qui au passage est une nouvelle façon de faire payer des "impôts" aux GAFA ! L'application chinoise TikTok utilisée déjà par 26 M d'Américains pour partager des vidéos est suspectée d'avoir des failles permettant à la Chine de collecter les données. L'application russe FaceApp rajeunissant, vieillissant votre visage ou le changeant de genre, collecte et transmet vos données en Russie..

Le développement de la reconnaissance faciale commence à effrayer les citoyens compte tenu de son usage en Chine pour noter chacun. A ce titre, la CNIL fait un réel travail d'analyse à ce sujet pour que son utilisation soit proportionnée au service rendu.

 

 

La Commission européenne en voulant protéger les citoyens avec la nouvelle réglementation e-privacy, risque de renforcer le pouvoir des GAFA car elle favorise les "first party cookies" et les sites web où on se logge (ex : avec le Login Facebook ou Google).

 

 

 

Pour des raisons différentes, les citoyens ont aussi de moins en moins confiance en leurs Etats en raison des différents scandales politiques, de l'inégalité de traitement entre les citoyens les plus riches et les autres ...

La propagation de fake news ne facilite pas les débats constructifs. Rappelons que selon une étude Ifop, près d'un Français sur 10 croit que la Terre est plate ! L'avantage des fake news sur la vérité est que si elles sont bien choisies, elles ne contredisent jamais vos idées ce qui est nettement plus confortable. Toute idée contraire aurait pour objectif de vous faire douter de cette " vérité imaginaire et fausse".

 

 

 

Au final, il y a un vrai risque de perte de confiance des citoyens à juste titre dans de nombreux cas mais aussi à tort car les données permettent aussi de résoudre bien des problèmes (médicaux, environnementaux ...) si elles sont bien utilisées comme l'explique très bien Aurélie Jean dans le Petit Quotidien à la suite de la publication de son livre sure les algorithmes.

Peur de la perte d'emploi

Il est aussi probable que des entreprises comme les banques, les assurances soient confrontées à des dilemmes, tels que réduire fortement leur nombre d'employés grâce à l'automatisation permise par l'IA ou les maintenir dans l'emploi en assurant des formations.

 

 

Si de grands plans de licenciement suivent l'utilisation massive d'IA et la forte augmentation des profits, il ne serait guère étonnant que le grand public associe massivement IA et perte d'emplois, y soit vent debout et risque d'accroître le sentiment d'inégalités entre ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors ou vont bientôt l'être.

 

 

Plutôt que le revenu universel inconditionnel pour compenser la perte d'activité, je suis favorable à ce que les salariés sujets à un licenciement économique puissent bénéficier sur une période de 1 an à 3 ans à une part des bénéfices additionnels générés après leur départ. Cela permettrait de redistribuer une partie des gains de productivité apportés par l'IA, les robots.

 

 

Notre monde évoluant beaucoup plus rapidement qu'avant en termes de technologies et d'emploi, un très grand nombre de personnes développent une très forte appréhension à entrer dans l'inconnu.

 

Technologie plus humaine, locale, durable, proportionnée au problème

 

Nous pensions accéder à des ressources illimitées alors nous utilisons la technologie à tout bout de champ pour résoudre tout nouveau problème sans toujours vérifier s'il existe déjà des solutions pertinentes moins consommatrices en énergie, avec moins d'impacts négatifs sur notre environnement ...

Pédagogie - Bien définir les problèmes à résoudre et les solutions correspondantes 

Une manière simple de réduire fortement la mise en place de technologies inutiles est de bien poser le problème et d'identifier les solutions pertinentes.

 

Cela paraît du bon sens mais très souvent on prend le chemin inverse. Par exemple, on va mettre en place un programme d'IA et on va chercher des problèmes qui pourront être résolus avec. Dans la majorité des cas, c'est complètement inefficace et cela crée des usines à gaz. Comme le dit le proverbe quand on est un marteau, tout ressemble à un clou.

 

 

La pédagogie est aussi essentielle. J'avais réalisé avec Cédric Villani une conférence publique à Saint-Christoly-de-Blaye près de Bordeaux sur l'intelligence artificielle et la ruralité, deux sujets qui a priori s'opposent. La salle était pleine à craquer, Cédric et moi avions préparé des cas pratiques (cf. pièce jointe) pour montrer comment dans l'agriculture, la mobilité, l'IA pouvait aider. Après avoir démythifié ce qu'est l'IA, et présenté des cas d'usages dans la ruralité, les questions ont fusé. Une des participantes est même venue me voir à la fin me disant : "J'ai enfin compris ce qu'est l'intelligence artificielle et en quoi elle me concerne." Nous avons réussi à créer un lien entre deux mondes qui ne se parlaient pas et à rendre accessible ce qui ne le paraissait pas.

 

 

 

Créer des ponts, expliquer ce qu'apporte les technologies avec les plus et les moins, donner des exemples concrets permettent d'éviter les rejets massifs et sans discernement.

« Impact Crowns » - Couronne d'impact sur le plan sociétal, environnemental et économique

Une manière de représenter la valeur d’une technologie et plus globalement d’ un service, d’un produit mais aussi d’un projet est de le subdiviser en 3 impacts : impact sociétal, environnemental et économique.

 

Les impacts potentiels seraient mesurés de manière positive et négative de manière distincte sur une échelle de -3 à 3.

 

 

On peut utiliser cette visualisation pour de gros projets comme pour des initiatives personnelles.

Pour donner un exemple, l'installation d'éoliennes en Allemagne a un impact positif sur le plan environnemental car cela compense l'utilisation de centrales à charbon pour produire de l'énergie mais aussi un impact négatif.

 

Il faut construire ces éoliennes consommatrices de ressources et cela peut avoir un impact sur la biodiversité locale en particulier les oiseaux. Sur le plan sociétal, l'impact positif est potentiellement de créer quelques emplois, l'impact négatif sont les nuisances visuelles et sonores. Sur le plan économique, l'impact positif est de donner accès à une énergie peu chère.

Sur le plan individuel, un voyage aux Maldives en venant de France aurait sur le plan humain, un impact positif (c'est les vacances !), sur le plan environnemental très négatif (voyage en avion et impact touristique sur les îles), sur le plan économique positif (si contribue au développement économique de l'île) et négatif (car réduit le budget des touristes).

 

Petite digression, il semble compliqué d'interdire de voyager aux Maldives mais on peut d'une part réduire sa fréquence (en plus de la taxe carbone, on pourrait imaginer des visas / autorisations (comme l'ESTA US qui coûte 14 USD) mais écologiques avec des prix différenciés en fonction de la distance entre le point de départ et la destination... C'est une idée à proposer au gouvernement car la France est le 1er pays touristique du monde...

 

Certains choix, comme ceux de la Norvège de renoncer à 65 milliards de dollars en annulant ses projets de forage dans les îles Lofoten pourraient être réalisés sur cette base. En revanche, ils ont inauguré Johan Sverdrup, une méga-plateforme pétrolière  près de leurs côtes …

 

Pour chaque axe, il faudrait avoir un indice synthétique qui mesure de manière représentative la situation actuelle et la situation future. Le choix des indices est évidemment crucial et doit se faire avec l’ensemble des acteurs concernés. La taille des échelles est aussi essentielle pour ne pas écraser ou exagérer certains impacts.

Impact économique

L'impact économique est le plus facile a priori car on pourrait utiliser la valeur marchande ou le PIB additionnel apporté par le projet. La valeur non marchande, le bénéfice social serait lui intégré dans l'impact sociétal. Néanmoins, je propose une petite subtilité, au lieu de calculer l'impact économique en valeur absolue, nous pourrions utiliser l'impact "moyen" incrémental sur la population concernée.

 

Pour éviter la concentration de valeur sur quelques individus (qui augmenterait la valeur moyenne arithmétique de manière artificielle), nous pourrions utiliser la moyenne géométrique (qui n'augmenterait sensiblement que si l'impact économique augmente pour l'ensemble des individus.) et comparer la moyenne géométrique avant et après le projet rapportée à la moyenne actuelle.

 

Si les revenus moyens géométriques passent de 10 à 11, la valeur incrémentale sera de 10% (11-10)/10.

 

Ici, par exemple l'évolution des revenus depuis 1996 en France selon la moyenne arithmétique, médiane et la moyenne géométrique et l'écart entre les 10% plus riches et plus pauvres. L'inconvénient de ce rapport est que si vous améliorez fortement le niveau de vie des très pauvres sans aider les classes pauvres et moyennes, cet indice d'inégalité se réduit or ce n'est pas représentatif de la courbe complète. La courbe en éléphant illustre bien ce problème.

Impact environnemental : Mesurer de manière positive et non en termes de réduction 

Un gros problème actuel est la mesure des effets bénéfiques que nous pourrions avoir sur l'environnement et sur notre société.

 

 

à? la différence de l'impact économique qui se mesure en augmentation du PIB, l'impact environnemental se mesure de manière négative en réduction d'émissions en équivalent de CO2, ce qui n'est pas très encourageant ! Il est toujours plus motivant d'avoir des chiffres qui augmentent que des chiffres qui baissent ...

 

Sur le plan environnemental, nous pourrions fixer un objectif mondial de réduction d'émission de GES (et équivalent) et mesurer la contribution en points pour l'atteindre. Aujourd'hui, nous émettons 37 Md de tonnes d'équivalent CO2 par an dans le monde en 2019, la France en émet en 2018, 445 M et 465 M en 2017. En prenant comme base 2017, nous avons réussi à atteindre 4,3 points en 2018...

 

Cette mesure devrait être systématiquement utilisée et communiquée pour que nous sachions où nous nous trouvons face à l'objectif de zéro émission.

 

 

 

En revanche, cela ne concerne que les projets ayant pour but de limiter le réchauffement climatique. Pour atténuer la baisse de la biodiversité ou la pollution de l'air, il faudrait prendre d'autres indices plus pertinents.

Impact sociétal

L'impact sociétal (différent de l'augmentation du PIB !) est la valeur en termes de bénéfices de cohésion, solidarité, " bonheur " des individus ou inversement de tensions, disparités sociales. Il n'est pas nécessairement très évident à mesurer. Nous pourrions utiliser des indicateurs mesurant l'accessibilité à des services de base (santé, logement, énergie, alimentation, mobilité, télécoms.) avec un niveau de qualité croissant (qualité des soins, logement ...)

 

 

Pour simplifier, nous pourrions aussi le mesurer avec le taux de satisfaction des individus. Ce taux de satisfaction est loin d'être parfait car une mesure peut être impopulaire avant sa mise en place et soutenue après, une fois qu'elle est mise en place en raison de la peur du changement.

 

Idéalement, il faudrait anticiper l'impact sur la future satisfaction sans pour autant négliger la satisfaction/insatisfaction actuelle avant la mise en place.

Favoriser les comportements positifs et dissuader les comportements néfastes

Le progrès est souvent synonyme d'une plus grande facilité pour obtenir des produits et des services. S'il faut toujours favoriser les gestes éco-responsables, il faudrait rendre difficile tout geste ayant un impact négatif sur notre environnement mais aussi notre société. Favoriser le don et dissuader l'égoïsme.

 

Parfois de nouveaux modes de fonctionnement peuvent complètement modifier la manière dont une communauté s'occupe d'un bien commun.

 

Par exemple, de nombreuses expériences ont été faites pour favoriser une pêche responsable. La technique se nomme " Catch shares " ou des droits à pêcher fondés sur un pourcentage (et non un volume) d'une quantité totale de pêche qu'ils peuvent revendre. Cela incite à ce que le volume de pêche augmente (car c'est un %).

Modèle économique fondé sur l'usage

Il existe une machine à laver l'increvable pensée dès sa conception pour pouvoir être facilement réparée et améliorée au fil du temps. Leur modèle économique est aujourd'hui fondé sur la vente (objectif 1000€) ce qui est risqué car ils ont peu de chances de renouveler leur parc.

En revanche, s'ils louent leur machine à laver par exemple dans des locaux communs d'immeubles, des hôpitaux, hôtels, qu'ils apportent des services récurrents comme le repassage, la réparation, la revente de vêtements ... Ils pourraient avoir un modèle économique pérenne.

Le modèle économique fondé sur l'usage en revanche est très difficile à trouver sur des biens difficiles à partager, utilisés sur de longues périodes, quotidiennement et qui évoluent peu. La location de sèche-cheveux ou de brosses à dents électriques a très peu d'avenir en B2C sauf pour des usages ponctuels (hôtel, location AirBnB ...). En B2B, le marché est beaucoup plus intéressant car l'entreprise préfère qu'une entreprise externe gère ses matériels, sa maintenance afin de fournir le même service continu à ses salariés.

 

De manière plus globale, le développement de "B Corp" certifiés et d'ESS qui sont tenus de considérer l'intérêt des autres parties prenantes ('stakeholders') de l'entreprise et non ceux de ses seuls actionnaires ('shareholders') devrait être favorisé. Après l'ivresse du capital, succéderait une sobriété de bon aloi.

Vers une approche locale fondée sur des solutions partagées et mutualisées

Dans le cadre du dérèglement climatique, vu la force d'inertie de nos sociétés, il sera très difficile de mettre tout le monde d'accord (en particulier sur le plan international) pour réaliser des efforts voire des restrictions massives dans nos modes de vie et de fonctionnement d'autant que les efforts d'aujourd'hui n'auront pas pour la plupart un effet immédiat mais dans 20 ou 30 ans.

 

Ils sont indispensables pour que nous prenions les " bonnes habitudes " dès aujourd'hui afin de ne pas aggraver encore plus la situation pour les futures générations mais ils seront longs à mettre en oeuvre en raison de la résistance de chacun au changement.

 

 

 

Il y a bien sûr des actions qui ont des impacts immédiats, comme l'a montré l'arrêt d'utilisation de CFC qui a permis au trou de la couche d'ozone de disparaître et comme toutes les initiatives pour supprimer le plastique à usage unique ou faible durée qui aideront à réduire les océans de plastique.

Quand les problèmes deviennent trop complexes à gérer, à piloter, qu'il y a trop d'acteurs avec des intérêts divergents, la solution n'est pas le contrôle de masse ou la gouvernance mondiale (car très compliquée à mettre en oeuvre sur des sujets vastes) comme le préconise Nick Borstrom mais de le décomposer en beaucoup plus petits morceaux et de trouver des solutions aux petits morceaux plutôt qu'une solution globale qui ne répond à aucun problème.

 

 

Concrètement, cela signifie avoir une approche beaucoup plus locale (cf. série sur Canal +: L'Effondrement ) pour résoudre des problèmes tout en ayant un cadre légal, institutionnel, financier (région, France, Europe, mondial) qui incite d'une part à adopter cette approche mais aussi offre un cadre permettant de facilement partager et mutualiser une solution d'une communauté, région à une autre facilement afin d'éviter de réinventer la roue à chaque fois.

 

 

 

Cela ne signifie pas qu'il faut abandonner une approche mondiale qui est indispensable pour freiner nos penchants consuméristes. En revanche, cela prendra beaucoup de temps et en complément, nous devons localement mettre en place des solutions qui nous permettent de mieux supporter des bouleversements majeurs dans nos modes de vie.

Fragilité de notre société face aux « coupures » de service

Actuellement, la société en particulier française a un modèle pyramidal, souvent assimilé au jacobinisme. La plupart de nos infrastructures sont pyramidales : alimentation en électricité provient à 71% de centrales nucléaires (dont près des 2/3 de 3 régions), l'approvisionnement en nourriture en àZle de France est très dépendant de l'accès au marché de Rungis, l'approvisionnement en essence et gasoil dépend de 8 raffineries et de près de 130 dépôts pétroliers sur le territoire métropolitain ...

 

 

Si un des noeuds critiques est bloqué (comme on le voit avec le blocage des raffineries ou si le marché de Rungis est bloqué par une inondation), cela a un impact massif sur un très grand nombre d'individus, de sociétés, de collectivités.

 

 

Les coupures d'électricité dues à des actions de grévistes sur les installations électriques qui dans la région de Lyon ont touché 40 000 personnes, des cliniques, des transports, les feux de circulation ... montrent notre dépendance à des maillons critiques.

 

 

 

La grève liée aux retraites nous donne un aperçu sur la capacité de résilience de notre société à la perte d'accès à des services critiques (mobilité, électricité ...).

Évolution vers une Société en « boule de gui »

Un des premiers principes à promouvoir est que l'Etat, les institutions favorisent l'émergence d'un tissu social, économique et technologique résilient. Il permettrait à tout individu, acteur produisant ou ayant des ressources (énergie, alimentation, eau, outils, moyen de communication...) de les partager avec ses voisins et sa communauté proche géographiquement.

 

 

Par exemple, il faudrait inciter au développement de coopératives énergétiques sous une forme comme Enercoop (sous forme de SCIC) permettant à chacun de partager son électricité produite avec son panneau solaire avec ses voisins qui n'en ont pas y compris en cas de coupure d'électricité même prolongée.

 

 

 

Dans le cas d'Enercoop, à ma connaissance, l'énergie produite remonte par le réseau RTE vers Enercoop. S'il y a une coupure d'électricité, vous ne pourrez pas la partager avec vos voisins. Idéalement, il faudrait que RTE et son infrastructure permette de le faire même s'il y a une coupure. Les conditions financières et de partage d'électricité devraient être fixées à l'avance. On parle de mini-grid.

Ces coopératives (SCIC) pourraient occuper tous les domaines de la vie courante avec un modèle économique équitable.

 

Nous pourrions avoir une société structurée un réseau maillé par grappes ou en boule de gui, les communautés de personnes (villes, villages) sont reliées aux autres communautés. Une communauté est capable d'avoir un mode de vie au minimum dégradé si elles sont coupées des autres communautés. La connexion avec les autres communautés permet d'atteindre le niveau de vie actuel. (cf. article)

 

 

Ce modèle ne se substitue pas à notre société actuelle fondée sur l'économie de marché mais la complète. Elle présente l'intérêt d'offrir un filet de sécurité, un mode de vie dégradé au cas où ...

 

 

C'est un modèle analogue à celui existant avant l'industrialisation, des villages pouvaient vivre en autonomie mais bénéficiaient du commerce avec les villes alentour pour s'enrichir et se développer.

 

 

 

Dans notre société actuelle, cela signifie qu'un quartier (s'il est géré par une coopérative), une commune puisse fournir des services de base (électricité, eau, nourriture, logement ...) en quantité réduite à ses habitants même si elle est coupée de l'extérieur (télécoms, réseau électrique RTE, transports...). Les îles pour des raisons d'approvisionnement ont de plus en plus ce type d'approche.

Low Tech

L'usage de la technologie dans ces communautés serait différent qu'actuellement. Elle aurait pour vocation de résoudre des problèmes concrets de manière proportionnée avec le problème.

 

 

Avant d'utiliser les technologies sans discernement, posons-nous les questions suivantes : Quelles solutions sont accessibles autour de soi ? Que se passe-t-il si elles ne fonctionnent plus ? Quel est leur impact environnemental et sociétal (positif / négatif) ?

 

 

De nombreuses solutions sont créatives, ingénieuses et nécessitent très peu de ressources. La Low Tech est fondée sur 3 principes : Utile (répond à des besoins essentiels : énergie, eau, hygiène...),, Durable (Robuste, réparable, recyclable, peu d'impacts environnementaux négatifs) et accessible (coût et sa complexité technique ne sont pas prohibitifs pour une large tranche de la population.). De nombreuses solutions sont accessibles sur la plateforme Low Tech Lab.

 

 

 

Rien n'empêche d'utiliser des technologies actuelles comme Internet ou le smartphone en les utilisant comme levier par exemple les plateformes de partage de véhicules, outils ... Il faut juste ne pas être totalement dépendantes d'elles et avoir un plan B si elles ne fonctionnent plus.

Imaginer un Futur souhaitable

Pour tous ceux qui sont nés avant les années 90, les années 2000 évoquaient un imaginaire rempli d'images de science-fiction de voitures volantes, de maladies guéries d'un clin d'oeil grâce au diagnostic d'un tricorder, de robots nous aidant dans les tâches ménagères...

 

 

Si vous demandez à un enfant de 10 ans ce qu'il imagine en 2050, son imaginaire est peuplé de catastrophes en série, d'effondrement de civilisations, de planète ravagée et invivable.

 

 

Pas super motivant ! Il y a un nouveau imaginaire à créer, celui de la société d'après ... celle qui émergera après que les crises humanitaires et écologiques aient eu lieu. Cet imaginaire peut se construire dès aujourd'hui sans attendre.

 

Cet imaginaire est indispensable pour être source d'espoir, donner de l'énergie aux nouvelles générations afin qu'elles construisent le monde dans lequel elles vivront sans attendre que les anciennes générations commencent potentiellement à réfléchir à la question ...

 

 

 

C'est tout l'enjeu des prochaines Greta Thurnberg

Emergence d'une société complémentaire à notre société actuelle

Au fur et à mesure nous pourrions assister à l'émergence d'une société complémentaire à la société actuelle qui servirait de filet de sécurité en cas de nécessité mais pourrait si nécessaire devenir le mode de société vers laquelle nous irions.

 

 

Elle pourrait se fonder sur 4 principes :

  • La collaboration (de pair à pair, dans une communauté et entre communautés),
  • la responsabilisation des citoyens et communauté (en anglais : " Citizen et community empowerment ") qui permet de décentraliser des décisions, moyens, ressources à la bonne maille,
  • l'éco-responsable et low tech (tech utile, durable et accessible) et la high tech là où c'est vraiment pertinent et enfin
  • la diversité et le respect de chacun

 

 

Aujourd'hui, il est essentiel que les institutions favorisent les " Citizen et Community Empowerment " en donnant le cadre légal, les incitations nécessaires pour la développer afin que les problèmes soient réglés par des solutions au plus près de sa source car souvent elles sont plus pertinentes.

Conclusion

Les clés sont entre nos mains pour faire de notre avenir et celui de nos enfants, un horizon dans lequel puisse se projeter. La tâche est rude mais l'espérance a été le moteur de l'Humanité et le sera encore donc tous les espoirs sont permis.

 

Si vous souhaitez que je réalise des conférences de prospective ou sur les nouvelles technologies spécifiques à vos enjeux et métiers, n'hésitez pas à me contacter :)  Contact

 

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere

 

Conseil en Innovation (IA, IoT, Blockchain, Robots) - Contact

Conférences, Formation, Architecte et réalisation de projets innovants :  De la recherche d'innovations, de startups à leur déploiement et accompagnement dans vos projets ( de la recherche d'innovations / nouvelles technologies au déploiement de celles-ci dans votre entreprise)

CES Las Vegas 2020 : Retours IA, Robots, Résilience, transport, 5G, VR, Cybersécurité

Le CES 2020 vient de s'achever, Voici mes retours sur cette nouvelle édition. (In English, click here)

 

Le CES Las Vegas est en perte de vitesse, il y a moins d'exposants, de visiteurs que l'année dernière. Le consumérisme à tout prix dont le CES était l'icône commence à montrer ses premières faiblesses. Gary Shapiro à la tête du CES en viendrait même à dire que cette baisse est salutaire ...

 

Si vous êtes intéressé(e) par une nouvelle tendance de fonds, les innovations et startups RSE et dans l'économie circulaire, vous pouvez lire mes articles à ce sujet à la suite de ChangeNow : Économie circulaire , paradoxes écologiques, productions (micro-algues, locales...)

 

Pour revenir au CES, dans les keynotes, on parle de plus en plus des impacts néfastes sur notre société (emploi, vie privée...) et environnement des technologies, même si ça se reflète encore très peu parmi les exposants, des signaux faibles montrent que la Technologie sans conscience n'est que la ruine de l'Homme ...

 

De grands acteurs comme Intel et Qualcomm ont soit disparu soit fortement réduit la voilure au CES. Pour la France, il y a moins de startups françaises, moins de grands groupes exposants accueillant des startups (seul Village by CA et La Poste ) notamment à cause de Viva Tech qui attire plus les grands groupes.

 

En bref, les tendances :

  • IA : " Pervasive  AI " ou IA qui devient omniprésente avec des usages de reconnaissance visuelle et sonore, de personnalisation mais aussi de nouvelles interfaces Brain to Command (NextMind) et des avatars intelligents...un peu flippant (Neon.Life). Heureusement, il y a aussi des solutions pour les personnes ayant un handicap (Brainco : prothèse de main, aide pour les mal voyants)
  • Robots : Beaucoup d'exosquelettes (pour s'entraîner au sport : Samsung ou bosser : Sarcos), pour compenser des handicaps et le lancement de la vague de robots sociaux qui auront toujours du chemin à faire avant d'intégrer nos "chez-nous" mais Samsung avec Ballie font du forcing pour y entrer .
  • Résilience : Les technologies de résilience (production individuelle de nourriture : MyFood, énergie: O'Sol, eau : Zero Mass Water et Watergen produisent de l'eau à partir de l'humidité de l'air...) pointent leur bout du nez.
  • Énergie : Infrastructure de recharge électrique pour le parc de véhicule qui s’étend et permet à des véhicules de devenir des canaux de distribution d'énergie  (avec des chargeurs bidirectionnels pour alimenter la maison à partir de son véhicule)
  • Mobilitéde plus en plus multimodal ( pour le dernier km), V2X (communication entre véhicules et avec l’infrastructure de la ville qui devrait se développer), des flopées de navettes autonomes qui embarquent des capteurs, IA qui vont bénéficier aux véhicules semi-autonomes. de nouveaux drones avec passagers .
  • 5G : Développement de la 5G principalement en B2B « Critical IoT » (industrie, santé, véhicule connecté) car beaucoup moins d’intérêt en B2C. Les USA pourrait avoir une stratégie de contournement de Huawei sur la 5G.
  • VR : plus immersive avec des vêtements haptiques (pour simuler le toucher), des accessoires pour sentir la chaleur, des chaussures pour faciliter les déplacements à 360°,
  • Parallel TV : futur révolution de la TV... personnalise l'affichage d’une TV sans lunettes 3D (ex: vous voyez votre nom, votre porte d'embarquement... sur l'affichage d'un aéroport mais vous seul le verrez, les autres verront leurs propres infos !)
  • Cybersécurité : une forte percée de la biométrie (surtout empreintes digitales), en revanche peu de blockchain
  • Gadgets : Smart Potato, connaître émotions de votre chien, miroir qui affine votre taille ...

« Pervasive AI » ou IA disséminée partout

Massification

Grosso modo, les principaux usages de l'IA sont d'augmenter l'efficacité, de mieux personnaliser, d'aider à la décision et d'explorer de nouveaux champs.

 

L'exploration à l'exception des recommandations est encore bien trop peu connue du grand public alors que cela donnerait une toute autre image de l'IA, d'ouverture plutôt que enfermement dans un comportement normé.

 

Il y a une "Consumerization" / Massification de l'IA, elle s'intègre de manière invisible dans nos applications et objets. Les usages sont principalement la reconnaissance visuelle et sonore. De nouvelles interfaces Brain-to-Command (BCI) comme NextMind utilise l'IA pour détecter nos intentions grâce à un casque mesurant l'activité électrique de notre cortex visuel situé à l'arrière du cerveau et la traduit en intention.

 

La traduction instantanée entre deux interlocuteurs qui était un rêve il y a quelques années se banalise (ex : Waverly Labs). ST37 utilise des caméras associées à l'IA pour aider les arbitres dans leur décision sur de multiples sports comme le kayak, le tennis.  

La traduction instantanée entre deux interlocuteurs qui était un rêve il y a quelques années se banalise (ex : Waverly Labs). 

 

ST37 utilise des caméras associées à l'IA pour aider les arbitres dans leur décision sur de multiples sports comme le kayak, le tennis.  


Personnalisation avec l'IA

L’IA devient un outil puissant de personnalisation et guide de plus en plus guide nos comportements par exemple dans le domaine du bien-être.

 

L’Oréal propose des solutions (en prototype) pour personnaliser son fonds de teint, crème et rouge à lèvre selon le scan de sa peau réalisée avec son smartphone. L’IA permet de capturer les éléments personnels de chacun (caractérisation de la peau).

 

En revanche, il n’est pas évident qu’ils industrialisent ces produits. Le CES est ici plus un moyen de tester un concept et d’apprendre des retours clients sur ce type de produit qu’un pré-lancement de produit.

 

IA humanisée

En revanche, cela pose une question, faut-il ou non donner des émotions aux IA. Le risque est que des IA simulent des émotions pour nous manipuler et c'est en train d'arriver. Un robot chien qui aurait une larme à l'oeil pour inciter un enfant à acheter des croquettes virtuelles est un exemple de manipulation, il peut aussi s'appliquer à des adultes.

 

Sans donner un statut aux robots ou objets, Il faudrait distinguer les IA et robots qui ont pour objectif de se rapprocher le plus possible d'êtres humains ou d'animaux des autres.

En revanche, l'IA devient " flippante " avec Neon.Life, filiale de Samsung. Grâce à une combinaison de techniques d'effets spéciaux (scanning en 3D, application de textures de peau, cheveux) et d'IA (utilisation du deep learning similaire au deep fake videos pour modifier à volonté les lèvres, les sourcils, les expressions), Neon.Life peut créer des avatars photo-réalistes d'êtres humains qui simulent des émotions (l'approbation, la surprise...) à volonté.

 

L'objectif est de réaliser des agents conversationnels intelligents avec lesquels nous pourrions discuter en langage naturel à l'image du film Her mais incarnés. Attention, nous sommes très loin de l'IA forte, car nous nous rendrons vite compte de la limite de ces agents qui ne pourront avant longtemps avoir une conversation qui couvre une multitude de sujets.

 

 

 


 

Insulter son toaster ou une IA qui aurait vocation à simuler les expressions, les intentions humaines pourrait être considéré comme identique. Néanmoins, il y a un risque qu'à terme, il soit de plus en plus difficile de distinguer ce qui est humain, de ce qui est artificiel. Si nous insultons une IA simulant en les humains, ne risque-t-on pas d'en faire de même pour d'autres êtres humains.

 

Lorsque les jeux vidéo deviendront extrêmement réalistes et immersifs et qu'il deviendra de plus en plus difficile de distinguer le jeu vidéo de la réalité, ne devrions-nous pas réglementer plus sévèrement les jeux avec une forte violence, pour éviter que les individus commencent à confondre les deux (j'ai écrit un article parce que cette confusion ici ).

Après Impossible Burger, Impossible Pork - Parmi les interdits alimentaires ou pas ?

La confusion ne s'arrête pas au monde digital. Impossible Foods a déjà réalisé un "steak" sans viande, nommé Impossible Burger, présent dans de plus en plus de lieux de restauration rapide. Il est fabriqué à partir de 21 ingrédients principalement du soja, et d'un ingrédient génétiquement modifié, le soja léghémoglobine ou hème, qui donne la texture et le goût de la viande. Il faudrait vérifier le bilan carbone de l'Impossible Burger pour voir la différence avec la production d'un steak normal ainsi que s'il y a des risques ou non à long terme pour la santé de manger ces aliments.

 

Impossible Foods réitère au CES avec son Impossible Pork, qui pose une question toute simple, est-ce que cela sera considéré comme un interdit alimentaire pour les juifs et les musulmans ? Si on se tient au sens littéral non, car ce n'est pas du porc, si on se tient à l'esprit de l'interdit alimentaire, oui car cela représente du porc. La question paraît anodine mais elle illustre une tendance de nos sociétés et les technologies à brouiller nos repères, nos frontières sur les choses les plus simples, ce qui est vrai, ce qui est faux (cf. article).

 

 

Robots

Robot associé à l'IA utilisée pour compenser les handicaps et augmenter les êtres humains

 

Les robots et objets robotisés permettent de compenser les handicaps. La prothèse de Brainco entraînée par une IA (coût encore élevé : 10k€) permet à une personne amputée de serrer la main et de saisir des objets.

 

 

Delta Airlines utilise déjà les exosquelettes Sarcos pour déplacer des charges lourdes. De manière plus générale, il y avait beaucoup d'applications destinées aux personnes ayant un handicap, Samsung présentait une application permettant aux mal voyants gardant une vision résiduelle de visualiser des personnes.

 

 

 

 

Samsung présentait GEMS, le 1er exosquelette grand public destiné à nous aider à faire nos exercices de fitness associé à un casque VR mais aussi pour aider les seniors à se déplacer. 

 

 

 

 

 

 

 

Lexilife présentait sa lampe pour aider les personnes dyslexiques à lire. Les personnes dyslexiques auraient deux yeux directeurs au lieu d'un seul. La lampe LED permettrait de favoriser un oeil par rapport à l'autre pour qu'il devienne directeur. Abeye, soutenue par l'enseigne Atol a présenté aussi des lunettes pour les dyslexiques.   


Social robots

Ballie, robot compagnon de Samsung, devrait lancer la mode des robots compagnons. Il a l'allure d'une balle de tennis et peut exercer de multiples tâches : télé-surveillance (mais ne peut surveiller qu'une pièce à la fois !), un assistant encourageant à réaliser des exercices et aidant les seniors à utiliser leurs appareils connectés dans leurs maisons, et un jouet pour les enfants et animaux de compagnie.

 

 

Je suis circonspect sur la réussite de Ballie, robot-compagnon fourre-tout, néanmoins cela pour être le début de l'arrivée d'une vague de robots compagnons après celui des assistants vocaux intelligents. Je ne serai pas étonné de voir Amazon et Google compléter leur gamme d'Amazon Echo, Google Home avec des assistants intelligents robotisés en 2021 au plus tard. L'autre impact est que cela devrait fortement contribuer à réduire les coûts du hardware (en particulier les pièces robotisées) grâce aux économies d'échelle.


On voit que Samsung avec Ballie, Neon.Life, les exosquelettes GEMS posent les premières briques des robots compagnons de demain. D'ici 2,3 ans, ils devraient entrer massivement dans nos vies comme les assistants vocaux et ce qui nous paraissait étrange nous deviendra normal. Les premiers usages sont le monde du jouet. Cela va vite devenir un sujet préoccupant, car un jouet intégrant une IA conversationnelle passera plus de temps à discuter avec les enfants que les parents et jouera donc un rôle dans l'éducation des enfants . Elle risque de réduire la part des nombreuses histoires imaginaires que nous créons avec nos nounours, poupées ou tout objet (quand j'étais petit, j'imaginais en classe des combats épiques entre des stylos et des crayons !).  

Technologies de résilience (alimentation et eau)

Alimentation et eau

De plus en plus de startups proposent des solutions pour produire localement sa propre alimentation, eau, énergie. Cette tendance devrait s'accroître afin de faire face à de potentielles ruptures d'approvisionnement (catastrophes naturelles, grèves et blocage ...).

 

Je parlerai plus loin de l'énergie, mais l'intérêt de ces entreprises est aussi de permettre de fournir un service minimum si on n'a plus d'accès à l'énergie, eau potable, alimentation ...

 

Zero Mass Water et Watergen (présent aussi l'année dernière) montrent leurs solutions pour collecter de l'eau à partir de l'humidité de l'air ambiant.. L'avantage du 1er est qu'il utilise des panneaux photovoltaïques pour fonctionner. Tant qu'à faire, soyons totalement autonomes !

Myfood, présent déjà à VivaTech, montrait sa serre quasi autonome par les panneaux photovoltaïques (suffisant pour alimenter les parties critiques de la serre). Pour un prix entre 5000 à 20 000€ (ou un leasing de 150€/mois sur quelques années), elle permet d'alimenter en fruits et légumes une famille de 3/4 personnes pour 60 à 80% de ses besoins.

 

La serre demande environ 1h par semaine de travail pour semer et collecter. Il pourrait surtout y avoir un usage collectif des serres de quartier ou dans la campagne. Les investissements seraient partagés ainsi que les récoltes.

Énergie

De plus en plus de solutions apparaissent dans le domaine du stockage d'énergie et de la production locale. O'sol présent aussi l'année dernière avait une rosace de cellules photovoltaïques qui alimentent une batterie Li-Ion.

 

Les panneaux photovoltaïques associés aux batteries font florès parmi les fabricants chinois avec des prix défiant toute concurrence (60? pour de grandes quantités de petits panneaux ). En revanche, il ne faut pas espérer de la qualité pour ce prix-là ! La batterie d'Otonohm (120 cellules) a vocation à remplacer les mini-groupes éléctrogènes difficile à transporter et utilisant du carburant. Vinci les utiliserait pour alimenter ses marteaux-piqueurs lors de travaux de voirie. Il serait capable de récupérer en entrée du courant alternatif, de le stocker et de le restituer en courant alternatif sans utiliser de chargeur et d'onduleur ce qui réduirait fortement les pertes.  

Libest avec sa batterie flexible permet de rendre les objets de plus en plus autonomes.

 

De plus en plus de fabricants de batteries se rendent compte du problème d’extraction posé par le lithium et surtout le cobalt concentrée dans quelques pays et avec des impacts environnementaux désastreux.  La production de lithium et surtout de cobalt est bien trop faible pour supporter un parc de véhicules électriques, équivalent au parc actuel de véhicules à essence et diesel. Il est donc indispensable que de nouvelles batteries soient imaginées sans nécessiter de lithium ou de cobalt ou d’autres terres dites rares. 

 

Nawa Technologies propose des batteries à base de nano-tubes en carbone qui ont une densité énergétique plus faible que les batteries Li-Ion mais peuvent générer des pics de charges beaucoup plus élevés d’où leur utilisation dans des motos électriques plutôt que des voitures électriques.

 

Sunleavs lui veut faciliter le partage d'énergie localement grâce à un capteur de production et consommation électrique individuel qui remontent les données sur une plateforme. En réalité, un voisin ayant un panneau photovoltaïque ne transmet pas directement son énergie à son voisin !

 

Sa production remonte dans le réseau électrique et son voisin va consommer son électricité dans ce réseau électrique. La législation devrait favoriser que l'on puisse partager son électricité directement avec ses voisins pour réduire l'impact des pannes électriques plus fréquentes lors de catastrophes naturelles (en évitant que le technicien soit électrocuté s'il le répare !). Nommé mini-grid, c'est techniquement possible mais très peu mis en place (ex : A New York, Brooklyn Grid permet à une cinquantaine de voisins de s'échanger de l'électricité )

D'autre part, Wallbox propose des chargeurs bidirectionnels pour aussi alimenter la maison à partir de son véhicule car le véhicule pourrait devenir un nouveau réseau de distribution d'électricité en s'alimentant à des sources peu chères et les utilisant / les vendant lors des pics de consommation où l'électricité est plus chère.


Transport : multimodalité, électrique, voiture volante

De nombreuses solutions ont vocation à faciliter le premier / dernier km et développer la multimodalité. Kiwee présente son véhicule électrique qui facilite la redistribution en permettant d'accrocher jusqu'à 8 véhicules à la queue leu leu si des stations manquent de véhicules, d'autres en ont de trop.


ZPM, société sud-coréenne présente le premier véhicule autonome à une place, utile surtout dans des zones délimitées comme des zones industrielles, des lieux de villégiature.

 

 

Srom Motors, société indienne présente son tricycle électrique à 3 roues qui a pour avantage d'avoir un espace intérieur proche des véhicules à 4 roues mais pour un poids et une consommation électrique bien moindre Le plus étonnant est la voiture volante d'Aska, société israélienne qui pourrait produire ses premiers véhicules premier semestre 2020 . attendons de voir !  


Glafit, société japonaise issue de Jetro présente sa cette trottinette électrique repliable. De nombreuses startups françaises étaient présentes dans ce créneau (Coleen : vélo électrique, Wello : Tricycle électrique à énergie solaire). Des solutions innovantes comme Cyc Motor permettent de transformer n'importe quel vélo en vélo électrique le coût reste encore assez élevé (900€) sans compter la batterie additionnelle.  


Il y avait beaucoup plus de navettes autonomes que de voitures autonomes. Elles sont de plus en plus associées avec des modes de transport du dernier km (ex: Scooter ou trottinette électrique chez Toyota e-Palette). Les technologies des véhicules autonomes servent aussi à des véhicules semi-autonomes (niveau 2,5 ou 3). Il y aura des véhicules autonomes mais seulement dans les zones dédiées ou voies dédiées. Il n'y aura pas les véhicules autonomes sur le rond-point de l'étoile avant 2040 sauf si seuls les véhicules autonomes pourraient y rouler.

 

De même, il serait illusoire de croire que les camions autonomes vont tous mettre les chauffeurs au chômage, car le camion ne pourra jamais être autonome sur la totalité du trajet à quelques exceptions près. En revanche, on peut imaginer un chauffeur qui emmène un camion autonome à l'entrée d'une autoroute, et qu'un autre chauffeur le récupère à la sortie de l'autoroute après que le camion ait réalisé le chemin sur autoroute par lui-même.  

Ford et la livraison au dernier km

Ford présentait sa solution pour la livraison du dernier kilomètre utilisant un robot avec pour tête un lidar. Je suis très sceptique sur le déploiement massif de ce type de solution semble plus être une vitrine de communication pluq qu'un vrai moyen de livraison compte tenu des coûts, des problématiques de sécurité pour le robot et les utilisateurs, leur acceptation. 

 

Au moins l'avantage est qu'il pourrait livrer  même s"il y a des escaliers à monter ... ce qui est un des gros freins de l'utilisation des mini-robots autonomes, à roues pour livrer.

 


Pour favoriser l’émergence des véhicules connectés et autonomes, le V2X (communication entre véhicules et avec l’infra de la ville) se développe mais encore timidement.

 

Il y a de nombreuses bornes de recharge électrique pour les voitures mais aussi pour les trottinettes (ex : Green Scooters). Ils ont choisi des bornes individuelles pour faciliter le maillage néanmoins il n'est pas possible aujourd'hui de savoir si une borne de destination est disponible ou pas ce qui peut devenir un peu gênant.

Drones et voitures volantes

Bell Helicopter a de nouveau présenté son drone avec passager alors que Hyundai présentait aussi le sien avec Uber 

La société israélienne Aska devrait tester ses 1Ers prototypes de voiture volantes 1er semestre 2020. Impatient de voir cela ... même si le représentatnt m'a indiqué que ce proto ne ressemblerait pas vraiment à celui de la vidéo !


5G, surtout B2B et pas de vrai décollage B2C avant quelques années

Il y a beaucoup de "buzz" médiatique autour de la 5G. Autant la 5G aura un impact majeur en B2B, elle ne devrait pas percer en B2C (hors Asie) avant plusieurs années. En B2B, il y a 2 types d'usages : le « critical IoT » (URLLC) avec des communications plus robustes et avec moins de latence pour des usages principalement B2B: industrie, télémédecine, véhicule autonome et connecté.

 

Le massive IoT (mMTC) est le 2ème usage avec de très nombreuses communications à bas débit et consommant peu d'énergie. Les solutions existantes comme le NB-IoT (technologie Huawei à l'origine), LTE-M ne sont pas de la 5G à proprement parler mais que le GSMA (organisme qui standardise les protocoles télécoms) a inclus pour des raisons de communication dans la 5G. En réalité, la vraie 5G « massive IOT » ne devrait pas arriver avant longtemps car sa valeur additionnelle par rapport aux autres technologies (NB-IoT, LTE-M, Sigfox, Lora) est faible avec un coût économique très élevé.   

Le principal usage B2C est l'augmentation de débit (eMBB), la 5G restera une innovation incrémentale par rapport à la 4G avec un modèle économique incertain pour les opérateurs télécoms en B2C (usages : 360°, AR/VR) vu les investissements nécessaires. On risque de voir de nombreux utilisateurs de smartphone 5G sans couverture 5G dans l'immense majorité des cas. La 5G nécessite de beaucoup plus densifier le nombre d'antennes (pour réduire la distance entre l'équipement et l'antenne). 

 

Cela augmenterait le chiffre d'affaires des équipementiers réseau comme Ericsson et Huawei mais cela coûterait beaucoup plus cher pour les opérateurs qui n'y ont intérêt que pour les usages à forte valeur économique (critical IoT).   Il est vraisemblable que l'iPhone 12 soit compatible 5G (avec les ondes millimétriques, > 6 GhZ) mais à un coût bien plus élevé aujourd'hui que la version 4G pour un usage qui sera restreint. On voit des surcoûts aujourd'hui de 200€ pour le même téléphone en version 5G par rapport à la 4G (néanmoins cela peut vite changer  ...). 

D'autre part, la 5G en très haut débit consommerait beaucoup plus d'énergie que la 4G même si de nombreuses optimisations sont possibles (ex: sleeping mode). 

 

Les chiffres de vente de téléphones 5G prévus par le CTA (organisation en charge du CES) me semblent à ce titre excessivement optimistes. 

Au final, il ne devrait pas y avoir avant au moins une dizaine d’années, une couverture de la 5G comparable à la 4G. Nous aurons beaucoup plus une couverture en peaux de panthère (centre villes, zones industrielles, zones agricoles très automatisées…) croisée avec un tigre (grands axes routiers). 

 

En revanche, les usages B2B devraient se développer dans l'industrie, la santé et la mobilité comme l'indique le CTA.

 

 

 

La stratégie des USA pour rattraper son retard face à Huawei pour la 5G

Les Etats-Unis sont aujourd'hui à la "ramasse" concernant la 5G. Les 4 constructeurs d'infrastructures de la 5G sont soit chinois (Huawei, ZTE qui possèdent aussi des smartphones de leur marque) ou européens (Nokia, Ericsson qui ne vendent plus des acteurs majeurs de smartphones). Il n'y a aucune entreprise américaine or il s'agit d’une technologie majeure de communication qui prendra une place croissante dans les dix prochaines années (mais pas aussi rapidement que tout le monde le dit.)

 

Les Etats-Unis ont deux stratégies complémentaires. La première est de favoriser les concurrents à Huawei et ZTE (via deux fonds, de 750 M€ pour les entreprises développant des technologies 5G et 500 M€ pour les entreprises déployant ces solutions qui devraient être prochainement votées par le Sénat US) . La deuxième est de retarder le déploiement de la 5G d'acteurs chinois, le temps de rattraper son retard. Cela consiste à inciter les pays occidentaux à ne pas utiliser Huawei (ZTE n'est pas un gros acteur comparé aux 3 autres) mais aussi à favoriser les technologies concurrentes à la 5G et contourner partiellement la 5G pour avoir plus de temps pour rattraper son retard.

 

Pour les usages B2C, si, en Asie, particulièrement en Chine, il ne fait aucun doute que la 5G devrait rapidement s'étendre à tous les smartphones, il n'en est pas de même aux Etats-Unis et en Europe pour des raisons de coûts pour les opérateurs télécoms. Une extension de la couverture 4G suffirait à répondre à la majorité des besoins dans les 5 prochaines années en B2C.

 

Pour les Etats-Unis et potentiellement l'Europe, le leadership chinois peut devenir critique en B2B car la 5G a vocation à être utilisée pour les industries, la santé et les véhicules connectés et autonomes. L'intérêt de la 5G "Critical IoT" est la faible latence et sa robustesse ainsi que gérer des situations de mobilité étendue.

 

Quelles alternatives existent à la 5G dans ces domaines à court terme ?

 

Dans le domaine de l'industrie et de la santé, la majorité des cas d'usage ne nécessitent pas de mobilité étendue (c'est-à-dire capable de gérer des entrées/sorties de zone de couverture d’une station - Les AGV, véhicules autonomes eux le nécessitent) et pourraient être gérées par un réseau local à très haut débit. Le prétendant le plus apte à fournir ce service pourrait devenir le WiFi 6e sur des bandes de fréquences de 6 GHz (nommées bandes millimétriques mais fréquences pas encore libérées). La ZIgbee Alliance  qui réunit désormais des acteurs américains comme Apple, Amazon et Google pourrait aussi se développer dans le domaine industriel et de la santé en plus du Smart Home. En revanche, son débit est nettement plus faible.

 

Concernant les véhicules autonomes et connectés, la 5G présente de nombreux avantages mais l'Europe soutient aussi la norme WiFi TS-G5  qui permet une communication entre véhicules à un horizon plus proche et un coût moindre que la 5G (avec en revanche une latence et robustesse bien moindre que la 5G dite C-V2X pour Cellular - Vehicle - to -Everything : Vehicle, Infrastructure, Pedestrian ...).

 

Même si à terme la 5G s'imposera, la question est quand . Il y a de fortes chances que les Etats-Unis et aussi l'Europe, mettent en avant d'autres technologies en réseau local (en particulier les différentes versions de WiFi, Zigbee ) en plus de favoriser leurs entreprises pour rattraper leur retard face à la Chine en particulier Huawei. Vu l'enjeu, je mettrai ma main à couper (mais pas dans le sens litéral, on ne sait jamais), que un des GAFA, potentiellement Google ou un des gros cablo-opérateurs fassent une OPA sur Nokia ou Ericsson. Je ne vois pas comment les Etats-Unis pourraient accepter de n'avoir aucune entreprise américaine capable d'avoir les infrastructures réseaux et le coeur réseau. Espérons que l'Europe saura garder ses fleurons ...

 

AR / VR / XR de plus en plus immersif

L'AR / VR / XR se développent de plus en plus dans le domaine professionnel. La VR devient de plus en plus immersive grâce à de nouveaux accessoires de « Gaming ». par exemple Tegway propose des équipements pour ressentir le chaud le froid même la douleur associée à la VR.

 

Les chaussures de Cyber shoes permettent de se déplacer à 360° en restant immobile grâce aux roulettes.

Le retour haptique fait son entrée dans de nombreux produits dédiés à la VR : le siège immersif d'Arcadeo, Le caisson de basse personnelle pour sentir les basses de vidéo ou de jeux, Seenetic VR, des équipements pour éviter le mal de la VR (liée à la perte d'équilibre). 


Parallel TV, TV personnalisée

La Parallel TV de Misapplied Sciences en partenariat avec Delta Airlines, lance la future révolution de la TV... Elle personnalise l'affichage d'une TV sans lunettes 3D (ex: vous voyez votre nom, votre porte d'embarquement... sur l'affichage d'un aéroport mais vous seul le verrez, les autres verront leurs propres infos !).

 

La résolution est encore très faible mais devrait augmenter rapidement. Le principe est fondé sur des LED transmetteuses de différentes longueurs d'onde donc de couleurs à des angles différents de vision.

Le système est capable aujourd'hui d'afficher 1000 images différentes et cela devrait augmenter à 10 000.

 Si deux personnes se rapprochent fortement, un texte générique est montré (dans la même langue si celle-ci est identique pour les deux personnes et que le système l'a identifié auparavant).

 

 

Il y a de fortes chances que la parallel TV devienne la prochaine tendance des futures TV (il y a des personnes de LG, Samsung...) qui ont jeté un oeil dessus ;) et d'ici là la tendance pour les systèmes d'affichage extérieurs.

 

La première version sera visible à l'aéroport de Détroit cette année...

L'innovation majeure est la capacité de Misapplied Sciences de modifier l'affichage pour chaque individu quelque soit sa position dans la salle. Ils utilisent une technique qui permet de vous identifier (par la haut et non facialement cf caméra) puis de vous suivre, de calculer votre position, de la transmettre à l'écran qui vous transmet l'image qui vous correspond.

 

 

 


Cybersécurité et données personnelles

La cybersécurité devient un enjeu systématique car la principale crainte des consommateurs est de se faire hacker leurs données. L'IA embarquée ou Edge AI est une des solutions mises en avant pour éviter que nos données personnelles soient transmises et potentiellement hackées. La biométrie principalement les empreintes digitales sécurise nos appareils électroniques. Keopass est un système similaire à celui des empreintes digitales pour PC mais intégré dans une clé. Elle permet aussi d'ouvrir sa serrure (via NFC). Shepherd Lock lui a carrément intégré la reconnaissance des empreintes pour ouvrir sa serrure.

 

 

BiroSign est capable d'authentifier la manière de signer grâce à un accéléromètre dans le stylo. Bystamp propose lui un tampon numérique qui possède une double authentification en appuyant le tampon sur l'écran et via Bluetooth. Des solutions permettant de crypter/décrypter les données à partir d'une clé USB 

Les sociétés craignent aussi les contrefaçons. Goyalab utilise des nano-particules pour identifier les produits authentiques. Elle les intègre dans la matière.

 

Celles-ci réagissent à une excitation via des rayons UV (pour la plupart), rayons visibles ou IR et émettent à des fréquences spécifiques (lumière visible en général) qui forment une signature spectrale unique et très difficile à reproduire. 

 

Avec leur produit, ils peuvent savoir directement si le produit est un faux ou pas en rapprochant la signature émise par les nano-particules par la base de données de signature. Dans la plupart des cas, aucune nano-particule n'aura été ajoutée dans l'emballage du produit sinon il sera facile de vérifier que la signature des faussaires ne correspond pas à celle prévue. Il est aussi possible de vérifier la signature d'un liquide, dans ce cas évidemment aucune nano-particule ne sera intégrée dans le produit. Même s'il y a une variation entre deux produits d'origine, elle sera beaucoup plus réduite par rapport à Une contrefaçon qu'on pourra ainsi facilement identifier.

Blockchain presque inaperçu

Il y avait très peu de blockchain par rapport à l'année dernière, principalement des sociétés de services comme Transchain

 

Après une phase où on voulait utiliser la blockchain comme alternative complète au cloud centralisée, souvent en créant des usines à gaz, on utilise aujourd'hui la blockchain pour des usages beaucoup plus précis comme l'ancrage de données d'une base de données pour assurer sa traçabilité. Cela a très fortement réduit les cas d'usages de la blockchain et le nombre d'entreprises.

 

Les entreprises présentes au CES Las Vegas communiquant sur la blockchain sont surtout des sociétés de service. Néanmoins, Pundi, présente aussi en 2019, montre son terminal de paiement blockchain ainsi que son téléphone portable sécurisé par là blockchain (les transactions et les échanges sont hashées et incluses dans la blockchain : Pour plus d’informations, article spécifique sur la blockchain)

 

 

 


La palme revient néanmoins à BitAirt qui propose des oeuvres créées par une IA intégrée dans une blockchain !

 

Il y a aussi BitArt, qui réalise des spectacles qui explique la blockchain à travers la danse,  la chanson, le théâtre (mais ils n'étaient pas au CES !)


Gadgets

Le CES regorgent de gadgets inutiles. Il y a bien sûr le Smart Potato (qui a tourné en bourrique la sélection pour les startups à Eurêka Park) qu'on ne présente plus mais ne rigolez pas, demain vous parlerez peut-être avec votre chien ou votre chat grâce à l'IA, d’ailleurs c’est ce que propose Inupathy qui va traduire le rythme cardiaque de votre chien en émotions grâce à une IA !

 

Dnanudge va vous guider dans vos choix diététiques en fonction de votre ADN. Digital Heat va pour 219 USD vous imprimer vos toasts et ma préférée est le miroir qui amincit celui qui a de l'embonpoint qui ne servira plus à rien le jour où on portera tous des lunettes VR ...).Bzigo identifie les moustiques grâce à leur mouvement et le pointe avec un laser, il ne reste plus qu'à les écraser ou si vous avez l'âme charitable de les attraper et d'ajouter à l'extérieur de chez vous. Le seul souci est qu'il ne sait pas gérer les nuées de moustiques !  

Conclusion

Une année donc en transition pour le CES. L'année prochaine, une partie du CES (Sands) pourrait déménager dans la nouvelle construction en face du LVCC.  Cela créerait un sacré changement pour pas mal d'exposants et les startups localisées au Sands.

 

Il y avait encore beaucoup d'autres innovations. Je réaliserai plusieurs debriefs généraux du CES, un à l'ACSEL le 22 janvier et l'autre le 29 janvier avec Olivier Ezratty et Fanny Bouton au Forum des Images.

 

Si vous souhaitez que je réalise un débrief spécifique à vos métiers pour identifier les innovations, tendances et disruptions (Mobilité, Énergie, Santé, Economie Circulaire, Smart City, 5G, IA, Blockchain, IoT  ...) , n'hésitez pas à me contacter :)  Contact

 

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere

 

Conseil en Innovation (IA, IoT, Blockchain, Robots) - Contact

Conférences, Formation, Architecte et réalisation de projets innovants :  De la recherche d'innovations, de startups à leur déploiement et accompagnement dans vos projets ( de la recherche d'innovations / nouvelles technologies au déploiement de celles-ci dans votre entreprise)

CES Las Vegas 2020 - 1ères tendances : IA,5G, Blockchain, Ordinateur Quantique et ... "Sustainable"

Bientôt le #CES2020 Las Vegas ... Quelques tendances et prédictions sur cette nouvelle mouture 😉
Le CES devrait être moins "hype" avec une 1ère baisse de fréquentation et une moindre couverture médiatique en raison des tensions avec la Chine mais aussi parce qu'un "sustainable" CES a un arrière-goût d'oxymore ... 

5G - Beaucoup de "Hype" et surtout des usages spécifiques

Il y aura beaucoup de "hype","buzz" médiatique autour de la 5G, une innovation qui changera la donne (+robuste et - latence) surtout pour des usages spécifiques : industrie, télé-médecine, véhicule autonome et connecté.
En revanche, la 5G restera une innovation incrémentale avec un modèle économique incertain pour les opérateurs télécoms concernant l'augmentation de débit (usages : 360°, AR/VR) et surtout l'IoT à bas débit et faible consommation d'énergie (Vs les solutions existantes comme NB-IoT, LTE-M, Sigfox, Lora)

IA : démocratisation et massification + Green AI

Il y aura une démocratisation et massification de l’IA dans toutes les applications avec des usages y compris en UX (ex: interfaces Brain-to-Command performantes comme NextMind ou pour aider les personnes à compenser leurs handicaps), assistants intelligents dans les lunettes classiques,
L'Edge AI (IA sur des puces plutôt que dans le cloud) devrait fortement se développer notamment pour respecter le RGPD et réduire la consommation énergétique. Avec les processeurs neuromorphiques, c'est non seulement la phase exécution mais aussi apprentissage qui pourrait se faire localment. Une tendance prochainement lourde sera le Green AI, au départ cela ressemblera à du greenwashing puis à du vrai Green AI. L'objectif est que l'entraînement des IA consomment de moins en moins d'énergie en se fondant sur des modèles déjà entraînés grâce notamment au transfer learning.
Blockchain : Les usages B2B vont devenir de plus en plus pertinents en particulier pour la traçabilité, l'audit et moins consommatrice d'énergie. Les industriels devraient coopérer pour définir des standards communs (industrie, alimentation ...).

Premiers pas des ordinateurs quantiques

On commencera à voir les premiers pas de l'ordinateur quantique avec une première phase de "Quantum-Washing" par des startups, similaire à l'IoT, l’IA et la blockchain washing. Quelques usages des ordinateurs quantiques devraient apparaître.
Avec les annonces de Google et IBM, les médias vont communiquer de manière exagérée sur la révolution quantique. Même si elle aura un impact massif, il lui faudra entre 5 à 10 ans pour commencer à avoir un effet majeur pour les entreprises. Les premiers usages seront dans la parallélisation des calculs qui notamment pourront accélérer l'apprentissage des réseaux neuronaux, la compréhension du repliement des protéines et la résolution de tous les problèmes ayant des multitudes de combinaisons à analyser.
Le décryptage des données utilisant actuellement des clés comme AES 512 bits vont devenir un risque majeur en particulier pour les services bancaires avec des risques de fuites de données et de piratage. Il devrait y avoir donc des investissements massifs dans les prochaines années dans les techniques de cryptage post-quantique, résistantes aux ordinateurs quantiques, plus rapidement encore que l'ordinateur quantique. Une phase de recryptage de données avec ces techniques deviendra nécessaire afin d'éviter le décryptage des données historiques.
En revanche, l'ordinateur quantique ne remplacera jamais les ordinateurs actuels en revanche d'ici 20 ou 30 ans, les puces quantiques pourraient remplacer les GPU et processeurs neuromorphiques qui réalisent des calculs fortement parallèles et seront une de leurs composantes.

 

Imbrication de plus en plus forte entre les technologies : IA, IoT, blockchain, robot, AR/VR

Ces technologies vont de plus en plus s'imbriquer avec de vrais usages et disruptions dans de nombreux secteurs : 
Usine 4.0 : Fort développement des smart robots collaboratifs intégrant l’IA et de l'AR/VR/MR (Réalité augmentée/virtuelle et mixte) avec l’IA et l'IoT (ex: lunettes connectées pour la maintenance prédictive  d’une machine connectée avec une analyse IA)
Retail : Un magasin qui grâce à la caméra connectée, la baisse des prix des capteurs, l’IA a plus de données et de leviers commerciaux qu'un site e-commerce (sans parler des lunettes connectées pour anticiper les ruptures de stock, l'optimisation des placements en rayon)
Services : Développement des services en particulier dans la banque et assurance en amont et aval  du financement / assurance dans le domaine des de la prévention
Mobilité : Utilisation de l’IA / IoT pour faciliter le partage des véhicules, vélos, trottinettes et véhicule autonome plus une vitrine pour l'assistance à la  conduite (alertes, franchissement de ligne). Les usages de l'hydrogène dans le stockage de l'énergie et la mobilité devraient se massifier avec la mise en place d'infrastructures plus étendues.

CES Las Vegas se rapproche du MWC Barcelone - Vers Sustainable

Globalement, Le CES devrait avoir un positionnement de plus en plus proche du #MWC Barcelone, plus B2B, plus d'applications, de software et donc au final moins de Consumer et moins d'Electronics et moins de Show ... 
Nous entrons aussi dans une phase nécessaire où les technologies devront de plus en plus justifier leur consommation d'énergie, de ressources par rapport aux bénéfices apportés à notre société et non juste à une société ! Au CES, IA, blockchain, IoT, 5G seront effectivement partout mais laisseront un goût de plus en plus amer si on ne perçoit pas directement leur bénéfice tangible. Il devrait donc y avoir de plus en plus de produits
  • qui génèrent de l'énergie (solaire, biomasse, éolien ...) ou la stocke sur des longues durées (hydrogène)
  • qui sont autonomes en énergie grâce à l'énergie solaire, effet piézoélectrique  en particulier
  • qui économise la consommation d'énergie en fonction de l'usage
Je réaliserai après le CES Las Vegas, des debriefs, n'hésitez pas à me contacter à cette adresse mail  contact@livosphere.com ou de faire la demande ici qui précise la démarche et le type de debrief réalisé.
Voici le debrief global du CES Las Vegas 2019 : http://bit.ly/livo_ces19f .
Voici la liste complète des articles que j'ai écrits sur CES Las Vegas MWC, IA,IoT, Blockchain, Retail, Smart City, Véhicule autonome ...
Dimitri Carbonnelle - Contact
Conseil en Innovation, IoT, IA, Blockchain 
Speaker, Formation et accompagnement de projets innovants, de la recherche d'innovations à leur déploiement

 

 

14 propositions pour la Loi pour une Economie Circulaire - Brune Poirson - Open Data, Pub Consignes de Tri, traçabilité des emballages...

Après ma pétition sur Tropicana (emballage carton vers plastique), je souhaitais aller un cran plus loin et voir comment nous pouvions améliorer la Loi relatif à la lutte contre le Gaspillage et à l’Economie Circulaire qui sera examinée par le Sénat le 24 septembre 2019 puis à l'Assemblée nationale par Brune Poirson, Secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire.

 

Un point majeur manque selon moi : l'utilisation du numérique et des médias comme levier. Cela permettrait de bien mieux informer les consommateurs sur l'impact environnemental des entreprises et de leurs produits, leur tri, la localisation des consignes...

 

D'où ma proposition d'ajouter dans la loi, 2 mesures additionnelles :

  • Donner accès via l'emballage du produit (QR Code, NFC, Code barre...) à une page web dédiée par produit aux informations environnementales et de recyclage du produit ainsi qu'à la localisation des points de collecte et consigne, accessible aussi via une API gratuite et ouverte (en " Open Data ") pour y accéder via Yuka ou d'autres applis,
  • Intégrer les consignes de tri dans les publicités de produits (comme "MangerBouger ")

Pour améliorer, il faut encore

  • savoir mesurer d'où une proposition de rendre traçable par un identifiant unique chaque emballage
  • responsabiliser les fabricants d'où sont issus les déchets.Il faut donc élargir leur responsabilité à la dépollution des sites y compris par des campagnes de nettoyage sur terre et en mer 

Enfin, de manière pragmatique, je propose de favoriser les consignes pour réemploi local versus les consignes pour recyclage (beaucoup plus consommatrices d'énergie)

 

Au total, ce sont 14 propositions sur le loi que j'ai intégrées directement dans le projet de loi (partie en bleu dans le document PDF du projet de loi modifié) et détaillées dans l'article suivant en gardant les 4 axes de la loi. Les autres propositions sont :

  • réutilisation des batteries de véhicules électriques pour un usage individuel,
  • favoriser la location,
  • interdiction des plastiques et matières non biodégradables pour les usages uniques, malus pour emballages à usage unique,
  • accès en open data à l'analyse de cycle de vie simplifiée et l'empreinte carbone des produits
  • information obligatoire sur la part de recyclé et si la matière est