Retours du CES 2015 Las Vegas- Internet des Objets / objets connectés par Livosphere

L'heure est d'analyser un certain nombre d'objets connectés vus dans les allées du Sands en particulier à Eurêka Park mais pas seulement. 

 

Des habitués comme Parrot, Withings, Netatmo, Sen.se (Mother) et des nouveaux comme Prynt, Giroptic, Emiota, Seven Hugs, Connected Cycle, Prizm, Lima, GlaGla Shoes, Rollskers, MyBrain, 3DSoundLabs, Myfox ...

 

À la suite de CES 2015, trois mots me viennent en tête : Smart, Bold et Harsh pour représenter l'évolution de l'Internet of Things depuis le CES 2014 ainsi que la première incursion des grandes marques dont La Poste, Legrand, Dassault Systèmes et Valéo.

Les pionnières, les converties, les seconds produits et les jeunes pousses.

 

Actuellement, il y a quatre types de startups dans les objets connectés et présentes au CES, la plupart étaient au Sands (hors Parrot au South Hall à l’étage comme l’année dernière et Hexo+) : les pionnières, les converties, les seconds produits et les jeunes pousses.

 

Les pionnières sont Withings (créé en 2008), Netatmo (2011) et Holî (2012).

 

Les converties avaient une activité précédente avant de créer des objets connectés : Parrot (audio Bluetooth), Awox (Audio), Archos (tablettes notamment), Myfox (domotique), Visiomed (appareils médicaux)

 

Les startups qui ont au moins annoncé leur deuxième produit après avoir commercialisé le premier : Meg (pot de fleurs connecté et bio-capteur végétal), Slow Control (fourchette connecté puis biberon connecté), Weenect / Ma Ptite Balise (balise pour enfants et collier pour chien)

 

Enfin, les jeunes pousses (dont celles présentes au CES 2014 et qui n’ont pas annoncé encore de second produit)  : Kolibree et Mother de Sen.se (présents au CES 2014), Ticatag, Prynt, Giroptic, Emiota, Seven Hugs, ConnectedCycle, Prizm, Lima, GlaGla Shoes, Rollskers, MyBrain, 3DSoundLabs, Sezam Labs, Hexo+, Biody Balance, Home Nature, iSetWatch, Busit.

Smart Vs Not Smart

Les nouvelles startups ont appris de leurs aînées. Néanmoins, ces dernières prennent de plus en plus d’espace (cf Withings et Netatmo qui développent de plus en plus de produits à la frontière voire au-delà de leur domaine d'origine santé/bien-être et environnement / énergie)  et il y a de plus en plus de startups d’objets connectés. 

 

Avec un marché et une cible client est de plus en plus restreints, les nouvelles startups choisissent un marché de plus en plus segmenté avec des solutions plus pertinentes sur certains usages et plus "smarts" (même si ce n'est pas l'apanage que des startups).

 

En revanche, ne nous leurrons pas, le modèle économique dans l’Internet des Objets n’est déjà pas une promenade de santé alors si le potentiel marché est réduit, il est évident que bon nombre de startups ne survivront pas. Nous verrons certainement pivoter un certain nombre d’entre elles vers les applications et les services sur mobiles et/ou objets connectés comme l’a très bien fait Virginie Gretz avec V Project devenu Mr. Gabriel (pour signaler un problème en cas de détresse).

 

SMART

Le CES a été l'occasion de voir une profusion de capteurs sur tous les appareils, avec succès et parfois sans. 3D Sound Labs a par exemple intégré des accéléromètres dans son casque pour le transformer en "Oculus audio", cela signifie que si la direction du son vient vers votre visage et que vous tournez la tête,  le son viendra vers votre oreille et non face à vous. Associé à l'Oculus, cela créerait une vraie immersion visuelle et auditive. Hors de nos frontières, Resound a rejoint la vague des Hearables (capteurs intégrés dans des oreillettes comme The Dash qui mesure le rythme cardiaque...) mais pour répondre à un besoin spécifique : adapter le volume de son appareil auditif en fonction du lieu, du bruit ambiant... afin d'éviter de devoir le reparamétrer à chaque fois.

 

ConnectedCycle en plus de répondre à un besoin, éviter de se faire voler son vélo (même si à ce stade, le coût de leur pédale connectée est trop élevée pour un vélo basique), ils ont intégré un système type dynamo pour récupérer l'énergie cinétique et éviter d'alimenter leur pédale en énergie.

 

Ford avec l'aide d'universitaires a eu l'idée d'utiliser des capteurs déjà existants sur la très grande majorité de ses voitures (au lieu d'en rajouter et de créer une usine à gaz), les radars frontaux et arrière de stationnement pour détecter les places de parking libres. Ainsi, quand une voiture roule, elle peut identifier sur ses côtés, s'il y a des places libres en analysant les retours des radars, les remonter sur une plateforme et en faire bénéficier tous les automobilistes y ayant accès. C'est nettement plus efficace que les applications qui demandent aux conducteurs s'ils ont quitté leur place de stationnement pour rediffuser l'information aux quelques Unhappy Few.

 

Pour assurer une continuité de service gratuitement, Myfox a intégré dans son système d'alarme un backup (MyFox Around) en cas de perte d'ADSL et de perte de couverture en 2G/3G. Ce backup utilise les réseaux bas débits en se connectant sur les Myfox des voisins (en mesh). Vous me direz qu'il faut une alarme MyFox à côté et que c'est peu probable. En fait, c'est le cas dans les grandes villes, car MyFox a déjà plusieurs dizaines de milliers de clients et comme la portée est jusqu'à plusieurs kilomètres, un millier environ de clients est suffisant pour couvrir Paris, ce qui est aujourd'hui le cas  !

 

 

Prynt à l'image de Kolibree avec ses têtes de brosse à dents résout un problème majeur des startups des objets connectés , leur modèle économique en faisant sienne la stratégie de HP, vivre grâce aux consommables avec des marges élevées. Cela apporte un revenu récurrent que le renouvellement de produits ne suffirait pas à apporter.

 

Pour terminer, un détour par Samsung, qui a intégré Virtual Flame (décrit aussi dans les prédictions 2015), il montre la chaleur de la poêle (invisible puisqu'il s'agit d'une plaque à induction) grâce à la hauteur de la flamme virtuelle. C’est bien vu, car cela utilise des simples LED bleus en périphérie de la plaque d’induction et ne s’allument que si vous allumez le gaz … pardon la plaque. Si jamais, nous n'utilisons plus de gaz pour chauffer nos aliments, cela évoquera à nos arrières petits enfants ce lointain passé où nous utilisions une ressource épuisée le gaz naturel  à l'image de la disquette 3,5 p, qui est l’icône pour sauvegarder les documents !

 

 

Qu'en est-il du Not Smart ?

Premier exemple, le stand Z-Wave qui prône la simplicité d'utilisation des produits smart home utilisant son protocole sans fil et qui le décrit avec un panneau compliqué. Je vends de la simplicité mais je ne le montre pas !

 

Deuxième exemple, GizmoPal de LG qui s'est associé avec Verizon pour proposer un bracelet connecté qui permet de retrouver ses enfants s'ils se perdent. Cela coûte 80$ avec deux ans de service plus 5$ d'abonnement mensuel additionnel sur votre abonnement Verizon pour la carte SIM. Petite question que j'ai posé au vendeur, quid si je change d'opérateur ? Réponse : le bracelet ne sert plus à rien ! Oui, bien sûr je vais accepter de payer 80$ pour m'engager encore plus avec mon opérateur mobile  ! Je ne crois pas qu'il y aura beaucoup d'aficionados de ce produit ...

 

Troisième exemple, FooBot (ex AirBoxLab), startup française qui a créé un boitier capable de mesurer la qualité de l'air (d'ailleurs elle avait présenté son premier produit il y a quelque temps à un Meetup IOT Paris). Ils sont face à une situation pas facile à résoudre car

  • Oui, ils ont identifié un vrai problème, la qualité de l'air qui est un vrai enjeu en particulier avec les immeubles BBC (Basse consommation et très mal aéré pour conserver la chaleur...).  
  • Oui, ils apportent une vraie solution, mesurer la qualité de l'air (COV (composés organiques volatils), particules fines, température et humidité) et ils seront même capables de s'interfacer avec des systèmes de ventilation et de purification d'air.
  • Sauf qu'ils sont victimes d'un phénomène analogue au PacMan des smartphones, la fonctionnalité de mesure de qualité de l'air est aujourd'hui intégrée par d'autres objets connectés  (balance et caméra Withings, station Netatmo, en partie la lampe Sleep Companion de Holî ...) comme l'appareil photo a été intégré par le smartphone.

A moins de s'adresser à du B2B, qui a besoin de mesures peut-être plus fiables qu'en B2C, point de salut selon moi dans un produit qui n'a que cette fonction. Je suis prêt à en discuter avec les fondateurs bien sûr car je peux me tromper avec qui j’avais d’ailleurs échangé un brin au CES.

BOLD autrement dit audacieux, osé

 

De manière générale, la FrenchTech est audacieuse, cela se reflète par l'innovation de ses startups et leur rôle de Category Maker que les autres pays n'ont pas aujourd'hui. Pour preuve, la France représentait 4% des exposants, 18% des startups au CES 2015 et 45% des awards décernés par Wired (Withings Activité Pop, Casque Zik de Parrot, patins à roulette Rollkers, casque relaxant MeloMind de MyBrain, la pédale connecté de ConnectedCycle sur 11).

BOLD - Déjeuner Objets connectés avec Emmanuel Macron et Axelle Lemaire

 

La visite d'Emmanuel Macron et Axelle Lemaire d'une part et de Pierre Gattaz à la tête du Medef d'autre part, permettent d'asseoir une vraie marque FrenchTech dans la durée auprès des medias internationaux en particulier américains.

 

Mardi, 6 janvier, nous avons organisé avec les cabinets des Ministres d’Emmanuel Macron et Axelle Lemaire un déjeuner sur le thème des objets connectés. Après mon introduction  sur l’Internet des Objets (cf lien), l’objectif était de faire rencontrer des grands groupes français et étrangers tels que L’Oréal, La Poste, PSA, Alcatel-Lucent, Samsung, Whirlpool, IBM, de startups d’objets connectés établies (Withings, Cityzen Sciences, Holî) et nouvelles (Lima, Prizm), de la délégation française (dont quatre députés avec Luc Bellot, député en Maine-et-Loire où sera situé la Cité des Objets connectés d'Angers  et Louis Schweitzer, Commissaire Général aux Investissements). 

Emmanuel Macron , Axelle Lemaire Dimitri Carbonnelle
Petit selfie avec Axelle et Emmanuel ;)

Le déjeuner était l’occasion de créer des connexions entre ces différentes entreprises et organisations. De plus, cela permet aux startups de mieux comprendre les contraintes des grands groupes et aux grands groupes de comprendre le mode de fonctionnement des startups.

 

Les deux ont beaucoup à prendre les uns des autres dans les objets connectés. Les grands groupes ont l'habitude de traiter des masses de produits. Les startups ont une organisation associant produit et service, hardware et software  que les grands groupes ont bien moins l’expérience.

BOLD - Giroptic

 

Les nouvelles startups osent plus, prennent des risques que leurs aînées prenaient moins. La plupart des startups qui vont au CES, commencent par Eurêka pour une ou deux années puis sortent d’Eurêka pour prendre un stand normal (comme Kolibree) ou ne reviennent plus. Pour information, la règle pour bénéficier des conditions avantageuses d’Eurêka est de présenter à chaque fois un nouveau produit (ex : Meg l’année dernière avec le pot de fleurs connectée, cette année avec GEM).

 

Giroptic a réalisé une très belle prise de risque car ils ont pris le parti dès la première année, de prendre un stand plus d’une fois et demi plus gros que celui de la Poste sans passer par la case Eurêka Park alors que leur chiffre d’affaires n’est pas vraiment comparable !

 

La naissance au forceps de Giroptic y est certainement pour quelque chose ainsi que la détermination et l’audace de son fondateur Richard Ollier. Pour rappel, Giroptic fournissait auparavant les caméras pour Géonaute (Décathlon) qui représentait une part majeur de son chiffre d’affaires. Les ambitions de Giroptic et de Géonaute ont pas mal divergé sur le dernier produit ce qui les a conduit à se séparer de manière assez conflictuelle (aplani depuis, voir article ci-joint). Face à un grand distributeur et comme la plupart des startups et petites entreprises face à ce type de situation, Giroptic était voué à une mort certaine et dans l’anonymat le plus total, c’était sans compter son fondateur qui a mis son entreprise sous tension pour réussir sa seule voie de salut, trouver des fonds via une campagne très bien préparée sur Kickstarter (1,42 M$) et une campagne de lobbying réussie qui lui ont permis de voler de ses propres ailes.

 

A suivre car Richard Ollier est, selon moi, un nouveau type d’entrepreneur dans les objets connectés avec une vision business très ancrée, une foi inébranlable dans ses produits, son entreprise et l’équipe qui la constitue, une exécution militaire (indispensable pour réussir à long terme dans l’IoT) et une audace qui l’emmènera aux même niveaux qu’Eric Carreel, Fred Potter et Henri Seydoux dans quelques années voire au-delà ;)

BOLD - Meg

 

Autre audacieuse, Raphaëlle Seyfried (qui a cofondé Meg avec Franz Ezin) est encore l’une des rares fondatrices de startups fabricant des objets connectés (avec Carine Coulm d’Emiota, Christel le Coq de B-Sensory). L’équipe resserrée autour du fondateur est heureusement composée de plus de femmes comme Amandine Guyot chez Lima, Bénédicte de Villemeur-Vieille chez Weenect (ex-Ma Ptite Balise), Sophie Tron chez Ticatag …).

 

Elle a le mérite d’avoir coupé l’herbe sous le pied de Parrot en créant le premier pot de fleurs connecté que Parrot a réalisé un an après elle à la suite de son Flower Power (cf analyse comparée entre les deux produits) et d’avoir fait un chassé-croisé avec eux puisque elle a lancé Meg GEM, capteur pour plante (à l’image du Flower Power) mais avec des innovations majeures.


Tout d’abord le design : le Meg Gem s’intègre complètement dans la plante car il s’enroule comme une feuille autour de sa tige. De plus, c’est un bio-capteur qui utilise la conductance électrique dans la plante pour en déduire sa santé, sesbesoins et son environnement (pièce pas assez aérée, beaucoup de COV…).

 

Par analogie, la différence entre le Flower Power et le Meg Gem est comme si on mesurait si nous avons soif ou pas en fonction du nombre de bouteilles d’eau disponibles dans la cuisine d’une part et notre taux d’hydratation interne, d’autre part. Concernant le nouveau Flower Power, l’idée d’ajouter une bouteille d’eau est astucieuse (même si vieille comme le monde des bouteilles d’eau), néanmoins en terme de design, cela n’est pas heureux de voir un très beau produit Parrot surplombé d’une bouteille en plastique. Les amoureux du design préferront certainement que Parrot dessine un container ad hoc avec pourquoi pas des capteurs (niveau et qualité de l’eau…).

 

Attention, les deux informations sont importantes et complémentaires, dans le premier cas, on sait si nous pouvons nous hydrater facilement, dans le deuxième si nous avons besoin de nous hydrater. L’une est une réponse à l’autre, le cas échéant..

 

L’autre véritable innovation de rupture est qu’au lieu d’utiliser le silicium et autres matériaux, difficiles à recycler pour capter des informations telles que le CO2, les COV…, on utilise deux pointes conductrices pour collecter ces informations avec un délai de réponse étonnamment court selon Meg (stress physiologique de la plante). Bien sûr, pour remonter ces informations, il faut relier le bio-capteur à un transmetteur en Bluetooth Low Energy.

 

Mais je suis certain que Sigfox planche déjà sur le Flower Mesh, premier réseau mesh pour transmettre les données à bas débit via des plantes ;) Même si la nature a quelques centaines de millions d’années d’avance sur nous !

HARSH, concurrence sévère


Il fut un temps où les objets connectés étant une immense terre vierge avec des pionniers qui plantaient leur drapeau pour signaler leur territoire. Ce temps est révolu, Après les origines du Far West, voici la période OK Corral qui commence. Les temps vont être durs voire même violents, nous n’y trompons pas …

 

Quatre startups de l’Internet des Objets ont dégainé leur six coups en même temps. Ils sont venus de quatre horizons différents, la santé / bien-être pour Withings, l’environnement et l’énergie pour Netatmo, la securité pour Myfox et la lumière et la musique pour Awox.

Leur champ de bataille, la maison, leur arme la caméra qu’ils ont tous décidés en même temps d’annoncer au CES 2015.

 

Certains dégaineront trop tard, d’autres verront leur arme enrayé ou viseront à côté, et avec un peu de chance l’un d’un visera dans le mille !

Eric Carreel (Withings) Fred Potter (Netatmo) Jean-Marc Prunet (MyFox) Alain Molinié (Awox)

Il y aura peut-être de la place pour les quatre mais j’en doute un peu car il y a déjà une concurrence farouche sur les caméras IP (Logitech, Belkin, Axis, …), Google / Nest via DropCam est sur ce créneau aux US depuis un certain temps. Il me semble plus probable que parmi les quatre, un de ces acteurs fassent le plus gros des ventes et qu’un deuxième soit capable de tirer son épingle du jeu, pas plus car l’espace est cher dans les rayons et dans les maisons et que les concurrents vont se presser au portillon…

 

Pour quelle raison ont-ils lancé la caméra en même temps. Ils sont tous parti de la même analyse, la caméra sera le prochain invité dans nos maisons comme le confirme une récente étude Accenture et qu’avait bien anticipé Nest en rachetant DropCam.

 

Je ferai une analyse plus détaillée ultérieurement des quatre caméras néanmoins cette confrontation est intéressante plus d’un titre.

  • La première raison est que c’est la première opposition frontale de quatre startups dans le domaine des objets connectés.
  • La deuxième est que cette confrontation est dans un domaine qui n’est pas leur cœur de métier, la vidéo mais qui est un maillon essentiel du smarthome (Withings avait néanmoins fait la BabyCam avant ainsi que MyFox et que le premier usage de la caméra est la vidéosurveillance de son domicile qui est un axe important de la securité, cœur de métier de MyFox.).
  • La troisième sont les approches très différentes de ces entreprises, association d’un capteur de CO2, COV et Caméra pour Withings avec un souci du design au service de l’utilisateur (sertissage en bois , basculement de la caméra par magnétisme…), clapet automatisé pour Myfox, identificateur de visages pour Netamo et intégration dans une lampe pour Awox.
  • La quatrième est plus prosaïque. C’est avec l’alarme le seul équipement pour lesquels les personnes sont prêtes à payer un abonnement car la sécurité n’a pas de prix … Pour rappel, Dropcam échange la première et dernière version de votre dropcam gratuitement … en échange de la souscription d’un abonnement vidéo sur 24 mois !

 

Les challenges dans ce domaine sont en plus passionnants, le privacy by design, le modèle économique, l’infrastructure nécessaire pour supporter la vidéo en ligne pour ceux qui s’y aventurent, la concurrence de gros acteurs High-Tech comme Logitech, Panasonic… 

 

A ce stade, peu de grands groups étaient présents. La Poste via sa filiale Docapost, Dassault Systèmes via sa nouvelle filiale 3DExcite (réalité augmentée en temps réel) et Legrand (sur le stand Zigbee) avaient leurs stands au Sands. Valéo était aussi là au Central Plaza avec des innovations telles que Automated Valet Parking, commande par le regard et des phares 100% LED. L’Oréal avait bien réservé un stand au CES mais ont au final choisi de l'annuler (ils seront très certainement là l’année prochaine).

 

L'approche des grands groupes est très différente de celle des startups dans l'Internet des Objets car ils mettent plus en avant leurs partenariats que leur solution propre. Docapost a  exposé par exemple avec des entreprises comme Umanlife (plateforme d'aggrégation de données pour la santé) pour mettre en avant son "hub domotique".

 

Il y a plusieurs raisons à cela.Les grands groupes prennent le risque de remettre en cause  leur métier historique, leur modèle économique, leur organisation et les hommes qui la composent. Ils sont au devant d'une profonde transformation digitale qu'ils doivent commencer aujourd'hui au risque de se faire distancer par des startups ou d'autres groupes plus agiles. Autant c'est facile de virer de bord quand nous sommes à la tête d'un hors-bord, quand nous sommes à la tête d'un paquebot, il ne faut pas tarder à lancerles machines pour rester dans la course compte tenu de son inertie naturelle.

 

Les grands groupes étrangers tels que Samsung, Ford, Whirlpool montrent plusieurs voies possibles pour les grands groupes.

 

Les partenariats (concrets !) avec d'autres entreprises, startups, PME, ETI et grands groupes. Un accès plus facile aux données qu'ils collectent et à la possibilité donnée aux utilisateurs de les partager, l’expérimentation, la collaboration entre secteurs industriels.

 


L’année prochaine, nous verrons bien plus de grands groupes au CES.

Quelques clins d’œil sur d’autres objets connectés : 

 

Belty d’Emiota est la première ceinture robot car en fonction de votre position ou du moment de la journée, elle se desserre ou se resserre grâce à un moteur incorporé qui explique notamment sa taille actuelle imposante.

 

Melomind de MyBrain qui veut rendre une technologie expérimentale l’analyse des ondes du cerveau au service du bien-être et de la relaxation. Phonotonic qui après les instruments de musique, à vent, à cordes, à percussion… crée une nouvelle catégorie l’instrument de musique à lancer.

 

Hexo+ sur un marché actuellement de niche, le selfie vidéo sportif, crée un drone avec une interface facile à utiliser pour se filmer avec une GoPro. Le drone suit la personne à filmer (en détectant la distance via les GPS entre le smartphone du sportif et celui du drone). Les producteurs de films ont certainement commencé à taper à leur porte.

 

Ticatag a intégré sa technologie dans la paire de lunettes Téou d’Atol et répond ainsi à une question quotidienne des porteurs de lunettes « Mais où fichtre ai-je bien pu mettre mes lunettes ? »

 

GlaGla Shoes répondent à un vrai problème avec ses chaussures mais surtout ses semelles chauffantes connectées Digitsole . Cela concerne une multitude de niches différentes ayant la même problématique : comment éviter d’avoir froid au pied le plus longtemps possible (les skieurs, les alpinistes, les travailleurs en extérieur, les scandinaves et autres originaires de pays froids, les chasseurs, les patients atteints par la maladie de Raynaud (plus d’infos ici !)…)

 

Lima (stockage en local et répliqué en ligne) continue à faire le buzz et est très attendu en 2015. Prizm est une pyramide musicale qui adapte la musique en fonction de personnes autour de lui (en fonctio de l'ID Bluetooth) et du bruit ambiant.  

 

Twelve Monkeys donne une info un peu plus pertinente que le taux de batterie mais affiche à quelle heure votre batterie cessera de fonctionner en fonction de vos usages grâce à leur coque intégrant une batterie supplémentaire. Ils étaient venus il y a quelque temps à Futur en Seine avec un projet de coque capable de montrer et transmettre vos émotions  en modifiant les couleurs LED de la coque et sont revenus à un besoin plus évident : « Vais-je tenir jusqu’à ce soir avec le peu de batterie qui me reste !) »

 

Le porte-biberon connecté Baby GIGL de Slow Control (à l’origine de la fourchette connectée) permet d’alerter via des LEDs si le biberon est bien orienté dans la bouche du bébé (avec une judicieuse technique pour mesurer l’angle d’inclinaison et sans accéléromètre !)  A voir néanmoins si l’objet ne va pas rentrer dans le rayon gadget sauf si la technologie permet pour un coût très réduit de délivrer cette information et qu’elle est accompagnée d’autres mesures comme la température du lait, sa consistance. Pour la température, Jacques Lépine, son inventuer y avait bien pensé néanmoins se posait la question de la responsabilité. Si le biberon indique que la température est correcte mais qu’à l’intérieur (chauffage par micro-ondes par exemple), elle est brûlante et brûle le palais du bébé, qui est responsable ? … Une erreur dans la mesure de l’inclinaison du biberon provoquera au pire un aller-retour au pressing !


Je suis un peu circonspect avec iSetWatch, car cette montre permettant de compter ses points au tennis facilement me semble très restreint comme marché et risque de se faire vite avaler par une appli sur smartwatch. Un pivot à prévoir, peut-être déjà prévu !

Optinvent a aussi a aussi créé avec l'aide du studio de design Elium Studios (qui travaille aussi avec Withings) une rupture avec son casque audio à réalité augmentée. 


Au lieu de porter des lunettes connectées, il a intégré celles-ci dans un casque audio de telle sorte que l'on peut plier et replier les branches autour du casque et donc ne les utiliser que quand on en a besoin. D'une part, cela réduit l'intrusion dans la vie privée, car rien n'est filmé si la branche est repliée. D'autre part, cela permet de créer des scenarii associant musique, clip vidéo et lunettes à réalité augmentée.


Wink, Lego Sac à dos connecté AMPL Labs, BioLite, Breathometer, Flap It

A l’étranger, il y a aussi un certain nombre d'innovations :

 

L’analyse d’haleine connecté, Breathometer (similaire à Alcoblue, premier éthylotest connecté) est utilisé d’abord comme éthylomètre mais serait à même d’analyser d’autres éléments (mauvaise haleine, maladies…). N’oublions pas que le prix des capteurs chimiques chutent de prix rapidement … et que c’est l’une des méthodes les moins intrusives et les plus faciles à mettre en pratique.


Kindara avec Wink qui pour 99$, remet au goût du jour la méthode Ogino car ce thermomètre connecté détecte les moments de fertilité et si on est enceinte ce qui permettrait enfin de savoir de manière statistique de mesurer le taux de fiabilité de cette technique. Évidemment, l’utilisation inverse est possible si on souhaite avoir des enfants. Le produit me semble de niche néanmoins il peut aussi être utilisé comme thermomètre détectant l'évolution de la fièvre par exemple ou pour les cabinets médicaux en intégrant du matériel jetable ou une stérilisation pour des raisons d’hygiène pour automatiser la capture d'informations des patients Rappellons que Bellabeat propose un ensemble d'objets connectés pour les femmes enceintes qui souhaitent suivre leur grossesse.en particulier Shell qui écoute et diffuse de la musique durant celle-ci et même après la naissance !

 

BIO Lite lui résout pour les campeurs, randonneurs le problème de batterie en permettant de les recharger grâce à la combustion du bois.

 

J’ai déjà parlé de Scio, spectromètre de masse qui permet grâce à la refraction de la lumière de savoir la composition des aliments notamment. Cela pourrait révolutionner l’industrie agro-alimentaire et donner un pouvoir inattendu aux consommateurs qui enfin saurait si leurs aliments bio sont si sains que cela.

 

Ampl Labs sort le sac à dossier connecté qui est bardé de capteurs et de prises mais me semble un peu lourd aujourd’hui.

 

Enfin, on trouve des copycats étrangers comme Flap It … qui copient allègrement Smiirl avec leur compteur de Facebook et qu’ils améliorent en proposant d’autres logos et images, personnalisables (il faut juste bien couper et poser le sticker sur les deux pales noirs sans bloquer leur rotation… ).

J’ai certainement oublié des entreprises et startups d’objets connectés, sans vouloir être exhaustif, l’objectif ici est de montrer à la fois les tendances et quelques particularités.

 

Comme on le voit, le CES regorge d'innovations, idées saugrenues, astucieuses, inutiles...


En creusant on découvre parfois des pépites inattendues... et on rencontre Gary Shapiro à la tête du CEA, organisateur du CES !

 

Dimitri Carbonnelle - Livosphere - Conseil en Internet of Things / IOT

Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    Vincent Hsu (jeudi, 14 janvier 2016 16:57)

    Je voulais juste réagir sur votre remarque concernant le Flapit. Il me semble que ça n'est quand même pas tout à fait la même chose, en effet sur le Flapit il y a une API permettant d'afficher ce que l'on veut. Cette seule fonctionnalité justifie son existence.