Mission Economie Circulaire et relocalisation dans la Mode, le Textile et le Luxe grâce à une approche filière et l'innovation

Filière textile française durable  Brune Poirson, Agnès Pannier­-Runacher, CSF « Mode / Luxe » Guillaume de Seynes Livosphere

Le lancement d'une mission pour le développement d'une filière textile française durable par Brune Poirson, Secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire et Agnès Pannier­-Runacher, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, sous l'égide Guillaume de Seynes, président du CSF « Mode / Luxe » (cf. vidéo) est une excellente initiative pour la filière Mode / Textile. (English version)

 

L'enjeu est triple : permettre la relocalisation d'industries et d'emplois, la réduction de dépendance à l'étranger et le développement d'une filière d'économie circulaire dans le textile et la mode.

 

La norme d'économie circulaire nommée XP X30-90  (aussi cryptique que le prénom du fils d'Elon Musk X AE A-12 ! ) apporte une démarche et des objectifs clairs.

 

Il y a de nombreuses innovations et startups dans l'éco-conception, l'économie de la fonctionnalité, consommation responsable ... dont peuvent s'inspirer cette initiative. La vente d'options de réparation et d'upcycling à l'achat de vêtements ou des mesures fiscales comme une TVA d'économie circulaire par exemple pourraient accélérer la transition vers une économie circulaire.

 

Néanmoins, il reste quelques paradoxes à résoudre comme le surcoût d'une matière recyclée par rapport à une matière vierge en raison de la main d'oeuvre et une exigence accrue de la réglementation rend plus difficile le recyclage de produits passés.

 

Pour y parvenir l'approche filière est indispensable afin de coordonner les acteurs et mutualiser les coûts. Pour réussir, l'implication des territoires est indispensable pour déterminer les ressources et les besoins locaux.

 

Quelques clés pour réussir cette initiative :

  • La traçabilité des déchets et des sous-produits (ex : copeaux de bois non jetés dans une scierie) nommés Matières Premières Recyclées (MPR) en cas de recyclage.
  • Le « matching » en temps réel et géolocalisé entre des déchets caractérisés en sortie et les besoins correspondants en entrée d'autres industriels.
  • le développement d'un flux logistique durable entre les acteurs fournisseurs de déchets et les industriels les utilisant dans un périmètre limité si possible

La traçabilité des déchets et sous-produits est aussi importante dans la mode et le luxe pour éviter le détournement des matières et leur réutilisation pour des produits de contrefaçon.

Sommaire (Lien direct vers les parties d'articles)

Paradoxes de l'Économie circulaire

  • Plus cher de réutiliser/recycler que de fabriquer et utilisation de la technologie (IA,IoT, blockchain)
  • Réglementation : Quand la sécurité freine la réutilisation / recyclage ex: Recyclage du plastique bromé

Conclusion

Norme économie circulaire - XP X30-901

Norme économie circulaire - XP X30-901

Cette initiative pourra aussi s'appuyer sur la norme économie circulaire - XP X30-901, développée sous la direction de l'AFNOR. Elle est aujourd'hui expérimentale et volontaire et intègre à la fois une démarche et des documents normatifs pour qu'une entreprise adopte sa transition vers une économie circulaire.

 

La norme cartographie sous forme de matrice trois aspects du développement durable : environnemental (diminuer l'impact environnemental), économique (Augmenter l'efficacité dans l'utilisation des ressources), sociétale (améliorer le bien-être des parties intéressées internes et externes) et sept étapes différentes : Approvisionnement durable, éco-conception, symbiose industrielle (écologie industrielle et territoriale), Économie de la fonctionnalité, consommation responsable, Allongement de la durée d'usage, gestion efficace des matériaux ou produits en fin de vie.

Norme économie circulaire - XP X30-901

Elle s'intègre dans la norme RSE ISO 26000 plus générale même si l'une ne nécessite pas l'autre et inversement.

 

La France est pionnière sur le plan mondial dans l'économie circulaire et l'écoconception grâce à elle. Elle est en cours d'extension pour devenir une norme internationale ISO/TC 323 dans 61 pays.

 

Comme toute norme, il ne s'agit pas d'appliquer dès le début la totalité de celle-ci mais plutôt de l'utiliser comme guide progressivement pour adopter une démarche circulaire. Enfin, à chaque fois, il faut tenir compte des réalités terrain afin qu'elle suscite l'adhésion et qu'elle ne soit pas perçue comme une contrainte administrative.

Innovations dans l'économie circulaire

Approvisionnement durable

L'approvisionnement durable (extraction et achats durables) concerne le mode d'exploitation/extraction des matières premières visant une exploitation efficace des ressources en limitant les rebuts d'exploitation et l'impact sur l'environnement (Définition AFNOR).

Quelques exemples d'innovation

Fortum et Spinnova  vêtements  déchets agricoles,  paille de blé.

Fortum et Spinnova présentent les premiers vêtements au monde fabriqués à partir de déchets agricoles, notamment de la paille de blé. L'intérêt de la paille est son impact extrêmement faible sur l'environnement résultant de l'extraction, du traitement et de la fabrication de la matière première, vérifié par une analyse du cycle de vie (ACV).

 

Spintex fabrique des fibres de soie pure et résistante. Les fibres sont filées à partir d'une solution de soie à base d'eau, provenant en partie de flux de déchets pré-consommation.

 

Pili crée des colorants biodégradables mais résistants aux lavages grâce à des micro-organismes analogues aux levures utilisées pour fabriquer la bière, le pain. Ils consomment 5 fois moins d'eau, produisent 10 fois moins de CO2...

Eco-conception

Resortecs - fils dissolvant

L'éco-conception vise à intégrer, de manière systématique, les aspects environnementaux dans la conception et le développement des produits avec pour objectif la réduction des impacts environnementaux négatifs tout au long de leur cycle de vie (Définition AFNOR).

 

Exemple d'innovation

Resortecs fabrique des fils qui se dissolvent sous la chaleur et qui permettent de désassembler des vêtements en leurs différents composants tout en étant lavable, repassable.

 

Cela permet très facilement de décomposer un jean par exemple en ses différents éléments (textile, boutons, tirettes...) et d'en créer ou réparer un nouveau beaucoup plus facilement.

Symbiose industrielle ou Ecologie Industrielle et Territoriale (EIT)

L'écologie industrielle et territoriale (EIT), aussi appelée symbiose industrielle, constitue un mode d'organisation interentreprises par des échanges de flux (les rejets des uns viennent des ressources pour les autres) ou une mutualisation de besoins (approvisionnement en commun, partage d'équipements et de service, collecte de déchets mutualisée, achat groupé d'énergie, etc.)

 

L'EIT vise à optimiser les ressources sur un territoire, qu'il s'agisse d'énergies, d'eau, de matières, de déchets mais aussi d'équipements et d'expertises (Définition AFNOR).

Quelques exemples d'innovation

Au juste est une marque de pulls mixtes 100% recyclés et entièrement fabriqués en France. Elle a choisi de réduire la distance entre les personnes qui achètent et le site de fabrication. Les pulls sont ainsi tricotés dans la Loire, par un expert de la maille depuis 30 ans.

 

Hopaal a aussi fait le choix des matières recyclées et de l'approvisionnement local. Située à Anglet sur la côte Basque, elle ne s'approvisionne que dans un rayon inférieur à 1500 kilomètres : France, Espagne, Portugal et Italie.

Allongement de la durée d'usage

L’allongement de la durée d’usage se traduit par la mise à disposition d’un produit ou d’un service dans des conditions permettant de prolonger sa durée d’usage au regard d’un produit ou d’un service équivalent.

 

La réparation, le réemploi (toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique) et la réutilisation (toute opération par laquelle des substances, matières ou produits qui sont devenus des déchets sont utilisés de nouveau) sont les leviers de l’allongement de la durée de vie du produit. 

Quelques exemples d'innovation

En plus des startups connues comme Vestiaire Collective (articles de mode et luxe d'occasion authentifiés), Vinted ou tout simplement Le Bon Coin qui facilite l'achat, revente de vêtements, il y a des startups comme Frankie Collective qui vont encore plus loin.

 

Elle collecte des vêtements et produits de marque et les transforme (upcycling) en nouveaux produits comme des sacs, de nouveaux vêtements ...

 

Des entreprises comme HandBag Clinic réparent déjà des sacs, mais aujourd'hui de grandes marques comme Chanel (nommé bichonnage, aujourd'hui réservé aux sacs 2.55 noirs pour un coût inférieur à 10% de la valeur du sac selon les réparations à réaliser) et Louis Vuitton réalisent ces opérations et sont capables de merveilles ...

Proposition : Appliquer une TVA à 5,5% pour les travaux de réparation ou pour des produits réutilisés localement

Afin de favoriser la réutilisation des produits, une taxe de 5,5% (à défaut 10%) pourrait être appliquée pour tous les travaux de réparation / « upcycling » de produits en incluant les pièces de réparation, à condition que le montant total ne dépasse pas 20% (par exemple) de la valeur du produit neuf.

Développer une TVA économie circulaire avec la traçabilité garantie

Pour accroître l'impact de cette mesure, nous pourrions favoriser une TVA différenciée de 5,5% (à défaut 10%) pour les produits issus de l'économie circulaire.

 

Afin de bénéficier de cette TVA Économie circulaire, le fabricant et distributeur devrait être capable de montrer que ces produits ont le Label origine France Garantie (entre 50% et 100% du prix de revient unitaire est français, produit prend ses caractéristiques essentielles en France).

 

On pourrait être même plus exigeant et demander que la majorité du prix de revient unitaire soit réalisé à moins de 100 km (par exemple) du lieu de distribution du produit et issu de la réutilisation à défaut du recyclage d'autres produits. Afin de s'en assurer, la traçabilité unitaire de ces produits pourrait être nécessaire (cf. article) et auditable dans une base de données centrale ou décentralisée (comme une blockchain).

Comme ces outils ne sont pas nécessairement à la portée des TPE, PME qui respecteraient ces règles mais n'auraient pas les moyens de les prouver, nous pourrions promouvoir des offres de startups (ou autres) à prix raisonnables, facilitant cette traçabilité et évalués par les pouvoirs publics.

 

Inversement, nous pourrions accroître l'écocontribution si les produits proviennent de pays lointains en raison de leur impact environnemental en matière de transports. Ces mesures devraient bien sûr être compatibles avec les règles européennes, néanmoins la France pourrait favoriser l'assouplissement des règles afin d'encourager l'économie circulaire et dissuader l'économie linéaire.

Économie de la fonctionnalité

L'économie de la fonctionnalité privilégie l'usage à la possession et tend à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes. L'économie de la fonctionnalité challenge l'ensemble du modèle économique d'une entreprise qui vend des produits à l'unité.

 

Quelques exemples d'innovation :

Dresswing propose de gérer votre garde-robe en louant vos vêtements et accessoires, elle propose même un service complet incluant le shooting photo, l'upload des articles et toute la logistique. Il y a même la possibilité de vendre ses vêtements. L'intérêt est de monétiser des « actifs immobilisés » chez soi 😉

Consommation responsable

La consommation responsable se traduit pour l'acheteur, qu'il soit acteur économique ou citoyen consommateur, par la prise en compte des impacts environnementaux, sociaux et économiques dans l'acte d'achat et d'usage d'un bien ou d'un service.

Innovation : Recyclage de masques chirurgicaux usagés

La startup Recnorec permet de recycler les gants et masques jetables qui ne sont ni recyclables ni biodégradables en matière première recyclée. Celle-ci peut être utilisée pour créer des objets recyclables utilisant sinon du plastique vierge.

 

Les masques jetables sont pour la plupart conçus à base d’un polymère dérivé du pétrole, le polypropylène (PP). Ils mettent entre 400 et 500 ans à se dégrader.

 

La difficulté de leur recyclage réside dans la variété de leur composition (élastique ou lanière, barrière d'étanchéité, pince nez ...) qui rend les solutions traditionnelles inopérantes.

 

Recnorec a testé ces masques dans son process de Recherche et Développement (masques jetables, réutilisables, lavables, tissu...). Ils recherchent un budget de 30 000 €  pour mettre au point en détail les paramètres de recyclage et les utilisations du matériau.

Innovation de rupture : Option de réparation, location, upcycle à l'achat de vêtements

Actuellement, les industriels de la mode et du luxe n'ont pas en général d'action proactive envers leurs clients pour qu'ils adoptent une consommation responsable. Nous pourrions imaginer une innovation de rupture qui à ma connaissance n'existe pas pour les vêtements et accessoires de mode, une option de réparation, « upcycle » associée à d'autres services comme la location ou la revente.

 

Pour réaliser un parallèle, la plupart des opticiens proposent une assurance réparation pour les lunettes lors de leur achat. Le risque n'est pas géré par l'opticien lui-même mais par un assureur. En fonction du risque, l'assureur vend cette assurance à l'opticien qui la revend avec une marge (généralement élevée) au client final.

Dans le même esprit, les vêtements et accessoires pourraient être vendus avec une option additionnelle qui donnerait la possibilité de le réparer gratuitement. Les fabricants pourraient calculer le prix moyen d'une réparation et le nombre moyen de réparations souhaitées par vêtement. En fonction, ils peuvent travailler avec un assureur qui porterait le risque.

 

Pour compléter, cette option pourrait accorder des conditions avantageuses pour upcycler, louer et revendre les vêtements.

 

Ce type d'option systématiquement proposé à la vente et à la condition qu'elle ne dépasse pas les 15% du prix de vente pourrait stimuler un comportement circulaire de la part des consommateurs.

 

Il faudrait aussi s'assurer que cette mesure ne provoque pas d'effet rebond massif (achat de beaucoup plus de vêtements neufs en raison de cette disposition).

Gestion efficace des matériaux ou produits en fin de vie.

La gestion efficace des matières en fin de vie se traduit par l'opération de valorisation des résidus post-consommation. Ce domaine concerne l'ensemble des techniques de transformation des déchets après collecte, visant à en réintroduire tout ou partie dans un cycle de production, y compris les déchets organiques.

 

Quelques exemples d'innovation :

De plus en plus d'entreprises proposent de retourner leurs vêtements pour en obtenir de nouveaux (un avoir sur le prochain). Mud Jeans par exemple utilise à 40% des jeans recyclés pour fabriquer leurs jeans. Angarde utilise des bouteilles en plastique recyclées et d'autres matières éco-conçues pour remplacer le coton et le cuir et recyclent les anciennes paires Angarde en proposant une réduction de 20% sur le prochain achat.

Paradoxes de l'Économie circulaire

Plus cher de réutiliser/recycler que de fabriquer

La problématique

Pour avoir une approche et un modèle économique pérenne dans le temps, le coût de revient des produits réemployés, réutilisés ou issus de matières recyclées (économie circulaire) devrait être au moins équivalent, idéalement inférieur au coût des produits issus de matières vierges (économie linéaire).

 

Lorsque les déchets sont donnés gratuitement, cela peut paraître évident. En réalité, les coûts de collecte, de tri, de transformation sont souvent bien supérieurs aux coûts de fabrication linéaire.

 

Ces étapes nécessitent une main d'oeuvre humaine ce qui est positif pour l'emploi local. Néanmoins si le surcoût est trop élevé, cela empêche de proposer des produits à des prix acceptables pour les consommateurs et donc est un frein majeur au développement d'une économie circulaire.

Pour le recyclage de produits mono-matières ou simples, le processus pour passer d'une matière hétérogène à une matière adoptant des critères nécessaires pour la production (nommées Matières Premières de Recyclage ou MPR) est très mécanisé et de plus en plus automatisé. Les surcoûts sont donc plus faibles que pour des produits complexes comme les produits électroniques qui nécessitent une déconstruction souvent manuelle.

 

Pour cette raison, ils sont malheureusement souvent envoyés dans des pays émergents avec des impacts écologiques dramatiques. Le renvoi vers l'Europe de bateaux remplis de containers de déchets électroniques à partir d'Asie montrent qu'heureusement ce temps devient révolu.

 

Le réemploi (produit réemployé sans être devenu un déchet) ou la réutilisation (produit devenu un déchet et transformé en produit) d'un produit génère aussi des coûts élevés de main d'oeuvre mais moins si les transformations sont peu nombreuses et surtout si le produit a été éco-conçu et donc facilement réparable et « upgradable ».

Idées pour résoudre ce paradoxe - Innovation technologique

Pour réduire l'impact écologique, il faudrait que le diamètre du cercle contenant l'ensemble des étapes d'une économie circulaire soit réduit. A l'inverse, pour réduire les coûts en mutualisant les infrastructures, il peut être nécessaire d'augmenter ce diamètre. Il faut donc trouver un juste milieu !

 

Pour réduire ces paradoxes, la technologie peut être utile. L'IA permet de trier beaucoup plus précisément les déchets intégré au tri optique, l'IoT / Internet des Objets facilite le partage des produits (ex : bornes de partage, vélos électriques) et une économie de fonctionnalité et la blockchain permet d'assurer une meilleure traçabilité des produits.

 

Chaque technologie a aussi ses inconvénients, en consommation d'énergie, en complexité accrue de recyclage. Il faut donc les utiliser si elles apportent une valeur ajoutée importante sur le plan écologique.

Réglementation : Quand la sécurité freine la réutilisation / au recyclage

La réglementation permet de s'assurer de la qualité et de la sécurité des produits pour les consommateurs, néanmoins Sécurité elles peuvent complexifier la réutilisation et le recyclage des produits en particulier si les normes évoluent rapidement.

 

L'impossibilité de décomposer un produit pour des raisons de sécurité (parties inaccessibles ou gangue de plastique ceinturant des parties électroniques), empêche une réparation à bas coût car la panne de petites pièces nécessite le remplacement de pièces beaucoup plus grosses et onéreuses. Certains fabricants utilisent aussi cet argument pour inciter les consommateurs à racheter de nouveaux produits.

 

La Loi pour une Economie Circulaire s'attaque à ce problème en demandant que certaines catégories de produits électriques et électroniques affichent dès 2021, un indice de réparabilité fondé sur 4 critères : la disponibilité d'une documentation technique précise, la facilité de démontage et de remontage, la disponibilité des pièces détachées, ainsi que leur prix.

Recyclage du plastique bromé

L'augmentation de nos critères d'exigence est aussi un frein au recyclage des anciens appareils.

 

Les fabricants de matériel électrique intègrent ainsi du brome (nommé aussi RFB POP, retardateurs de flamme bromés, polluants organiques persistants) pour ignifuger leur matériel. Le plastique bromé au-delà d'un certain seuil est un perturbateur endocrinien. On les trouve dans 85% des jouets, outils électriques, systèmes d'éclairage et, surtout, dans les gros équipements électroménagers (réfrigérateurs, etc.). selon une étude de l' Ineris (Institut national de l'environnement industriel et des risques)

 

Depuis 2006, une directive européenne impose de séparer les plastiques bromés des autres, avec un seuil de 2 g de brome par kilo, soit 2 000 parties par million (ppm) défini en ... 2015.

 

Ces plastiques ne peuvent pas être recyclés, ni mis en décharge, ni brûlés dans les incinérateurs classiques. Ils doivent être traités en incinérateurs de produits dangereux.

 

Cette limite au recyclage tout-à-fait justifiée pour des produits au contact d'utilisateurs et consommateurs pourrait potentiellement être assouplie pour des produits avec lesquels le public (ex: gaines électriques intégrées dans le bâti) n'a aucun contact et s'il ne présente aucun risque pour le personnel qui le fabrique et l'installe.

Une startup Earth Wake réalise aussi un pyroliseur autorisé à brûler ces déchets et les transformer en essence utilisable dans son véhicule ( mais en payant très probablement la TIPP 😉).

 

La coke ou le char, partie restante après la pyrolyse représente moins de 5% du volume initial et conscient les métaux tels que le brome, l'antimoine ... et peuvent être utilisés dans la composition des routes notamment.

 

L'inconvénient est qu'ilne faudrait pas que cela nous dissuade de ne plus réduire notre consommation de pétrole et de plastique !

Les normes de fabrication s'appliquent à tous y compris aux importations néanmoins il est très difficile à la DGCCRF de vérifier la quantité de plastique recyclé intégrant du brome dans des produits étrangers car à la différence des industriels français, ils ne peuvent auditer leurs usines. Comme les coûts et les ressources nécessaires au contrôle sont très élevés, beaucoup de produits importés peuvent échapper à la vigilance des autorités ce qui est une forme de concurrence déloyale à l'encontre des industriels français.

 

Une méthode serait de permettre aux industriels français de pouvoir réaliser un premier contrôle sur des produits importés avec un audit des techniques utilisées. Les produits ne respectant pas la norme française ou européenne pourraient être transmis à la DGCCRF et aux Douanes afin de réaliser un 2e contrôle et d'agir en conséquence.

 

En ces temps, on veut encourager la réindustrialisation, toutes les initiatives permettant que les règles soient appliquées par les produits fabriqués en France et à l'extérieur de manière identique sont bienvenues.

Conclusion

L'industrie de la mode et du textile a vu une grande part de ces industries partir à l'étranger pour des raisons de coût de main d'oeuvre, elle a aussi montré ses capacités de rebond lors de la pandémie avec la fabrication massive de masques (mais malheureusement fortement délaissés au profit des masques jetables provenant de Chine).

 

La mission de textile durable et l'économie circulaire sont une vraie opportunité pour cette filière qui peut ainsi favoriser le développement d'une nouvelle industrie, source d'emplois locaux mais aussi respectueuse de l'environnement.

 

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