Predictions 2016 sur l'IoT / objets connectés - IA démocratisée, business model transformé, Apple restructuré, Combat Sigfox / LoRaWAN

Elon Musk CEO Apple rachète Tesla et FitBit Intelligence artificielle Sigfox Lora

En ce début 2016, comme chaque année, je partage mes prédictions sur l’année sur l’Internet des Objets. L’Internet des Objets a commencé à apparaitre au grand public au CES 2013. En 2016, il entre dans l’âge adolescent, les acteurs dans ce domaine ont aujourd’hui les principales briques pour entrer dans l’âge adulte : les usages, les produits, les technologies mais ils doivent encore faire leur mue en particulier sur leur modèle économique.

 

Mes prévisions pour 2016 tournent autour de 4 axes :

 

1. Évolution du marché et acteurs des objets connectés

  • Un modèle économique en profonde mutation pour les acteurs des objets connectés analogue à celui des applications mobiles dû à une chute drastique des prix
  • Des investissements majeurs de grands groupes (dont CAC40) dans des entreprises d’IoT (produits, infrastructure, software…) et des lancements et de partenariats commerciaux débouchant sur des produits mass market
  • Omnipuissance de Google après son omniprésence grâce à la commercialisation massive de produits utilisant les briques et produits Google (Thread, Weave, Brillo, Works with Nest)
  • Restructuration majeure d’Apple pour combler son retard en IoT via le rachat d’entreprises sur les deux marchés principaux IoT : Wearables (Fitbit) et Voiture (Tesla) et changement d’état-major qui pourra voir Elon Musk à la tête d’Apple (c’est un pari osé !)
  • Coopétition accrue pour développer le marché avec des produits interopérables
  • Facebook rachète une entreprise réalisant une caméra 360° pour être le versant de l’Oculus Rift

2. Objets connectés « intelligents » avec une interaction plus naturelle, apportant de vrais services

  • L’arrivée massive d’ objets connectés utilisant des interfaces naturelles (voix, geste, bouton…),
  • l’intelligence artificielle, de connexion intégrée et directe (Sigfox, Lora) et autonomes en énergie,
  • tout cela embarqué (plutôt que dans le cloud, on verra pourquoi ) afin d'être plus simples à utiliser et de répondre à de vrais besoins

3. Guerre dans les réseaux bas débit

  • La guerre frontale entre Sigfox & LoRaWAN en 2016 et un de ceux-ci prenant le dessus d’ici fin 2016
  • La concurrence : Nwave, Weightless-N, Ingenu, Opérateurs multi-technologies
  • L’arrivée du LPWAN dans les fréquences sous licence, Offres bundlées des opérateurs
  • Nouvelle Version IoT du WiFi : WiFi Halow  et de Bluetooth Smart

4. Nouvelles frontières, services rendus possibles avec les objets connectés et risques

  • Le paiement intégré aux objets connectés
  • Pas de révolutions sur le véhicule connecté mais plus une accélération des tendances actuelles
  • Utilisation accrue des objets connectés dans le monde de l’assurance
  • Premières faillites ou mise en péril d’entreprises liées au hacking, utilisation abusives des données d’objets connectés ou au pouvoir donné par les objets connectés aux clients (pour s’assurer qu’elles ne les trompent sur leurs produits (comme pour VW, forme de crowdsourcing des contrôles de la DGCCRF)

Pour finir : Bonus pour 2017 et Révision des prédictions sur 2015

Hype Cycle de Gartner IoT au sommet

Introduction

 

En cette année 2016, les objets connectés se transforment et entrent dans l’adolescence, montrant des signes tangibles d’évolution vers l’âge adulte (distribution mass market, modèle économique plus robuste, l’arrivée des Grands : les grandes marques) mais subissant quelques poussées de boutons (manque d’autonomie des batteries, dépendant d’un lien avec   son smartphone ou box ADSL sauf si couvert par Sigfox ou bientôt Lora (je sors le M2M, en raison du prix et abonnement, consommation électrique), faible interopérabilité entre objets, peu de services complets répondant à de vrais besoins clients …)

 

2016 est une année de transition vers l’âge adulte, 2017 sera les premiers pas dans l’âge adulte.

Cette évolution est moins radicale de celle du Cycle Gartner (qui situe les objets connectés dans le sommet d’  « Inflated Peak of expectations ») avec la descente aux enfers vers le « Trough of Disillusionment ».

 

Une autre manière de le voir est qu’on parlera moins des objets connectés (hors quelques scandales liés au Hacking…) mais ils seront de plus en plus présents.

 

Les objets deviendront connectés comme ils sont devenus électriques petit à petit sans qu’on s'en rende compte. Il y aura même plus d’objets qui deviendront connectés que d’objets qui sont devenus électriques car connecter un objet apporte beaucoup plus que l’électricité et dans un certain nombre de cas, on peut se passer même d’alimentation électrique ou de batterie à l’image du pommeau de douche connecté  (Hydrao) qui fonctionne comme une dynamo et utilise le jet d’eau pour s’alimenter (alors que je ne crois qu’il y ait beaucoup de pommeaux de douches électriques !)

 

Un certain nombre de ces tendances se retrouveront certainement dans les produits présentés au CES Las Vegas 2016. Nous le verrons très rapidement.

1. Évolution du marché et acteurs des objets connectés

Xiaomi mennace le business model de nombreuses startups d'objets connectés

a. Un modèle économique s’alignant sur celui des applications mobiles et une chute des prix pour le mass market.

 

L’effet de ciseaux entre les coûts croissants et les revenus décroissants nécessite une mutation du modèle économique

 

Un des principaux problèmes des entreprises fabriquant des objets connectés est l’effet ciseaux de leur modèle économique.

 

En effet, ils font payer une fois un produit qui leur coûte non seulement à produire mais aussi à maintenir (Support et SAV beaucoup plus importants qu’un objet non connecté, mise à jour des applications et interfaces, potentiellement coût de communication pour Sigfox et Lora…). C'est pourquoi le modèle économique initial des fabricants d’objets connectés est d’avoir des prix élevés avec des marges élevées et une rotation de produits élevée (avec les nouveautés).

 

Le problème de ce modèle est que les prix de marché chutent, les clients renouvellent moins leurs produits, les coûts de support et récurrents augmentent (car ce ne sont plus des early adopters ou geeks accros à la dernière nouveauté)

 

D'autre part, la pression exercée d’acteurs comme Xiaomi sur les prix va s’accentuer (17% part de marché en 2015 sur Q2 2015 Vs 0% un an plus tôt sur les Wearables !). A terme, un objet connecté mass market (donc hors produit haut de gamme) ne devrait avoir un prix supérieur au maximum de 30% par rapport à un même produit non connecté (sachant qu’il est nettement préférable d’associer la connectivité avec d’autres fonctionnalités qui valorise encore plus l’écart de prix)

 

Pour justifier un multiple d’environ 7 entre un produit Xiaomi et son équivalent européen ou américain (une caméra Xiaomi est à 29$ Vs près de 200$ pour les caméras de Netatmo Withings, MyFox, Nest,  une balance connectée est vendue à 19$ Vs près de 130$ pour Fitbit et 140$ pour Withings et les produits Xiaomi sont bien notés par leurs clients), il faut changer de modèle économique.

 

 

1ère stratégie : Modèle économique fondé sur des services vendus en forme d‘in-app

 

Pour y parvenir, il y a plusieurs stratégies sachant que la valeur pour le client ne vient pas de l’objet connecté mais des services qu’il peut lui apporter. Il est néanmoins très difficile de vendre du service et encore plus des abonnements (sauf pour des services critiques comme les télécoms, l’énergie…).

 

Pour vendre des services, les entreprises vont commencer à adopter un modèle économique similaire aux ventes d’applications avec les achats in-app notamment . Au lieu d’applications, ce sont des objets connectés.

 

Par exemple, avec les données, je vois que mon utilisateur ou utilisatrice de balance connectée commence un régime, je propose donc sur mon appli ou même la balance un accompagnement avec une nutritionniste pendant 3 mois pour 40 €.  Je vois que mon client de thermostat connecté a de fortes variations de température dans sa maison durant l’hiver, je propose directement sur le thermostat de réguler sa température et de faire un bilan chaque mois entre ce qu’il consommait avant et après en tenant compte de la température extérieure pour 30€ entre novembre et février.

 

Terraillon le propose déjà avec Wellness Coach (150€ pour 3 mois payables «in-app», ou à travers son compte iTunes) pour sa Web Coach POP (vendu 100 euros) et sa Web Coach Easy View (130 euros). Le prix de l’accompagnement est équivalent au prix de la balance et assure une récurrence bien plus forte que l’achat one-shot d'une balance ! Le seul point est de savoir à qui, quand et à quel prix, il faut proposer telle ou telle offre. Grâce aux données recueillies par l’objet connecté, il est possible de le savoir mais il faut savoir traiter les données sans quoi les taux de transformation peuvent être catastrophiques. 

Deuxième stratégie : Niche

 

La deuxième stratégie est de travailler sur une niche de produits qui n’intéressera pas les gros fabricants. Si le marché devient mass market, cela pourra être l’occasion d’être racheté.

 

Troisième stratégie : B2B

La troisième stratégie qui se développe est la vente aux entreprises d’une version améliorée de son produit  B2C (marque blanche). Elle nécessite une attention particulière pour ne pas tomber dans le sur-mesure et de ne pas devenir une ESN (ex-SSII). Cela passe par des cadeaux d’affaires au logo de la marque (Orée le fait sur ses produits en bois) à une offre destinée aux employés (ex : Withings proposant des programmes de remise en forme aux entreprises fondées sur les produits Withings).

 

Quatrième stratégie : Partenariat commercial ou participation au capital

 

Enfin la dernière stratégie est celle du partenariat commercial qui utilise son produit comme levier commercial pour une autre entreprise afin de fidéliser ses clients (cf ci-dessous).

 

b. Des investissements majeurs de grands groupes dans des entreprises d’IoT et partenariats commerciaux majeurs avec elles 

 

En 2016, on devrait donc voir de plus en plus de startups s’associer ou s’adosser à de grands groupes ou marques grands publics afin de fidéliser leurs clients et leur proposer de nouveaux services… (ex : Netatmo avec Engie, EDF UK…)

 

De même, les prises de participation entre industriels et startups qui ont déjà commencé en 2015 (participation de Legrand dans Netatmo, de Samsung, Air Liquide, Engie ex GDF-Suez dans Sigfox…) vont s’accélérer

 

Les rachats seront plus nombreux même si les grands groupes devront faire attention à ne pas tuer leurs startups en voulant les intégrer telles quelles dans leur processus et, organisations.

 

Pour la startup, le choix du partenaire est critique car être partenaire avec une entreprise peut vous empêcher de travailler avec ses concurrents ce qui peut réduire fortement la taille de votre marché. C’est encore plus critique pour les prises de participation. Autant il est cohérent que Netatmo veuille compter Legrand parmi ses investisseurs, autant il eût été très risqué d'intégrer EDF ou Engie. Autre exemple, (purement fictif) si Axa voulait investir dans Withings, Withings s'aliénerait ses concurrents comme Allianz... En revanche, il est plus acceptable d’avoir des partenaires commerciaux concurrents (car on peut difficilement avoir un seul client par marché !)

 

c. Omnipuissance de Google grâce à Thread, Weave, Brillo, Works with Nest)

 

Google, en véritable rouleau compresseur, a déjà réussi à couvrir toutes les couches nécessaires pour connecter et faire fonctionner un objet connecté, mais aussi pour le faire communiquer avec d’autres avec Thread, Weave, Brillo, Works with Nest en plus de ses services Cloud.

 

Dans ce prolongement, 2016 verra l’arrivée massive de produits pour le grand public conçus sur des briques de Google, avec une commercialisation attendue dès ce CES 2016. La roadmap et la stratégie d’exécution de Google (pardon Alphabet) sont exemplaires, mais potentiellement lestées par des risques d’action antitrust de la FCC ou de la Commission européenne.

 

d. Apple doit se réinventer au risque de perdre son âme grâce à un changement majeur d’état major et le rachat d’un ou deux acteurs majeurs IoT (pourquoi pas FitBit ou Tesla…)

 

Apple réalise 90% de ses revenus ($233.7Md année fiscale 2015) sur le hardware, 10% avec les services, 66% avec l’iPhone.

 

Apple a lancé HomeKit et HealthKIt mais est loin d’avoir autant investi autant que Google sur l’IoT et a un retard croissant vis-à-vis de Google. D’autre part, Apple ne pouvant réaliser tous les produits, il doit s’ouvrir à de nombreux partenaires ce qui n’est pas la culture d’Apple (« je fixe les règles et les partenaires les suivent afin de fournir une expérience totale que je contrôle »).

 

Enfin, Apple représente 20% des ventes de smartphones (Vs 80% Android à quelques % près, le reste étant pour Windows) dans le monde et représente 20% des ventes de Wearables avec Apple Watch derrière FitBit et juste devant Xiaomi. Aux Etats-Unis, iOS est l’OS de 43% des smartphones Vs 53 % pour Android (néanmoins , il y a une énorme fragmentation des OS d’Android). Cela montre le poids décroissant d'Apple sur le marché sur le coeur de son activité et qu'il n'a plus le même rapport de force vis-à-vis de ses partenaires pour imposer ses choix et son environnement cloisonné même poour une meilleure expérience client.

 

Dans les objets connectés, Apple doit se réinventer, faire rêver sur ses nouveaux produits.

 

Aujourd’hui ses innovations sont plus incrémentales que disruptives. Ils se dispersent et testent beaucoup comme le montre les rumeurs sur l’Apple Car autonome, le développement de lunettes connectées, sa participation à des objets connectés militaires, le lancement d’une nouvelle Apple TV proche d’une console de salon. Ils retombent dans les travers des Apple II, III… des versions de Mac … avec la multitude d’IPhone avant que Steve Jobs ne reprenne le lead et en concentrant l’entreprise autour de quatre produits.

Il n’y a pas 36 moyens pour Apple de se transformer radicalement et éviter les errements pré-Steve Jobs.

 

Je prévois donc deux événements,

  • le changement profond de l’état-major d’Apple voire de Tim Cook en 2016 avec l’arrivée de personnalités iconiques de la stature de Steve Jobs, et
  • les acquisitions les plus importantes qu’Apple n’ait jamais faites : une ou deux  entreprises majeures dans l’IoT et plus spécifiquement dans les deux marchés majeurs de l’IoT, les wearables et la voiture connectée. Suivez mon regard … FitBit (25% part de marché des wearables) et Tesla.

D’une part, Fitbit a une valorisation de $4 Md et a besoin de trouver des relais de croissance au-delà de sa gamme de wearables, Tesla a besoin actuellement de beaucoup de cash et a une capitalisation de $28md,  A l'inverse, Apple en a énormément ($206 Md fin 2015 ! ). Une double acquisition FitBit et Tesla avec une prime de 50% ponctionnerait moins de 25 % du cash d’Apple et le mettrait en position de force face à Google sur les wearables et les voitures autonomes. Petite précision, cette prédiction a encore plus de chances d'arriver après en 2017, après les élections présidentielles car la loi risque de changer. Les Etats-Unis est en effet l’un des seuls pays au monde à taxer l’intégralité des bénéfices de ses entreprises, y compris ceux réalisés à l’étranger sauf si l'argent n'est jamais rapatrié aux Etats-Unis. Apple a plus de 80% de son cash à l'étranger !

 

Et on pourrait même faire un coup double … Soyons fous, je parie qu’Apple rachètera Tesla et qu’on proposera en échange à Elon Musk de prendre la tête d’Apple et qu'il acceptera !

 

En revanche, Larry Page chez qui il dort régulièrement car il n'a pas de maison dans la Silicon Valley, risque de ne plus l'héberger ... Quoique !

e. Coopétition accrue pour développer le marché avec des produits interopérables

 

Les exemples de concurrents qui travaillent ensemble vont se multiplier afin que les partenaires développent leur marché et obtiennent des produits interopérables. ABB, Bosch & Cisco s’associent pour promouvoir la domotique ouverte, Google va adapter Android Wear à iOS et aux iPhone, Samsung Gear sera aussi comptaible avec iOS à la fin 2016, Works with Nest réunit un écosystème très vaste dans la maison, santé, voiture, alors que Legrand s’associe à Nest dans Weave…

f. Quelques autres prédictions sur les acteurs

 

Facebook pourrait racheter une entreprise dans la capture 360¨° (comme Giroptic , on ne sait jamais ;) pour être le versant d’Oculus Rift. Il est déjà présent sur l’IoT via Parse for IoT, un kit de développement destiné à créer des applications pour les objets connectés et qui utilise l’infrastructure de Facebook.

 

Microsoft va continuer ses emplettes dans l’IA, IoT, réalité augmentée et ses innovations dans la réalité augmentée (avec Hololens) et IoT avec la plateforme Azure IoT, Windows 10. C’est un acteur qui a bien réussi sur l'IoT que d'autres acteurs comme Intel qui a beaucoup annoncé et peu livré.

 

Samsung, va continuer à faire de tout bois mais il est dispersé et a une stratégie peu lisible en IoT ( crée Works with Smarthings  pour concurrencer Works with Nest, fait partie des consortiums concurrents Thread et Open Interconnect Consortium (OIC), tous deux concurrents d’Allseen, veut devenir équipementier pour les voitures connectées pour concurrencer LG)

 

Amazon sera aussi à suivre sur IoT, il va aussi pousser les fabricants à intégrer le bouton Dash directement dans leur appareil et s’occupera de toute la chaîne logistique, favoriser k’utilisation de son infrastructure cloud IoT, de son moteur de reconnaissance vocale Alexa (comme avec Triby).

 

Xiaomi, de par son positionnement prix, deviendra aussi le fossoyeur des startups et entreprises n’apportant pas de vraie différenciation et de vrais services à leurs produits

2. Objets connectés « intelligents » avec une interaction plus naturelle, apportant de vrais services 

a. L’arrivée massive d’ objets connectés utilisant des interfaces naturelles (voix, geste, bouton…)

 

Le bouton

L’objet connecté le plus simple à utiliser est le bouton, comme l'atteste la floraison de boutons Amazon Dash, Bouton Darty, Taxi Bleu sur base du bouton Bt.Tn, le Flic… Ce qui les différencie est en premier lieu le lieu où ils sont collés ou le logo qu’ils portent sur eux. Pour un coût très réduit, ils permettent de générer une action, commander de la lessive s'ils sont fixés à une machine à laver, être contacté par le SAV pour le bouton Darty ou appeler un taxi  quand on est à l’hôtel.

 

En revanche, le bouton montre rapidement ses limites dès lors que le contexte crée de l’ambiguïté ou lorsqu’on ne veut pas être envahi par des boutons.

Reconnaissance vocale

 

Pour simplifier l'expérience client, il est nécessaire que les objets connectés utilisent le moyen le plus rapide que les hommes ont pour communiquer : la voix et les gestes.

 

La reconnaissance vocale va devenir de plus en plus l’interface des objets connectés car elle permet de communiquer une très grande variété d’informations avec le minimum d’efforts.

 

Côté conception interne, elle simplifie l’interface (pas de bouton, ni d’écrans), la seule barrière est les processeurs et les algorithmes nécessaires pour la comprendre et celle-ci tombe.

 

Siri et Google Now sont devenus communs sur les smartphones, Amazon Echo a montré la voie de la reconnaissance vocale dans les objets connectés. Les signes manifestes de cette tendance sont les rachats de Vocal IQ par Apple, de Wit.Ai par Facebook (startup française spécialisée dans l’analyse du langage), la sortie de  Nuance Mix (en 2016 et destiné à l’IoT).  Amazon avec Alexa a aussi ouvert aux développeurs et entreprises  d’utiliser leur moteur de reconnaissance vocale comme le fait déjà Triby (d’Invoxia et dirigé par Eric Carreel et dans laquelle Amazon a investi).

Reconnaissance gestuelle

 

Les gestes ont un avantage par rapport à la voie est qu’il sont encore plus intuitifs pour déclencher des actions simples. L’exemple le plus flagrant est la télécommande de nos TV qui a nettement plus de succès qu’une interface vocale pour changer de chaîne.

 

C’est une des clés de la réussite de produits comme celui de 7Hugs qui permet de commander simplement un objet juste en le pointant (et qui affiche un mini menu contextuel). Orée pour sa part perfectionne le stylo connecté (Stylograph) en intégrant aussi un centre inertiel couplé avec une mini caméra pour retranscrire le texte sur n'importe quel écran, l'OCR viendra dans un second temps. 

 

Ceci est rendu possible par des processeurs de plus en plus puissants qui ont des coûts, une taille et consommation énergétique de plus en plus réduits. 

b. Intelligence artificielle pour transformer des données brutes en données contextuelles et simplifier l’utilisation

 

D’un côté, nous avons de plus en plus d’objets connectés qui ont de plus en plus de fonctionnalités et de services et qui peuvent interagir ente eux. De l’autre, nous avons des utilisateurs qui attendent que l’usage de ces objets deviennent de plus en plus simple pour eux, naturel.

 

 

Parmi les nombreuses raisons qui expliquent l’échec de la domotique, il y a la complexité de programmer son système. Par exemple, pour lui indiquer que quand je pars de chez moi pour la journée, je veux que les lumières soient éteintes, les radiateurs mis en mode Eco, les volets fermés, mes appareils mis en veille, mon système d’alarme activé…. Qu’en revanche si je pars pour une plus longue période, je veux que les lumières simulent ma présence de manière crédible sauf si j’ai une femme de ménage qui vient mais uniquement le mercredi ….

 

Au final, c’est ingérable à programmer en particulier si on achète des lumières, stores d’un autre fabricant …

 

Sauf si l’intelligence artificielle apprend des « patterns de comportement » que je peux corriger et qui apprendrait au fur et à mesure et m’éviterait toute programmation.

 

Aujourd'hui, l'IA est associé à la reconnaiissance vocale ou gestuelle pour les traduire en actions simples, il sera capable d'intégrer l'ensemble de l'environnement, de l'utilisateur, de ses habitudes...

 

Nous ne sommes pas encore là néanmoins l’IA permet déjà de comprendre le contexte, les habitudes de l’utilisateur pour ne proposer que des options pertinentes à l’utilisateur au moins pour un appareil. Potentiellement pour reprendre la télécommande de 7hugs, en faisant un mouvement vers le haut cela augmenterait le son s'il pointe sa télécommande vers la TV et leverait les stores s'il la pointe vers ces derniers et rien du tout s'il se gratte la tête avec !

 

Il y a de nombreux signes qui montrent cette tendance comme le rachat de Perceptio par Apple. La France est à l’avant-garde dans ce domaine comme le montre l’implantation de la R&D de Facebook sur ce sujet à Paris.

 

Pour accélérer l’apprentissage et embrasser la diversité des situations, l’IA doit être exposée au maximum de situations. Ce n’est ainsi pas un hasard si Google a mis en Opensource Tensorflow, qui est des principaux moteurs d’apprentissage de Google Now et Google Photos et que Sundar Pichaï CEO de Google (filiale d’Alphabet) souhaite intégrer le machine learning dans tous ses produits.

c. Connectivité directe sans intermédiaire

 

Appairer son objet connecté avec son smartphone en Bluetooth ou pire, entrer une clé WEP dans un objet sans clavier pour le raccorder au WiFi en espérant de pas perdre la connexion va vite devenir insupportable.

 

Les objets connectés doivent pouvoir se connecter directement à Internet sans passer par un intermédiaire ou que cela soit invisible (ou quasi)  pour l’utilisateur (ex : appairage via Sigfox/Lora ou NFC, backup via Sigfox / Lora).

 

Le M2M classique via la 2G,3G ou 4G ne sont pas adaptés car ils consomment trop d’énergie, sont trop chers (transmetteur plus abonnement), trop volumineux. Avec la 5G, beaucoup de choses changeront mais il faut attendre au plus tôt 2020 !

 

d. Autonome en énergie

 

Les objets connectés récupéreront de plus en plus l’énergie ambiante (Energy Harvesting) ou en fonction de leur disposition come ConnectedCycle qui utilise la dynamo pour faire fonctionner sa pédale connectée et aujourd’hui Hydrao, avec son pommeau de douche connecté utilisant le jet de l’eau comme source d’énergie via aussi une dynamo. 

 

e. Le retour de l’Embarqué

 

Beaucoup de services d’IA, de reconnaissance vocale et gestuelle nécessitent une connexion Internet, or elle n’est pas toujours disponible, consomme de l’énergie pour la connectivité, a des délais de latence et pose le problème de la confidentialité des informations et du risque de Hacking (cf Hacking des poupées Hello de Barbie et des jouets vTech).

 

Netatmo avec sa caméra Welcome a été pionnier dans ce domaine en intégrant la reconnaissance faciale dans ses caméras sans rien transmettre dans le cloud.

 

En 2016, de plus en plus d’objets connectés intégreront dans leurs processeurs des moteurs de reconnaissance photo, vocale , d’IA. Des fondeurs comme Qualcomm, Intel, nVidia, STM … doivent y investir rapidement, s’ils ne veulent pas que les GAFA s’en emparent.

 

En revanche, l’accès à Internet sera toujours utile, voire nécessaire pour partager et affiner les modèles rapidement et fournir des solutions lorsque les processeurs embarqués ne pourront le réaliser. Aujourd’hui, une caméra Netatmo sait reconnaître une quinzaine de visages sans être connecté, pour reconnaitre des milliers de clients dans un magasin par exemple, ou les occupants AirBnb, il doit être connecté à Internet en revanche il reconnaitra tous les employés du magasin ou les occupants habituels du logement sans connexion.

 

Beaucoup d’entreprises dans l’IoT se posent la question du « tout cloud » ou du « tout embarqué ».  Le « Tout Cloud » me semble une erreur aujourd’hui comme le « Tout embarqué », L’Embarqué doit fournir toutes les fonctionnalités critiques et essentielles, le Cloud tous les services additionnels, enrichis, à découvrir ou pour tester un MVP, prototype ..

3. Guerre dans les réseaux bas débit

a. Sigfox ou LoRaWAN, the winner takes all ?

 

Les deux principaux concurrents en lice sont Sigfox et LoRaWAN (fondé sur la technologie Lora)  sur le marché du LPWAN ( Low Power Wide Area Networks – réseau bas débit à faible consommation d’énergie et longue distance)  , sans rentrer dans les détails techniques les comparants et la bataille va être très rude à partir de 2016, date à laquelle LoRaWAN commence vraiment à être déployé

 

En 2016, un des deux acteurs entre Sigfox et LoRaWAN devrait se détacher.

L’objectif de chacun est d’embarquer le maximum d’entreprises et d’opérateurs majeurs afin qu’elles embarquent leur technologie et modèle économique (Ultra-Narrow Band / opérateur pour Sigfox, Wideband CDMA et analogue à Qualcomm pour Lora).

 

Les deux alignent déjà de nombreux partenaires pour Sigfox (Déploiement : US et Italie avec NetTrotter/ EI Towers, Russie avec Micronet, Partenariat avec la SNCF, Participation : Samsung, Air Liquide, Engie, NTT Docomo et SK Telecom).

 

Pour LoRaWAN, déploiement USA avec Senet, Inde avec Tata Communications, France : Orange et Bouygues Télécom … 

 

 

Qui va gagner ? J'entends pas mal d'échos dire que Lora pourrait prendre le pas sur Sigfox. Pour ceux qui ont déjà joué au Go (pour info, il va y avoir du jeu « sous les pierres » (ishinoshita) , dans la position dans l'image... solution ici )  , les premières pierres sont essentielles et la situation peut basculer vers un camp ou vers l’autre d’un seul coup. Je dis donc que c'est impossible à dire à ce stade en revanche un des deux sortira du lot d'ici la fin de l'année car les jeux seront faits dans un an entre les deux ;) 

 

b. La concurrence : Nwave, Weightless-N, Ingenu ...

 

Il existe des concurrents, dont Nwave, Weightless-N (dont Neul racheté par Huawei) et Ingenu ( couvre dès le début 2016 des villes comme Phoenix et Dallas et va étendre son infrastructure sur l’ensemble des Etats-Unis d’ici à la fin 2017 sur base d'une technologie RPMA (Random Phase Multiple Access) mais ils me semblent hors course hormis pour des marchés B2B comme les réseaux dédiés professionnels.

 

En raison de leur différence de technologie (UNB versus Wide Band) et de leur modèle économique (opérateur pour Sigfox, Fabricant de chips pour Lora pour Semtech), il y a une complémentarité entre les deux. Ce n’est pas un hasard si de plus en plus d’intégrateurs proposent des chips permettant les deux technos (le surcoût n’est pas rédhibitoire).

c. Opérateurs multi-technologies

 

Les entreprises connectant ses produits et encore moins leurs clients finaux n'ont  vraiment envie de savoir comment leurs produits sont connectés.  Elles veulent le meilleur réseau au meilleur prix en fonction de la qualité de service attendue que leurs produits soient connectés en Sigfox, LoRaWAN, M2M, Bluetooth, WiFi …

 

Ces entreprises vont rechercher des opérateurs multi-technos capable de gérer et offrir la meilleure connectivité répondant à leurs attentes indépendamment de la technologie. Certaines voudront même avoir une solution complète intégrant la partie hébergement des données et leur traitement.

 

Dans l’IoT, Qowisio répond en partie à ce besoin en intégrant sa technologie propriétaire UNB (concurrente de Sigfox) avec Lora. Matooma commercialise dès janvier 2016 Matoowan, un premier réseau mondial multi-connectivité de l’IoT, gérant la connectivité d’objets connectés en  M2M (2G,3G,4G), bas débit (a priori LoRaWAN, comme Orange est partenaire de Matooma et ne devrait pas intégrer Sigfox).

 

En 2016, nous devrions voir se multiplier ce type d'offres multi-technos intégrant l'hébergement et l'analyse des données.

 

Les plus à même de pouvoir proposer cela sont les opérateurs télécoms mais ils sont très lents à réagir … notamment en raison de leur backend / SI qui parfois est identique à celui utilisé une dizaine d’années plus tôt pour gérer les appels téléphoniques de téléphones mobiles !

d. L’arrivée du LPWAN dans les fréquences sous licence

 

Bien sûr, l'’arrivée de la 5G devrait bouleberser la donne car elle est clairement faite pour les objets connectés (faible consommation d’énergie, gestion d’un très grand nombre de transmetteurs à la différence des autres technos, très faible latence).

 

Avant le déploiement de la 5G, les entreprises recherchent une qualité de service (qui n’est pas possible de garantir sur les fréquences libres car ce sont des fréquences partagées) incitent aussi les opérateurs et fabricants de matériel réseau à investir dans le LPWAN ( Low Power Wide Area Networks – réseau bas débit à faible consommation d’énergie et longue distance)  sur des fréquences licenciées.

 

Deutsche Telekom et Huawei ont été les premiers à avoir testé en condition réelle l'utilisation du réseau mobile commercial pour connecter des capteurs pour une commercialisation fin 2016. Il font concurrence à l'américain Intel qui a annoncé en septembre au NB-LTE, une solution similaire avec Ericsson et Nokia. A la différence de ce dernier qui nécessite un upgrade matériel du réseau et des chips spécifiques, un upgrade software permet de réutiliser les stations du réseau existant pour faire passer les signaux à faible débit des objets connectés en les bridant sur une “bande étroite” de fréquence, ce qui réduit leur consommation.

 

NB-LTE est lui fondé sur la norme LTE (4G) mais nécessite moins de spectre (NB pour Narrow Band) que la prochaine version LTE-M. L’intérêt de solutions sur LTE est de pouvoir utiliser le réseau d’infrastructure existant (pour LTE-M), l’inconvénient est la nécessité d’utiliser des chips spécifiques (notamment des cartes sim soudées intégrant l’e-Sim ou carte sim virtuelle)  et des upgrades au minimum software du réseau d’infrastructure. En plus, on tord le protocole LTE pour qu’il soit Low Power alors que les technologies Sigfox et Lora partent d’une feuille blanche et sont dès le départ conçues pour être « Low Power Long Range »

 

Néanmoins, en 2016, les opérateurs vont commencer à tester des pilotes avec du NB_LTE ou LTE-M pour une commercialisation en 2017 au plus tôt. 

e. Offres bundlées des opérateurs 

 

Les opérateurs devraient aussi proposer des bundles type connexion 2G/3G/4G + Lora pour les objets connectés. Le LTE ne substituera pas selon moi au réseau Sigfox/Lora car il n’a pas été conçu au départ pour faire du low power long range. En revanche, il s’intégrera dans les offres M2M actuelles en particulier pour remplacer la 2G (fin de licence prévue en 2018 en France !). D’autant qu’en France, la bande des 700MHz achetée récemment par les opérateurs permet de faire l’indoor profond particulièrement intéressant pour les capteurs  disséminés dans des immeubles.

 

A long terme vers 2020, la 5G devrait complètement redistribuer les cartes. 

 

f. Version IoT du WiFi : WiFi Halow  et Bluetooth

Smart avec une portée 4 fois supérieure et deux fois plus de débit

 

En plus, il y a de nouvelles versions du WiFi (fondé sur IEEE802.11ah) destinées aux objets connectés et Bluetooth fait évoluer ses spécifications en 2016 pour atteindre une portée 4 fois supérieure et deux fois plus de débit néanmoins, ce n’est pas sur de longues distances (> plusieurs kilomètres).

 

Enfin, sans concurrencer les réseaux bas débit, le WiFi Halow destiné aux objets connectés et la nouvelle version de Bluetooth Smart permettront d’améliorer l’expérience  et la continuité de service. En revanche, il y a une vraie concurrence désormais entre le WiFi Halow et Bluetooth BLE car l’un de principaux défaux du WiFi était sa consommation d’énergie  (en plus de la nécessité d’appairer avec une clé).

 

En 2016, Google va réussir à imposer Thread comme protocole standard de fait à courte distance pour les objets connectés associé à Weave (de Google aussi) ou Zigbee. En revanche, il devrait aussi développer une version sub Ghz aiguillonné par Wifii Halow qui fonctionne en sub GhZ (900 Mhz non disponible en Europe car utilise les fréquences en 868 Mhz ).

 

On devrait aussi voir se développer de plus en plus de technologies intégrant les réseaux Mesh (Lora, Thread…) qui permettent aux équipements sans ­fil de se connecter de proche en proche, d’une façon dynamique et/ou statique et instantanée, sans hiérarchie centrale) 

 

4. Nouvelles frontières, services, risques associés à IoT

Paiement objets connectés Apple Pay, Samsung Pay, Android Pay

a. Paiement intégré aux objets connectés

 

En 2016, les objets connectés vont commencer à intégrer le paiement (initié par Amazon Echo et Dash), ils deviennent une extension et un canal de vente additionnel par rapport au smartphone. 

 

Le paiement mobile et le paiement via l'objet connecté sont devenus centraux comme le montrent les initiatives d’ Intel & Ingenico pour démocratiser le paiement au sein des objets connectés, la solution de paiement mobile intégrée Android Pay, et de Samsung Pay (s’appuyant sur l’expertise de LoopPay, startup rachetée par Samsung), Swatch s’associe à Visa pour les paiements sans-contact par Wearables, sans compter sur Apple qui pousse sa solution Apple Pay.

 

Mastercard s'est associé avec Samsung pour permettre l'achat et le paiement de ses aliments par le réfrigérateur connecté de Samsung (quelque soit sa carte de crédit), service en concurrence avec Amazon qui pousse Amazon Echo et Dash. Mastercard s'est aussi associé dans le même esprit avec General Motors.

b. Accélération mais pas de révolution dans les voitures connectées

 

Nous allons assister en 2016 aux premiers déploiements massifs d’Android Auto et de CarPlay (cf étude en cours de Dimitri Carbonnelle pour les  Echos, où ce propos sera davantage développé).

 

A priori, il y aura en 2016 une accélération des investissements et de la communication sur les véhicules connectés mais il n’y a pas de révolution à attendre cette année à ce sujet.

 

Les tendances passées s’accentueront : l’intégration de la reconnaissance vocale et de l’IA, de tests de plus en plus massifs de véhicules autonomes ou dans des lieux privés ou fermés (parking d'aéroport, zones piétonnières...), une législation européenne ou française contraignant à intégrer des dispositifs connectés en plus de l’e-Call, des partenariats et une ouverture renforcée entre constructeurs ...

c. Assurances

 

Les assurances en particulier feront en 2016 des offres de plus en plus ciblées mass market, concernant  la maison et le véhicule et intégrant des objets connectés (ex : Youdrive de Direct Assurance utilisant un produit connecté via la prise OBD). C’est ainsi que AXA France lance déjà une assurance habitation (La Maison Connectée), qui est  une offre de services « à la carte » au sein de laquelle le client choisit ses objets connectés, les installe et les pilote afin de surveiller son domicile.

 

En revanche, l’utilisation des objets connectés dans l’assurance santé sera en pause en Europe compte tenu des problématiques éthiques qu’elles posent. Aux Etats-Unis en revanche, les assurances US proposent  déjà un Fitbit en échange de réductions, et cette tendance ne fera que s’accentuer.

d. Premiers scandales liés au hacking, risques et au pouvoir donné par les objets connectés aux utilisateurs

 

A l’image des hacking des Hello Barbie et des jouets Vtech, il faut anticiper dès à présent un nombre croissant de scandales lié soit au piratage de données, soit à l’utilisation mauvaise ou déviante des données personnelles. Il y aura une courbe d’apprentissage de la part des consommateurs et des entreprises à ce sujet. Des sujets tels que le privacy by design, le cryptage des données, l'accès aux informations et leur utilisation seront de plus attendus par les clients.

 

Sur un autre registre, les objets connectés rendent plus en plus facile aux particulier de vérifier la qualité d’un produit. Par exemple, le spectromètre Scio qui sera distribué en 2016 permettra de vérifier la composition chimique des aliments, médicaments, crèmes… Pourrait-on imaginer qu’à l’image de ce qui s’est passé pour Volkswagen, certaines entreprises auront caché la réelle composition parfois peu bénéfique de leurs produits ?

Petit Bonus pour 2017

 

 

Les premiers produits connectés grands public modulaires et évolutifs (type : DIY ) feront leur apparition commerciale en étant notamment combinés à de l’impression 3D.

 

Les objets connectés en 2017 commenceront à intégrer du vivant (cellules, ADN) et seront de plus en plus intégrés dans le vivant (pompe à insuline intégrée, produits pour les animaux…) , les premières utilisations blockchain pour objets connectés.

Revue des Prévisions pour 2015

 

Avant de finir, voici une petite revue des prévisions de 2015. Comme d’habitude, je suis un peu en avance, des prévisions de 2015 arriveront en 2016 (en espérant que je ne dise pas la même chose l’année prochaine ;) La note totale est de 7 sur 10  (sur base de 6,25 sur 9)

 

La profusion de capteurs dans tous les objets

  • Note : 1  - Avec la baisse des prix, on a vu des capteurs mis partout dans les objets parfois sans qu’il y ait de lien évident entre les capteurs et l’utilité, un peu circonspect sur l’ajout du capteur de CO2 dans la caméra Withings, en revanche les doubles fonctionnalités comme le détecteur de fumée et ampoule de Bell & Wyson (présent au CES 2016) sont plus pertinents selon moi.

Des objets connectés plus autonomes des smartphones (Interface directe Voix, haptique/tactile, Smart Embedded Object, Transmission de données en direct)

  • Note : 0,25 - Oui mais encore assez peu : ex : Triby, Amazon Echo, Peu de transmission en direct (ex : Idosens solution Smart Home en Lora), mais arrivera en force en 2016

Tout objet connecté devient une plateforme

  • Note : 0,5 - 2015 a été l’année préparant cela, Google avec Works with Nest et Brillo, Samsung avec SmartThings, Amazon avec Amazon Dash et Echo
  • En revanche, les entreprises IoT ont aussi peu mis l’accent sur cela. Withings et Netatmo ont plutôt créé un écosystème de produits qui sont via le cloud interopérables et des API ou via IFTTT

Des objets plus « smarts », intégrant des  « assistants personnels intelligents »

  •  Note 0,25 - 2015 : Prédit trop tôt,  Amazon l’a fait néanmoins avec Echo et le rachat par Amazon d’ 2lemetry (la capture et l’analyse de données statistiques), Google, Facebook, Apple investissent ou ont racheté des startups dans ce domaine (cf prévisions 2016)

L'Intégration :  accrue du hardware à la plateforme de services

  • Note : 1 - Il y a une intégration croissante entre les capteurs – les processeurs -la transmission – l’hébergement – l’analyse de données – l’interface visuelle/actionneur
  • Il y a eu de nombreux partenariats ou de solutions de bout en bout : PTC/Thingworx, Intel, IBM… Sierra Wireless a acheté MobiquiThings. Intel rachète Lantiq (puces destinées aux objets connectés)

Marché B2C scindé en 2 : haut de gamme et entrée de gamme

  • Note : 0,75 - C’est le cas comme l’a montré le déferlement de produits Xiaomi (caméras, wearables, balance …) ou Archos

 

Rachats des premières startups françaises dans les objets connectés par de grands groupes mais aussi premiers dépôts de bilan, restructurations, consolidation

  • Note : 0,5 - Pas de rachats majeurs à quelques exceptions Misfit par Fossil en revanche il y a eu un certain nombre de prises de participation : Legrand dans Netatmo, Sigfox : Opérateur, Sierra Wireless rachète MobiquiThings. (opérateur)
  • Il n'y a pas eu de dépôts de bilan majeurs , en revanche plus des sociétés qui ont du mal à éclore ou qui ont beaucoup de mal à trouver des fonds

L’arrivée des grandes marques dans les objets connectés

  • Note 1 - Illustré par la montre connectée Tag Heuer, le rachat de Runtastic par Adidas, l’investissement de constructeurs dans les voitures connectées, la stratégie de Terrailon, de SEB sur l'ensemble de leurs produits pour les rendre connectés et apporter les services adaptés aux besoins des clients ...

L'Omni-Présence de Google renforcée

  • Note 1- Illustré par les nombreux lancements en plus de Thread, Works with Nest ; Weave, Brillo, Android Auto…

Bien sur d’autres choses arriveront, mais sachons ne pas trop anticiper.

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere (Conseil dans l'IoT / Objets connectés )

 

Écrire commentaire

Commentaires : 4
  • #1

    Luc BEAUPÈRE (mercredi, 06 janvier 2016 09:29)

    "tout cela embarqué (plutôt que dans le cloud, on verra pourquoi ) afin d'être plus simples à utiliser et de répondre à de vrais besoins" = "on verra pourquoi" = Donc la réponse est la suivante, effectivement, on doit utiliser les avantages de chacun des modes Cloud/embarqué.

    Attention l'objet connecté ne doit pas être autonome (indépendant du cloud) sous peine de vol.

    "Beaucoup d’entreprises dans l’IoT se posent la question du « tout cloud » ou du « tout embarqué ». Le « Tout Cloud » me semble une erreur aujourd’hui comme le « Tout embarqué », L’Embarqué doit fournir toutes les fonctionnalités critiques et essentielles, le Cloud tous les services additionnels, enrichis, à découvrir ou pour tester un MVP, prototype .. "

  • #2

    Eric Montagne (jeudi, 07 janvier 2016 17:46)

    D’accord avec la remarque de Luc Beaupère sur une évolution qui n’est ni tout cloud, ni tout embarqué mais qui profitera du meilleur des deux mondes.
    Parce qu’il est probablement impossible qu’on arrive à un unique protocole standard de connexion, le cloud (sous entendu des plateformes réellement ouvertes avec des API open) aura cette fonction de « lissage » et d’interopérabilité, quelle que soit la technologie de bas niveau.
    Mais il est aussi clair que le rôle de l’OS lite embarqué est clé pour apporter une valeur d’usage et de contexte en local (à commencer par le temps de latence inhérent au cloud qui ne sera pas compatible avec bien des services : dois-je attendre 15 secondes pour que ma porte d’entrée s’ouvre ?).

    Beaucoup d’autres idées et arguments passionnants dans cet exposé qui pourraient nourrir bien des débats.

    « La prévision est difficile surtout lorsqu'elle concerne l'avenir », disait Pierre Dac. Merci donc Dimitri pour cet exercice périlleux et combien nécessaire, d’autant que vous êtes bien un des seuls qui ait le courage de repasser en revue ses prédictions de l’année précédente ;-)

  • #3

    Edoouard (lundi, 18 janvier 2016 09:18)

    Pour être plus précis, il s'agirait plutôt du combat Sigfox / LoRaWan. Beaucoup de gens font en effet l'amalgame avec LoRa, qui est en fait le nom d'une technique de modulation radio. LoRaWan est quant à lui, un protocole LPWAN qui utilise le LoRa en couche basse. Il offre un service qui s'apparente au Sigfox en terme de provider de connectivité.

  • #4

    Auteur - Dimitri Carbonnelle (Livosphere) (lundi, 18 janvier 2016 13:36)

    Merci pour vos messages

    @Edouard , Merci pour cette précision qui est un abus de langage. J'ai modifié l'article en conséquence.