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Prédictions 2018 - Inflexion (IA, Blockchain, IoT, Robots), Confusion (Homme-Artificiel, Vrai-Faux), Confrontation (Etats, GAFA, BATX, Individus, Planète)

Avant de commencer mon debrief du CES Las Vegas (fin janvier), comme chaque année, je fais quelques prédictions sur les tendances, les événements, les ruptures que j’anticipe pour l’année qui suit. *

 

Je brosse un tableau très large car les nouvelles technologies (IoT, IA, robots, blockchain…) auront des impacts sociétaux et même civilisationnels de plus en plus majeurs.

 

 

2018 pourrait se résumer pour moi en trois mots : inflexion, confusion et confrontation … 2019 et après seront le début de la transformation dans le bon sens du terme 😉

 

Inflexion car nous sommes à un point où les nouvelles technologies accessibles au plus grand nombre vont profondément bouleverser notre quotidien en plus et aussi en mal (selon les intentions de ceux qui l’utilisent)

 

Confusion nous allons perdre beaucoup de nos repères fondamentaux : humain / non humain, réel/virtuel, vivant/inerte, créations humaines / créations d’IA, vrai/faux car les technologies brouilleront les frontières

Confrontation entre les États qui voudront reprendre la main face au GAFA, entre GAFA/BATX, nouveaux et anciens, individus et entreprises/acteurs publics, créateurs, diffuseurs de contenus et opérateurs télécoms.

 

Enfin, Confrontation avec notre société Formule 1 face à notre propre planète qui nous obligera à devenir une société tout-terrain pour que la technologie soit au service de la résilience et non seulement de la performance.

 

Voici les différents éléments de l’article (avec des liens directs), il est très long (plus de 12 h de vol jusqu’à Vegas, ça aide 😉

 

IA dans nos vies :

IoT - Internet des Objets 

Intégration et assemblage des nouvelles technologies (IA, IoT, Blockchain, Robots)

  • Les nouveaux rentiers grâce aux entreprises autonomes (DAO et IA)
  • Usine 4.0 - Customisation de masse avec le Fog Manufacturing : des délais extrêmement raccourcis entre attente d’un client, création et production d’un produit et livraison

La confrontation des plaques tectoniques : Etat, GAFA/BATX, Anciens/Nouveaux, individus, Notre Planète

  • Le Techlash des États envers les GAFA
  • Course aux armements digitaux et IA des États
  • Combat de titans entre GAFA et BATX
  • Bataille d’Hernani entre l’ancien monde et le nouveau monde
  • Combat homérique entre contenant (telcos), contenu et diffuseurs (Google, Facebook…)
  • Customer et Citizen Empowerment en devenir face aux entreprises et acteurs publics
  • Nous face à notre planète – d’une société Formule 1 à une société tout-terrain

Je vous l’avoue, je suis quelque peu bavard et verse souvent dans les digressions mais c'est l'occasion de mettre un peu de matière pour étayer mes prédictions.

Inflexion

Inflexion car nous vivons une période où les nouvelles technologies (Intelligence artificielle, IoT, programmation génétique avec CrispR, robots ) deviennent accessibles au plus grand nombre

  • pour le meilleur (meilleure santé, meilleure gestion de nos ressources énergétiques, de la pollution …),
  • pour le pire (cyberguerre, bio-hacking, armes autonomes, dopage intellectuel, manipulation des opinions publiques ) et
  • pour le « impossible à prédire » (intégration massive d’IA comme assistant dans nos vies, augmentation de l’être humain, modification in vivo de nos gènes et de nos descendants avec CrispR…).

L’enjeu pour beaucoup d’acteurs n’est pas tant l’accès aux technologies mais l’accès aux données qui utilisent ces technologies. La bataille pour être le premier point de contact de l’utilisateur sera féroce car celui-ci sera La Plateforme (ou ubérisera…) qui « dispatchera » les différents services mais aura la plus grande marge, légitimité auprès du consommateur et ne deviendra pas une commodité.

 

Confusion

Confusion car nous perdrons des repères fondamentaux et millénaires pour l’être humain, les technologies vont brouiller les frontières :

  • entre l’humain / nonhumain (en raison de l’intégration de puces dans nos corps, d’appareils remplaçant des organes défaillants et de la perte de perception de notre supériorité sur le reste avec une IA qui nous dépassera dans plus en plus de domaines),
  • entre le réel / virtuel (cf. avec des objets qui imiteront la texture, la couleur, les odeurs de vrais objets avec qui nous interagirons naturellement par la voix, le geste, la montée en puissance de la réalité virtuelle/augmentée et surtout de la réalité mixte :  Hololens… et tout simplement le mélange entre IRL et IVL ), 
  • entre les vraies et fausses émotions (interactions avec des objets/robots simulant des émotions),  vrai / faux ( vrai news / fake news qui paraîtront de plus en plus vrais)
  • entre le vivant et l’inerte (l’intégration de cellules biologiques dans des objets et vice versa )
  • entre l’authentique, crée par l’Homme / de l’artificiel, crée par la machine (cf. Création de vidéos artificielles, voix artificielles),
  • entre le point de vente et le lieu de fabrication (avec le fog manufacturing moins radical que ce qui précède ;)

Confrontation

Cette confusion créée pour beaucoup d’acteurs, une formidable opportunité de rebattre les cartes ou au contraire est une terrible menace de tout perdre. États, GAFA/BATX, entreprises, individus … vont se confronter, nous assisterons aux chocs de plaques tectoniques, de tremblements de terre digitaux, sociétaux et mêmes planétaires.

 

Nous sommes à un moment de crise au sens étymologique du terme (κρίσιςkrisis – moment de choix, de décision ) où tout peut basculer dans un sens ou un autre mais où l’humanité devra faire ses choix.

 

Étant un éternel optimiste, ce n’est qu’une période de transition qui devrait aboutir à une profonde transformation de nos sociétés d’ici 3 à 5 ans. De toutes les manières, c’est notre planète qui au final sifflera la fin de la récré (11000 ans depuis les débuts de l’agriculture sur 4Md soit moins de 4 mn sur toute une scolarité, études supérieures incluses. ;)

 

Il y a de fortes chances que les États reprennent la main vis-à-vis des GAFA, entreprises, (Techlash via la réglementation …) soit de manière autoritaire comme cela se passe dans certains pays soit de manière concertée. Une Europe unie pourrait avoir un rôle majeur si nous ne voulons pas être écrasés par la Chine, l’Inde désormais 5ème puissance mondiale avant la GB et la France, les Etats-Unis, les autres BRICS (Brésil, Russie, Afrique du Sud) et l’Afrique (qui va connaître une très forte croissance), rien n’est joué…

Intelligence artificielle

Prolifération des agents/assistants intelligents

Un des grands intérêts de l’IA est de transformer des données complexes en décisions simples ou en actions automatiques.

 

Le nerf de la guerre étant l’argent, les GAFA investissent massivement dans l’IA pour nous faire acheter plus en supprimant le maximum de frictions (en facilitant le choix et le paiement), en étant présent au bon moment (achats contextuels en fonction du lieu, du moment, des personnes avec qui vous êtes) et en s’adaptant à vous (personnalisation de services et même de produits, cf. fog manufacturing ci-dessous ) qu’on pourrait traduire par : Sell the personalized product, to the right person at the time.

 

Fini le temps des bannières publicitaires avec des taux de clics inférieurs à 0,1% (cf. article sur Amazon), on va chercher des taux de transformation et d’achat de 10%, 20%, 50% voire 99% (il y aura toujours des récalcitrants !) d’autant plus facilement que nous fournissons toutes les données nécessaires. Un "Do you want to buy X" se transformera en « Yes, you can » et même « now and forever » … si on tient compte des services comme Amazon Replenishment Service qui automatiquement vous commande votre lessive dès que vous n’en avez plus en détectant via votre machine à laver connectée que votre réservoir de 5 litres n’a plus qu’un litre dans le ventre.

 

L'intelligence artificielle fleurira dans un très grand nombre d'applications comme Facebook Messenger, WhatsApp et sur les sites web d’Amazon, Google (recherche, Youtube, photos...) pour nous pousser de la pub contextuelle, achetable en un clic. C’est devenu très commun avec WeChat (cf. intervention TED sur le futur du shopping en Chine) qui intègre tout – messagerie instantanée, services, paiement. Il y a juste un petit souci, nous pousser à surconsommer, est-ce vraiment raisonnable quand nos ressources planétaires viennent de plus en plus à manquer … La réponse d’Angela Wang à la fin de ce TED est éloquente à ce sujet !

Confusion entre la création humaine et celles provenant de l'IA (avec des manipulations politiques)

Aujourd’hui, nous arrivons en très grande majorité à distinguer ce qui a été imaginé par l’homme de ce qui a été « imaginé » par une machine même si aujourd’hui, il est plus difficile de distinguer ce qui est fait par l’homme de ce qui est fabriqué par la machine.

 

En 2018, nous verrons de plus en plus de contenu « créatif » venant de l’IA, pas encore réellement original mais cela viendra. Aujourd’hui, les créations d’IA ressemblent plus à des mashups ou de l’interpolation d’images, sons, de vidéo. Des couches cachées d’un réseau neuronal extraient un style, les appliquent à des images, du texte ou des vidéos pour créer une nouvelle image dans le style d’un peintre, compositeur….

 

En 2018, nous verrons une explosion d’oeuvres d’IA créatives, dont nous serons incapables de distinguer des œuvres humaines. Vous en voulez un avant-goût …

 

Des scientifiques ont créé des œuvres en utilisant des réseaux neuronaux créatifs (CAN - Creative Adversarial Networks). À la différence des GAN (Generative Adversarial Network) qui font des « copies » d’œuvres existantes, les CAN produisent des oeuvres perçues comme nettement plus créatives. D’ailleurs, ils ont montré que des êtres humains n’étaient pas capables de faire la distinction entre ces créations et celles créées par des êtres humains (exposées à Art Basel 2016 et des œuvres d’expressionnisme abstrait).

Dans le même registre, Aiva est la première IA, compositrice enregistrée par la SACEM, comme vous l’entendrez, la musique conviendrait parfaitement pour des musiques de film... Vous avez sans doute entendu parler de Daddy’s Car composé sur base de chansons des Beatles il y a la version Bach pour les férus de classique. (projet Flow Machines de Sony CSL Research Lab avec un financement européen).


Pensez-vous qu’Alpha Go pourrait devenir créatif. Le fameux paradoxe du singe savant et la bibliothèque de Babel de Borges pourraient prendre tout son sens avec l’IA…

 

Il suffirait qu’elle soit capable de générer une quasi infinité de textes, de couper les branches non créatives et « absurdes », par exemple en mesurant l’entropie de Shannon (ni trop faible car peu originale, ni trop forte, car trop aléatoire et donc ayant trop peu de sens) ou faisant appel d’abord à des humains pour juger de la créativité puis en simulant via de l’Adversarial IA ce jugement. On applique grosso modo la méthode utilisée par Alpha Go Zéro (bottom-up) pour créer du contenu. La méthode top-down est plus proche du premier Alpha Go qui a battu Ke Jie, champion du monde de GO…) ! 

Pour un artiste, l’IA permet de démultiplier sa capacité créative mais aussi de béotiens. A partir d’une simple photo ou de quelques mots-clés, on pourrait créer un chef-d'œuvre digne de Degas ou de Van Gogh… enfin la plupart des gens le croiront.

 

On peut même imaginer d'ici quelques années que Spotify ou Deezer créent de vraies playlists personnalisées avec des musiques, des chansons créées de toute pièce et à la volée basée sur nos préférences avec des textes et mélodies qui nous sembleront complètement inédits. Sacré challenge à venir pour les artistes.

 

Petite question pour les juristes, à qui va les droits d’auteurs si un réseau neuronal utilise des chansons ou des œuvres protégées pour créer des chansons complètement originales, comment les répartit-on  Est-ce toujours du plagiat  Comment d’ailleurs pourrait-on le savoir dans le cas où un réseau neuronal puise dans des milliers d’artistes 

 

La réponse viendra peut-être d’une IA qui déterminera si l’IA incriminée intègre ou non tel ou tel artiste (Cf. article  sur les limites de l'IA…)...

Il aura une course à l’IA, entre une IA créant du faux contenu, et une IA cherchant à le détecter et l’éliminer, une surenchère incessante à l’intelligence en perspective … où Google, Facebook en particulier seront en première ligne.

 

Il y aura une recrudescence de fraudes où des personnes se font passer pour des amis ou des proches en reproduisant leur voix, en créant de fausses photos ou vidéos pour créer un faux sentiment de confiance.  

 

Vous voulez le tester par vous-même, faites le test sur cette page vous me direz si vous distinguez la voix humaine de la voix  d'une IA.

Bien sûr, le versant noir est la création de faux contenus pouvant se faire passer pour du vrai, la fausse vidéo de Barack Obama montre ce dont l’IA est capable. Il sera de plus en plus difficile de reconnaître ce qui est vrai, de ce qui est partiellement vrai et de ce qui a été créé de toute pièce. On arrive notamment à créer des voix qui ressemblent à celle d’êtres humains.

 

 


Il ne nous reste plus beaucoup de temps avant que toute création ne soit soupçonnée d’être au moins partiellement produite par l’IA. Je profite de ces derniers instants pour vous exposer une création 100% Human Inside… 

 

Un jour, il n’y a pas si longtemps, une amie titillait mon imagination avec une photo et un commentaire "La terre est bleue comme une orange." ... "on doit être hors saison"...

 

Avant qu’une IA ne me pique l’idée, je choisis de prendre le poème d’Eluard et la chanson de Cabrel de les mixer avec un zeste de moi pour les deux dernières lignes.

 

 La terre est bleue comme une orange 
On doit être hors-saison 
Sorti d'un rêve étrange
J'en garde le frisson

Dans les brouillards salés 
L'aube se passe autour du cou 
Que mon écharpe nouée
Du froid se joue

Les murs, les jardins, les rues
Un collier de fenêtres 
on croit connaître
on se voit perdu

Ils ne vous donnent plus à chanter 
Sa chanson vide "où es-tu "
Qu'une âme veuille l'entonner 
Elle ne sera entendue

Tout mon courrier déborde 
Tous les secrets tous les sourires 
Si nos lettres s'accordent
pour nous les offrir

Les guêpes fleurissent vert 
Au seuil de ton pavillon 
Tout le soleil sur la terre 

On doit être hors-saison


Combien de temps avant quelques étincelles créatives ne soient considérées comme d’une banalité confondante car tellement faciles à reproduire pour une IA 

 

 

Bravo en tout cas à celle ou celui qui parviendra à créer la première IA mixant poèmes et chansons. Prévenez- moi quand vous l’avez réalisée ! 

Premières répercussions massives sur l’emploi de l'intelligence artificielle 

Difficile de ne pas en parler, l’IA détruira des emplois (il en créera aussi bien sûr ;).

 

Les banques, les sociétés d’audit, les distributeurs (surtout en raison de la montée de l’e-commerce) devraient donner les premiers coups d’envoi aux plans de départs massifs dus à l’IA. Pour éviter que de trop nombreux ex-salariés restent sur le carreau, l’enjeu est non seulement de favoriser la formation professionnelle au sein des entreprises mais au-delà d'inciter et former ses salariés à apprendre à apprendre (cela commence d’ailleurs à l’école comme je le précise dans cet article).

 

Pour réduire l’impact d’une perte d’activité, il faut faciliter et encourager les activités rémunérées annexes ou connexes et le passage d’une activité à un autre (avec l’auto-entrepreneuriat, les revenus issus de l’économie du partage, l’autoconsommation, le troc de services …) .

 

L’entreprise deviendra de plus en plus une plateforme ouverte avec une vision et des projets réunissant internes et externes où le salariat exclusif diminuera au profit de formes flexibles de travail. Les couvertures sociales de chaque forme de travail devront se rapprocher du salariat pour faciliter le passage d’une forme à une autre.

 

Un exemple : favoriser les contrats de travail multi-entreprises où il serait très facile de basculer d’une entreprise à une autre en fonction de l’activité en particulier pour les bassins d’emploi restreints. Cela nécessite néanmoins une polyvalence et une flexibilité des salariés.

Premières retombées scientifiques majeures de l’IA et en politique mais l’AIpotism n'est pas pour tout de suite !

L’IA commence à devenir une aide précieuse pour les scientifiques, on devrait avoir une pluie d’avancées majeures en sciences :

 

  • dans l'astronomie  (la compréhension des trous noirs et trous blancs comme l’illustre la découverte d'exoplanètes par Google autour de l'étoile Kepler-90

 

  • la physique (sur la théorie du Tout qui unifierait les interactions fondamentales, la potentielle découverte des gravitons - n'oublions pas que le CERN stocke aujourd’hui plus de 200 pétaoctets (soit 200 000 disques durs de 1 téraoctet) de données générées notamment par le LHC lors de collision de deux protons. Beaucoup des données que pourraient ingurgiter une IA, qui ne sont certainement pas analysées pleinement aujourd’hui),
  • la génétique (aussi bien pour découvrir les gènes responsables de maladies génétiques, établir des liens entre génétique et l’intelligence humaine, trouver les ancêtres de LUCA – Last universal common ancestor qui serait vieux de 3,5 à 3,8 Mds d’années…)

L’IA pourrait faire son entrée en politique économique (de manière cachée au départ) pour étudier, simuler les impacts de décisions politiques mais aussi de manière pragmatique pour débusquer les fraudes fiscales.

 

L’AIpotism ou IApotisme n’est pas encore d’actualité mais qui sait dans 20 ans nous serons peut-être gouvernés par une forme de despotisme éclairé par l'IA (ci-contre Frédéric II de Prusse en exemple;) , nous n'aurons peut-être même plus le choix, car devant la complexité de notre monde et des répercussions que l’homme aura sur lui, seule une IA pourra vraiment y faire face ;)

Les évolutions de l’IA

La simulation numérique du monde réel au secours de l’IA

Une des prochaines « frontiers » que l’IA va dépasser en 2018 est la « compréhension » du monde physique.

Comme l'expose très justement Yann Lecun, l'intelligence artificielle, pour être précis, les réseaux neuronaux nécessitent énormément de données or autant pour le GO, il est facile de jouer contre soi-même des millions et des millions de parties afin d’entraîner un réseau neuronal, autant reproduire et apprendre du monde physique à partir d'expériences réelles semble matériellement impossible.

 

Pour donner un exemple, apprendre à marcher avec un réseau neuronal semble impossible pour une intelligence artificielle car le temps d'apprentissage sera beaucoup trop long néanmoins il y a une solution qui pourrait pallier au moins en partie à ce problème : la simulation numérique.

 

Une entreprise comme Dassault Systèmes (3DS) est devenue spécialiste pour reproduire virtuellement les effets physiques et mécaniques (en intégrant la gravité, les effets de lumière…) d’un très grand nombre d'objets physiques, ainsi que de structures telles que des bâtiments et même des villes (reconstitution de Paris à travers les âges par 3DS). Même si ces simulations ne reproduisent pas à 100 %, la réalité, elles permettent néanmoins d'avoir une très bonne approximation qui pourrait être utilisée largement par les IA. L'apprentissage sur le terrain pourrait se faire dans un deuxième temps, il permettrait d'affiner le réseau neuronal tout en contournant la limitation physique initiale.

 

Les GAFA/BATX (équivalents chinois des GAFA : Baïdu Alibaba Tencent Xiaomi) useront et abuseront des simulations pour comprendre et modéliser le monde physique.

Développement de l‘IA symbolique 

Aujourd'hui la plupart des développements d’IA tournent autour des réseaux neuronaux (IA connexionniste) et du deep learning. Ils sont parfaitement adaptés pour percevoir, classifier interpréter les images des sons, des vidéos.

 

Mais comme j'avais expliqué dans un récent article, ils ont des défauts intrinsèques. Le premier est la quantité de données nécessaires pour l’entraîner. Tout le monde s’affaire pour la  réduire ou plutôt pour générer de nouvelles données à partir de données actuelles (forme de PCR quantitative, processus d'amplification exponentielle de l’ADN mais pour l’IA ;) En effet, il est plus simple de générer des données imaginaires (avec l’Adversarial IA) à partir d’un nombre réduit de données que d’utiliser directement un nombre réduit de données.

 

Néanmoins, il reste d’autres défauts tels que l'incapacité à expliquer leur raisonnement, le biais de confirmation … qui les rendent peu adaptées pour prendre des décisions. L’IA symbolique ou formelle (l’IA à la papa diront certains car un peu reléguée aux oubliettes face à la déferlante du Deep Learning) n’est pas adaptée pour traiter et classifier des très grands nombres d’images…  en revanche, elle l’est beaucoup plus pour prendre des décisions car elles peuvent  justifier leur choix ( obligatoire d’ailleurs dans le cadre de la RGPD / GDPR Règlement général sur la protection des données.)

Les réseaux bayésiens, les systèmes experts apprenants, les arbres de décisions et "random forest" sont quelques unes des techniques de l’IA symbolique qui devraient fortement se développer en 2018.

 

S’il fallait comparer l’IA symbolique avec les réseaux neuronaux, c’est un peu comme si vous compariez l’algèbre moderne à l’arithmétique ou la géométrie classique à la géométrie analytique (comparaison imparfaite néanmoins car l’algèbre moderne couvre aussi la diagonalisation des matrices utilisées dans les réseaux neuronaux …).

  

L’IA symbolique peut être utilisée pour des assistants de preuve mathématique qui ont servi à formaliser la démonstration pour le théorème des quatre couleurs, en 2005 et la conjecture de Kepler en 1999.

Le développement des méta-IA et intégration de multiples IA

Comment choisir la bonne IA parmi cette foultitude d’IA avec des capacités différentes à traiter des problèmes de nature multiples et des contraintes différentes ? Il suffit de faire appel à notre ami magique, l’IA de nouveau !

 

Eh oui, une IA pourrait avoir le rôle de superviser de multiples IA, c’est d’ailleurs un des rôles de l’IA d’Alpha Go (pas Alpha Go Zéro qui n’a qu’un seul réseau neuronal ... qui est d’ailleurs plus performant… sauf si Alpha Go Zéro encapsule une forme d’IA régulatrice dans son réseau neuronal mais cachée dans l’une de ses couches neuronales …)

 

On peut imaginer une multitude de couches d'IA différentes composée d’un réseau neuronal générant des "randoms forests" (arbres de décision dont les noeuds seraient eux-mêmes composés de mini-réseaux neuronaux), le tout supervisé par une méta-IA symbolique ou un algorithme génétique.

 

On pourrait aussi inverser : un méta-réseau neuronal (adversarial IA, double système d’IA avec un générateur de données et un discriminateur) gérant une multitude de réseaux neuronaux, voire des IA mutants intégrant de multiples IA concurrentes et complémentaires à l’image d’un corps humain qui élimine les anti-corps et absorbe la nourriture. Nous ne sommes qu’aux prémices de l’IA, pas sûr d’ailleurs que nous soyons capables de bien comprendre leur évolution !

IoT - Internet des Objets

Le soufflé retombe pour les agents vocaux intelligents mais la voix spécialisée se décline dans les équipements

En 2018, nous verrons une chute d’usage des agents vocaux intelligents (en particulier Google Home).

 

À l'image des SmartWatch après un buzz et un succès commercial d'achat, la fort baisse des ventes risque de pointer son nez d'ici 6 mois. A l'image du lapin Nabaztag et de Mother de Sen.se, la fréquence d’usage de ces agents vocaux devrait fortement diminuer après quelques mois d’utilisation car aujourd'hui ils sont beaucoup trop génériques. Aujourd'hui, le premier usage (30%) est pour écouter la musique puis commander sa maison '20%), enfin réaliser des achats 10%)

 

Amazon Echo tirera son épingle du jeu pour la partie achat, le Home Pod d’Apple devrait avoir un destin similaire à l’Apple Watch, importantes ventes au début mais usage réel faible en dehors de la fonction enceinte.

 

En revanche, il devrait y avoir un développement des agents vocaux spécialisés au sein d'objets connectés comme dans l’électroménager, la télévision pour des usages spécifiques et simples comme j'en ai parlé dans l'article suivant.

De plus en plus de puissance et d’ « intelligence » embarquée

De plus en plus d’industriels préféreront embarquer la puissance de calcul et l’« intelligence » dans des processeurs plutôt que la déporter dans le cloud pour de multiples raisons :

  • délai de latence beaucoup plus réduit, plus de résilience en cas de panne réseau,
  • moins de risques concernant la confidentialité et le hacking des données et
  • plus de facilité à gérer les données en regard de la GDPR

sachant que le coût des puces et leur consommation d’énergie se réduisent de plus en plus pour une puissance croissante.

Des objets émotifs

Le rapport aujourd'hui entre les humains avec les objets est encore très utilitaire (moins le cas en Asie et Afrique qui ont des cultures animistes bien plus développées qu’en Occident).

 

On verra de plus en plus d’objets exprimer de fausses émotions et sentiments pour créer de l’empathie, de l‘attachement de la part de l’utilisateur. Même si c’est encore tôt, l’intelligence artificielle sera mise à contribution pour créer ces émotions et s’adapter à nous. 


Je suis curieux de voir comment l’IA va apprendre à nous manipuler et si comme au GO, les techniques comme le pied dans la porte, la culpabilisation… seront découvertes toutes seules et les nouvelles techniques qu’elle va développer à l’image des coups imaginés par Alpha Go Zéro !

 

Pour info, la meilleure manière d’échapper à la manipulation, c’est d’en connaître les techniques ;)

 

 

Autre moyen pour développer les émotions, avoir un design se rapprochant d’êtres vivants. Aïbo, le premier robot de Sony, Nao avec sa tête plus grande que le corps pour nous faire penser aux bébés l’illustrent. Je pense notamment que les agents vocaux intelligents sous forme de cylindre feront place au fur à mesure à des robots ressemblant à des animaux pour susciter plus d’interactions.

Plus d’interfaces naturelles et d’objets digitaux

Les interfaces naturelles comme la voix, le geste se développeront, ce qui sèmera de plus en plus la confusion entre le réel et virtuel, le physique et le digital.

 

Nous verrons de plus en plus d’objets écrans (avec des écrans souples), qui changent de couleur, de motif voire même de texture (comme le montre la startup française Hap2U qui modifie la texture d’un écran grâce à des ondes acoustiques.).

 

Au début, beaucoup de ces objets seront des gadgets néanmoins, quelques-uns devraient sortir du lot, ceux qui répondent à de vrais usages, où cela a du sens d’intégrer du digital à l’objet. 

Centre-villes autorisés seulement aux véhicules autonomes

Des villes commenceront à n’autoriser que les véhicules électriques et autonomes dans leur centre-ville (mais cela pose des problèmes à la fois lors de recharges simultanées par exemple vers 19h, de la capacité à produire de l’électricité décarbonée et d’avoir des solutions de stockage massif d’électricité) 

Énergie et transmission

Développement des réseaux bas-débits en B2B

Les réseaux d'objets connectés en B2B se développeront de plus en plus massifs, le NB-IoT fera petit à petit son apparition, mais ce sont surtout des objets connectés en Lora et SigFox qui seront déployés en 2018.

 

La 5G (bas débit car il y a plusieurs 5G …) pour l'IoT ne devrait pas apparaître commercialement avant 2023 (en étant optimiste) même s'il y aura beaucoup de tapage médiatique de la part des fabricants de puces (comme Qualcomm et Intel) et d’infrastructures réseau (Huawei, Nokia, Ericsson).

 

Les raisons principales sont que les gains apportés sont très faibles par rapport aux autres technologies (Lora, Sigfox, NB-IoT et LTE-M), le gain financier pour les opérateurs ridiculement bas (un abonnement annuel inférieur à 10€ !) et un coût de déploiement et de maintenance en infrastructure beaucoup trop cher (fog /edge computing), avec une myriade de petites bases stations à maintenir pour réduire les délais de latence notamment. En revanche, la 5G à très faible délai de latence destinée aux véhicules autonomes devraient commencer à se déployer sur les autoroutes (là où c’est le plus intéressant d’avoir des véhicules autonomes :)

 

J’en ai parlé l’année dernière et cela tarde mais je crois que le Bluetooth 5.0 devrait mettre au rebut la plupart des protocoles propriétaires et plus ou moins ouverts dans la maison (Zigbee, Zwave, Enocean, Thread..) car d’une part les puces coûtent très peu chères, elles sont intégrées dans les smartphones, le BLE 5.0 est many-to-many (le BLE 4.0 était one-to-one – appairage seulement de deux devices) et il est mesh (réseau maillé). 

Le développement du chargement sans fil QI

À l'image du micro USB et USB-C, la norme QI va devenir un standard de fait dans la recharge.

 

Apple a intégré la recharge par induction QI sur iPhone X, iPhone 8, et iPhone 8 Plus et la norme devrait se diffuser de plus en plus pour simplifier la recharge. 

 

Intégration et assemblage des nouvelles technologies (IA, IoT, Blockchain, Robots)

Les nouvelles technologies s’intégreront et s’imbriqueront de plus en plus entre IA, IoT, robotique, Blockchain, génétique. Theranos a complètement échoué dans les tests sanguins automatisés mais d’autres startups prennent la relève. Eligo BioScience dirigé par Xavier Duportet n’utilise pas encore de robots associés à l’IA pour réaliser ces tests biologiques mais mon petit doigt me dit que d’ici 2, 3 ans, cela deviendra une évidence.

 

D'autre part, surviendra la première implantation de puce neuronale destinée à des malades d'Alzheimer pour augmenter leur mémoire. Une question se pose néanmoins autorisera-t-on les malades d'Alzheimer à avoir plus de mémoire que les autres êtres humains ?

Les nouveaux rentiers grâce aux entreprises autonomes et DAO

Il devient possible de créer des entreprises autonomes générant du CA automatiquement. Un site e-commerce proposera de personnaliser votre produit, personnalisation qui aboutira directement à une mini-usine qui fabriquera et transmettra directement le produit au client via un logisticien avec un support dédié en cas de problème.

 

Il « suffit » de construire un mashup de briques logistiques, de production, d’e-commerce connectées via des API… En ajoutant de l’IA et de la DAO (Decentralized Autonomous Organization, une organisation fondée sur le blockchain fonctionnant grâce à un programme informatique qui fournit des règles de gouvernance à une communauté) , vous pouvez même créer une plateforme collaborative automatisée.

 

Cela pourrait même être un nouveau placement financier ! En revanche, une entreprise autonome peut aussi selon sa construction générer automatiquement du déficit !

Usine 4.0 - Customisation de masse avec le Fog Manufacturing

  • la customisation de masse via le fog manufacturing (production décomposée en plusieurs parties, éléments standards produits de manière centralisée et plus on se rapproche du consommateur, plus les quantités produites par unité de production sont faibles, plus la personnalisation est élevée. On devrait ainsi voir l’arrivée de mini-sites de production en France (le frog manufacturing diront les anglais ;) pour se rapprocher des clients.

Potentiellement, un point de vente peut devenir un lieu de production pour la personnalisation finale. Lancôme propose son fonds de teint fondé sur un scan en magasin de l’incarnation de votre peau sachant que trouver le bon fond de teint est extrêmement fastidieux (70€ ! )  bien sûr beaucoup plus élevé.

  • l’utilisation de Cobots et de robots industriels flexibles qui permet très rapidement de changer une production voire de personnaliser à la demande …
  • l’éco-conception pour dès le départ anticiper la réutilisation et le recyclage du produit

Le défi pour les entreprises est de livrer des produits personnalisés aux utilisateurs de manière quasi instantanée (tout en évitant une surconsommation des ressources by the way).

 

Pour résoudre cette quadrature du cercle, il y a plusieurs moyens :

 

  • la VR/AR et le vidéo mapping (comme le fait Smart Pixels pour Nike et Berluti pour personnaliser leurs chaussures) qui permet de visualiser un produit personnalisé avant qu’il ne soit fabriqué,

Le choc des plaques tectoniques - la confrontation

Comme je le disais en introduction, 2018 sera l'année où de nombreuses plaques tectoniques (les États, les GAFA/BATX, les citoyens et utilisateurs, notre planète vont se percuter et provoquer des tremblements de terre numérique, sociétaux voire civilisationnels.

Le Techlash des États envers les GAFA

Evasion fiscale des grands groupes, bitcoin, collecte massive de données personnelles par les GAFA, influence des citoyens (via des médias concentrés , les fake news…), recherche et mise en œuvre de nouvelles technologies (blockchain, IoT, Intelligence artificielle, génétique …) menées par des sociétés privées alors qu’elles transformeront profondément nos sociétés : … montrent que les États ont nettement perdu de leur pouvoir et influence face aux entreprises en particulier les GAFA.

 

Mais les États ne vont pas se laisser faire … L’espérance de vie d’un Etat est nettement plus grande qu’une entreprise privée ce qui lui permet d’agir sur le long terme (certes, les élections influent sur un pays, mais il y a une inertie beaucoup plus grande ce qui a aussi ses avantages !), il peut agir de conserve avec d’autres États sur le plan international et mondial et actionner des leviers puissants en particulier la loi, sur lequel nul autre acteur ne peut agir directement.

 

Les États feront leur grand retour en 2018 via la réglementation (fiscalité et financement, travail, environnement, solidarité nationale, alimentation…), leurs prérogatives régaliennes (sécurité des individus, défense nationale, le contrôle des mouvements de population…). Le GDPR qui réglemente la protection des données personnelles et les premières amendes records aux GAFA. 100 Me à Facebook concernant son rachat de What’s App, 2,4 Md€ à Google pour abus de position dominante concernant Google Shopping et 1,1 Md € pour redressement fiscal (au final rejeté par le Tribinal administratif  de Paris). Ce n’est que le début … 2018 sera l'année où des amendes supérieures à 5 Md$ seront infligées à des GAFA.

 

Je parie sur une réglementation sévère sur les bitcoins et autres monnaies virtuelles (je prédis qu’il devrait chuter à moins de 5000 USD, minimum ;) Je vois mal les États accepter de se faire piquer un de leurs prés carrés les plus chers : l’argent ! Les ICO (initial coin offering, levée de fonds en Bitcoin) sont déjà interdits en Chine, ce n’est qu’un début.

Course aux armements digitaux et IA des États

La nouvelle arme de dissuasion et potentiellement destruction massive est le hacking et la cyber-guerre. Chaque État va tester les défenses de ses ennemis et alliés.

 

Il est possible qu’on assiste à des pannes géantes en raison de ce type d’attaque. L’arrivée de l’IA à ce sujet va certainement accélérer cette course (cf article). Ce n’est pas anodin, si Vladimir Poutine a dit que l'Etat qui deviendra le leader en IA sera celui qui dominera le monde (cf article sur les risques des armes autonomes)

 

L’influence et les risques de déstabilisation via les divulgations d’informations secrètes, fausses… sont loin d’être terminés. Cela devrait avoir deux effets, accroissement de la protection mais aussi un effet positif :  plus grande « honnêteté » des entreprises (moins de corruption, de travail d’enfants de discriminations..).

 

Comme les secrets ne le demeurent de moins en moins longtemps, que quelqu’un va fuiter l’information, tant qu’à faire, on évitera de prendre des risques qui peuvent mettre en péril votre entreprise parc qu’un conciurrent, un État a décidé de saborder votre entreprise. Cela n’empêche pas la divulgation de fausses informations mais il est toujours plus facile de se battre contre des calomnies que des vérités à cacher.

 

Il est aussi possible qu’on voit apparaître les premiers dopages intellectuels dans des États ayant des régimes dictatoriaux ou proches... Cela devrait d'ailleurs poser de très grands dilemmes éthiques pour les États démocratiques qui ne pourraient normalement lutter à armes égales ;) 

Combat de titans entre GAFA et BATX 

2018, sera aussi le théâtre de combats homériques entre les GAFA et les BATX  (GAFA chinois – Baïdu, AliBaba, Tencent (Wechat), et Xiaomi), d’une part les GAFA pour s’étendre doivent plus s’implanter en Chine et inversement pour les BATX (qui investissent de plus en plus dehors de la Chine : la tentative échouée de rachat de MoneyGram par Alibaba, les participations croisées entre Spotify et Tencent, les accords entre Baidu et QNX BlackBerry pour la voiture autonome. 

 

On peut s’attendre à ce qu’un des 8 parmi les GAFA et BATX mette un genou à terre (forte chute des résultats, plan de départs massifs, rachat par un autre GAFA/BATX).

Bataille d’Hernani entre l’ancien monde et le nouveau monde 

La première bataille entre les anciens et les nouveaux est celle de la Net Neutralité, assurée depuis toujours elle a permis le développement fantastique des GAFA. Mais la roue a tourné, puisque la FCC s'est prononcée mi-décembre pour la fin de ce principe obligeant les fournisseurs d'accès internet (FAI) à traiter tous les contenus en ligne de la même manière.

 

Cela signifie concrètement que les telcos vont faire payer les GAFA pour utiliser leurs tuyaux et leur assurer une bonne qualité de service alors qu’avant ils ne pouvaient le faire avant. Cela pose de nombreux problèmes, notamment que potentiellement n’importe quel site internet devra payer les telcos pour pouvoir être vu correctement par les internautes. La facture pourra alors être répercutée sur les clients ... sauf si vous prenez les services préconisés par votre opérateur ! Typiquement, les opérateurs pourraient proposer des forfaits intégrant les services/contenus avec qu'ils ont des partenariats commerciaux et un package plus cher si vous prenez d'autres services, contenus ... Voyez les risques de distorsion de concurrence et de "risque de "silotisation" d'Internet. Cela donne un pouvoir énorme aux opérateurs telcos au détriment des GAFA d’où d’ailleurs leur action légale contre le FCC pour empêcher l’abandon de la Net Neutralité

 

En 2018, cette bataille montrera la réussite triomphante ou la chute brutale des nouveaux face aux anciens qui font de plus en plus et de mieux en mieux la résistance (Tesla contre les offres constructeurs automobiles, Sigfox contre les opérateurs télécoms, Uber contre les taxis, AirBnB Vs les groupes hôteliers, GAFA / Telcos, producteurs de contenus…)

 

Certains disrupteurs ayant le vent en poupe passeront  du Capitole à la Roche Tarpéienne, périront ou se feront avaler par un ancien et d’autres au contraire se renforceront. Les Etats et les acteurs publics via la réglementation en particulier sont  de puissants arbitres de ces combats pour favoriser ou freiner  (comme on l’a vu pour Sigfox, Uber, AirBnB…)

 

Comme des éléphants dans un magasin de porcelaine, il y aura aussi de la casse pour toutes les entreprises trop dépendantes des GAFA comme on l’a vu avec la forte des résultats de Criteo en raison de la politique anti-cookies d’Apple (chute de 22% de son CA). …

Combat homérique entre contenant (Telcos : AT&T, Vodafone, Orange…), contenu (Disney, Time Warner, ligues de Sports...) et diffuseur (Facebook, Youtube, Netflix…)

Les coups de butoir sur la net neutralité aux États-Unis fin 2017 sont un prélude aux combats de titans en 2018 entre contenant (Telcos), créateur de contenu et diffuseur.

 

Déjà, des méga-fusions commencent à avoir lieu au sein de chaque division ( Disney rachetant Fox dont 21st Century Fox), les telcos (gestionnaires de tuyaux ;) rachètent des producteurs de contenus  (ex: ATT rachetant Time Warner-AOL , Comcast rachetant NBCUniversal, des diffuseurs sont convoités par des telcos et gestionnaire de contenus ( Yahoo racheté par Verizon, Hulu possédé par ComCast, Fox, Comcast et Time Warner) et les GAFA sont à l’affût des contenus emblématiques  (Amazon rachète les droits de tennis en Grande-Bretagne, et les droits d’adaptation à la TV du « Seigneur des Anneaux «  pour 200 M$, Youtube s’accord avec Universal Musics et Sony pour lancer son offre de musique en ligne, discussion entre la Ligue de Football et Facebook et Amazon).

 

Cela crée d’ailleurs de sacrés conflits d’intérêts (en particulier Disney et Comcast) qui peuvent aboutir à des cartels. Ce n’est pas pour rien que le Département de Justice US essaie de bloquer ou de revoir des rachats AT&T/Warner, Comcast / NBC Universal.

En revanche, je ne vois pas de telcos réussir à intégrer des créateurs de contenus car leur stratégie est profondément orthogonale avec celle des créateurs de contenus ( les résultats récents d’Altice plaident en ce sens et nous verrons ce qui résulte du rachat de Time Warner par ComCast).

 

L’objectif des producteurs de contenus est de le diffuser au maximum alors que celui des telcos, ayant une infrastructure limitée (bande passante, réseau fibre et ADSL)  est de valoriser au maximum le contenu (avec une logique de Yield Management en évitant du contenu largement diffusé ailleurs et favorisant le contenu exclusif).

 

A moins d’être une entreprise assumant sa schizophrénie et donc de séparer complètement les deux entités productrices de contenus et gestionnaire de tuyaux, ça ne marche pas. La tentation est trop grande pour le gestionnaire de contenu de rendre son contenu exclusif. On pourrait voir en Netflix ou HBO, une exception. Ce n’est pas le cas.

 

D’abord, ils sont diffuseurs et ont une logique proche des créateurs contenus, être diffusés le plus possible pour pousser du contenu. Ensuite, ils ne rachètent pas des sociétés qui créent du contenu, ils créent du contenu exclusif pour leurs abonnés sachant qu’ils ont une base client suffisamment grande pour le faire. La logique est similaire aux chaînes comme TF1 et Canal Plus qui produisent du contenu propre en plus du contenu acheté par des droits (films, sports).

Customer et Citizen Empowerment en devenir face aux entreprises et acteurs publics

En 2018, on commencera à voir plus de Customer / Citizen Empowerment auprès des entreprises et acteurs publics. En agrégeant leurs données et leur voix, ils représentent un pouvoir d’achat et électif qui peut changer le comportement d’entreprises et d’acteurs publics.

 

Mais cela prend du temps d’agréger tout ce monde, qui sait en 2018, nous aurons peut-être droit à des class actions retentissantes visant des GAFA ou des marques célèbres.

 

Déjà, Intel doit faire face à des 3 class action à la suite du  Failles Meltdown et Spectre car ils n'ont pas communiqué suffisamment rapidement dessus? 

 

Nous face à notre planète – d’une société Formule 1 à une société tout-terrain

Nous sommes face à une montée des catastrophes naturelles en 2017 et des situations extrêmes sur le plan climatique liée ou amplifiée par l’Homme, nous faisons face à de plus en plus d’attaques de cybersécurité (WannaCry…), à des mouvements migratoires massifs qui peuvent impacter durablement notre « way of life ».

 

Nous avons créé une société Formule 1 avec des routes conçues pour la vitesse, le problème est qu’aujourd’hui nous créons massivement des nids de poule qu’il sera de plus en plus difficile à éviter, d’où la nécessité de passer à une société tout-terrain (électrique !), comme je l’avais proposé il y a quelques années dans cet article.

 

Concrètement, il y a de fortes chances malheureusement qu’en 2018, une grande capitale ou une ville de plus de 2 millions d’habitants n’aient plus accès à l’électricité, l’eau et/ou aux télécoms pendant 1 mois ou plus et que cela s’empire avec le temps.

La technologie a aujourd’hui un objectif de performance, d’efficacité, avec ce type de catastrophes, nous prendrons conscience qu’il faut basculer à une technologie de résilience pour surmonter ce type de crise , car nous serons au pied du mur (c’est déjà le cas néanmoins !).

 

Pour donner un exemple concret, si vous n’avez plus d’électricité dans votre maison et que vous avez un voisin avec un panneau solaire, il ne pourra vous dépanner au-delà d’une distance de quelques rallonges électriques, car le réseau électrique actuel est centralisé et ne permet pas de partager l’électricité dans un quartier (peer-to-peer trading) et encore moins en partageant les coûts. L’utilisation notamment de la blockchain est une des briques permettant le déploiement de ce type de réseau (nommé aussi mini-grid).

 

L’IA embarquée, les réseaux locaux maillés comme Lora sont aussi des technologies qui permettraient d’assurer un premier niveau de services associés à des solutions low tech (nous pourrions nous inspirer des pays en voie de développement et de l’innovation Jugaad ).

 

Autant nous savons faire face à des urgences mais actuellement, au-delà de quelques semaines, si nous ne parvenons pas à rétablir  le réseau usuel, nous sommes fortement démunis, et cette situation devrait arriver de plus en plus souvent. Comme d’habitude, c’est une fois au pied du mur que nous réagissons, et en 2018, selon moi, nous serons massivement au pied du mur, voire le nez cassé contre la paroi.

Conclusion

Vu comme ça, 2018 ne semble pas une année des plus roses, je dirai que c’est une année où nous prendrons massivement conscience de la nécessité de modifier nos modes de vie.

 

Comme toujours, nous saurons surmonter ces crises même si on perdra quelques plumes. Il faut anticiper l’étape d’après ce bouleversement et faire en sorte que les chocs futurs soient plus amortis et que nous puissions nous relever plus rapidement par la suite.

 

N'hésitez pas à réagir à ce trop article sur les parties qui vont intéressent.

 

Dimitri Carbonnelle 

Fondateur de Livosphere 

Conseil en IoT, IA et Robots collaboratifs / Cobots

 

Les limites de l'IA, intelligence artificielle, réseaux neuronaux et des solutions pour y faire face

Après le Green Washing et l'IoT Washing, n'est-on pas face à du AI Washing. De nombreuses entreprises en particulier des startups se prévalent d'intégrer de l'intelligence artificielle, en font-elles vraiment et n'y a-t-il pas de fausses promesses derrière ?

 

N'y a-t-il pas des risques à utiliser de l'IA sans comprendre les impacts ? Est-ce que les réseaux neuronaux sont la panacée pour résoudre tous les problèmes ou au contraire ne nous mènent-ils pas vers une impasse en étant une boîte noire ? Est-ce que l'IA est robuste ou au contraire un géant à pied d'argile ? Qu'en est-il de l'IA forte qui supplanterait les hommes ? 

 

Il y a encore du chemin avant qu'une IA soit capable de rivaliser avec un être humain de manière complète. Le "Gift Test", test du cadeau (capacité d'une IA à faire plaisir à une personne en lui faisant un cadeau) serait un bon indicateur de l'avancée de l'IA. On pourrait bien sûr inverser la situation de la photo, un homme à la place de la femme et un robot à l'apparence féminine et non masculine (ou encore homme/robot apparence homme ou femme, robot apparence femme), l'objectif de cette photo est d'illustrer le challenge pour un IA d'intégrer et d'anticiper la réaction de l'autre sans avoir la possibilité de la tester au préalable. 

 

Cet article a pour but de couvrir ces différents thèmes, il sera décomposé en trois parties. Dans cette première, j’aborderai l’intelligence artificielle de manière générale et je ferai un focus sur les réseaux neuronaux, ses limites et comment rendre explicable les réseaux neuronaux...

 

Dans les deux prochains articles, j’aborderai les autres types d’IA (réseaux bayésiens, algorithmes génétiques, logique floue, systèmes multi-agents ...) et les problèmes, interrogations posés par l’IA pour notre société (de l'ANI - IA faible à l"ASI - IA dépassant tous les hommes ("Singularity") en passant par l'AGI, équivalent à l'IH, intelligence humaine, les risques sur la  perte de créativité et la normalisation...) .

 

En bref, cet article-ci couvre :

 

Préambule sur l’AI Washing

Entre nous, qu’une startup fasse ou pas de l’IA n’est pas ce qu’il y a plus important voire pire pourrait vous alerter, l’IA est un moyen et non une fin.

 

La question principale est pourquoi font-ils de l’IA ? Est-ce qu’ils sont plus rapides à répondre, plus fiables, capables de couvrir un champ plus large, de donner des données introuvables autrement ou d’intégrer plus de données ? Quels sont les biais potentiels lorsqu’ils utilisent leur IA ? Peut-on expliquer les choix réalisés par leur IA (Si une startup vous dit qu’ils utilisent des réseaux neuronaux pour leur IA et qu’ils sont capables d’expliquer les décisions prises par cette IA … Il y a un petit souci, soit ils ne font d’IA soit ils en utilisent, mais ne la comprennent pas ou pire … )

 

Souvent des algorithmes simples auditables sont beaucoup plus efficaces qu’un réseau neuronal boîte noire dont on ne peut prédire de manière certaine les résultats. Pour donner quelques exemples, les statisticiens connaissent des tests comme

  • l’analyse multi-variée (très utilisée dans les sondages pour connaître la contribution de facteurs implicites dans une satisfaction globale),
  • le test de la médiane de Mood (fondé sur les écarts entre deux groupes de données sur base de la médiane (50% donc beaucoup moins sensible aux valeurs extrêmes) plutôt que la moyenne),
  • les modèles de CHAID (technique de type arbre de décision fondée sur Chi2 pour sélectionner par exemple un groupe de consommateurs et prédire comment leurs réponses à certaines variables affectent d'autres variables),
  • les plans d'expérience ( qui est une version multi-variables du test A/B et permet de mesurer des relations de cause à effets)   …
  • et encore plein d'autres 

Cela vous permet avec relativement peu de données comparées aux réseaux neuronaux de relever des différences significatives entre des groupes de données de les catégoriser, classifier, déterminer les principaux facteurs de variation et les corrélations, des relations de cause à effets... … Ces outils statistiques peuvent aussi servir de première base de travail pour l’IA (ex : pour créer un arbre de décision).

Définition de l'IA - intelligence artificielle

Il y a de multiples définitions de l'IA, selon Wikipedia, c’est « l'ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence ».  Certains illuminés diront que c’est une pensée magique hors de la compréhension humaine, que des mauvaises langues traduiront par un ensemble d’algorithmes et d’opérations que l’intelligence humaine ne peut pas comprendre. Nous ne sommes pas loin du transhumanisme ...

 

C'est John McCarthy qui l'a défini en premier en 1956, comme "the science and engineering of making intelligent machines". Grosso modo, John nous a sorti  une définition de ce qui est artificiel, c’est-à-dire une machine et non une définition de l'intelligence artificielle ;)

 

L'IA est le Canada Dry de l'intelligence humaine, cela ressemble à de l'intelligence humaine, mais ça n'en est pas vraiment.

Opposer l’IA de l’intelligence humaine uniquement par son caractère non humain est pour moi, beaucoup trop réducteur.

 

A titre personnel, je pense que c'est une erreur de réduire la définition de l'IA à une IH (intelligence humaine)  qui n'en est pas, car cela génère tous les biais, généralisations, anthropomorphismes erronés et en premier cela oppose IA à IH alors qu’elles peuvent être complémentaires.

 

D’autres définitions décrivent l’IA par ce qu’elle contient, des poupées russes, une grande intégrant des systèmes experts / de règles, une plus petite avec du machine learning (système apprenant par elle-même ses règles) puis du deep learning (lié aux réseaux neuronaux cf. ci-dessous).

L'intelligence selon Platon

On oublie sans doute de définir d'abord ce qu'est l'intelligence. 

 

Selon les Définitions de Platon, l’intelligence est l' «activité qui permet d’acquérir la science»

 

Selon Wikipedia, l'intelligence est l'ensemble des processus de pensée d'un être vivant qui lui permettent de comprendre, d'apprendre ou de s'adapter à des situations nouvelles. C'est une faculté d'adaptation (apprentissage pour s'adapter à l'environnement ou au contraire, faculté de modifier l'environnement pour l'adapter à ses propres besoins).

 

L'intelligence peut être également perçue comme la capacité à traiter l'information pour atteindre ses objectifs. Le terme est dérivé du latin intelligentĭa, « faculté de comprendre », dont le préfixe ĭnter- (« entre »), et le radical legĕre (« choisir, cueillir ») ou ligāre (« lier ») suggèrent essentiellement l'aptitude à lier des éléments entre eux, à faire preuve de logique, de raisonnement déductif et inductif. 

IA nécessite la faculté d'apprendre pour des êtres non vivants

Pour ma part, j’ai aussi ma petite définition de l'IA 

 

C’est la faculté d'apprendre à transformer des données complexes et variées en décisions simples et pertinentes… pour des êtres non-vivants.

 

Je préfère dire ici "faculté d'apprendre" que "faculté de s'adapter", on pourrait avoir un système qui s'adapte, mais qui n'apprend pas (pour pousser un peu le raisonnement, l'eau liquide s'adapte à toutes les formes, mais n'apprend pas ;)

IA : finalité externe (venant de l'homme mais pas que...) - IH - finalité interne

D’autre part, selon moi, les êtres vivants se caractérisent par le fait qu'ils aient une finalité (consciente ou non) (par exemple survivre et se perpétuer).

 

Aujourd’hui, la finalité d’une IA vient de l’extérieur et non de l’intérieur, c’est l’homme qui la lui donne, mais on pourrait imaginer qu’un animal voire une plante transmette sa finalité à une IA (se perpétuer) et qu’elle l’aide à se nourrir, à se perpétuer … (exemple d'expérience : confronter une IA à une souris dans un labyrinthe géré par cette IA via des portes coulissantes donnant accès à de la nourriture. La survie de l'IA serait directement dépendante de celle de la souris. On pourrait même introduire plusieurs souris...).

 

Je pousse encore plus loin, une IA pourrait même tirer sa finalité et apprendre d’un environnement extérieur non vivant (observation des vagues de la mer, des transformations d’une montagne au cours des saisons, cycle d'un écosystème )… La survie de l'IA pourrait dépendre de la pérennité de l'écosystème (équilibre de la température, du taux de CO2...). En revanche, il y a au départ une intelligence humaine qui indiquera à l’IA d'où elle devra tirer sa finalité et apprendre à partir d’autres êtres vivants, de l’observation de la Nature…

 

J'ai une vision aristotélicienne à ce sujet : notre téléologie / finalité est intrinsèque (le "telos" est un principe de développement immanent et interne à tout être naturel).

 

Une IA n’a pas besoin de finalité pour survivre à la différence des êtres humains en revanche et des autres êtres vivants. Est-ce à dire qu’un homme qui deviendrait immortel perdrait sa finalité …

 

Après, rien ne nous empêche de revenir à Platon et de croire à une téléologie/finalité extrinsèque qui proviendrait d'un démiurge (une des idées de Elon Musk qui pense très probable et préférable que nous fassions partie d'une simulation et donc notre finalité pourrait être extrinsèque et non intrinsèque), mais alors qu'est-ce qui nous différencierait alors encore d'une IA ...

 

Bon, je vais arrêter de spéculer sinon je vais vous perdre définitivement ! (même si les thuriféraires et pourfendeurs de l'IA devraient se replonger dans la philosophie, un des rares métiers qui restera longtemps l'apanage des êtres humains ;) 

IA perceptive et décisionnelle

Il y a aussi de nombreuses manières de classifier l'IA en fonction de sa finalité, de son fondement mathématique, de la taille de son spectre ....

 

Aujourd'hui, les principales applications massives de l'intelligence artificielle sont dans la perception de son environnement, les images, les vidéos, la reconnaissance vocale, d'écriture, de texte (text mining), mais ça pourrait s'appliquer aussi notamment avec l'Internet des Objets dans la perception de matériaux, d'aliments, d'odeurs... sur base de leur signature chimique, spectrale... 

 

Les applications concrètes de l'IA dans la prise de décision sont comparativement encore peu visibles (mais cela évolue très rapidement). Son impact sur nos vies quotidiennes sera nettement plus important que l'IA perceptive, c'est là où résident toutes nos peurs et tous nos fantasmes (cf. article sur les armes autonomes, décisions juridiques...) avec cette peur ultime d'être mis au rebut par une IA supérieure... 

 

Pour donner un exemple concret, un véhicule autonome utilisera l'IA perceptive pour visualiser les autres automobilistes, panneaux de signalisation, piétons ...C'est l'IA décisionnelle qui prendra la décision de freiner, de changer de voie et potentiellement de faire le choix de sauver la vie du conducteur ou de sauver la vie des deux enfants et trois mamies qui se trouvent face à lui.

IA décisionnelle et le paradoxe du véhicule autonome

Pour l'anecdote, j'ai vu une étude où on demandait aux personnes quelle devrait être la réaction d’une voiture autonome face à ce choix. La très grande majorité des personnes ont dit qu'il fallait que la voiture sauve les enfants et mamies, quand on leur a demandé juste après s'ils étaient prêts à acheter ce type de voiture, ils ont quasiment tous répondu non.

 

Cela nous amène à un énorme paradoxe, le véhicule autonome a priori devrait sauver un très grand nombre de vies humaines (rappelons, qu’il y a eu 3477 décès en 2016 en France en raison d’accidents de la route), mais en choisissant de ne pas protéger en premier lieu le conducteur, on n'achètera de véhicules autonomes et donc au final il y aura plus de personnes victimes d'accidents de la route, conducteurs, passagers, piétons ...

 

Cela a d'ailleurs certainement motivé Mercedes qui a indiqué qu'il protégerait en premier lieu le conducteur. Si cela vous dit, vous pouvez passer le test réalisé par le MIT, pour voir ce que vous feriez si vous étiez à la place de l'IA (privilégeriez-vous les personnes âgées, les enfants, les piétons, les passagers, les animaux ou vous-même ?)

 

Autre point, ce type de dilemmes insolubles sera à mon avis rarissime comparativement à tous les accidents que nous avons aujourd'hui, mais peut nous bloquer dans l'adoption de ce type de technologies. Il est certes essentiel de se poser ces questions. C'est à la fois une bonne chose de prendre un peu de temps, car cela nous donne plus de temps de les assimiler et de décider quelles sont les règles à appliquer. Néanmoins, à un moment il faut décider, car en restant bloqué trop longtemps sur ces sujets, c'est la vie de nombreuses personnes que nous mettons en péril. Le port de la ceinture, les limitations de vitesse ... ont permis de réduire les accidents (il y avait plus de 18000 tués sur les routes en 1972 soit 5 fois plus qu'aujourd'hui), le véhicule autonome le permettra aussi certainement.

Décryptage des réseaux neuronaux 

Aujourd'hui, nous parlons beaucoup des réseaux neuronaux qui simulent très grossièrement le réseau de neurones humains. En gros, si vous vous rappelez vos cours de mathématiques de Terminale, les réseaux neuronaux reproduisent la multiplication de matrices.

 

En gros, vous avez des matrices d'entrée (par exemple une image de chat décomposée en points avec une valeur RGB)  et des matrices intermédiaires (avec des coefficients pondérateurs) qui vont la réduire (en agrégeant et sommant plusieurs données avec ces coefficients) en une probabilité entre deux choix ce soit un chat ou ce n'est pas un chat.

Machine Learning (ML dans des réseaux neuronaux)

Le machine learning couvre toutes les techniques d'apprentissage automatique. Il ne couvre pas uniquement les réseaux neuronaux mais d'autres types d'IA comme les resaeau xbayésiens, les algorithmes génétiques...

 

Ici, je ne couvrirai que le machine learning pour les réseaux neuronaux.

 

Au début, les réseaux neuronaux étaient créés manuellement, et l'apprentissage était réalisé par l'homme qui transformait ces réseaux neuronaux. Le machine learning intégré dans les réseaux neuronaux consiste à ce que cette phase d'apprentissage soit automatisée.   

 

Pour réaliser du machine learning (sur des réseaux neuronaux), au départ, les coefficients dans les matrices/couches intermédiaires sont aléatoires. Le machine learning consiste à faire passer au crible une quantité d'images, par exemple avec un chat et d'autres sans à un réseau neuronal (donc des matrices ayant des coefficients aléatoires).

 

Au début, le résultat est complètement aléatoire. On peut alors comparer le résultat avec celui donné par des humains ayant qualifié auparavant ces images. Si le réseau neuronal qualifie bien l'image (au début c'est par pur hasard), un mécanisme de rétropropagation (backpropagation) qui va renforcer les "neurones" ou plus simplement les coefficients de la matrice en leur donnant plus de poids (par exemple un coefficient de 1 devient 1,5), inversement si le réseau neuronal considère que c'est un chat alors que ce n'en est pas un, il va réduire la valeur des coefficients. En faisant cela des millions de fois, on peut arriver à une matrice qui se stabilise sur des coefficients précis. La rétropropagation utilise une technique qui permet de modifier la matrice de chiffres afin de minimiser l'erreur (nommée la descente de gradient via des fonctions de dérivation partielles calculable. L'avantage de celles-ci est qu'elles sont calculables en un temps linéaire et non exponentiel). La backpropagation peut être encore optimisée en utilisant le SGD  (Descente de gradient stochastique)

 

Néanmoins, il peut arriver que le réseau neuronal ne se stabilise pas ou atteigne des minimas locaux (il y a une meilleure solution, mais le réseau neuronal se stabilise sur une moins bonne solution). Si certains se rappellent d'autres cours de maths, c'est le même problème que les techniques de résolution d'équations et la recherche d'optima.

 

Le machine learning signifie que le réseau neuronal possède ce mécanisme de rétropropagation, car les coefficients vont au fur et à mesure évoluer pour se stabiliser (c'est ce qu'on appelle de l'apprentissage !). 

Deep learning (DL)

Le deep learning (DL) est une technique utilisée dans le machine learning qui utilise plusieurs matrices ou couches qui vont "voir" différentes choses (cf. schéma), typiquement pour un chat cela pourra être la couleur, la forme, la position....

 

Le machine learning (avant le deep learning/DL) était initialement doté d'une seule couche, au départ c'était des hommes qui a la mano devaient créer ces matrices.

Dans le deep learning, les multiples couches cachées (nommées "features") présentent l'avantage est de réduire drastiquement le taux d'erreur (de reconnaissance par exemple d'images) par rapport au ML (les chats seront mieux reconnus avec de multiples couches qu'avec une seule).

 

En gros, une image va passer chaque filtre (couleur, forme...), avec une probabilité d’appartenir à la catégorie "chat", en combinant les différents filtres. A la fin on sera à même de dire si c'est un chat ou pas (avec une probabilité).

La vraie revolution et explosion du ML puis DL est liée aux technologies actuelles (notamment la parallélisation des calculs comme le montre l'exemple de Nvidia Cuda et la quantité de données accessibles) qui permettent  de créer automatiquement une couche (machine learning mono-couche) puis plusieurs et même des centaines de couches (deep learning).

 


De manière très schématique, c’est comme si vous aviez des tamis avec des formes différentes, des tailles différentes, seuls les objets passant l’ensemble des tamis seraient considérés comme exacts (modulo le fait qu'à la différence d'un tamis où ça passe ou pas, chaque tamis donne une probabilité de faire partie de la catégorie) . 

Chaque filtre correspond à une abstraction différente de l’image (couleur, forme…). En revanche, cette abstraction n'est pas en général intelligible pour un être humain. Avant le deep learning, il y avait un seul filtre qui devait être créé manuellement et transformait une image en chat, avec le deep learning, les filtres (ou abstractions) se créent automatiquement grâce à l’apprentissage et permettent d’être beaucoup plus précis dans la détermination de l’image.

 

Pour citer Olivier Ezratty  "le DL visuel de Google utilise 152 couches alors que l’Homme n’en utilise que 5 dans son cortex visuel. Il y a une divergence des méthodes entre l'Homme et le DL. L’Homme a un cortex visuel plat « large » et faiblement profond. Le DL de vision est plus profond que large. Par contre, l’explicabilité du DL est plus simple, en théorie, pour les réseaux récurrents et à mémoire, qui servent surtout au NLP (Natural Language Processing - reconnaissance vocale et traitement ), même si leur fonctionnement est très mal expliqué dans la littérature."

Différences spécifiques entre ML et DL

Curse of dimensionality ou fléau de la dimension

D'autre part, le deep learning pose un autre problème, nommé le "curse of dimenonsiality" ou fléau de la dimension, pour résumer plus vous augmentez le nombre de dimensions (ou de couches), plus les données sont dispersées et éloignées les unes des autres, et donc moins il est facile de leur trouver un lien.

 

Pour l'illustrer, un extrait de wikipedia

"Leo Breiman donne l'exemple de 100 observations couvrant l'intervalle unidimensionnel [0,1] dans les réels : il est possible de dresser un histogramme des résultats et d'en tirer des inférences. En revanche, dans l'espace correspondant à 10 dimensions [0,1]10, les 100 observations sont des points isolés dans un vaste espace vide, et ne permettent pas l'analyse statistique3. Pour réaliser dans [0,1]10 une couverture équivalente à celle des 100 points dans [0,1], il ne faut pas moins de 1020 observations – entreprise gigantesque et souvent impraticable.

 

Le fléau de la dimension est un obstacle majeur dans l'apprentissage automatique, qui revient souvent à tirer des inférences d'un nombre réduit d'expériences dans un espace de possibilités de dimension élevée. Il devient alors souvent nécessaire d'injecter des informations a priori de manière à contraindre le système d'apprentissage pour obtenir des inférences. Il doit être préparé au type d'information à extraire. On parle alors d'inférence bayésienne."

Quantité de données nettement supérieures pour le DL Vs ML

Le DL de par ses couches a besoin de plus de données pour entraîner que du ML (réseau neuronal à une seule couche).
 
Pour des données structurées, issues notamment des base de données structurées, d'IoT, de logs.. le ML suffit généralement alors que la classification d'images, de vidéos nécessitera du DL.

Merci à Olivier Ezratty

Je remercie beaucoup Olivier qui a lu ma première version d'article publiée et que j'ai corrigé grâce à ses retours (notamment distinction entre ML / DL, curse of dimensionality, DL visuel de l'homme et de Google). je vous conseille très fortement de lire son eBook sur l'IA (plus de 300 pages,que je vais de ce pas lire :)

Problèmes des réseaux neuronaux

Problème de la boîte noire

Le premier problème est que nous n'avons aucune idée pourquoi un réseau neuronal va considérer une image comme un chat ou pas, plus largement on ne sait expliquer pourquoi il fait tel ou tel choix sur base des données qu’il reçoit ... C'est une boîte noire ou plutôt une boîte remplie de matrices de chiffres qui n'ont pas de sens pour nous.

 

La Chine a décidé récemment d'utiliser des robots dotés d'IA pour désengorger ses tribunaux ses décisions judiciaires. Il a été aussi utilisé pour revoir des décisions de justice, la moitié ont été corrigées et 541 condamnations ont été commuées ...

 

Imaginez que l'on condamne une personne à 20 ans de prison, mais qu'on soit incapable de lui dire pourquoi, juste parce que c'est fondé sur une IA surentraînée fondée sur des réseaux neuronaux. C’est un peu gênant …

Dans le même registre, Poutine a indiqué que le pays que l’IA apporterait « des opportunités colossales et des menaces difficiles à prédire aujourd’hui et que celui qui en deviendra le leader sera celui qui dominera le monde.». Il prône aussi la guerre préventive en disant « Quand les drones d’un parti seront détruits par ceux d’un autre, celui-ci n’aura pas d’autres choix que de se rendre. », ce qui comme je l’ai dit dans un autre article présente un risque de surenchère impossible à maîtriser …

 

… ce qui a fait dire à Elon Musk que le danger de l’IA est plus grand qu’une bombe nucléaire provenant de la Corée du Nord et serait sans doute à l’origine de la troisième guerre mondiale. 

Explainable IA

C’est une des raisons pour lesquelles, je pense, que le « buzz » autour des réseaux neuronaux devrait fort diminuer d’ici un ou deux ans pour laisser la place à l’ « Explainable IA » avec d’autres technologies d’IA comme les réseaux bayésiens, les algorithmes génétiques...

 

Même si, je propose ci-dessous une technique pour expliquer les réseaux neuronaux (je ne suis sans doute pas le premier à y avoir pensé ;)

 

Quantité de données nécessaires et non-détection des premiers cas, cas exceptionnels, cygnes noirs

Aujourd’hui, la création de réseaux neuronaux nécessite une quantité phénoménale de données et un temps d'apprentissage long (qui se réduit drastiquement néanmoins).

 

Une raison majeure de l’expansion des réseaux neuronaux est l’accès à des très grandes bases de données associées à la possibilité de réaliser des calculs massivement en parallèle (ex : architecture CUDA utilisée par NVidia pour ses puces GPU à la différence de puces CPU qui ont une architecture centralisée).

Lorsque les données sont accessibles ou générables automatiquement, cela n’est pas gênant. Le nouvel AlphaGo a joué contre lui-même 4,9 millions de parties et en 5 jours avant de dépasser le précédent AlphaGo qui a battu le champion du monde de Go, Ke Jie.

 

Il a appris par lui-même (sans historique préalable ou d’aide humaine). 

Les cas où il y a très peu de données 

Dans des domaines comme la santé, cela veut dire transmettre une quantité d'informations énormes qu'on ne souhaite pas particulièrement transmettre.  Tous les cas exceptionnels comme les maladies orphelines ne pourront être traitées à ce jour par les réseaux neuronaux en raison du manque de données.

 

Les cygnes noirs (catastrophes climatiques, tremblements de terre inattendus, crises financières…) sont aussi très difficiles à prévoir. Un réseau neuronal n’aurait pas été entraîné pour les détecter comme ils ne sont jamais apparus auparavant et donc par définition ne pourra les prévoir.

 

Même si l’accès à de très nombreuses données devient de plus en plus facile (accéléré par l’IoT ;), il y a de nombreux cas où le jeu de données est très faible et où vous ne pouvez pas tester une multitude de situations automatiquement (comme l'a fait AlphaGo en jouant contre lui-même). Même si la robotique devrait permettre notamment dans la biologie, la génétique d'avoir accès à de plus en plus de données. Par exemple, Eligo Bioscience, fondé par Xavier Duportet n'utilise pas aujourd'hui l'IA pour développer des biothérapies programmables au monde pour le microbiome. Imaginez que vous utilisez des cobots (robots collaboratifs) pour réaliser des tests biologiques en intégrant de l'IA pour faire des plans d'expérience et identifier les biothérapies le plus adéquates... En revanche, vous ne construirez pas de réseau neuronal sur base de tests cliniques avec des patients humains ! 

 

Dans d'autres domaines, une négociation commerciale en gré à gré (hors transactions standardisées), comprendre les réactions et les émotions de quelqu’un, savoir ce qui est juste ou non (différent de ce qui est légal ou pas qui est codifié et relatif en fonction des cultures, histoires de chacun…) sont autant de domaines qui ne permettent un test massif de données.

 

Ce problème pourrait être partiellement résolu si l'on trouve des solutions pour réduire drastiquement le besoin de données (un des axes majeurs de recherche de Yann Le Cun de Facebook) pour créer des réseaux neuronaux, d’autre part il y a d’autres systèmes comme les réseaux bayésiens, les réseaux multi-agents ... qui alimentent l’IA et nécessitent beaucoup moins de données.

 

Néanmoins, pour faire une analogie quantique (on en revient toujours au chat ... de Schrödinger), un des challenges de l'IA est que le test d'une hypothèse peut nous empêcher de la retester dans les mêmes conditions ou comme dirait Coco Chanel "Vous n'aurez pas deux fois l'occasion de faire une première bonne impression".

 

Enfin, s'il résout déjà les problèmes concernant un grand nombre de personnes où les données sont nombreuses, cela est déjà utile !

Règles claires nécessaires - des échecs à Starcraft

Echecs

Les réseaux neuronaux ont fortement évolué. Deep Blue a su battre Gary Kasparov aux échecs en 1997 qui est un jeu qui présentent un nombre élevé de possibilités mais accessible à l’époque (1,5^118 combinaisons – 30 possibilités de mouvement par joueur en moyenne et 40 coups par joueur) selon le mathématicien Claude Shannon.

 

En revanche ce n’était pas de l’IA mais de la « force brute», le super ordinateur calculait de 6 à 20 coups à l’avance  ce qui lui a permis de prendre le dessus sur Kasparov.

Go

Le go se joue sur un Goban de 19x19 (soit 361 cases au total), il est possible de jouer 361 combinaisons, soit 1,4 x 10^768 coups soit beaucoup plus que les échecs. Aujourd’hui, un ordinateur ne pourrait traiter l’ensemble des combinaisons.

 

AlphaGo développé par Deepmind (racheté par Google) utilise des techniques d’apprentissage supervisé (en intégrant des parties historiques, des conseils d’humains, et la méthode statistique de Monte-Carlo) et par renforcement (en jouant contre lui-même). En mars 2016, il bat Lee Sedol, un des meilleurs joueurs mondiaux (9e dan professionnel), le 27 mai 2017, il bat le champion du monde Ke Jie.

 

En octobre 2017, DeepMind dévoile AlphaGo Zero fondé sur une architecture simplifiée et n’utilisant plus ni la méthode de Monte-Carlo, ni des connaissances humaines. Il bat AlphaGo 100 à 0 après 21 jours à jouer contre lui-même.

 

Néanmoins, le jeu de Go et des échecs sont des jeux déterminés à informations complètes et parfaites (tous les joueurs disposent à tout moment des mêmes informations pour effectuer leurs choix, chaque joueur joue à tour de rôle (imparfaites si les joueurs jouent en même temps ce qui crée une incertitude).

Les différents types de jeu en fonction de la combinatoire, hasard, informations accessibles

Il y a une classification des jeux selon qu'il y ait un aspect combinatoire (joueur peut choisir parmi plusieurs options), le hasard et l'information.

 

Un jeu où un joueur n’a pas accès à la totalité des informations est un jeu à informations incomplètes. Un jeu intégrant du hasard est un jeu mixte (au lieu d'un jeu  déterminé).

 

"Les lignes A et B correspondent aux jeux où le hasard n'intervient pas, ces jeux déterminés peuvent être à information complète ou non. Les lignes C et D correspondent aux jeux mixtes où le hasard est associé à l'aspect purement combinatoire des jeux déterminés. Les lignes E et F n'ont pas de sens pratique dans le domaine des jeux. Les lignes G et H correspondent aux jeux de pur hasard.
01 - Les jeux déterminés à information complète (dames, échecs, jeu de go)
02 - Les jeux déterminés à information incomplète (Attaque, bataille navale)
03 - Les jeux mixtes à information complète (Backgammon, Pachisi)
04 - Les jeux mixtes à information incomplète (Poker, Rami, Tantalus, mah-jong)
05 - Les jeux de pur hasard (jeu de l'oie, serpents et échelles)"   

Michel Boutin, Le Livre des jeux de pions 

 

Tout l’enjeu ( ;), maintenant est de qu’une IA soit capable de battre des humains sur des jeux mixtes à informations incomplètes … par exemple le Poker.

Poker

Ca ne s’est pas fait attendre puisqu’une IA (Libratus développé par une équipe de l’Université Carnegie Mellon) en janvier 2017 a fait face à quatre des meilleurs joueurs professionnels de Poker en No-Limit Hold’em, en terminant gagnante de 1,76 million de dollars (virtuels) et a renouvelé l’expérience.  Pour réduire le facteur chance (et tester l'IA), deux règles ont été ajoutées : Les mains fonctionnaient en miroir, il n'y avait pas de tapis avant la fin.

 

D’autre part, la puissance de calcul nécessaire n’a pas coûté plus de 20 000 $.

Equilibre de Nash

Néanmoins, l'IA a un avantage car si elle n’a pas d’instinct, elle a appliqué une stratégie parfaite fondée sur l'équilibre de Nash (fameux mathématicien), qui a été vulgarisée dans le film "Un Homme d'exception" avec Russell Crowe.

 

"Pour tous les jeux dans lesquels le nombre de situations est fini, il existe un Équilibre de Nash."

 

L’équilibre de Nash est une stratégie qui garantit au joueur qui l’utilise, au minimum, de ne pas faire moins bien qu’un joueur utilisant toute autre stratégie.

Pour faire simple : en utilisant la stratégie de l’équilibre de Nash, vous ne pouvez perdre contre aucun joueur à long terme. L’existence de ces équilibres a été prouvée par John Nash en 1950, ce qui lui a permis d'obtenir le prix Nobel d’économie.

 

Cela signifie qu'en adoptant une stratégie parfaite dans le poker en appliquant l’équilibre de Nash, à long terme, ni l’instinct, ni les tells, ni l’intuition n’importent, ce que l'IA prouve ici. L'IA n'a donc aucun mérite ;)

 

Cela pose d'ailleurs un problème pour le poker en ligne qui doit évoluer car il est très difficile de distinguer un humain d'une IA.

Starcraft

Quelle est la prochaine étape ?

 

AlphaGo s’attelle à devenir le meilleur joueur à Starcraft II (jeu vidéo massivement multijoueurs) en tenant compte néanmoins des limites humaines (40 actions par minute maximum). Deepmind a réalisé un accord avec Blizzard pour lui permettre (via des API) à s’entraîner dessus.

 

La problématique pour DeepMind est de gérer une multiplicité d’objectifs annexes pour gagner (premier objectif) comme collecter des minéraux, la construction et l'évolution des infrastructures et des armes…  alors qu’il y a plus de 300 actions de base possibles dans StarCraft II. Un premier challenge a été réalisé, Song, parmi les meilleurs mondiaux à Starcraft a gagné 4 à 0 en moins de 27 minutes contre quatre IA... 

 

Quelques commentaires de sa part

"We professional gamers initiate combat only when we stand a chance of victory with our army and unit control skills. In contrast, the bots tried to keep their units alive without making any bold decisions." (In StarCraft, players have to destroy all of their competitors’ resources by scouting and patrolling opponents’ territory and implementing battle strategies.)
Song did find the bots impressive on some level. “The way they managed their units when they defended against my attacks was stunning at some points,” he said.

Les jeux de pur hasard : les seuls jeux où l'homme saura rester victorieux à 50/50 avec l'IA

Il reste heureusement des jeux ou l’IA ne pourra jamais battre les humains systématiquement … les jeux de pur hasard. La bataille et le jeu de l’oie seront-ils nos planches de salut ;)

 

 

 

IA face à des règles et des objectifs changeants, peu clairs, contradictoires ?

Pour tous ces jeux y compris Starcraft II, même si les moyens et sous-objectifs pour gagner sont extrêmement variés, il y a des règles du jeu claires avec un objectif final de gagner.

 

Qu'en est-il si les règles ne sont pas claires, varient avec le temps, les acteurs, que les objectifs sont variés, contradictoires ... est-ce que l'IA sera aussi bonne ?

 

Les réseaux neuronaux et la plupart des autres types d’IA ont besoin de règles strictes, d’un objectif clair à atteindre avec des données car l’IA apprend par rapport à cet objectif et doit calculer un écart entre ce qu’il a trouvé et l’objectif visé. Si cet objectif varie, n’est pas clairement défini, il est très difficile à l’IA de calculer un écart à réduire et donc d’apprendre.

 

Cela prendra encore un peu de temps pour l’IA de maîtriser des situations où il y a de nombreux objectifs à atteindre sans priorité claire entre elles, où les règles changent en cours de route ainsi que les objectifs.

 

Ces situations sont très nombreuses, réussir un partenariat commercial ou une négociation salariale en tenant compte des objectifs de l’entreprise, des objectifs des acteurs individuels qui peuvent être contradictoires (ex : chiffre d’affaires versus impact sur l’environnement, sur les salariés, impact à court terme versus long terme).

 

Faire plaisir à quelqu’un sur le long terme est d’une extraordinaire complexité pour une IA au-delà des cadeaux simples en fonction des goûts, de la culture, des valeurs, des liens que vous avez avec cette personne… Si une IA croit qu’en donnant le même cadeau à tous les anniversaires et fêtes, il fera plaisir, il se met le doigt dans l’œil ! On pourrait en faire un nouveau test de Turing, le "Gift Test" (ça sonne mieux en anglais ;) ! On mesurerait la capacité d'une IA à faire plaisir à une personne en lui faisant un cadeau. 

 

Enfin, aujourd’hui, l’IA ne choisit pas les sujets sur lesquels il va s’améliorer, c’est l’homme qui le décide et qui le programme en conséquence (on en revient à la question de finalité que j'évoque avant).

 

L’IA n’est pas encore au stade de se programmer elle-même pour s’attaquer à un nouveau problème qui sort de son champ ( mais ça viendra… impatient de rencontrer la première IA philosophe).

Manque de priorisation et de bon sens de l'IA

Aujourd’hui, les réseaux neuronaux ne voient pas en perspective mais à plat. Ils ne priorisent pas les données par elles-mêmes, au départ, chaque donnée unitaire a autant de valeur qu’une autre.

 

L’apprentissage / machine learning va donner du poids aux différentes valeurs en fonction d’un objectif.

 

Pour les humains, l’univers des données est vallonné voire montagneux et non un océan plat de données, nous accorderons beaucoup de valeur à des données venant de certaines personnes, même si elles sont rares (ex : ces paroles que nos parents, grands-parents.. nous disent une fois et dont on se souviendra toujours et qui peuvent marquer notre vie). L’IA moyennise, pas l’intelligence humaine (sauf si un humain dit à une IA qu’il faut pondérer certaines données en fonction de la source.) l’IA n’a pas de jugement propre, elle lui est externe (aujourd’hui en tout cas …).

L’IA n’a pas de bon sens. C’est d’ailleurs un risque important car en croyant en son infaillibilité répétée, nous pourrions être victimes d’erreurs flagrantes.

 

Un exemple amusant est de tracer une ligne mixte (continue et discontinue)  en cercle, cela attirerait des véhicules autonomes comme un pot de miel dans le cercle mais elles seraient incapables d'en sortir ;). Dans le quotidien, il y a un exemple concret lorsqu'il y a un obstacle infranchissable sur notre voie (par exemple un véhicule en panne) et que la route est délimitée par une ligne continue. A un moment, il y a de fortes chances que nous transgressions la règle de la ligne continue ;) Nous pourrions intégrer dans l'IA qu'elle peut transgresser des règles mais c'est ouvrir la boîte de Pandore ...

Biais de confirmation  - Ex : Recrutement par des Startups RH intégrant de l’IA

Ce manque de priorisation favorise paradoxalement le biais de confirmation.

 

L’ IA est par essence biaisée par les données qui la nourrissent. Pour donner un exemple concret, si votre entreprise a l'habitude de recruter des hommes blancs de moins de 30 ans ayant fait une école de commerce et que vous nourrissez votre intelligence artificielle de ces éléments, il n'y a quasiment aucune chance pour que vous recrutiez une femme de plus de 30 ans ayant fait des études littéraires alors qu'elle correspondrait potentiellement beaucoup mieux à ce dont vous avez besoin. 

 

C'est la raison pour laquelle il faut être extrêmement attentif aux start-ups qui intègrent de l'intelligence artificielle pour vous aider à recruter, car potentiellement cela pourrait favoriser un biais de confirmation et réduire vos chances d'augmenter la diversité dans vos équipes. En plus, vous seriez incapable de justifier le choix de l’IA. On appelle ça aussi le GIGO … Garbage In Garbage Out.

Faillible/hackable via de l'Adversarial AI

Un autre problème est que les réseaux neuronaux sont faillibles, il est très facile de les tromper et de les hacker comme le montrent quelques exemples ci-dessous.

 

Pour vous donner un exemple de risque potentiel, on pourrait imaginer que quelques panneaux de signalisation soient légèrement modifiés avec un filtre en plastique transparent invisible pour le commun de mortels, mais qui tromperait tous les véhicules autonomes. Cela pourrait être à l’origine d’une multitude d’accidents.

 

En plus comme ils agissent comme des boîtes noires il est quasi impossible de les déboguer comme un programme informatique traditionnel. De manière plus pernicieuse, on pourrait entraîner un réseau neuronal avec un lot de données correctes, mais en intégrant des exceptions qui pourraient servir de backdoor.

 

Les risques des réseaux neuronaux open-source en raison des backdoors inauditables

 

Prenons un exemple concret, imaginons que nous utilisions des réseaux neuronaux pour identifier des menaces de cyberattaque, vous présenterez d'un côté des exemples de cyberattaques et de l'autre des exemples qui ne seraient pas des cyberattaques pour entraîner le réseau neuronal à les distinguer. 

 

Le problème est que si une personne / organisation malveillante ou qui veut se ménager une backdoor a introduit des exemples de cyberattaques durant la phase d'apprentissage en les faisant passer pour des actions normales, il sera quasi impossible de pouvoir le déterminer et celui qui a entraîné le réseau neuronal aura une backdoor pour infecter un système en dissimulant sa cyberattaque, car elle ne serait pas détectée par l'intelligence artificielle.

 

Cela signifie aussi que l’utilisation de réseaux neuronaux open source peut présenter un risque de contamination, car vous ne saurez pas avec quoi il a été entraîné et  s’il cache des backdoors.

 

Dans le domaine des spams, c’est une technique nommée "poisoning" qui peut être utilisée a posteriori car une IA va continuer à apprendre sur base des attaques reçues. Si des mails sont envoyés avec des caractéristiques qui le font passer pour un non-spam ou inversement alors que c’est l’inverse, il peut contaminer l’apprentissage et cela crée une porte d’entrée. Ces techniques fonctionnent avec toutes les IA (qui apprennent). Dans le cas des spams, on utilise en général des réseaux bayésiens. Le problème des réseaux neuronaux est qu’ils sont très difficiles à auditer.. 

Des solutions pour expliquer les réseaux neuronaux et accélérer l'apprentissage 

Rendre explicable un réseau neuronal - Mission impossible ... Peut-être pas !

Les réseaux neuronaux sont très bien adaptés lorsqu'on a une très grande quantité de données et que les informations déduites par cette intelligence artificielle sont facilement vérifiables par un être humain (comme en cryptographie avec des clés publiques / privées où il est très long à déchiffrer un code si l'on n’a pas la clé et très rapide si l'on a la clé. Dans cette analogie, la clé est l’explication rationnelle de la décision )

 

En revanche, ils ne sont pas du tout adaptés lorsque nous devons utiliser ces données pour prendre une décision majeure et que le résultat est difficile à vérifier par l'être humain.

 

Pour faire face à ce problème, il y a plusieurs solutions (en dehors d’utiliser des « Explainable AI »).

 

La première approche est de les tester via les programmes type bug Bounty (des hackers "white hat" testent sous toutes les coutures l'intelligence artificielle).

 

Mais on peut aussi utiliser l’IA pour tester l’IA, c’est un champ nommé Adversarial AI, qui a pour objectif notamment de trouver les failles de cette IA et de l’améliorer. On crée alors des Generative Adversarial Networks (GANs),  qui vont créer un nombre innombrable de simulations qui seront testées par le premier réseau neuronal.

 

Cela signifie néanmoins que le Generative Adversarial Networks soit à même de classifier de la bonne manière pour que son résultat puisse être comparé à celui du réseau neuronal initial. C’est la technique utilisée par AlphaGo en jouant contre soi-même.

Démarche avec l'Adversarial AI / IA

On peut utiliser aussi le GAN (Generative Adversarial Networks) pour expliquer un réseau neuronal.

 

Cette technique permet d’entr’ouvrir la boîte noire en réalisant de la rétro-ingénierie.

 

La technique est d’intercaler une phase explicative entre la phase d'apprentissage et la phase d'exécution.

 

Pour cela, il faut partir d’une base classifiée par multi-critères, par exemple on va avoir une base qui sera classifiée selon des critères permettant de classifier si c’est un chat ou non, pour tenir compte des exceptions, on peut pour chaque critère donner une probabilité et utiliser des critères excluant la possibilité que c'est un chat.

 

Exemple :

-       Critère 1 – a des poils ou pas (Si non : 90% de chances de ne pas être un chat)

-       Critère 2 – est de couleur rose, bleue,… ( Si oui, 95% de chances de ne pas être un chat)

-       Critère 3 – a une laisse ( Si oui, 80% de chances de ne pas être un chat)

 

Pour chaque branche, on a au moins un exemple d’image mais idéalement il en faudrait des milliers au minimum.

 

On fait passer chaque image dans le réseau neuronal, et cela nous permet de savoir quels critères sont utilisés par le réseau neuronal avec un niveau de probabilité. Si les critères sont divisés à 50% environ, cela signifie que ce n’est pas un critère utilisé par le réseau neuronal et on peut élaguer. 

Utilisation Random Forest comme input d'un réseau neuronal pour le rendre explicable

On a ainsi construit l’arbre de décision du réseau neuronal avec des critères qui ont du sens pour les humains.

 

Ayant une base classifiée, nous pouvons aussi un cran plus loin et apprendre au réseau neuronal sur base de ses erreurs et le retester avec une nouvelle base classifiée… 

 

On peut même combiner cette méthode avec la technique des random forest (ou forêt d'arbres décisionnels), qui va créer un très grand nombre d'arbres décisionnels de manière aléatoire. Pour chaque feuille de l'arbre, il faut néanmoins avoir des images (ou une matrice de données) entrante dans le réseau neuronal. 

 

En passant à travers le réseau neuronal on pourrait calculer l'écart entre un arbre (qui symboliserai les règles implicites du réseau neuronal) et le résultat du réseau neuronal. L'arbre se rapprochant le plus des outputs du réseau neuronal serait la meilleure représentation de réseau neuronal.

 

On peut même imaginer un système d'apprentissage par backpropagation, où de nouveau random forest seraient créés sur base des écarts entre la vague précédente de random forest et les résultats de réseaux neuronaux (ainsi que des écarts entre arbres).

 

Génération automatique de données via les réseaux neuronaux

Avec le GAN, la création d’images pourrait être issue directement de la classification. Les couches cachées de notre réseau neuronal (par exemple, la forme, la couleur, la taille relative entre les membres de son corps…) pourraient d’ailleurs coïncider avec un nœud sur l’arbre décisionnel.

 

Le GAN créerait alors des images « chimériques » ou « coquecigrue » par exemple en décomposant une image existante, la transformant, la détourant, cachant des parties (oreilles, pattes, face…) en caractérisant chaque image.

 

Il est déjà possible de faire ce type de test comme le montre le site Pix2Pix qui crée une image de chat à partir d’un dessin à la main (le dessin n'est pas mon fort ;).

Vous pourriez encore plus facilement créer cet arbre sur le plan décisionnel avec des données structurées, par exemple si vous utilisez un réseau neuronal pour scorer des dossiers de crédits.

 

a.    Vous pouvez prendre un dossier et vous faites varier (en utilisant un GAN par exemple) une multitude d’informations, ex : Banque, prénom, âge, ville …

b.    En fonction des variations des décisions de crédit données par le réseau neuronal initial, vous pouvez reconstituer un arbre de décision (pas nécessairement exhaustif, mais avec l’IA vous avez la possibilité de prévoir beaucoup de cas).

c.     Cela vous permet aussi de calculer des effets de seuil, de basculement et de vérifier les biais (ex : sur le prénom ou nom, l’adresse…).

 

Dans le cas où le pourcentage de chaque option correspond de manière significative sur le plan statistique à l'équiprobabilité  (donc s'il y a deux options, à 50% +/- marge d'erreur liée à la taille de la population testée), cela signifie que cette branche n'est pas un critère et peut être éliminé de l'arbre de décision.

 

La limite néanmoins est que les règles que vous allez tester sont une approximation des règles dans le réseau neuronal. Si le réseau neuronal utilise les trois premières lettres d’un prénom, pour faire un calcul de scoring et que vous ne le testez pas, vous ne pourrez pas le décrire dans les règles. D’autre part, vous n’allez pas tester a priori des critères qui n’ont aucun sens pour vous (ex : la 3ème lettre du prénom, le numéro de l’adresse et le 4ème chiffre du code postal)

Accelérer le processus d'apprentissage en vectoriser les réseaux neuronaux 

Je propose aussi une autre démarche (c’est hardi, il y a de fortes chances que quelqu’un y ait déjà pensé depuis des lustres mais ne sait-on jamais). Je serai heureux d’avoir le retour de celles et ceux qui connaissent les réseaux neuronaux.

 

Aujourd’hui, le réseau de neurones entrant (image d’un chat par exemple) est une image matricielle comme une image bitmap décomposée en pixels RGB (Red Green Blue). C’est une image qui pèse bien plus lourd (à l’image des Bitmap) que d’autres images jpg qui utilisent notamment des algorithmes pour compresser l’image (avec perte pour jpg).

 

L’objectif est de transformer cette image composée de points en image vectorielle. L’image vectorielle est composée d'objets géométriques individuels, des primitives géométriques (segments de droite, arcs de cercle, courbes de Béziers, polygones, etc.).  Chaque point dans une image est calculé par des fonctions de manière continue et non discrète. Ainsi  la qualité de l’image n’est pas affectée si l'on agrandit une image à la différence d’une image fondée sur des pixels.

Exemple en transformant une courbe (sinus) en fonction (développement limité)

Imaginons pour simplifier que j’ai une image représentant une partie de courbe sinusoïdale soit la fonction y=sin(x). On peut la représenter par une courbe (x entre -1,4 et 1,3) dans une matrice 28*28 points.

 

Comme toute fonction, il est possible d’en réaliser un développement limité qui transforme une fonction quelconque en une fonction polynomiale (du type y= a+bx+cx^2+dx^3+…)  qui approxime la fonction au voisinage d’une valeur, ici 0.

 

Les développements limités sont d’ailleurs utilisés par les calculatrices depuis la nuit des temps car ils sont beaucoup plus simples à calculer que la fonction elle-même.

 

Ici, le développement limité (dl) d’ordre n de sinus est de y=x-x^3/(2*3)+x^5/(2*3*4*5)-…(-1)^n*(X^(2n+1)/(2n+1)!  + ε ( sachant que ε = epsilon, valeur négligeable = x^n * ε(x))

soit pour un dl d'ordre 3 de la fonction sinus au voisinage de 0 : y= x- x^3/(2*3) + ε

 

Avec cette solution on passe d’une matrice de 784 points à une matrice de 4 points (les facteurs de x).

 

Je fais ici bien sûr quelques raccourcis car d’une part, il y a des calculs à réaliser pour utiliser cette matrice de 4 points (élever chaque chiffre à une puissance de x) et toutes les images ne sont pas facilement vectorisables et leur poids peut être supérieur à celui de l’image initiale non vectorisée en fonction de la complexité de l'image (son entropie de Shannon).

 

L'intérêt de réduire la taille de cette matrice est d’accélérer les calculs et aussi de créer de nouvelles structures de réseaux neuronaux.


D'une matrice de 784 points à une matrice de 4 points ;)

Vectorisation d'une image

Dans l’exemple ci-dessous, je suis parti d’une image jpg que j’ai vectorisée (sous format SVG). La qualité est moins bonne, et le poids beaucoup plus élevé (10 fois – 1,5 MB). Néanmoins, si l'on réduit la qualité et on le met en deux couleurs, la taille est de 40k (et si l"on agrandit cette image, on ne perd plus en qualité). 

 

On pourrait utiliser des traitements pour simplifier l’image de départ afin de réduire le nombre de points. D’autre part, si l'on part d’une image vectorielle, le poids est bien inférieur à une image bitmap voire jpg (en fonction de la complexité de l’image et de sa représentation sous forme de formules).

Image Initiale en JPG (133ko)


Pour des données qui ne constituent pas des images, on peut utiliser d’autres formules mathématiques qui peuvent être similaires à celles utilisées pour compresser des données (Zip, RAR...).

 

Plus l'entropie de Shannon d'une matrice de données est faible (moins les données sont aléatoires), plus la taille de la matrice de fonctions sera réduite (comme la matrice 4*1 correspondant au développement limité du sinus) et donc plus li est intéressant d'utiliser cette méthode plutôt que la matrice originelle.

Image en SVG (1,5 MB) 

 et en 2 couleurs - 40 Ko


Conclusion

Les réseaux neuronaux existent depuis belle lurette, mais la puissance de calcul et la parallélisation massive des ordinateurs et la disponibilité de nombreuses données ont permis l'explosion de ces usages (qui a aussi permis le développement du deep learning).

 

Dans des domaines comme la perception (reconnaissance vocale, d'images...) ou pour donner des "insights" non explicatifs (ex: pour signaler qu'il y a des anomalies mais sans pouvoir expliquer lesquelles, analysées dans un second temps par une intelligence humaine ou un autre type d'IA), les réseaux neuronaux sont extrêmement puissants dès lorsque le nombre de données sont massives. 

 

Néanmoins il est essentiel de ne pas oublier leurs failles et faiblesses (quantité de données nécessaires, inexplicablité intrinsèque, faillibilité avec l'existence potentielle de backdoors indétectables, biais de confirmation ...).

 

La combinaison de plusieurs IA (dans l'Adverserial IA) pour tester une autre IA ou comme je le proposais pour créer un arbre de décision sont des possibilités qu'ils offrent pour réduire ces problèmes. 

 

Enfin, il faut toujours garder un esprit critqiue dans l'utilisation des IA car comme pour le GPS, si l'on se repose trop dessus, on en perd le sens de l'orientation au risque de se perdre définitivement ...

 

Dimitri Carbonnelle 

Livosphere - Agence Conseil en IoT / Internet des Objets, Intelligence artificielle et nouvelles technologies 

Conférence sur l'IA intelligence artificielle (Qu'est ce l'IA ?, GAFA, education, travail, IA depassant l'homme)

J'ai été ravi d'intervenir à une conférence sur l'IA , intelligence artificielle avec Florence Guthfreund Roland (avocate) et Patrice Slupowski en présence d'André Santini, maire d'Issy-les-Moulineaux.

 

Nous avons abordé beaucoup de thèmes différents :

 

 

 

  • Qu'est ce que l'intelligence artificielle et ses risques (IA boîte noire avec les réseaux neuronaux versus IA explicative avec les réseaux bayésiens)
  • le rôle des GAFAM (pourquoi ils investissent autant, l'implant des puces avec Neuralink par Elon Musk)
  • les risques et les impacts de l'IA sur l'emploi et l'éducation (développer la curiosité, IA n'est pas infaillible)
  • Proposition concrète : #1HumanPoint : ajouter un bonus d'un point sur les notes sur 20 pour les élèves ayant fait particulièrement preuve de créativité, d'inventivité

 

Définition sur l'intelligence artificielle (16m04)

  • Différents types d' IA (perceptive et décisionnelle)
  • Problème de l'IA boîte noire des réseaux neuronaux (ex: pour les décisions judiciaires ou les recrutements qu'on ne pourrait expliquer), et les IA explicatives (réseaux bayésiens...)
  • Différents horizons entre IA fortes dépassant l'homme (1 à 2 générations) et IA faibles, spécifiques aujourd'hui

 


L'emprise des GAFAM sur l'IA et les risques éthiques (36m14)

  • Pourquoi les GAFAM investissent-ils tant dans l'IA et la raison de la gratuité de beaucoup de solutions IA
  • Les risques de rejet massif en cas de trop forte emprise
  • Position sur Neuralink d'Elon Musk (implants de chips d'IA dans le cerveau) (avec un exemple des malades d'Alzheimer "augmentés")

Les risques de domination de l'IA sur les hommes (51m19)

  • Impact de l'IA sur les différents emplois avant que l'IA domine l'homme
  • Antécédent : Réaction US face à l'arrivée des tracteurs pour les agriculteurs au début du XXe siècle
  • Pour l'école : Apprendre à apprendre, travailler avec l'IA et les robots 
  • Garder un esprit critique car l'IA est faillible
  • Cultiver la créativité, la curiosité, avec une proposition concrète :
  • #1humanPoint - Ajouter un point de bonus pour les élèves ayant fait particulièrement preuve de créativité, inventivité

Questions / réponses de la salle :

  • Création d'un "GAFA" en Europe
  • Qu'est-ce qui empêcherait le moteur de recherche Qwant de rivaliser avec Google ?
  • Est-ce que la France, l'Europe peut encore gagner face aux GAFA, aux USA ?
  • Sécurité des IoT, IA avec les problèmes de résilience en cas de pannes... notamment en cas de catastrophes naturelles
  • Dangers des armes autonomes et des robots tueurs
  • Taxe sur les robots

J'ai écrit ausi un article sur le futur de l'éducation et du travail face à l'IA et les robots, si vous êtes intéressés :

http://bit.ly/livo_IA

 

Dimitri Carbonnelle Fondateur de Livosphere

Agence Conseil en Nouvelles technologies IoT, IA ...

 

 

#1HumanPoint - Le futur de l'éducation et du travail face à l'IA et aux robots

Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère, après avoir démultiplié notre force physique grâce aux moteurs thermiques, électriques, nous avons la capacité de démultiplier notre force intellectuelle avec l'intelligence artificielle associée pot aux robots.

 

Cela bouleversera profondément notre manière de travailler, de vivre et aussi d'éduquer. A l'image des luddites, il serait vain et contre-productif d'interdire IA et robots. Il faut que nous apprenions à les comprendre, à prendre appui sur eux mais aussi à les critiquer, y faire face en gardant et en cultivant nos différences tout en apprenant ne pas se reposer systématiquement

 

Il y a en particulier une proposition que je souhaite mettre en avant pour favoriser nos différences en particulier la créativité :

  •  ajouter un bonus d'un point sur une note sur 20 pour les enfants interrogés qui ont démontré une démarche, un esprit particulièrement inventif audacieux créatif.

En plus de favoriser la créativité, cela favorisera le goût de l'effort pour tous les enfants qui ne se contentent pas de ce qu'on leur apprend mais qui veulent aller plus loin. C'est un premier vers l'esprit d'entreprendre, oser prendre des risques.

 

Aussi, c'est un signe fort pour montrer que nous les femmes et les hommes sommes capables d'avoir 21 sur 20 ce qui restera inaccessible pour l'intelligence artificielle très longtemps, espérons jamais.

 

 

Pour paraphraser une phrase très connue c'est un petit point pour les enfants aujourd'hui, ce sera un Grand Point pour l'Humanité demain

Nous sommes faces à un monde de plus en plus complexe devant lequel nous sommes de plus en plus démunis

Aujourd'hui nous sommes confrontés à un monde de plus en plus chaotique, incertain où les catastrophes climatiques se succèdent aux menaces terroristes, où les mouvements de population deviennent de plus en plus difficiles à contenir face aux inégalités criantes, où les ressources se raréfient dramatiquement alors que les besoins explosent et que nous sommes de moins en moins d'actifs à pouvoir y répondre.

 

Il n'y a pas de solutions complètes à tous ces problèmes qui nécessitent des changements massifs de comportements, d'habitudes, nous demandent de revoir nos modes de pensées et vont bouleverser nos civilisations.

 

Face à la complexité, à la nécessité de pouvoir répondre en temps réel, l'être humain est souvent démuni car il ne peut traiter toutes ces informations en tenant compte de tous les impacts potentiels.

 

L'intelligence artificielle, sans être une panacée, peut apporter des réponses car elle a cette capacité. Les robots peuvent eux aussi pallier au manque cruel de bras que nous avons, sachant qu'il n'aura plus que 2 actifs (20-65 ans) pour un senior (>65 ans) à partir de 2040 au lieu de 4 dans les année 1990

L'intérêt de l'IA dans nos sociétés

Les applications de l'IA sont extrêmement nombreuses et pour donner quelques exemples peuvent fortement réduire la mortalité en réduisant le nombre d'accidents mortels grâce au véhicule autonome ou de malades et de décès de dus au cancer grâce à un diagnostic précoce qu'un médecin serait incapable de réaliser seul.

 

Les robots peuvent dans les pays occidentaux réduire la désindustrialisation voire même permettre une réindustrialisation partielle (très difficile de connaître la balance positive ou négative à ce sujet) car une main d'oeuvre peu qualifiée située dans des pays en voie de développement peut être remplacée par des robots pilotés par des hommes situés dans les pays consommateurs.

Le coût de la main d'oeuvre devenant moins important dans le coût total de production alors qu'une relocalisation près des lieux de consommation permet d'accroître la flexibilité, de réduire les fuites de technologies comme le fait Devialet avec ses usines françaises parmi les plus robotisées.

 

Enfin, les robots permettent aussi de réduire les tâches répétitives causant notamment des troubles musculo-squelettiques (TMS).

Les impact de l'IA sur l'emploi

Evidemment, tout n'est pas rose dans le monde de l'intelligence artificielle et des robots. Un des grands problèmes qu'ils soulèvent est le risque massif de perte d'emploi pour de nombreux salariés.

 

Les trois domaines qui risquent le plus de perdre des emplois sont liés à la vente de produits (en raison de distributeurs automatiques, de la réduction du nombre de magasins devenant des showrooms et remplacés par des sites Internet...), les emplois industriels et toutes les tâches administratives ( comptabilité, finance, support client de premier niveau...).

 

Il est très difficile d'évaluer la balance entre les emplois gagnés et perdus. Un très grand nombre d'emplois dont nous n'aurions jamais imaginé l'existence il y a 20 ans sont apparus. Nous avons vécu une situation similaire quand les tracteurs sont arrivés au début du siècle.

 

Aux États-Unis, c'est posé une vraie question sur tous les emplois perdus en raison des tracteurs. Les États-Unis ont alors décidé d'accroître l'âge de la scolarité obligatoire de 13 ans à 16 ans qui leur a permis de former des hommes et femmes pour les emplois de demain.

Impact principal IA, pas la destruction mais le bouleversement des emplois

Des études anticipent que seulement 10 % des emplois seront quasiment totalement automatisés et donc détruits par l'intelligence artificielle (ex: les comptables qui appliquent à la lettre les règles comptables sans apporter de conseil additionnel). 40 % des emplois seraient faiblement touchés par l'automatisation comme le métier d'infirmière en raison notamment du lien humain indispensable.

 

En revanche, 50% des emplois seront fortement automatisés de l'ordre de la moitié des tâches ce qui signifie que les métiers seront profondément modifiés mais que les emplois ne sont pas détruits si les personnes concernées s'adaptent à ce bouleversement. Cela signifie aussi qu'il y a une vraie nécessité d'apprendre à travailler avec les robots.

L'intelligence artificielle est multiple

Il y a parfois une vision simplifiée de l'intelligence artificielle assimile à une intelligence monolithique qui croit progressivement. Il serait donc facile que l'intelligence artificielle dépasse un jour ou l'autre l'homme grâce aux capacités de calcul qui croissent exponentiellement.Il serait donc facile pour l'intelligence artificielle de dépasser celle d'un homme.

 

C'est une vision complètement erronée de l'intelligence qui est réduite alors à un chiffre, le quotient intellectuel qui certes mesure une partie d'intelligence mais n'est pas représentative du toute l'intelligence d'un être humain ou d'une machine. L'intelligence est multiple que ça soit sur la perception, la compréhension, l'analyse des images, des sons, des émotions, les capacités de synthétiser de faire des analogies, la créativité ...

Aujourd'hui l'intelligence artificielle est surtout très bonne pour percevoir des images des sons, analyser des données dans un champ réduit. C'est une intelligence artificielle spécifique, l'IA qui a battu le champion du monde de Go est bien incapable de lire la moindre mammographie pour détecter un cancer.

 

Même si aujourd'hui il doit pas y avoir beaucoup de cancérologues qui sont champions du monde de Go en revanche l'être humain a la capacité de comprendre un très grand nombre de sujets et de domaines avec très peu de données.  

L'IA forte rivalisant avec les hommes pas avant 30 ans

Le mythe de l'intelligence artificielle forte ("High level machine intelligence " (HLMI), capable de rivaliser avec un humain qui est d'ailleurs le vecteur de communication du transhumanisme est loin d'arriver (mais ça arrive vite...).

 

Même si les prévisions dans ce domaine sont extrêmement difficiles à faire actuellement 50 % des experts pensent que cela devrait arriver dans une cinquantaine d'années au plus tôt. En résumé, nous avons entre une et deux générations pour nous y préparer.  

L'IA est faillible

L'autre élément essentiel est que l'intelligence artificielle n'est pas infaillible au contraire, elle est faillible.

 

L'intelligence artificielle est directement dépendante des informations qu'on lui donne et dans bien des cas a beaucoup de difficultés à voir des incohérences qui sauteraient aux yeux de n'importe quel humain.

 

Pour l'anecdote lors de la finale de Jeopardy sur le thème de villes aux Etats-Unis, Watson, l'intelligence artificielle d'IBM a certes gagné contre les humains en revanche elle a fait des erreurs manifestes que nous n'aurions pas faites.

 

Elle a situé la ville de Toronto comme une ville américaine (thème des questions) et non comme une ville canadienne. La raison probable est que Toronto fait partie d'un certain nombre d'associations, organisations américaines (Hockey, civils...) et que l'intelligence artificielle a conclu qu'elle faisait partie des États-Unis.

 

Diabète intellectuel si les enfants et adultes se reposent sur l'IA

Parlons maintenant de l'impact de l'intelligence artificielle sur l'éducation, déjà aujourd'hui un certain nombre d'études montreraient qu'il y a une baisse de QI (qui bien que ne représentant pas l'intelligence totale est un indicateur intéressant à suivre) sur le plan mondial qui serait notamment lié à l'utilisation massive d'écrans par les enfants en bas âge et qui pour cette raison aurait beaucoup moins d'interactions avec leurs proches et l'extérieur et empêcherait ainsi le développement normal de leur cerveau.

 

Un des premiers risques est celui de "diabète intellectuel", cela signifie que les enfants et les adultes se reposent de plus en plus sur l'intelligence artificielle pour prendre leurs décisions, lui fasse confiance de plus en plus aveuglément sans esprit critique et perdant en cela leur créativité, leur esprit critique, leur capacité à transgresser les règles et les inventer car prescrits par les robots avec le consentement le consentement passif des humains.

Collaborer, travailler, programmer avec des robots, IA

L'arrivée de l'intelligence artificielle et de robots me semble inexorable mais aussi indispensable compte tenu des défis à surmonter sur notre planète (réduire et optimiser les consommations énergétiques et des ressources comme l'eau potable, réduire la mortalité sur les routes, les cancers...).

 

Vouloir l'interdire me semble contre-productif en revanche il faut apprendre à vivre avec et empêcher ses dérives.

 

Si on se focalise sur l'éducation, la clé est que les enfants apprennent à apprendre en plus d'apprendre. Apprendre la démarche pour résoudre un exercice est aussi voire plus importante que de savoir appliquer strictement une démarche aboutissant au bon résultat sans la comprendre.

 

Les principes qui me semblent essentiels à appliquer dans l'éducation c'est tout d'abord apprendre à travailler avec l'intelligence artificielle et les robots plutôt que de s'y opposer. Cela peut se matérialiser par des cours de codage où les cours pour programmer des robots en revanche l'objectif n'est pas que tous les élèves deviennent des super développeurs comme ce n'est pas l'objectif du sport à l'école que tous les élèves deviennent des sportifs de haut niveau, d'autant que l'intelligence artificielle va automatiser et rendre caduc beaucoup de programmation.

... Et savoir qu'il est faillible et pouvoir s'en passer

Un autre principe essentiel est de comprendre les limites, les failles de l'intelligence artificielle, ne pas se reposer sur lui aveuglément et gardez toujours l'esprit critique.

 

Il est important qu'ils apprennent la résilience, la capacité à se passer d'IA, de robots (séance sans ordinateur, smartphone…)

 

 

Cultiver ce qui nous distingue : Créativité, travail en équipe, esprit critique

 

L'homme se distingue par sa créativité, ses capacités à créer de nouvelles règles pour les adapter, à avoir l'esprit critique et curieux, apprendre sur un très peu nombre d'exemples ou sur de bases informations dans structure et avoir un esprit et l'intelligence généraliste qui tient compte de l'humain qui a des valeurs qui s'est croisé les informations qui sait aussi sortir des sentiers battus transgresser s'insurger.

 

Il faut cultiver ce qui nous différencie comme la créativité, la relation humaine, le travail en équipe, l'ouverture sur des domaines extrêmement variés, la capacité à transposer des expériences, pratiques dans des domaines très différents

 

 

 

L'école doit aussi faciliter l’expérimentation / le travail par projet d’équipe ("hands-on experience") y compris pour des matières telles que la géographie / histoire en renforçant les « serious game », les simulations et la découverte et l’expérimentation sur le terrain (aller chez un agriculteur pour servir de complément aux cours sur la géographie française, ) sont quelques pistes aussi pour apprendre aux enfants à sortir du cadre.

 

 

L'objectif est que les enfants d'aujourd'hui puissent créer et développer les métiers de demain sans les connaître à l'avance.

#1HumanPoint - BONUS +1 sur une note sur 20 si démarche créative, audacieuse, inventive

J'ai une dernière proposition ajouter un point de bonus à un élève qui aura une démarche particulièrement créative audacieuse inventive indépendamment du résultat final.

 

Ce point est essentiel car il va inciter les enfants à être créatif, à oser, à être curieux, à entreprendre, à prendre des risques.

 

Il symbolise aussi le fait que seul l'homme peut atteindre 21 sur 20 à la différence de l'intelligence artificielle et des machines.

 

C'est un petit point pour les enfants aujourd'hui et ce sera un grand point pour l'humanité demain.

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere

(Mise en place de Nouvelles technologies - IoT, IA...)

 

Pourquoi et comment faut-il tuer les robots tueurs dans l'oeuf... avant qu'ils ne nous tuent ?

Les robots associés à l’intelligence artificielle promettent de révolutionner notre monde en simplifiant notre vie en s’occupant de tout ce qui est "Dirty, Dangerous, Dull" ( Sale, Dangereux et Ennuyeux) parfois trop d’ailleurs…

 

En ces temps, où guerres larvées ou déclarées, terrorisme, attentats percutent notre quotidien, Elon Musk avec 115 autres experts redemandent à interdire les robots tueurs alors que l’ONU vient de reporter sa réunion sur le sujet (novembre 2017, initiée en 2013).

 

En parallèle, la Russie a annoncé le développement de missiles capables de choisir leur propre cible (« À ce jour, certains succès sont disponibles, mais il faudra plusieurs années de développement pour obtenir un résultat précis. » dixit Boris Obsonov PDG de Tactical Missiles Corp.)

 

Je suis extrêmement inquiet des risques de surenchère et de propagation incontrôlée qui risquent d’advenir avec les armes autonomes et robots tueurs car ils risquent de donner à un individu lambda la capacité de tuer une multitude de personnes extrêmement facilement sans se faire prendre. Si on se réfère à l’anneau de Gygès, une vieille fable de Platon (République, Livre II - Wikipedia), ce n’est pas bon signe.

 

Ce sont des milliers voire des millions de Kim Jong-un en puissance qui risquent d’apparaître. On voit à quel point il est difficile de contrôler quelqu’un qui joue à balancer des allumettes dans la poudrière mondiale, imaginez si vous multipliez leur nombre ... Et nous n’avons que quelques années avant d’éteindre la mèche car il sera très difficile de revenir en arrière une fois que les armes autonomes commenceront à apparaître.

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Plutôt que d’attendre de voir les missiles et armes autonomes passer, je préfère réfléchir, faire réfléchir et dire

  • en quoi les armes autonomes et ce que j’appelle les assbots (version robotisée des troufions, pardonnez-moi pour mon langage !) sont un danger majeur pour l’humanité par rapport aux armes traditionnelles,
  • en quoi « Imagine a war with no dead people ...with no wounded people too » grâce aux armes autonomes est un non-sens,
  • quels sont les problèmes majeurs pour les interdire (choix cornélien : se protéger Vs désarmer tous) tout en posant la question à partir de quand dit-on qu’un robot prend la décision de tuer,
  • le duo avec la cyberguerre et
  • quelques pistes et recommandations pour interdire / freiner leur développement.

Je n’ai aucune compétence et expérience dans le domaine de l'armement, j'ai juste souhaité anticiper ce qui peut nous arriver comme je le fais sur d'autres sujets (e-santé, ville - smart city, futur du travail et de l'éducation…) qui impliquent des nouvelles technologies.

 

Alors si quelques idées germent et permettent de prévenir certains risques et de réduire le développement de ces armes, ce sera cela de gagné.

 

N’hésitez pas à partager et commenter cet article pour faire avancer ces idées complétées avec les vôtres.

Dérives possibles de l'IA et des robots avec les robots tueurs

Elon Musk avec 115 autres experts veulent interdire les robots tueurs (un premier appel avait déjà été lancé en 2015, par Elon Musk, Stephen Hawking, Noam Chomsky et Steve Wozniak, cofondateur d’Apple.. ) alors que l’ONU vient de reporter sa réunion sur le sujet (initiée en 2013).

 

L’objectif est d’interdire les armes autonomes capables de prendre la décision de choisir et de tuer des cibles sans intervention humaine (ex : armes automatiques, drones, tanks…).

 

Avec la baisse drastique des coûts des technologies robots, IA / intelligence artificielle, Internet des Objets/IoT…), cela entraîne aussi la baisse dramatique des coûts et une facilité accrue pour tuer un être humain. Nous fournissons un accès quasiment libre à des poudrières. Beaucoup s’en empareront et volontairement ou pas allumeront la mèche … déclenchant une réaction en chaîne avec des explosions dévastatrices, sans même qu’ils aient toujours imaginé l’impact de leur geste.

« Imagine a war with no dead people ...with no wounded people too »

Certains contradicteurs chantonneront sur l’air de John Lennon « Imagine a war with no dead people ...with no wounded people too » en imaginant une guerre propre avec une armée d’assbots. N’est-ce pas le rêve de tout général, de toute famille de soldat et d'une opinion publique de gagner une guerre sans verser le sang de ses compatriotes.

 

Aussi, une guerre sans victimes serait plus accessible, plus facile à déclarer, moins gênante vis-à-vis de l'opinion publique. En plus, remplacer un robot détruit par un nouveau robot ferait tourner l'industrie manufacturière, alimenterait des armées de data scientists, d’experts en IA …

 

D’autre part, avec les armes autonomes, la prime reviendrait à l'attaquant et non à la défense, nous pourrions ainsi assister à une multiplication des guerres préventives comme nous en avons connu avec la 2e Guerre en Irak, afin de détruire toutes les capacités offensives de nos rivaux potentiels.

Une guerre commencée sans douleur accélère l'escalade vers la guerre totale

Malheureusement, le risque est une surenchère à la guerre préventive où chaque Etat aurait intérêt à attaquer l'autre juste pour réduire le risque d'être attaqué.

   

Imaginons deux Etats qui s'affronteraient avec une armée d’Assbots  chacun, face à l’autre. Nous pourrions faire une analogie avec deux soldats sous morphine (les assbots étant la morphine car leur perte n’entraîne pas de douleur) qui ne sentant plus la douleur se battraient jusqu'au bout, l'un contre l'autre .

 

Jusqu'au bout mais jusqu'au bout de quoi ?

 

Jusqu'à ce que le seuil de douleur devienne inacceptable par la perte d’êtres humains ou jusqu'à ce que l'Etat prenne conscience qu'il a beaucoup plus à perdre en poursuivant la guerre qu'en acceptant d'être vaincu aux conditions de l'adversaire. 

Oui mais si votre adversaire a déjà détruit tant que vous n'ayez plus grand-chose à perdre, ne seriez-vous pas tenté d'emmener votre adversaire dans votre chute vers une guerre totale ?

 

Après deux bombes atomiques, les Japonais ont accepté de cesser la guerre. Que faudrait-il pour faire cesser une guerre de robots. Si a priori vos robots ne tuent pas pas hommes, femmes et enfants, les robots de vos adversaires risquent de passer à la vitesse supérieure pour vous faire céder, ils ne se contenteront pas de briser de la belle mécanique et électronique. 

 

A l'image de ces deux soldats sous morphine, le seuil de douleur devient plus élevé alors que leurs blessures seront nettement plus profondes. La douleur est une limite à franchir avant de poursuivre l’escalade, s'il n'y a plus de douleur, il n'y a plus de limites.

 

Les robots tueurs accélèrent l’escalade guerrière vers le point de non-retour et poussent à la guerre totale, à l’anéantissement de l’adversaire et … le sien. La différence entre les guerres passées et les guerres avec des robots tueurs est que les premières ont mis à genoux de nombreux pays, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, le Japon …  mais ne les ont pas anéantis, les deuxièmes ne permettront pas à ces nations voire nos civilisations de se relever.

 

C’est une hérésie de croire à une guerre propre avec des robots tueurs car ce qui dissuade des pays de déclarer la guerre à d’autres ou les inciteraient à capituler et empêcher la guerre totale est l’insupportable douleur de sa population et ses pertes humaines.

 

Alors oui, il est d’une absolue nécessité de les interdire mais est-ce possible ?

Est-il possible d’interdire les robots tueurs et autres armes autonomes ?

Nous sommes face à ce choix cornélien : pour nous protéger vaut-il mieux être armé avec le risque d’armer nos adversaires ou que nous soyons tous désarmés sachant qu’il est de plus en plus facile de créer des armes autonomes, de les utiliser sans risquer de se faire détruire.

 

Nous pouvons faire le parallèle avec la convention sur l’interdiction et la destruction des armes chimiques (1997) et le récent traité d’interdiction des armes nucléaires adopté à l’ONU, voté par 122 Etats mais aucun des neuf pays détenteurs de la bombe, à savoir les six Etats « dotés » au sens des traités internationaux (Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine et Inde), auxquels s’ajoutent les Etats non déclarés (Pakistan, Israël et Corée du Nord) ne l’ont signé ..). 

 

Cela vide quasiment de toute sa substance le traité, c’est comme si tous les citoyens n’ayant jamais porté d’arme s’engageaient à ne porter d’armes ! (même si cela n’influence les autres …)

 

 

La position de la France dans ce dernier cas est très instructive :

Mettant en avant la force dissuasive de l’arme nucléaire encadrée par le traité de non-prolifération, mais aussi ses efforts en matière de désarmement, Paris estime que « le désarmement nucléaire ne se décrète pas ». Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, « un traité d’interdiction des armes nucléaires risque d’affecter la sécurité de la région euro-atlantique et la stabilité internationale », et il est « susceptible de fragiliser le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, pierre angulaire du régime de non-prolifération ».

Dilemme du prisonnier - O.K. Corral mondialisé, tous avec le doigt sur la gâchette

Nous sommes face à un dilemme du prisonnier sauf qu’au lieu d’avoir deux prisonniers vous en avez des milliers voire des millions (Etats, organisations terroristes, individus isolés…) si un seul trahit, il peut mettre en danger tous les autres. C’est à l’image d’un O.K. Corral mondialisé réunissant Etats, organisations, individus main sur le revolver, prêts à dégainer sur un malentendu ou un cliquetis suspect.

 

Personne n’ayant confiance en personne, cela risque de se traduire sous forme de guerre froide démultipliée où chaque Etat et organisation se gardent la possibilité d’utiliser ces armes de manière défensive … voire préventive en surveillant les autres, en essayant de réduire leur accès de technologies sensibles et en se donnant les moyens de les saboter (via des virus ou chevaux de Troie dormants activés si la menace se précise).

Robots tueurs - Prolongements physiques de la CyberGuerre

La cyberguerre collabore étroitement avec la guerre par les robots tueurs. Le robot tueur est le prolongement physique de la cyberguerre. Les nombreuses attaques récentes comme WannaCry ou Stuxnet peuvent être un moyen de tester et d’infiltrer des systèmes informatiques tiers pour devenir une arme de dissuasion ou saboter les systèmes adverses. 

 

Grosso modo, tout le monde se tient par la barbichette jusqu’au jour l’un d’eux n'ayant pas grand-chose à perdre et beaucoup à gagner fasse craquer l’allumette.

 

Il y a un intérêt additionnel d’avoir une armée de cyberguerriers. Autant retourner une armée de soldats, n'est guère aisée, vous trouverez toujours une backdoor comme on l’a vu dernièrement pour retourner une armée d'assbots contre son Etat d’origine. Le Brain Washing est bien plus efficace et facile sur des robots que sur des humains.

Hommes augmentés par Neuralink (Elon Musk) hackés ?

Il ne reste plus qu’à mettre en œuvre le projet d’Elon Musk (Neuralink … le même qui est contre les robots tueurs … il a dû certainement comprendre les risques de son projet dans ce domaine …) pour intégrer des puces dans le cerveau afin de l’augmenter.

 

Un petit court-circuit ou DDOS et vous pourriez éradiquer une armée entière d’humains augmentés. Cela rend les possibilités de destruction pardon d'auto- destruction quasi illimitées et surtout aussi faciles à déclencher qu'un jeu vidéo comme Call of Duty.

             

On voit donc que même s’il sera extraordinairement difficile d’interdire à tous les Etats d’utiliser des armes autonomes, il y a quelques arguments qui pourraient, je le souhaite, les faire réfléchir.

Pourquoi les armes autonomes / robots tueurs sont si dangereux ?

On pourrait se demander pourquoi une arme autonome est si dangereuse par rapport à une arme traditionnelle ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Une arme conventionnelle

  • est difficile a priori d’accès et coûte chère (en particulier si elle a la capacité de faire beaucoup de victimes),
  • peut faire des victimes collatérales  qui peut dissuader
  • est facile généralement à associer avec son propriétaire (registre des armes à feu associées à des n° de série et des personnes, surveillance satellitaire pour les missiles)
  • donne suffisamment de temps (une fois que vous êtes identifié comme l’auteur) à l’adversaire pour vous détruire / neutraliser (ou votre organisation)
    • ce qui peut réduire le nombre de victimes

    • ce qui peut le dissuader à agir équilibre de la terreur / dissuasion avec l’arme nucléaire de son adversaire). Pour un homme armé, il risque d’être capturé, tué par des forces de polices et de mettre en péril son organisation et pour des missiles nucléaires, il risque d’être détruit par des anti-missiles en plus des attaques de rétorsion d’où l’équilibre de la terreur / dissuasion nucléaire.

Une arme autonome

  • est accessible à tous et peu chère (ex : associer quelques drones avec certains produits du commerce peut faire de nombreuses victimes),
  • peut de plus en plus facilement discriminer les cibles des personnes à ne pas tuer (via de la reconnaissance d’image, signature thermique, le smartphone de la cible, des objets connectés en Bluetooth)
  • peut être très difficile et long pour retrouver son auteur et donc rendre impossible de répliquer ou avec un risque élevé d’erreur (car autonomes et programmés à l’avance avec de l’IA pour s’adapter à la situation et donc ne nécessite pas de personne à proximité, interagissant directement avec l’arme)
  • ne donne pas de temps de réaction à l’adversaire pour les détruire et est difficile à neutraliser (en particulier s’il y a de nombreuses armes disséminées comme une myriade de drones ou des jumping sumo explosifs et non une arme centralisée)
  • Enfin, une des conséquences de ces éléments est leur capacité à faire beaucoup plus de victimes qu’une arme traditionnelle pour un coût et une facilité de mise en œuvre beaucoup plus faible.

Donc, OUI je me répète, les armes autonomes sont un danger absolu pour le futur des hommes.

Interdire aux robots de décider de tuer - Oui mais quelle décision accepterons-nous de déléguer ?

D’autres questions se posent aussi :

 

On veut interdire aux robots de prendre la décision de tuer, de quelle décision parle-t-on ? de tuer un individu, un groupe d’individus, un groupe d’individus ayant certaines caractéristiques … et quelle part délègue-t-on à la machine ?

 

Les bombes ou missiles lancées d’un avion après qu’un homme appuie sur un bouton ne sont pas considérés comme des robots tueurs même s’ils ont un dispositif qui détecte la chaleur ou un signal (ex : smartphone) et poursuivent leur cible en conséquence.

 

  • Si ce même homme appuie sur un bouton, et envoie des mini-missiles intégrant une mini-caméra capable de reconnaître les visages et de ne tuer que des barbus portant des chemises à fleurs (caractéristiques définies par l’homme avant d’appuyer sur le bouton), est-ce que le mini-missile est une arme autonome ou pas ?
  • Si cet homme appuie sur ce bouton, et que cela déclenche l’envoi de ces mêmes mini-missiles sur une période de plusieurs jours ou mois, est-ce que ce sont des armes autonomes ?
  • Si cet homme appuie sur ce bouton, et que cela déclenche l’envoi des mini-missiles dès qu’il détecte une cible ayant des caractéristiques définies à l’avance, est-ce que ce sont des armes autonomes ?
  • Si cet homme appuie sur un seul bouton, pour anéantir un pays grâce à une armée d’assbot, de missiles, de drones tueurs, est-ce que ce sont des armes autonomes ?

Un homme a pris la décision d’appuyer sur un bouton, donc on pourrait dire que ces armes ne sont pas autonomes car c’est lui qui l’a décidé et non l’arme de tuer…

 

En réalité, l’homme a délégué aux robots tueurs le choix de tuer. Celui qui décide de tuer peut avoir l’impression d’être dans un jeu vidéo et oublier que celui qui meurt n’a pas de deuxième vie après Game Over.

Robots détruisant des infrastructures vitales, est-ce des robots tueurs ?

D’autre part, à partir de quel moment on considère un appareil comme un robot ou une arme autonome, un pistolet intégrant de l’IA pour ajuster un tir à l’image des systèmes de stabilisation pour appareil photo, est-ce un robot tueur ?

 

Imaginons, un gilet pare-balle capable de tirer et tuer un assaillant s’il a été touché. Est-ce que cette arme défensive et autonome aurait le droit de tuer en cas de légitime défense de son propriétaire ?

 

Le débat ne s’arrête pas aux robots tueurs mais aussi aux robots de guerre en général (et tueurs indirects) qui peuvent transmettre des maladies, détruire toute une infrastructure d’énergie, d’accès à l’eau, à la santé, aux communications qui peuvent entraîner par impact une multitude de décès par maladie, faim, froid, déshydratation …

 

Il y a beaucoup de questions qui se posent, il est essentiel qu’en premier lieu le maximum de questions et de problématiques soient clairement posées afin de pouvoir prendre des décisions dessus. Il faut aussi inclure les licenciés de tir sportifs et chasseurs dans cette réflexion.

Comment les interdire / réduire leur propagation ?

Même si cela semble une gageure d’interdire des armes autonomes aux Etats (d’autant qu’elles commencent à exister comme le montre la récente déclaration de la Russie pour développer leurs missiles capables de choisir leur propre cible lors du salon aérien moscovite MAKS 2017… ), on peut avoir une approche pour restreindre au maximum leurs conception, vente, utilisation et propagation et au final parvenir à les interdire avant qu’il ne soit trop tard.

 

Pour cela, il faut augmenter au maximum la barrière à l’entrée pour accéder à ce type d’équipement afin de la rendre inaccessible.

 

Un des problèmes des armes autonomes, est qu’à la différence des armes nucléaires ou d’armes chimiques, nul besoin de s'approvisionner en uranium et de l'enrichir, ou de souches de virus et d’usines chimiques pour obtenir une arme de destruction massive  

La technologie peut se diffuser suffisamment rapidement pour qu’un Etat ou une organisation non terroriste ne puisse empêcher sa propagation vers des organisations criminelles ou terroristes. La guerre ne sera plus réservée aux Etats mais se démocratisera aux terroristes de toute confession et aux organisations criminelles de tout poil, voire même aux individus, hackers solitaires ou anonymes.

 

La réglementation pourrait a minima être nationale afin de servir d’exemple et proposer à nos partenaires européens et pousser sur le plan international, en particulier les Nations Unies. Je sais, certains d’entre vous, me taperont sur l’épaule, en m’indiquant que l’industrie de l’armement française est fortement exportatrice et il ne faut pas la brider. Le point n’est pas d’interdire la recherche sur l’intelligence artificielle mais d’éviter d’atteindre ce fameux dilemme du prisonnier où on aura à choisir entre anéantir l’adversaire et être anéanti grâce à l’IA et être anéanti car nous n’aurons pas utilisé l’IA.


Solutions et recommandations en fonction du type d’armes

Il faut distinguer deux types d’armes,

  • les armes par nature (pistolet, bazooka, poignards mais aussi bombe lacrymogène …) et
  • les armes par destination (chandelier, couteau de cuisine, bouteille de verre, mais pas la tarte à la crème comme l’avait demandé Jean-Pierre Chevènement lors de son procès contre Noël Godin qui l’avait entartré) dont la fonction première n’est pas d’être une arme mais qui sont utilisées, ou destinées à être utilisé, comme tel dans certaines situations. 

Armes par nature

Pour les armes en général possédées par des Etats (avions de combat, missiles, tanks…)

 

Idéalement, on pourrait interdire toute arme autonome dans le monde, le problème est qu’il faut être un peu réaliste et tenir compte que c’est plus facile d’interdire ce qui n’existe pas encore que ce qui existe, d’où l’urgence de la réglementation internationale compte tenu des avancées des fabricants d’armes.

 

D’autre part, il vaut mieux été concret, avoir des définitions précises quitte à les modifier plutôt que de partir sur des bonnes volontés qui sont inapplicables sur le terrain.

 

J’exclus dans mes recommandations ci-dessous les armes autonomes qui ont pour seul objectif de détruire une arme lancée par un adversaire (ex : batterie anti-missile dotée d’IA), celle-ci ayant un but uniquement défensif et n’ayant pas d’impact sur des personnes ou du matériel.

 

J’utilise à escient le mot cible plutôt que victime, car la cible peut être aussi une cible en carton … pour les armes utilisées par des tireurs sportifs par exemple.

Recommandation 1 – Interdire les armes autonomes à déclenchement différé ou conditionnel (hors si vise d’autres armes attaquantes) – Décision ONU

Cela signifie que toute action de mise à feu doit obligatoirement déclencher la mise à feu instantanément.

 

Par exemple, si on appuie sur le bouton Fire, le missile ne doit pas partir dans les 10 minutes qui suivent ou être programmé mardi matin à 8h45. De même, il ne doit pas y avoir un IFTTT (If This Then That) de mise à feu, style si la Corée du Nord a envoyé un missile, je tire automatiquement sans intervention humaine un missile visant la Corée du Nord. Comme je dis plus haut, en revanche, une arme anti-missile peut détruire le missile nord-coréen !

 

Se pose la question des combats par exemple un avion de chasse, un tank peut-il déclencher le feu automatiquement sans l’intervention d’un être humain s’il combat un avion de chasse ou tank adverse ? Difficile d’interdire cela à un avion de combat s’il est attaqué. Je pense que l’IA pourrait être utilisé que de manière défensive.

Mais qu’est-ce que défensif ? Si nous sommes plusieurs avions de combat, mon voisin est attaqué, est-ce que l’IA de mon avion peut attaquer les avions adverses. Plus largement, si mon pays est attaqué, est-ce que tous mes avions pourraient utiliser l’IA …

 

Et dans l’exemple précédent si les Etats-Unis sont attaqués, est ce interdit ou autorisé qu’une IA envoie un missile directement sur la base qui a lancé le missile voire d’autres qui pourraient menacer … même s’il y des populations civiles …

Recommandation 2 – Interdire aux armes autonomes de surenchérir à une attaque – Décision ONU

L’esprit est d’avoir une réponse proportionnée à l’attaque, l’IA ne doit jamais être capable de surenchérir.

 

Seul l’homme doit avoir le pouvoir de le faire sinon le risque est l’escalade jusqu’au double anéantissement total (cf. un vieux film Wargames de 1983 qui l’évite car l’IA comprend qu’il fait face au même problème que pour le Tic-Tac-Toe («  A strange game. The only winning move is not to play ;), et une version alternative où l’IA ne le comprend pas …)

 

L’homme a montré à quel point il était capable de bafouer les règles aux dépens de l’humanité lors des guerres, espérons qu’il ne l’enseigne jamais à l’IA. 

Recommandation 3 – Interdire l’intégration de code dans les armes et munitions discriminant les cibles des non-cibles. - Décision ONU

L’objectif est d’empêcher qu’une arme / une munition intégrant par exemple une caméra avec reconnaissance visuelle ou un autre signal puisse « choisir » sa cible. Il faut que le tireur prenne conscience qu’il peut tirer sur des innocents, des personnes à préserver afin de le dissuader de tirer.

 

Il existe déjà des missiles qui se dirigent en fonction du signal d’un smartphone (utilisés par les Etats-Unis notamment, la Russie travaille sur des missiles avec IA…).

 

Ce sera difficile d’interdire ces missiles néanmoins on peut au minimum interdire des armes et munitions qui visent des cibles non identifiées individuellement mais caractérisées ( ex : sur base d’habits, caractéristiques …)

 

Recommandation 4 – Intégrer dans les systèmes de commande actuels un système additionnel en open source - Décision Internationale

A l'image des avions actuels, les armes types missiles, tanks … ont des systèmes de commande résilients et redondants mais propriétaires.

 

L’objectif est d’ajouter un système de commande additionnel en open source strictement séparé du système propriétaire. Si deux ordres sont contradictoires entre les deux systèmes, cela empêche la mise à feu. Cela peut sembler contre-intuitif, néanmoins le code open source étant très challengé par des « bug bounty », des hackers… les failles peuvent être identifiées très rapidement à la différence de systèmes propriétaires (plus difficiles d’accès mais moins challengés et corrigées dans la foulée).

 

J’avais décrit aussi un système pour sécuriser les objets connectés en utilisant la blockchain et le hashage dans un article spécifique

 

Recommandation 5 - Interdire l’intégration de microprocesseurs dans le corps humain (hors cas médical si sans augmentation de capacité) – Décision Française pour l’étendre à l’Europe puis l’ONU

Interdire l’intégration de microprocesseurs dans le cerveau ou dans d’autres parties du corps hormis les cas médicaux spécifiques (épileptiques, malades d’Alzheimer, tétraplégiques…) et à condition que cela n’augmente pas la capacité de la personne au-delà des capacités normales humaines (ex : intégrer des chips dans le cerveau qui donnent à un malade d’Alzheimer, une mémoire dépassant celle d’un être humain normal, permettre à un aveugle de voir de l’infrarouge via des yeux électroniques). 

 

Tout dispositif qui permet d’augmenter les capacités d’un être humain (un smartphone, des lunettes infrarouges, un véhicule …) doit être externe au corps humain et non relié directement au système nerveux ou au cerveau.

 

L’objectif est d’éviter qu’un jour quelqu’un puisse prendre la main sur des êtres humains (soldats ou non) et les transformer en robots tueurs ou les tuer.


Pour les armes qui peuvent être possédées par des particuliers (dont certaines sont interdites)

II y a une réglementation en place qui scindent les armes en plusieurs catégories (de A à D) elle interdit, autorise sous condition, nécessite une déclaration et pour certaines autorise la vente libre (bombes aérosol, certaines armes à impulsion électrique…).

Recommandation 6. Interdiction de connecter à Internet ou d’intégrer du code logiciel dans ces armes et leurs munitions (au pire dans le système de mise à feu) - Réglementation au minimum européen, si possible ONU

Il est indispensable d’intervenir auprès des fabricants d’armes pour leur interdire de connecter à Internet (directement ou via Smartphone) ou d’intégrer de l’intelligence artificielle, du code logiciel dans ces armes, au pire obliger ces fabricants à dissocier totalement le code intégré dans l’arme (par exemple pour identifier son utilisateur, et empêcher qu’un autre utilise son arme) de la partie mise à feu de l’arme (à l’image des systèmes critiques d’un véhicule) qui doit être exempte de tout logiciel et ne peut être déclenchée que manuellement.

 

L’objectif est d’interdire une mise à feu à distance sans la présence de son propriétaire ou d’un hacking des pistolets qui permettent de tirer sans la décision expresse de son propriétaire.

 

Ce sera aussi difficile d’imposer aux fabricants d’armes ces restrictions d’autant que les lobbys d’armes comme la NRA sont très puissants (cf. article ici) et les objets connectés sont pour eux une nouvelle source de revenus.

 

Recommandation 7.  Interdire la stabilisation mécanique d’une arme – Réglementation européenne puis internationale 

Il est nécessaire d’interdire l’intégration de code dans les armes et munitions permettant de stabiliser une arme (armes A à D) en fonction d’une cible.

 

L’objectif est d’éviter que l’arme facilite mécaniquement l’atteinte de la cible. La réglementation peut interdire la vente de ces armes en Union Européenne puis sur le plan international.

 

Il est en revanche difficile d’interdire des lunettes de visée stabilisées qui existent déjà.


Armes par destination

Est-ce possible d’interdire des robots tueurs alors qu’on pourrait imaginer un drone associé à des objectifs a priori inoffensifs et accessibles dans le commerce pour tuer, blesser … ?

 

Il est possible de limiter certains risques sans éliminer totalement les risques.

 

Recommandation 8. - Déclaration des objets autonomes mobiles – Réglementation européenne puis internationale 

Tout objet

  • capable de se mouvoir seul (par exemple si d’un poids supérieur à 800 g comme les drones et allant au-delà de 6 km/h, limite utilisée pour les transports autorisés sur les trottoirs comme les trottinettes électriques, et si va au-delà de 25 km/h, quelque soit son poids, limite utilisée dans les transports nécessitant la délivrance d’un numéro d’identification unique, qui devra être gravé sur une partie inamovible de l’engin et qui devra également figurer sur une plaque d’identification fixée sur celui-ci.… )
  • et capable d’emporter une charge de plus d’une centaine de grammes (à préciser mais plus compliqué à évaluer)
  • devrait nécessiter une déclaration obligatoire avec une pièce d’identité auprès du vendeur transmise à la préfecture.

 

Cela concernerait les robots, drones, véhicules télécommandés avec potentiellement des spécificités pour chacun. On le fait déjà pour acheter une carte Sim et dans le cas des drones cela va devenir obligatoire si le poids dépasse 800 grammes. Ces drones « lourds » devront être équipés de signaux lumineux et sonores afin d’être facilement identifiables dans le ciel. 

Recommandation 9. – Renforcer et sécuriser les limitations de vitesse  sur les véhicules autonomes à l'approche de personnes – Réglementation européenne puis internationale 

Il est nécessaire que les véhicules autonomes ne puissent perpétrer des attentats comme à Nice ou à Barcelone. Pour cela, on peut intégrer du code non modifiable qui réduit la vitesse puis met à l’arrêt un véhicule si un piéton, un obstacle est détecté dans une zone inférieure ou égale à la distance de sécurité de freinage. (voir l’article sur sécurisation des objets connectés)

 

Il y a d’autres risques à tenir compte comme le risque que des engins explosifs soit situés dans le coffre d’une voiture autonome.

 

Mais comment faire la distinction avec des bagages ? Cela me paraît difficile de demander aux constructeurs de mettre des capteurs d’explosifs dans les coffres ! Ce serait complètement disproportionné par rapport à la probabilité qu’un coffre contienne des explosifs. Compliqué aussi de pister chaque véhicule en temps réel, gardons encore les quelques libertés qu’ils nous restent.

 

Néanmoins, on peut imaginer des boites noires pour les véhicules autonomes (ou pour ceux qui sont utilisés par plusieurs utilisateurs comme les VTC), idéalement intégrées dans le véhicule (et ne transmettant pas les données sur un serveur) ou virtuelles (sur un serveur sécurisé, mais qui l’est vraiment ?). Ces données ne seraient accessibles que sur réquisition judiciaire (comme sur les appels téléphoniques).

 

Recommandation 10 - A l’image de la sécurité routière, vigilance citoyenne – France et Europe

Sans traumatiser tout le monde, c’est important que la population soit au fait des risques et soit vigilante par rapport à ceux-ci.

 

Cela peut se faire par des campagnes de presse, des ateliers dans les écoles… à l’image ce que se fait dans le domaine de la sécurité routière mais ici pour la sécurité de tous en expliquant aussi bien comment se protéger et protéger ses objets connectés (mots de passe, bases de sécurité informatique, les risques de certains appareils comme les drones…).

 

Recommandation 11 - Intégrer la sécurité des objets connectés dans le norme CE – Réglementation Européenne 

Il est nécessaire de sécuriser les objets connectés qui sont aujourd’hui des passoires pour la plupart. Dans ce cadre, il est nécessaire d’intégrer dans la norme de certification CE (nécessaire pour vendre des produits en Union Européenne), avec des principes tels que la Privacy by Design et Security by default. J’ai écrit un article donnant les principaux principes pour sécuriser un objet connecté.

 

La sécurité devrait être encore plus accrue pour les équipements médicaux comme les pompes à insuline qui peuvent devenir des armes par destination en injectant des doses mortelles.

 

L’objectif est de réduire les risques d’un hacking massif de drones, robots, objets connectés qui se transforment en armes par destination

 

Conclusion

Beaucoup d'autres recommandations pourraient être faites, ce ne sont que quelques idées, certaines sont applicables rapidement d’autres à long terme enfin d’autres ne le seront jamais pour de bonnes et mauvaises raisons. 

 

L’objectif est de participer à ce débat qui nous concerne tous (alors que je n’ai aucune expertise sur le sujet de l’armement) et de faire bouger le slignes avant qu'il ne soit trop tard.

 

Sans doute est-ce idéaliste de croire que ce type d'article puisse changer la donne, mais sans idéal il n'y a plus d'espoir.

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere

Agence Conseil en Nouvelles technologies : Internet des Objets, Intelligence artificielle 

 

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Sécuriser l' Internet des Objets avec la Blockchain et le hashage

A la suite de plusieurs échanges avec Antoine Yeretzian de Blockchain Partner, j’ai écrit cet article sur les moyens de sécuriser l’Internet des Objets avec la blockchain et le hashage de données. L’objectif avec Blockchain Partner et Livosphere est de proposer des solutions clés en main pour les fabricants et les entreprises utilisant des objets connectés (banques, assureurs, services à la personne…), les opérateurs télécoms …

 

Pour sécuriser complètement un objet connecté ou une plateforme, il y a trois étapes : prévenir et réduire les risques de hacking d’un objet, le détecter et empêcher / réduire les conséquences d’un hacking (sur l’appareil et en termes de propagation).

(If you want to see this article in English click here)

 

J’avais parlé de la partie prévention dans l’article suivant : Sécuriser l'IoT après l'attaque DDos par des objets connectés sur Twitter, Netflix, Amazon via le service DNS Dyn qui relate aussi les mesures telles que Privacy by Design et Security by Default.

 

Cet article décrit la partie détection d’un hacking (dès lors qu’il y a une modification). Il faudra compléter par des moyens pour détecter des hacking sans modification. Dès lors qu’une attaque est détectée, on peut à distance bloquer ou réduire les fonctionnalités de l’appareil, alerter…

 

Il y a trois éléments à sécuriser dans la chaîne reliant un objet connecté à une plateforme digitale en utilisant la blockchain et les techniques de hashage.

 

1.     Sécuriser l’intégrité d’un objet connecté (pas de hacking de celui-ci)

2.     Sécuriser l’envoi de données d’un objet connecté vers une plateforme

3.     Sécuriser la réception de données provenant d’une plateforme vers un objet connecté

 

Rappel sur la blockchain

Il y a un grand nombre d'usages possibles pour la Blockchain dans l'Internet des Objets  :

 

Le plus évident est de permettre la création de plateformes décentralisées et collaboratives pour partager ses biens connectés avec des coûts de transactions très réduits ne nécessitant pas d'intermédiaire (hors création de la blockchain).

 

En effet, en connectant un produit, on facilite son partage, car on peut donner / retirer son accès/usage via des clés virtuelles (comme InBlue de Valeo ou les serrures connectées d'Opendoors de Somfy, ex-Okidokeys ...).

 

D’autre part, en plus de gérer l’accès, on a des informations sur l'usage, la localisation, facteurs, cela permet d’accroître la confiance d’un propriétaire d’un bien envers des utilisateurs potentiels (grosso modo, il sait ce qu’il sera fait de ses objets dans le respect bien sûr de la confidentialité des données personnelles). En plus de sa maison via une serrure connectée et des solutions de Smart Home, sa voiture via des clés virtuelles reconnues par le véhicule connecté, tous les objets qu'on utilise qu'occasionnellement, comme des perceuses, des échelles, des outils de bricolage pourraient aussi être partagés facilement.

 

On peut aussi imaginer des Smarts contracts tels que proposent Slock.it sur Ethereum pour déclencher le paiement dès que la personne ouvre l'appartement, la voiture ou utilise un appareil partagé.

 

Ces plateformes, comme je l'évoquais dans mes prédictions 2017, pourraient d’ailleurs "blockchainiser" (et non "ubériser" qui serait un oxymoron car par définition, ubériser centralise le pouvoir sur un seul acteur à la différence de la blockchain)  les plateformes collaboratives actuelles et  remplacer les acteurs connus tels que AirBnB, Blablcar ou Uber. En revanche, la blockchain ne remplacerait que la partie transactionnelle et non tout le reste, service client, innovation en terme de services, de plateforme, Marketing et commercial, animation de la communauté … 

 

Autre usage : sécurisation des données

Je vais évoquer un autre usage : la sécurisation des objets connectés qui est un sujet de plus en plus critique. Imaginez juste un ransomware sur des pompes à insuline connectées qui ferait un chantage auprès d'un fabricant sur la vie de ses utilisateurs en les menaçant d'une overdose mortelle…

 

Une des grandes faiblesses des objets connectés par rapport à la sécurisation de plateformes digitales est la sécurisation de la transmission et de l'objet lui-même. (Schéma). (cf aussi article sur la prévention)

Les trois étapes à sécuriser sont

  • s'assurer que l'objet même n'a pas été hacké / modifié par rapport à l'objet d'origine (hors évolutions du fabricant et données utilisateur)
  • s'assurer que les données transmises n'ont pas été modifiées / hackées entre l'envoi et la réception par la plateforme
  • s'assurer que les données transmises par la plateforme vers l'objet connecté ne sont pas modifiées / hackées

Le hashing ou hashage

Pour s'assurer de cela, l'idée est simple : comparer une version originale non modifiable (d’un code intégré dans un objet connecté par exemple d'où l'utilisation de la blockchain) et sa version actuelle sur ces trois étapes (la sécurisation des trois étapes est essentielle sinon il y a une brèche). S'il y a une différence (en tenant compte des évolutions logicielles et matérielles et en sortant les données utilisateurs), cela signifie que le code a été hacké.

 

Pour le faire, on utilise un élément simple de la blockchain l'ancrage combiné au hashage de données.

 

Qu'est-ce le hachage ?

 

Le hachage (hashing) est une technique qui permet de créer une signature (ou hash) quasi-unique à partir de n'importe quelles données. Si l'on modifie une des données d'origine (même infime grâce à l'effet avalanche), on modifie totalement la signature. Il y a des similarités à la technique de compression de données mais avec une différence fondamentale, deux images proches pourraient avoir un fichier compressé identique, ce qui n'est pas le cas du hachage. Dans l'image ici, la Déclaration universelle des droits de l'homme ont été hashées (fichier sous format texte via un outil en ligne en SHA 256) en deux versions avec et sans le H ! Les deux hashs sont complètement différents.

 

L'intérêt est ici de vérifier si le programme ou les données d'origines sont modifiés. Pour cela, on peut hasher la totalité du programme (OS, code embarqué…), un numéro de série unique  et des données qui seront incluses dans un objet connecté juste avant l’injection du code embarqué dans le produit (à la chaîne de fabrication). 

 

Pour prévenir un hack combiné de la plateforme et de l’objet connecté, on peut mettre ce hash dans une blockchain publique en plus d’une plateforme du fabricant (ou autre entreprise en charge de l’objet connecté). Ce hash initial sera le hash officiel du produit auquel on pourra comparer les hashs calculés par la suite de l’objet. Toute différence signifie qu’il y a une modification non voulue, et donc potentiellement un hack du produit et peut même interdire l’utilisation du produit (définitive ou temporaire car les bugs sont toujours possibles), ou une alerte vers l’utilisateur et le fabricant.

 

Cela signifie néanmoins qu’il faut gérer des bases de données avec des versions multiples pour un même objet connecté en cas d’évolution/upgrade logicielle du produit. Les données modifiables, elles ne seraient pas a priori hashées pour vérifier l’intégrité de l’appareil (sauf potentiellement la structure des données si elle est suffisamment pérenne).

 

On peut utiliser une fonction de hashage publique (et open source) car il sera très long et difficile de passer du hash aux données d'origine ou de créer un même hash à partir de données falsifiées (problème NP-complet donc pour calculer le hash à partir de données c’est très rapide (temps polynomial) mais pour retrouver les données qui correspond à un hash c’est très long si la taille du hash est suffisamment long (temps exponentiel ex : cryptage AES 256bits)). 

Pour l'anecdote (Guardtime), le gouvernement estonien hasherait la totalité de ses données et imprimerait le hash sur des journaux papiers ce qui permettrait de s'assurer que les données n'ont pas été modifiées par des hackers (en gardant bien sûr un log quotidien des hashs de chaque jour et un hash des modifications apportées entre deux jours consécutifs ainsi que les journaux papier !)

 

Sans rentrer dans une description détaillée sur ce qu'est la Blockchain, voici une rapide définition en très simplifié de BlockChain Partners.

 

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.

Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaires, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. 

La blockchain permet d'enregistrer ainsi des transactions, des signatures ... dans un registre partagé parmi tous ses utilisateurs. L'objectif est de s'assurer que personne ne modifie après coup le registre de transactions.

 

Il n'est pas possible de modifier ce registre sauf si plus de 50% de la puissance de calcul des serveurs (les mineurs) reliés à la blockchain l’acceptent (d’où l’importance d’avoir des blockchains publics avec un très grand d’utilisateurs et d’éviter des concentrations autour de quelques utilisateurs). Une blockchain avec un seul utilisateur (!) est l'équivalent d'une plateforme centralisée. On pourrait aussi faire un parallèle avec une assemblée générale d’actionnaires où le nombre de votes correspond à la puissance de calcul. 

Petite digression : Les nouveaux schismes ... le Hard Fork d'Ethereum

D’autre part, s’il y a une modification, tout le monde le saura. Donc, plus il y a d'utilisateurs indépendants dans la blockchain, plus il sera sécurisé. Ainsi une blockchain public est donc plus sécurisé normalement qu'une blockchain privée. Enfin, en fonction des règles de la blockchain, une partie des utilisateurs peuvent faire un "fork" (crée un deuxième registre identique au premier sur une première partie et qui devient indépendant par la suite.

 

C‘est ce qui s’est passé le 20 juillet 2016 avec Ethereum. Il ne faut pas s’en étonner … on en a vécu quelques forks dans d’autres domaines …  En 1204 entre l’Église catholique romaine et l'Église orthodoxe et 1517 entre l’Eglise catholique et protestante (nommé schisme mais ce n’est pas reconnu par les protestants, qui gardent la Bible comme Grand Livre Commun et sans parler des autres religions … pardon pour la digression ;).

 

L'ancrage associé à l'horodatage est une des composantes de la blockchain et permet de créer une transaction dans la blockchain en indiquant la date. Ici, ce sera le hash qui sera enregistré dans la blockchain. 

1. Pour sécuriser le code d'origine et le matériel

Rentrons dans les principes sur les 3 étapes :

 

1. Pour sécuriser le code d'origine et le matériel

Afin de s'assurer de l'intégrité du matériel et que celui-ci n'a pas été corrompu ou modifié entre sa version originale et la version effective reçue par l'utilisateur, on peut associer à chaque version du code à embarquer (OS, programme, numéro de série…) dans l'objet un hash code, potentiellement il pourrait y avoir plusieurs hash codes par type de code pour faciliter le traçage d'une corruption (quelle partie du code a été corrompue). Le hash serait intégré dans une blockchain publique, en plus d’une plateforme du fabricant pour s'assurer qu’il ne puisse être corrompu en accédant aux serveurs de l'entreprise.

 

Il est même possible de faire un hash du matériel lui-même en photographiant l’intérieur du matériel (avec des fonctions de « perceptual image hashing » ou « image fingerprinting » qui maintiennent un hash similaire pour des images similaires). Le SAV pourrait photographier le matériel et s’assurer que celui n’a pas été modifié par rapport à la version photographiée à la sortie d'usine (via la comparaison des deux hash).

 

D’autre part, la fonction de hashage sera aussi intégrée au code. Celui-ci doit être open-source, accessible à l’utilisateur (averti ou via des applications) qui pourra vérifier son authenticité en le comparant avec la version originale open-source, accessible en ligne.

 

Lors de la fabrication, le code, le hash (caché dans le code) et la fonction de hashage sont injectés dans la mémoire du processeur. On peut pour sécuriser encore plus, l’intégrer dans la ROM (Read Only Memory ou mémoire morte) pour empêcher toute écriture ultérieure (y compris par flashage). En revanche, pour tenir compte des upgrades du produit, il faudra aussi l’intégrer dans une RAM (Random Access Memory ou mémoire vive) afin d’intégrer de nouveaux hashs. Si nécessaire, une réinitialisation complète du produit pourrait être réalisée avec l’installation des évolutions si un objet a été corrompu.

 

Au démarrage de l'objet connecté 

Lors du premier démarrage de l'objet connecté, d'une part, la fonction de hashage va sur base de la totalité du code, calculer le hash et le comparer au hash intégré dans l'objet.

 

Si ce n'est pas le cas, on pourrait demander à réinitialiser l'appareil car il aurait été corrompu. Il n’y a pas besoin de connecter le produit à ce stade.

 

D'autre part, en se connectant à la plateforme, ce même hash ainsi que la fonction de hashage  (ou le hash de la fonction de hashage) pourraient être comparés à la base de données du fabricant ainsi qu'à la blockchain, s'il y a une différence, cela bloquerait le produit et demanderait une réinitialisation.

 

On pourrait imaginer qu’un hacker remplace complètement le code d’un produit pour renvoyer le bon hash du code à la plateforme (indépendamment de son calcul), le problème est que comme la fonction de hashage est publique, on pourra facilement voir que même si le hash transmis correspond à la blockchain, en revanche la fonction de hashage ou le hash de la fonction de hashage ne correspond pas à la blockchain.

 

L'intérêt en deux étapes (hors connexion) et avec connexion est de s'assurer que le code n'est pas corrompu même s'il n'y a pas de connexion (hors remplacement complet du code) et de s’assurer ensuite que le code complet n’a pas été complètement remplacé. 

 

2. Pour sécuriser la transmission de l'objet connecté vers la plateforme

L'objectif est de s'assurer que ce qui est transmis n'est pas modifié par un tiers (ex: via la technique du "middle man" même si cela ne permet pas de savoir si cela a été intercepté )

 

L'objet connecté transmet dans son mode usuel (WiFi, Bluetooth via Smartphone, GPRS/3G) les données plus un hash calculé par l'algorithme de hashage dans le code embarqué.

 

Ce même hash est transmis via un réseau bas débit type Sigfox ou Lora, enfin  le hash du code embarqué est aussi transmis par les deux moyens.

 

Les deux hash de données sont comparés aux données (en hashant de nouveau les données) et entre eux pour s'assurer qu'elles ne sont pas corrompues ainsi que le hash du code pour s'assurer de l'intégrité de la machine.

 

L'intérêt d'utiliser deux modes de transmission est de créer de la redondance et de la résilience. Cela complique la tâche du hacker qui doit hacker les deux modes de transmission en plus de trouver l'algorithme de hashage. Cela utilise vraiment le rôle de backup d’un réseau bas débit en intégrant ses contraintes (très peu de données transmises via le hash).

 

Les hashs de données pourraient être intégrés dans la blockchain (potentiellement agrégés par jour et re-hashés pour réduire les accès à la blockchain) afin aussi de sécuriser le relevé de données. 

3. Pour sécuriser la transmission de la plateforme vers de l'objet connecté 

Pour éviter aussi que des ordres soient transmis malicieusement vers l'objet connecté, de la même manière, il faut à la fois hasher les données constituant l'ordre et le transmettre idéalement via deux modes de transmissions (WiFi, Bluetooth via Smartphone, GPRS/3G) et Sigfox (dans la fenêtre de réception qui peut être ouverte lors d'une transmission de l'objet connecté vers le serveur) ou Lora.

 

Cela permet d'assurer la résilience et la redondance des modes de transmission. De la même manière, il est nécessaire aussi de transmettre le hash de l'appareil et de la fonction de hashage pour s’assurer de l’intégrité de l’appareil. Si le hash envoyé ne correspond à celui dans l’appareil, il pourrait être bloqué automatiquement ou alerter l’utilisateur, le fabricant ...

 

Les hashs de données pourraient être intégrés dans la blockchain (potentiellement agrégés par jour et re-hashés pour réduire les accès à la blockchain) pour s’assurer de leur non-modification.

 

Même si cela peut paraître compliqué ces solutions sont en réalité beaucoup plus faciles à mettre en œuvre qu’on ne pourrait le croire pour sécuriser les données. Le minimum étant d’intégrer un algorithme de hashage open source dans l’équipement et de s’assurer de l’intégrité des données en interne et lors des transmissions.

 

Si cela vous intéresse de réaliser un projet sur ces sujets, n’hésitez pas à me contacter. Nous serons heureux avec Blockchain Partner de le réaliser.

 

Dimitri Carbonnelle 

Fondateur de Livosphere 

Conseil en Open Innovation, et nouvelles technologies : Internet des Objets, intelligence artificielle ...

 

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USI - Future of humanity with AI, artificial intelligence with Cedric Villani, Kevin Kelly, Mark Esposito, Kevin Klein, Ingrid Betancourt

I was really excited to be invited at USI, Unexpected Sources Technologies, an event that gathers great thinkers and opinion leaders to exchange ideas, draw inspiration, and discuss the digital transformation of our societies. (Link towards videos). 
I wanted to tell a story about the Future of Humanity facing Artificial Intelligence (AI) by picking in  each conference some food for thought and assembling them.
We'll go through the following steps :
  • Our challenges : DRIVE : Demographic & social changes, Resource scarcity, Inequalities, Volatile scale complexity, Enterprising dynamics (with Mark Esposito)
  • Our current reactions : procrastination (Tim Urban), punishment (Emmanuel Jaffelin), creating a butterfly by plugging wings to a caterpillar (Eddie Obeng )
  • One solution : Artificial intelligence becoming a commodity, however there are many intelligences (Kevin Kelly) that could lead us to augmented humans (wings, x-ray eyes...  Moran Cerf )  
  • But AI could outpace us as Lee Sedol experienced when facing AlphaGo (Nick Bostrom) and create major turmoils (loss of jobs, inequalities - Laurent Alexandre). Artificial intelligence Complementary Quotient would outdate IQ. However, we should never violate three rules : lose our body, our autonomy and randomness (still Laurent Alexandre ;)
  • Thankfully, there is still hope, as long as we provide the nutrients to give birth to ideas (Cédric Villani). We must go beyond easy tricks to lure masses (Dan Ariely) and ride the light as Einstein did to foresee our future (Etienne Klein)
  • Start by Design (AI) is a first step (John Maeda), giving a share to people in need (Leila Janah), extensively test AI by hackers (Keren Elazari)  are others. 
  • If ever strong AI overcomes us, we will have one last thing it will never get Faith (Ingrid Betancourt) 
It was a great opportunity before summertime to stick our heads out the day-to-day and think where our world would be going with a little help from my friends ;)

 

What I wanted to do is to take all the sessions I have been to and create a story that drives you through what could be our potential futures. I didn't respect the order of the conferences I went to, but like notes of a song, I tried to put them together in a special order ... I hope you'll like the song(s) ;).

To summarize, our world is going through major challenges and trends, that Mark Esposito has coined into a keyword DRIVE :

  • Demographic & social changes : world rise of elderly people), 
  • Resource scarcity ( moving away from  a resourceful planet),
  • Inequalities (growing between poor and rich and greatly magnified by perception, thanks to Internet everybody knows to what they can aspire but unfortunately can hardly obtain), 
  • Volatile scale complexity (our world is almost completely unpredictable), but with 
  • Enterprising dynamics (that could help us to face : Customer-focused, efficiency driven, engineering-based, science-based ). 

 

As Tim Urban, in his personal life, human beings are the best in procrastinating and we are waiting for the Panic Monster to get out of our lazy bed. It starts to really scare us after the little (instant gratification) monkey fooled us (a rational-decision maker) by luring us that we have a planet full of resources, technology will always save us).

 

John Maeda show we have moved from people around a table to people with their nose glued to their smartphones which won't help us to face this situation.

 

Punishment would certainly be one of the solutions for Emmanuel Jaffelin but I am not sure it will create much enthusiasm ;)  


Our challenge is not put wings on a caterpillar as would say Eddie Obeng but become a butterfly which means being able to break our usual barriers, stranglehold and deploy our wings Kevin Kelly would certainly say AI is a good thing because it would solve some major issues.

 

For me, artificial intelligence is a way to transform complex information into simple decisions. AI will become a commodity and flow like electricity or internet access for Kevin Kelly.  It is powering objects with intelligence as electricity powered before objects.

 

However, there is a long way before, the arrival of strong AI. Today, there are many intelligences that we can already observe in nature (humans, animals and in a way vegetals), AI might be better than us in certain fields (especially perception) but it is certainly not better than us as a whole and not before a few decades. That's why he recommends that humans work together with AI to become centaurs (preferred to the word cyborg to express that we are taking the best of the two worlds)  ... I think it's better than doing nothing and delegating eveything to AI ;)

 

Moran Cerf would even go further to enhance the human being : human with wings, or people seeing from gamma and x rays to radio waves. As blinds develop new senses, our brain could embrace new functionalities according to him. Sure, it would create some ethics issues ! We could even reach immortality, but who wants to live forever ?  It gives me the shivers... Not sure, I'd like to have chips under my skin :) In AI, we are absolute beginners.

 

As Nick Bostrom, describes it, AI can go much quicker than we think. When facing AlphaGo, Lee Sedol went from "winning by a near landslide" to "powerless" in 6 months, one year later AlphaGo defeated Ke Jie, the best Go player in the world, 3 to null.

 

 

AI starts even fooling us, making us thinks they could become creative artists, by applying well-known painter styles to pictures.  Are we doomed to become contemplative and passive beings, letting AI become our guide ?


Laurent Alexandre would say that we play with fire with AI, he goes even further saying we are in front of great challenges : disappearance of whole swathes of jobs, increasing inequalities between people in terms of intelligence (that could lead to massive upheaval, intellectual discrimination...), exacerbated by the introduction of chips in brains. Concerning jobs, best chances are those that mix manual ability and intelligence.
 

 

In the future, our AICQ  (Artificial intelligence Complementary Quotient - Quotient de complémentarité à l'IA in French QCIA) would outdate IQ. AICQ would measure how much our intelligence can leverage from AI. This raises one question, if two people had respectively IQ's of 80 and 120, would AI add intelligence, for instance +20 : 100 and 140 (which would relatilvely reduce people difference) or multiply it, for instance, *1,5 : 100 and 150 (which would increase people difference).
After asking the question to Laurent, he told me he thinks it would be the latter ... I think that after diabetes epidemy there is a real risk of intellectual diabetes (where we would rest on AI, as today people rest on junk food to eat).
To avoid this, Laurent stated three red lines, humanity should never cross, lose our body (if we were able to download / upload our mind to silicon ), delegate our autonomy (humans must be the final decision-maker), and get rid of randomness ("hasard" in French)

However there are reason for hope, it will come from an idea. But giving birth to an idea is not just a miracle says Cédric Villani, we gotta get up and try, and try, and try.  Like earth, ideas grow in a fertile ground full of nutrients :  documentation, motivation, enabling environment, exchanges between other people, interest, constraints, work and enlightenment.
By using Dan Ariely clever tricks, we could accept to drive the masses by opting in or out towards the right direction by reducing their efforts to decide but humankind is worth more than that.  
As would advocate Etienne Klein, he pushes towards another experience, a thought experiment. Einstein was riding light to discover that it has an absolute speed, why couldn't we take a ticket to ride our light to understand our limits and use it to make our world sustainable and better.

For John Maeda, the first step must be Design and not be the "fifth wheel of the carriage". By analogy, when we create and design AI now, we should in advance anticipate a few things, like a "Stop Button", a track log to understand what is going on...
 

 

Building AI can even be a factor of inclusion as explained Leila Janah, training people from developing countries to recognize images to feed artificial intelligence engines. It is a way to give them a share of new technologies. There is a risk to cut the branch on which they are sitting, however it gives people also the opportunity to move up of the ladder and go on the other side of the branch.
Another interesting analogy we can make between helping developing countries and AI, we shouldn't give Care (as usually do NGO / ONG or in case of AI, being assisted by AI ) but give means to work as Leila Janah did (and for AI, facilitate, help to work and not replace it).

Also, to avoid AI going crazy and hijacked, Keren Elazari says it needs to be widely and extensively tested by anticipation, so find all failures. Keren Elazari shows how hackers can help to reach that goal and gain precious time through bug bounties particularly.
 

 

But if ever, strong AI came over and overwhelmed humanity, there would be one thing that humans would have left that robots and Artificial Intelligence would never have : Faith, source of Hope and Will.  
Faith that Ingrid Betancourt had to survive of captivity among FARC, hope to escape one day and will to do it.
She may be coming from hell. Whereas all chances were against her, despite all logic and reasoning,  she broke free and reunited with her loved ones.
Dimitri Carbonnelle - Founder Livosphere 
Conseil Open Innovation - IoT, AI
Helping businesses to use new technologies (IoT, AI, VR...) as leverage

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VivaTech - Conférences Voice is the new UI (User Interface) / Frugal and Sustainable Innovation with Dimitri Carbonnelle Livosphere with Facebook, Snips, Navi R

Voice is the New UI : June 15th  10:45 to 11:15 with Facebook, Snips, Livosphere

 

I was really happy to moderate the following session on the voice is the new UI.

 

Here are the introduction and questions I asked

 

- Alex Lebrun Facebook AI and Co-founder of Wit.AI

- Yann Lechelle COO Snips  - lien image : 

- Dimitri Carbonnelle Livosphere

 

Here is the audio file :

Introduction by Dimitri Carbonnelle - Livosphere

Voice - quickest and most natural way for humans to transmit complex information

 

When I went to the CES Las Vegas in January Voice was everywhere, to be accurate Alexa, Amazon intelligent Voice control system. was everywhere in alarms, fridge, cars. I haven’t seen it in a toothbrush, but it should soon come ?...

 

The question is Why ?

 

Voice is the quickest and most natural way for humans to transmit complex information, compared to any other UX like typing or gesture. Voice recognition and voice understanding is a major shift because you don't need anymore a screen, our usual digital interface. You can cut the umbilical cord between a connected device and a smartphone and have a natural interaction with it.

 

The biggest challenge isn’t anymore transforming speech to text which became today a commodity as told me Alex. It is to understand, answer and react which means integrate artificial intelligence after voice recognition, we call it natural language processing. Of course, there are some issues about voice : one of them is privacy

 

Facebook intelligent speaker -  Voice versus text - Question to Alex Lebrun - Facebook

Hello Alex,

There is a lot happening around Voice recognition, and natural language processing.

On one side, we see Apple that will launch Homepod , after Amazon Echo and Google Home

on the other side, Facebook made some major moves in AI and vocal understanding, by buying for instance Wit.ai, from which you are the founder.

Everyone is asking the question : « What is the next move of Facebook to make voice as the new UX, are you gonna show your muscles and not be the only one among the GAFA to not have an intelligent. » But i won’t ask this question, as you wouldn’t be able to disclose this type of information here.

So, what I would I like to know is what are the specific uses cases for Voice recognition compared with text use cases ?

 

Pivot of Snips, value-added of Snips Question to Yann Lechelle - Snips

Hello Yann,

 

Snips really made a real pivot from making mobile assistants including AI to Natural Language processing, which is good move as you just raised 12M€ recently.

First point, why did you make this pivot ?

In addition, what is the value added by Snips compared to Amazon Echo, Google Home and Apple Homepod ?

 

General uses Vs Specific uses - Question to Alex Lebrun - Facebook

Facebook recently refocused its application of "artificial intelligence", intelligent chatbot didn't work so well and unveiled a bot API for its Messenger. With all the components you have and combined this with Wit.Ai, you could make an intelligent voice platform that could even be sold in B2B and compete with the Amazon Alexa plateform.

Without revealing any secrets, do you think voice recognition will be used for general purpose devices or limited first to specific tasks.(dishwasher, coffee machines) ?In this last case, manufacturers could rely on an intelligent voice plateform.

 

Alexa - Key witness of murder - Privacy - Question to Yann Lechelle - Snips

 You might have heard of this story :James Bates, in Arkansas has been recently accused of murder of his friend Victor Collins. You would ask ? What the heck ?

Well, James has an Amazon Echo that overheard a certain number of conversations so Amazon Echo could become a key witness in this murder investigation. This raise the question, of Privacy, because my conversations are sent to the cloud, accessible potentially to anybody. Yann, how Snips are you dealing with this issue ?

 

Question to Alex and Yann

Other interactions like gesture

We are talking about Voice, but there are other ways to interact naturally with objects. Will you include them in your solutions ?

 

I must admit I have a terrible handwriting, and it's getting worse and worse as I type more than I hand write . In the same way, do you think that voice will outdate writing ? Are we going back to an oral civilization enriched with plenty of videos ?

 

They are many languages to tackle , what strategy do you use ? Are you translating each language one to one or are you using pivotal language like English ?

Frugal and Sustainable Innovation with L'Oréal, Siemens, Navi Radjou and Dimitri Carbonnelle Livosphere

Introduction by Dimitri Carbonnelle - Livosphere

"More for more" no more sense - Emmanuel Macron, pionner in Frugal Innovation ;)

 

Here is the audio file:

 

 

Today when we innovate, we usually do more with more. Just to give an example to build a new factory of chips it costs over 1 billion USD and often 3,4 billion USD.

The next generation of factory that will make 450mm wafers would cost 10 / 15 billion USD. Does it really make sense ?

 

Today we are no more in a world plenty of resources but of scarcity. Often human beings starts being creative when they got a knife under their throat.

Frugal innovation is all about anticipating this moment to avoid it. It is doing more and better with less.

 

One of the first step to push people towards being creative is by reducing their resources.

 

Well I have got good news, because the French President Emmanuel Macron is pioneering Frugal Innovation to drive France. One of its first decision was to drastically reduce the number of collaborators in the Ministries cabinet (between 5 and 10). So, I am pretty sure, Ministries are now putting in place Frugal innovation strategies to do more and better with less people. In fact it compells them also to be open, to work with others.

 

Frugal Innovation and Europe - Question to Navi Radjou

Navi, Often we make the link between frugal innovation and emerging countries. You pointed out that the European Commission made a study on how to use Frugal Innovation as a leverage for Europe ?

Could you tell us why Frugal innovation is key in Europe and how we can become a forerunner in front of the Silicon Valley in that field ?

 

Reduction of CO2 emission - Question to Christophe de Maistre - Siemens

One main goal of Frugal innovation is making our world sustainable. However, industry and construction is a big contributor to climate warming, it's responsible for about 20% CO2 emissions in the world.

 

Siemens has decided to reduce by 50% its CO2 emission and to zero carbon emission by 2030. Can you tell us how you making this possible through innovation and can you give us some examples ?

 

Question to Stéphane Lannuzel - L'Oreal

One problem with Mass production is that One size fits all. As Henry Ford says, you can choose any color for your car as long as it is black. At the end, it doesn't fit so many people which means waste of time, money, resources

 

One principle of Frugal Innovation is mass customization and to be make it possibleyou need to flex your assets, which means being able to transform your production line to adapt to the demand.. And L'Oréal has exactly done that on its ines of production can you tell us more about it and why did you dit it ?

 

Products - Question to Navi Radjou

 You came up with a few products. They may that comes from Frugal Innovation can you show them and explain us in what they are different ?

 

Co-creation - Question to Christophe de Maistre - Siemens

On of the key of frugal innovation, is co-creation, and this goes from building proof of concept, prototype and solutions. I have heard the cornerstone of co-creation in Siemens with your customers but also startups is your platform Mindsphere. Can you tell us what it is and how it works ?

 

Customization and Production in shop - Question to Stéphane Lannuzel - L'Oreal

The next step is that the customers would be able to directly customize at the shop their product and buy it directly ?

I have understood you are doing this for foundations (fond de teit for french speakers) ?

Is it a big trend for you, that distributors, produce directly in their shop ?

 

Question to all speakers

Often we may think that Frugal innovation means low tech. How do you integrate new technologies like Iai? As we need less resources, Does Frugal innovation means also less Growth for companies? Is it an issue or a good thing?

 

 

 

Dimitri Carbonnelle - Livosphere 

Apple HomePod, Google Home et Amazon Echo, assistants intelligents, cellules souches des futurs objets intelligents

Apple vient de lancer son Home Pod, assistant intelligent incarné dans une enceinte concurrençant ainsi Amazon Echo et Google Home.  

 

On pourrait se demander si pour compléter le tableau du GAFA (voire GAFAM), Facebook ne va pas s'y mettre aussi ainsi que Microsoft. [UPDATE 4/8/2017] : Il va le faire ;) 

 

Pour moi, les assistants intelligents sont  comme des cellules souches  (cellules plénipotentiaires), pas bien différenciées,  dont on ne sait pas encore la place qu’elles prendront . Elles peuvent tout faire mais ne savent rien faire (ou presque). En revanche, ces assistants vont donner naissance à de nombreuses cellules différenciées et seront le départ d'une révolution beaucoup plus profonde : l'intégration de la reconnaissance vocale et l'IA dans un très grand nombre d'objets avec un usage beaucoup plus clair qu'aujourd'hui et peut-être un jour une trajectoire similaire au Smartphone.

 

J'aborderai plusieurs points :

  • Est-ce que ces agents vont  prospérer ou retomber comme un soufflé à l'image des smartwatches ?
  • Qu'est ce qu'il faut pour qu'ils se développent et n'atterrissent pas dans des placards comme des reliques à l'image de feu les lapins Nabaztag ou des appendices inutiles de smartphone ?
  • Comment vont-ils évoluer ? Vers des robots ou être intégrés directement dans les appareils électriques ? 
  • Quels problèmes cela pose d'avoir nos conversations envoyées systématiquement dans le cloud ? Qu'en est-il de nos données personnelles, face à ce micro branché 24h/24h ? 
Comme pour les activity tracker, smartwatches, tout le monde se met à l'assistant intelligent, Apple annonce le sien après Amazon Echo, Google Home et Djingo d'Orange (disponible début 2018 en français ;).

 

Les mauvaises langues diront que ces HomePod, Google Home et Amazon Echo ne sont que des lapins Nabaztag ou des home box cylindriques à qui on a offert le don de la parole. D'autres se demanderont quel est leur intérêt face à un smartphone présent dans la poche  qui nous évite d'acheter un assistant par pièce (même réduit comme l'Amazon Dot ou une télécommande intelligente).

 

Pour moi, l'assistant intelligent est comme une cellule souche, pas bien différenciée, dont on ne sait pas encore la place qu’il prendra dans la maison mais qui va donner naissance à de nombreuses cellules différenciées avec un usage clair. Ces assistants sont le départ d'une révolution beaucoup plus profonde de l'intégration de la reconnaissance vocale et l'IA dans un très grand nombre d'objets.

 

Mais pour revenir à ce premier assistant, quels seraient ses usages ? 

 

Aujourd'hui, le premier usage est celui d'une enceinte audio d'où sa forme quasi cylindrique. Hormis  le HomePod d'Apple à 349 USD, les prix sont très abordables : Amazon Echo pour 180 USD , Google Home 109$ (129$ avant) et il est dans la même gamme de prix voire moins cher que d'autres enceintes de même acabit (l'enceinte Sonos Play 1 est à 230 €).

 

Elles ont toutes des fonctions  "Nice to Have" identiques (donne les nouvelles, le trafic, la  météo, diffuse de la musique de Spotify, Deezer..., aider à contrôler la maison si vous avez des objets connectés compatibles...) 

Mais pour revenir à ce premier assistant, quels seraient ses usages ? 

 

Aujourd'hui, le premier usage est celui d'une enceinte audio d'où sa forme quasi cylindrique. Hormis  le HomePod d'Apple à 349 USD, les prix sont très abordables : Amazon Echo pour 140 USD (180 USD avant l'annonce Apple), Google Home 109$ (129$ avant) et il est dans la même gamme de prix voire moins cher que d'autres enceintes de même acabit (l'enceinte Sonos Play 1 est à 230 €).

 

Elles ont toutes des fonctions  "Nice to Have" identiques (donne les nouvelles, le trafic, la  météo, diffuse de la musique de Spotify, Deezer..., aider à contrôler la maison si vous avez des objets connectés compatibles...) 

Différent positionnement entre les 3 assistants

Néanmoins les positionnements marketing des 3 enceintes sont radicalement différents : HomePod se positionne clairement sur la musique avec iTunes et concurrence Sonos,  Google Home se positionne comme le majordome de la maison, un assistant  multi-tâches intelligent de la maison et Amazon Echo, qui en plus d'être une enceinte, facilite les achats en étant directement intégré avec sa Marketplace.

 

Amazon Echo - Ecosystème et achat facilité

Un petit comparatif entre Amazon Echo et Google Home, montre que le premier se différencie par son éco-système et son intégration avec de nombreux partenaires et des applications tierces (y compris Google) en particulier pour acheter, Google Home est meilleur pour le son, et moins cher, d'autre part c'est celui qui répond le mieux(  aux questions devant Cortana,  loin devant Echo et Siri (étude de StoneTemple avant la nouvelle release de iOS 11:)

 

Pour être honnête, celui qui me semble le plus à même de réussir à devenir un assistant intelligent est Amazon Echo car il se fonde sur un usage quasi quotidien : l'achat qui présente de multiples avantages, les clients Amazon ont mis leur numéro de CB sur Amazon, ce qui permet de créer une expérience frictionless d'achat à partir de l'Amazon Echo, permet d'utiliser Amazon Echo comme extension du smartphone ou du web mais en créant bien plus de "stickiness".
Il peut gérer des rachats automatiques ou suggérés avec des questions comme "Il risqué de vous manquer de lessive. Voulez-vous que j'en recommande ?" Qui dirai"Non", je vais aller en chercher la prochaine fois que j'y pense au supermarché ! A ce titre,j'ai écrit un article sur l'arrivée d'Amazon avec le Dash qui s'applique aussi ici.

 

Le problème est que l'achat n'est pas un acte nécessairement quotidien, en revanche en simplifiant fortement l'achat / réduit fortement les frictions d'achat (plus besoin d'aller sur un site, sélectionner son article, l'acheter...), il constitue un modèle économique  pour Amazon.

Google Home - Majordome de la maison 

 

Google Home a un problème de positionnement car il fait un compromis entre de multiples choses, enceinte, recherches simples utilisant Google Assistant, alertes sur ses vols, le trafic. capacité à s'intégrer avec le smart home, ...

 

La promesse n'est pas suffisamment claire pour le client final , les usages sont trop larges un peu comme le Mother de Rafi (plus ou moins abandonné depuis, hormis les peanuts). La baisse de prix récente des Google Home (à 109$ au lieu de 129$) est d'ailleurs peut-être un signe.

 

Enfin à la différence d'Amazon Echo, il n'y a pas de modèle économique récurrent avec Google Home actuellement. Vous me direz, qu'elle peut diffuser de la publicité sauf que cela sera vite considéré comme très intrusif et Google n'est pas comme Amazon une plateforme de vente avec une logistique pour livrer, ce n'est pas son métier,   

Apple Homepod - La Musique puis Homekit

 

Apple est totalement légitime sur la musique, il devra montrer qu’il est capable d'être le meilleur en acoustique pour concurrencer les Sonos voire gratouiller les doigts de pied de Devialet.

 

Le problème est qu'en dehors de la musique, HomePod n'a pas de réel élément différenciateur avec les autres (commander sa maison avec des équipements compatibles HomeKit...)  et que la valeur additionnelle de la voix n'est pas énorme par rapport à une enceinte usuelle.

 

Apple réduit beaucoup moins les frictions qu'Amazon Echo car à la base il y en a assez peu (il suffit d'appuyer sr un bouton pour passer d'une musique à l'autre et la recherche de nouvelles musiques est un Nice to have pas un Must Have) .

 

Pour Google et Apple, il y a un risque majeur, que ces produits soient soit des succès en demi-teinte ou pire des fours commerciaux. Ce ne serait pas une catastrophe pour eux (actuellement, seul Amazon Echo a fait ses preuves avec 8M de ventes même s'il faut s'assurer du taux d'activité de ceux-ci.), mais si c'est le cas que faire ?  

Facebook - Est-ce vraiment nécessaire ?

 

Pour Facebook, au-delà de montrer ses muscles en disant "Moi aussi, je sais faire un assistant personnel comme les autres GAF", je vois assez peu d'intérêt car la vocation de FB est de partager des moments, images, vidéos avec sa communauté d'amis et ce n'est guère évident avec une enceinte !

 

On peut échanger avec des amis par la voix, mais il paraît que les smartphones ont déjà cette fonction : l'appel téléphonique; (ou de la VoIP sur FB via Messenger), donc l'intérêt additionnel me semble très faible. Le jour où Messenger intégrera massivement des agents intelligents et qu'ils seront utilisés de manière pluri-quotidienne, cela aurait plus d'intérêt. Néanmoins, il y aura déjà pas mal de concurrence.

 

Là-dessus, je pense que Facebook fera soit du Wait and See ou sortira un agent intelligent type Proof of Concept / POC qui ne sera pas commercialisé avant longtemps. Enfin, le hardware n'est pas vraiment la spécialité de Facebook (hors Oculus qui est un rachat). En revanche, à la suite du rachat de Wit.AI, il est probable qu'ils intègrent la reconnaissance vocale dans l'Oculus pour faciliter la navigation, la recherché d'informations...  

 

Ce sera l'occasion pour moi de poser la question à Alexandre Lebrun, fondateur de Wit.Ai racheté par Facebook en janvier 2015 lors de Viva Tech (Conférence que j'anime jeudi 15 sur "Voice is the new UI" avec aussi Yann Lechelle de Snips) ;)

 

 

UPDATE 4/8/2017 Facebook lancerait un Smart Speaker début 2018

Après les 3 autres gaillards du GAFA et  plus récemment Alibaba, Facebook pourrait commercialiser pour le premier trimestre 2018 son premier "Smart Speaker".

 

A priori, il serait composé d'un écran tactile de 15 pouces (environ 40 cm), serait sans doute utilisé pour un usage type "Call Vidéos" notamment (ci-contre une déclinaison d'Amazon Echo avec un écran et une caméra).

 

D'autres usages, comme celui de bloc-notes, achat simplifié, "vidéo-surveillance" pourraient être mis en avant. On retrouvera certainement des usages similaires au Triby d'Invoxia.

 

Le produit devrait être fabriqué par Pegatron Technology (en Chine) 

 

Néanmoins, je reste circonspect sur ce type de produit car ce sont des produits très multi-usages à l'image des smartphones et surtout qui sont concurrencés par la multitude d'écrans déjà existants dans la maison avec des fonctions similaires (smartphones, tablettes, TV, versons aussi une petite larme pour feu les cadres photo numériques). La vraie question est quelle est la valeur additionnelle apportée par les Smart Speakers ou Smart Screens par rapport à ce qui existe déjà.

 

Le marché devrait être de 5,5 milliards de dollars de revenus en 2022, ce qui est un chiffre très hypothétique et très faible vu que c'est dans 5 ans (le marché mondial des smartphones est de 430Md$).

 

Pour être caricatural, je pourrais créer un Smart Speaker Livosphere (et pourquoi pas ;) en intégrant une tablette achetée sur Alibaba dans un support avec un joli design.

 

Pour moi, il s'agit plus pour Facebook d'occuper le terrain que d'un lancement massif, ce que je comprends aisément. 

 

La suite dans moins d'un an ...


Microsoft - Cortana in the car 

 

Concernant Microsoft, il se pourrait qu'ils sortent pas un agent intelligent ou enceinte intelligente (ils ont eu un projet H... , d'enceinte avec Cortana il y a 7 ans qui a été enterré depuis), cela permettrait de matérialiser Cortana très peu utilisé à l'exception des derniers mohicans utilisant des Windows Phone et de quelques happy few qui l'utilisent dans Windows 10. Ils pourraient aussi l'intégrer dans leur Xbox et dans HoloLens. 

 

Mais encore une fois, pour quel usage ? L'approche de Microsoft est sans doute la plus pragmatique car il se concentre sur Cortana in the Car avec des constructeurs automobiles où d'une part il y a de vrais uses cases (éviter d'utiliser son smartphone) et un angle d'attaque pertinent auprès des constructeurs en étant un acteur nettement plus neutre face à Apple Car Play et Android Auto qui sont devenus des partenaires contraints des constructeurs.  

Familiariser la reconnaissance vocale (cf les smartphones avant IPhone)
A l'image de la brosse à cheveux connectée, issue du partenariat entre Kerastase (L'Oréal) et Withings, l'objectif n'est peut-être pas tant commercial que pédagogique pour l'utilisateur final ainsi que pour l'entreprise. (Petit aparté, je ne pense pas que la brosse à cheveux pour un prix de près de 200€ fasse un carton dans les linéaires. En revanche, cela permet à L'Oréal de se familiariser avec les données collectées directement de leurs clientes et de les utiliser pour proposer des produits personnalisés)
 

 

L'utilisation régulière d'un agent intelligent n'est pas vraiment naturelle mais à l'image de ce qu'ont été les smartphones avant l'iPhone, les enceintes intelligentes permettent à tout à chacun de se familiariser avec ceux-ci ainsi qu'avec l'utilisation de la reconnaissance vocale avant qu'ils ne s'étendent vraiment.
Intégration dans les objets de la reconnaissance vocale 

 

Les deux prochaines évolutions de ces agents intelligents sont d'abord leur dissolution dans d'autres objets connectés. Typiquement, dans une machine à laver, une machine à café, une TV, un réveil.

 

L'objectif n'est pas qu’ils deviennent des assistants omniscients mais des assistants qui répondent à des ordres simples dans leur domaine par la voix type "OK Réveil, pourrais-tu mettre l'alarme pour mon rdv demain ?", "OK, Machal (petit surnom donné à la machine à laver), pourrais-tu recommander de la lessive et m'indiquer si je peux mettre mon vêtement en lin avec les vêtements que j'ai déjà mis ?"

 

Les coûts d'un micro, des puces, transmetteurs ont fortement chuté, une startup comme Snips, propose déjà d'intégrer ce type de fonction dans les équipements et à l'image d'Alexa et Cortana, Facebook propose via Wit.AI (racheté) de transformer de la voix en langage structuré.

L'arrivée des robots comme assistants

 

D'autre part, parler à un cylindre  (forme la plus commune notamment pour avoir un son 360°) n'est pas ce qui a de plus funky. Je dirai même que cela pourrait en laisser un certain nombre de marbre et n'engage pas à la discussion.

 

 

Quelques LEDs peuvent agrémenter le dispositif comme sur Amazon mais je crois beaucoup plus à une évolution vers des "robots" ou des objets qui incitent à communiquer (forme d'animaux, écran pour exprimer des "émotions" simples ...).

 

En plus de notre Buddy national, j'apprécie beaucoup iJini qui pour 600$ vous donne de vraies fausses émotions (on écrasera une larme sur AIbo de Sony qui fut leur ancêtre à tous) .


Les autres interactions : les gestes en particulier 

 

Autre point, on parle de la voix mais il y a aussi d'autres interactions naturelles qui se développeront, en particulier le geste. Bixi, startup française a notamment montré au CES Las Vegas un dispositif qui intègre Alexa en plus de la commande par geste (avec un capteur STM). Ijini l'illustre aussi car il faut le caresser pour qu'il tombe en pâmoison devant nous !

Voix traitée localement ou sur Internet
Enfin, il y a une vraie problématique sur le choix du traitement de la voix et de son analyse (Speech to text, Natural Language Processing (NLP) qui intègre NLU Natural Language Understanding)
Faut-il l'embarquer ou l'intégrer sur une plateforme ? Amazon Echo envoie tout dans le cloud ce qui est un problème majeur pour plusieurs raisons, potentiellement des délais de latence plus longs, une impossibilité de communiquer en cas de coupure et la confidentialité des données personnelles qui d'une part est un frein majeur à l'achat si ce n'est pas respecté en particulier en Europe. Ce sera particulièrement encadré avec la nouvelle réglementation européenne RGPD (25 mai 2018 avec de lourdes sanctions an cas de manquement). Je vous conseille très fort la lecture des recommandations de la CNIL à ce sujet.
 

 

Dystopie personnelle  sur les assistants intelligents ... écrite en 2011 ...

 

Cela vous donne un retour avec une vision très personnelle des assistants intelligents. Il y a quelqu'un temps, j'avais écrit une mini dystopie sur l'arrivée des  agents intelligents (iLad d'Apple ;) avec les impacts sociétaux des assistants intelligents, alias Life Advisor si cela vous intéresse.

 

Vous y découvrirez plein d'assistants "Take care of my money", "Take care of my Car" et le fameux "Take Care of my life"... autant de nouvelle applis avec les opportunités et les risques ...

 

Dimitri Carbonnelle

Fondateur de Livosphere Conseil en Open Innovation (Internet des Objets, IA ... et startups)

 

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Cybersécurité - ANSSI (agence publique) lance la plateforme ACYMA pour remonter et contrer les cyberattaques pour les entreprises, particuliers et administratio

Cybersécurité / Cybermalveillance

 

Si vous êtes victimes d'une cyberattaque / cybermalveillance, à qui faut-il s'adresser alors que les attaques sont de plus en plus nombreuses ?

 

ANSSI Agence Nationale de la sécurité des SI (cybersécurité) apporte une réponse nationale en lançant la plateforme ACYMA pour que les entreprises, les particuliers et les administrations puissent remonter les cyberattaques dont elles ont été victimes et surtout trouver des professionnels locaux permettant de les aider à y faire face.

 

Elle est en test sur la région Hauts de France avant un déploiement dans toute la France en octobre 2017. Les professionnels de cybersécurité inscrits sur la plateforme doivent à la fois remonter, qualifier les attaques auprès de l'ANSSI et sont notés (comme toute plateforme collaborative ;) par leurs clients.

A l'image de ce qui existe pour la santé, la prévention et le soin en particulier de maladies comme la grippe, cela permet de recenser et de cartographier les "épidémies" de cyberattaque, réduire les risques de propagation.

 

C'est aussi l'occasion de créer des nouveaux types d'emplois avec le développement et la structuration d'une nouvelle profession : les experts en cybersécurité en utilisant les techniques de plateforme collaborative pour les évaluer.

 

C'est aussi un signe très encourageant de la démarche de l'Etat d'avoir un rôle d'Etat Plateforme, qui aide facilite la vie de ses citoyens, entreprises et administrations en apportant des solutions tout en gardant sa neutralité.

 

Le site est : https://www.cybermalveillance.gouv.fr/

 

Concernant la sécurisation de l'Internet des Objets, j'ai écris un article sur les moyens de les prévenir et d'y faire face ici : Sécuriser l'IoT après l'attaque DDos par des objets connectés sur Twitter, Netflix, Amazon via le service DNS Dyn

 

Smart City - Audition de Livosphere auprès de Luc Belot, député sur son rapport auprès du Premier Ministre

J'étais ravi de retrouver Luc Belot, député du Maine et Loire à l'Assemblée nationale dans le cadre de sa mission auprès du Premier ministre sur la Smart City / Ville Intelligente.

 

Nous avons couvert plusieurs sujets :

  • comment passer d'un prototype / proof of concept de solutions Smart City au sein d'une ville à une généralisation de la solution dans le cadre d'un partenariat innovation.
  • les différents réseaux bas débits / hauts débits dans une ville (Sigfox, Lora, NB-IoT, Bluetooth 5.0, WiFi, 3G/ 4G, 5G)
  • leurs usages / complémentarité et la nécessité d'intégrer leur évolutivité et leurs contraintes (énergie, débit, pérennité ...)
  • l'intérêt d'avoir une infrastructure ouverte qui permet à de nouveaux usages de se greffer et d'utiliser ces réseaux (au lieu d'une infrastructure dédiée à un usage spécifique)
  • la protection / confidentialité des données des citoyens

Passer d'un proof of concept Smart City à une généralisation dans le cadre d'un Partenariat innovation

Cadre traditionnel de marchés publics (APAC) / R&D

Une des problématiques rencontrées par les collectivités territoriales  dans le déploiement de solutions Smart City est que peu de projets dépassent le stade du Proof of concept / prototype.

 

Avec Luc Belot, nous avons échangé sur les raisons de cela :

 

Le premier point est lié au recours au partenariat d’innovation (Fiche PDF ici) dans le cadre d'un marché public. C'est méconnu mais il permet de déroger à l'appel d'offres classique avec une mise en concurrence classique (notamment des achats publics avant commercialisation (APAC) et des marchés de R&D) à l'issue de la phase R&D (cf schéma ci-dessus)

 

Quelques éléments techniques :

 

Issu des nouvelles directives européennes, (introduit dans le droit interne par le décret n° 2014-1097 du 26 septembre 2014 puis prévu aux articles 94 et suivants du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016), il a pour objectif de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante et d’aider les acheteurs publics à faire une meilleure utilisation stratégique de leurs marchés pour stimuler l’innovation. Le partenariat d’innovation est un nouveau type de marché public. Il vise à pallier les difficultés structurelles des marchés de recherche et de développement (R&D) qui imposent une remise en concurrence à l’issue de la phase de R&D pour pouvoir acquérir les produits, services ou travaux innovants qui en sont le résultat.

 

Point essentiel : Un partenariat d’innovation ne peut donc être conclu qu’à la condition qu’il n’existe aucune solution disponible sur le marché susceptible de répondre au besoin de l’acheteur.

 

Cela signifie que l’acheteur doit vérifier, par une étude approfondie et précise, que son besoin ne peut être couvert par des solutions déjà existantes sur le marché.

 

Les solutions innovantes sont non seulement les travaux, fournitures ou services nouveaux mais également ces mêmes prestations sensiblement améliorées. Le caractère innovant d’une 

solution peut également résider dans les méthodes utilisées. Il peut ainsi s’agir de nouveaux procédés de production ou de construction, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, améliorant par exemple l’organisation du lieu de travail ou les relations 

extérieures de l’entreprise.

Les problèmes posés par le Partenariat Innovant

Cela pose plusieurs problèmes :

- Incertitude juridique 

Il y a un risque qu'un concurrent potentiel vienne attaquer ce dispositif en indiquant que l'innovation de la startup apportant la solution à la ville n'est pas innovante. Les services juridiques doivent donc être très frileux à déployer ce type de solutions d'autant qu'elle nécessite une étude approfondie des solutions existantes au préalable ce qui fait perdre autant de temps.

 

- Effet pervers : création d'une innovation usine à gaz 

Comme il faut créer une innovation qui ne trouve pas d'équivalent, il faut que la solution soit innovante indépendamment du fait qu'elle réponde mieux ou pas aux besoins de la ville.

En simplifiant, si une ville veut pousser une startup innovante, il vaut mieux créer une innovation compliquée (et donc souvent difficile à déployer largement) plutôt que d'utiliser une innovation simple qui existe déjà et répond aux besoins de la ville.

 

- 2ème effet pervers : la complexité à dépasser le cap du proof of concept

Comme la solution est très innovante, c'est nettement plus compliqué de passer à l'échelle d'une ville voire impossible. Entre le proof of concept sur un quartier et la mise à l'échelle sur toute une ville, il y a la phase industrialisation qui est un peu la vallée de la mort de la startup et de l'innovation. C'est un peu comme si vous testiez une voiture autonome dans un parking avec peu de circulation et que souhaitiez tout à coup qu'elle puisse être utilisée dans la circulation normale dans toute la ville. Entre les deux il y a un fossé énorme.

 

Le temps nécessaire pour la ville et la startup d'essuyer les plâtres et d'éprouver suffisamment la solution s'étend souvent sur plusieurs années, or les ressources et la volonté d'une collectivité territoriale se sont fortement étiolées voire éteintes en particulier s'il y a un changement à la tête de la collectivité.

 

- 3ème effet pervers : Sur-mesure à outrance, dépendance et non scalabité

Vu la dépendance de la startup à la collectivité territoriale et que c'est son premier client (puisque c'est une innovation !), elle est contrainte que sa solution réponde parfaitement à son besoin. La solution proposée par la startup devient du sur-mesure pour cette ville et il devient impossible celle-ci d'étendre à d'autres villes (car la startup n'a aucun autre point de repère pour savoir ce qui est standard de ce qui est spécifique). La startup devient une société de services sur-mesure pour une ville et est non scalable.

Quelques préconisations sur le Partenariat Innovant

Quelques préconisations :

 

Caractère innovant facilité dans le partenariat d'innovation

Concernant le partenariat d'innovation, il faut, je pense, assouplir les règles (et donc au niveau européen ;) pour permettre de tester des solutions sans passer par une étude approfondie des solutions existantes.

 

Pour éviter les abus, on pourrait se baser sur des critères existants déjà qui confirment le caractère innovant de la solution (ex: JEI, Crédit d'Impôt Recherche accordé, accompagnement par des incubateurs type Cap Digital, Scientipôle ).

 

On peut même imaginer labelliser des startups ou des solutions innovantes sur le plan national et même européen qui permettent à celles-ci de concourir à tous les marchés publics en Euportrope dans le cadre d'un partenariat d'innovation. Cela permet aussi d'éviter que chaque ville fasse sa propre étude pour s'assurer que la solution est innovante.

 

Se fonder sur des briques existantes comme Fiware, plateforme open-source et programme portés par l'UE

Plutôt que de réinventer la poudre pour chaque ville, il est essentiel de se fonder en premier lieu sur des briques existantes si possible open-source qui permettent d'avoir des solutions scalables et déployables dans un grand nombre de villes.

 

A cet effet, l'Union Européenne a porté FIWARE, qui est un programme destiné à créer et accélérer un écosystème européen autour du développement d’applications pour l’internet du futur. Il vise notamment des domaines telles que les villes intelligentes, les transports durables, la logistique, les énergies renouvelables et la développement  durable. Le programme Horizon 2020 s'intègre dans FIWARE.

 

Dans ce cadre, FIWARE fournit des aides au financement, des briques logicielles génériques orientées internet du futur et une plateforme commune d’expérimentation avec des API communes.

Quelques préconisations sur la gestion du projet Smart City

Volonté politique et pilotage / coordination via notamment la préfecture

 

Ces projets innovants peuvent s'étendre sur de longues périodes. il est donc essentiel que plutôt que de faire du startup washing (pour montrer qu'on travaille avec des startups même si au final on les laisse tomber à l'issue de l'expérimentation, le projet adresse une problématique majeure de la collectivité territoriale, pour être plus précis, il faut même tenir compte de l'agenda politique et des attentes des citoyens.

 

Si celui ou celle qui est à la tête de la collectivité territoriale et si les attentes des administrés est de renforcer la sécurité, il vaut mieux que le projet innovant soit dans ce domaine, si c'est la prévention des risques d'inondations, idem ... Il faut que celui ou celle qui porte le projet ait un intérêt même électoral à ce que le projet réussisse en plus de l'intérêt des citoyens.

 

Concernant le pilotage de l'initiative, il est essentiel aussi de s'associer avec les différentes strates et organisations concernées par ce projet, une fois que les grandes lignes directrices sont dessinées (au moins de les informer et de s'assurer s'ils veulent s'y associer et en intégrant ceux qui s'y opposent pour éviter les effets boomerang après). 

 

En termes de coordination, il est vraiment judicieux de travailler avec la préfecture et l'ensemble de ses services car d'une part, elle a

  • a pour rôle de coordonner l'ensemble des directions territoriales de l'Etat (Lien - http://www.collectivites-locales.gouv.fr/ladministration-territoriale-letat 8 structures sur le plan régional : direction régionale des finances publiques, la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF), la direction régionale de la culture (DRAC), la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), la direction régionale des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS), les rectorats d'académie, l'agence régionale de santé (ARS) )
  • a la possibilité de flécher des crédits, dispositifs financiers de l'Etat ou de l'Europe pour financer le projet et est un levier pour obtenir des subventions d'entreprises
  • est un garant de pérennité, de neutralité (car non soumis à une élection et est garant de l’utilité publique) et a un fonctione d’arbitrage entre les différents acteurs
  • a aussi des besoins propres pour prévenir, alerter sur les risques de sécurité publique et de gérer les crises (cela comprend aussi les risques liés aux catastrophes naturelles, pollution ...)
 

En termes de coordination, il est vraiment judicieux de travailler avec la préfecture et l'ensemble de ses services car d'une part, elle a

 

 

 

 

 

  • a pour rôle de coordonner l'ensemble des directions territoriales de l'Etat (Lien -  8 structures sur le plan régional : direction régionale des finances publiques, la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF), la direction régionale de la culture (DRAC), la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), la direction régionale des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS), les rectorats d'académie, l'agence régionale de santé (ARS) )
  • a la possibilité de guider / flécher des crédits, dispositifs financiers de l'Etat ou de l'Europe pour financer le projet et est un levier pour obtenir des subventions d'entreprises
  • est un garant de pérennité, de neutralité (car non soumis à une élection et est garant de l’utilité publique) et a une fonction d’arbitrage entre les différents acteurs
  • a aussi des besoins propres pour prévenir, alerter sur les risques de sécurité publique et de gérer les crises (cela comprend aussi les risques liés aux catastrophes naturelles, pollution ...)

Les dfférentes technologies de transmission dans la Smart City

 

Il existe de nombreuses technologies potentielles pour connecter ses équipements avec des usages très différents.

 

Voici deux tableaux récapitulatifs des différents réseaux bas débits / hauts débits dans une ville (Sigfox, Lora, NB-IoT, LTE-M, Bluetooth 5.0, WiFi, 3G/ 4G, 5G).

 

Je préciserai les différences entre ces technologies dans un second temps.


 

 

 

Cet article sera enrichi au fur et à mesure.

 

Dimitri Carbonnelle - Fondateur de Livosphere 

Conseil en Internet des Objets et Open Innovation (recherche, sélection et déploiement d'innovations et solutions de startups / entreprises innovantes)

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Premières tendances du CES Las Vegas 2017 : Alexa, VR, Robot, the new Frenchtech, IoT nouveau canal de vente, IA

En quelques mots, voici mes premiers retours du CES Las Vegas, à la suite du CES.
  • Alexa, reconnaissance vocale d'Amazon omniprésent
  • La VR - Réalité virtuelle sur tous les stands
  • Robots compagnons
  • Fin de l'époque des pionniers de l'IoT
  • Internet of S***
  • IoT, nouveau canal de vente
  • Intelligence artificielle - Prochain combat du CES 2018
  • Automobile - les constructeurs réduisent la voilure inversement à Qualcomm, Nvidia
Alexa, reconnaissance vocale d'Amazon omniprésent
Il y a une omniprésence d'Alexa d'Amazon pour la reconnaissance vocale qui est mis à toutes les sauces et devient un des facteurs pour couper le cordon ombilical avec le smartphone. il est souvent associé à IFTTT (If This Then That), Apple Home Kit et/ou Works with Nest.
J'en avais parlé dans mon article sur CES 2016, ici le phénomène s'est massivement amplifié.
La VR - Réalité virtuelle sur tous les stands
La VR - Réalité virtuelle est présente partout avec beaucoup de casques HTC Vive et quelques Oculus.
L'utilité ? Regardez ce qu'a fait Dassault Systèmes avec son configurateur de voiture sur une place de la Concorde vide. Vous comprendrez ...
Cela peut  accroître fortement les taux de transformation (en achat) car le client peut directement visualiser sa voiture sous tous les angles dans un espace connu.
Robots compagnons
Il y a un développement phénoménal de robots compagnons (il y en a quelques uns qui font peur ;)
Comme je le disais dans mon article sur les Prédictions 2017, Amazon et Google devraient remplacer leur Amazon Echo et Google Home de forme cylindrique avec  ce type de  robots (en plus petit cf article) pour faciliter l'interaction.
 
Fin de l'époque des pionniers de l'IoT
C'est la fin de l'époque des pionniers des objets connectés.
Parrot n'a plus de stand au CES (il était là depuis 18 ans et était un incontournable du CES), Withings a été racheté par Nokia, Myfox par Somfy et Netatmo affiche clairement ses partenaires (Velux) et actionnaire (Legrand).
En revanche, beaucoup de startups d'Eurêka ont leur stand parmi les grands au South Hall du Sands (Holî, Kolibree, Ubiant, Piq, Bionic Bird....) et beaucoup de startups à Eurêka sont en fait "sponsorisés" par des grands groupes (La Poste, Crédit Agricole, Air Liquide, Engie et même Samsung...)

Internet of S***
Compte tenu du très faible coût des capteurs et autres composants, certains en mettent partout même s'ils n'ont aucune idée si cela répond à un besoin des utilisateurs.
C'est ce que certains appellent ici au CES, Internet of S***. C'est un phénomène normal, il y a un effet d'aubaine, mais ça va fortement se réduire quand les startups concernées se rendront compte que leurs clients se comptent sur le doigt d'une main.
Ici une gourde réfrigérante intégrant chargeur et speaker bluetooth pour smartphone mais j'ai bien pire ... !
IoT, nouveau canal de vente
On assiste aux prémisses de l'IoT comme nouveau canal de vente (j'en parle ici dans un article sur l'ubérisation en mai 2015).
Dans le domaine des capteurs de peau c'est particulièrement marquant, car ils prescrivent des crèmes en fonction de votre peau et font des crèmes sur-mesure. Ici Conway s'est associé avec Re-Ink (cosmétiques) pour proposer à ses clients des cosmétiques sur-mesure sur base du diagnostic de peau.
Cela pose deux questions, le risque d'ubérisation des marques (car celle qui a le contact avec le client est l'entreprise vendant l'objet connecté et donc a ce rôle de precription) et celui de la désintermédiation des distributeurs (car c'est de la vente directe)
Intelligence artificielle - Prochain combat du CES 2018
On voit de plus en plus d'IA intégrée dans les produits, même si cela est parfois peu visible. C'est similaire à là où était Alexa en 2016 on peut donc dire qu'au CES de 2018 un acteur GAFA proposera gratuitement (comme pour Alexa) son moteur d'IA. Il y a des chances même que cela soit Google pour éviter de se faire couper une nouvelle fois l'herbe sous le cpieds. 
Automobile - Les constructeurs réduisent la voilure inversement à Qualcomm, Nvidia
Le CES pour la partie automobile était situé principalement au North Hall. Pour être franc, j'étais assez déçu car on vraiment l'impression par rapport à l'année derque les constructeurs ont réduit la voilure avec des stands plus petits, moins garnis. Je voyais moins d'innovation par rapport à l'année dernière et cette partie ne semble pas à ce stade concurrencer un événement comme le Mondial de l'Automobile. Pour donner des éléments de comparaison,  les surfaces d'exposition au CES pour l'automobile est quatre fois plus petite, un peu plus de 30 000 m2 (environ 80% North Hall plus des espaces extérieurs de Valeo et BMW) que  pour le Mondial de l'automobile en 2016, 125 000 m2.
En plus, les fabricants de composants dédiés à l'automobile comme Qualcomm, Nvidia étendent leur emprise en taille et en valeur sur ce marché.

Les innovations aux CES Las Vegas vu au CES Unveiled (événement presse)

Top 6 Livosphere des innovations au CES Unveiled Las Vegas

Après quelques heures au CES Unveiled (événement presse pour présenter les innovations avant le CES Las Vegas), voici mon top 6 :

 

- Ekko de Miliboo, miroir connecté et avec écran OLED avec détection de mouvements pour ne pas faire de traces de doigts ;)

 

- Mister Gaspard, tapis à positionner sur le siège de fauteuils roulants intégrant des capteurs de pression qui permet de connaître son poids (pas facile avec une balance traditionnelle), si on a une bonne position (évite escarres)...

 

- IO, Camera 360¨de Giroptic à mettre sur smartphone by Richard Ollier, son CEO himself

 

- Memoo par C-Way, assistant connecté pour enfants de 3 à 10 ans avec interface tactile intégrant enceintes et mini-écran

 

- Bixi qui intègre la reconnaissance vocale d'Alexa en plus de la reconnaissance gestuelle de Bixi (utile pour éviter d'utiliser son smartphone quand on conduit !)


Les innovations les plus farfelues ou surprenantes au CES Unveiled Las Vegas

Et maintenant le top des innovations les plus farfelues ou surprenantes du CES Unveiled Las Vegas :

 

- Le talon rétractile de Digitsole commandable par smartphone, utile pour ajuster sa taille selon la personne qui vous accompagne ;)

En revanche, importable, en effet, la cambrure d'une chaussure doit s'adapter à la hauteur du talon sinon c'est douloureux et difficile à porter, or ici seul la hauteur du talon varie !

 

- Taclim, les chaussures à retour haptique pour les personnes qui veulent aller plus loin dans l'immersion de la réalité virtuelle

 

- Xenoma enfin un vêtement pour faire de la musique corporelle !

 

- l'imprimante à post-its de Mangoslab (issu de Samsung) , un peu trop limitatif selon moi d'autant qu'il faut payer les rouleaux à post-its !

 

- Hypersuit pour se transformer en Superman dans la réalité virtuelle (mais déjà vu à Viva Tech)

 

- Crazbaby, un speaker bluetooth à lévitation magnétique (LG en présentera un aussi)


Les innovations issues de collaborations entre startups et grands groupes

Je poursuis sur le CES Unveiled avec le résultat des meilleures innovations issues de collaborations entre startups et grands groupes :

  • Somfy et Myfox (racheté par eux) ont réalisé une camera all-in-one issue de Myfox et adapté à l'environnement Somfy, bravo pour ce premier fruit de partenariat en aussi peu de temps (mais pas étonnant connaissant Marc et Jean-Marc :)
  • Netatmo a travaillé avec Velux pour que ses Velux se ferment/s'ouvrent en fonction de la qualité de l'air, température... Ils ont aussi collaboré avec Legrand (actionnaire) pour réaliser Celiane, des prises connectées. Bien vu (et tour de force) pour la gateway intégrée dans la prise (double prise avec le dôme).
  • Une grande qualité de Netatmo est de très bien valoriser son expertise auprès de grands groupes sur des produits pertinents (déjà Engie l'an dernier).
  • Netatmo a aussi présenté leur sirène connectée, accessoire de Welcome et un détecteur de fumée connecté.
  • Withings a travaillé avec Kérastase pour réaliser une brosse à cheveux (Hair Coach) connecté mesurant la qualité des cheveux notamment avec un capteur de son et une jauge de contraintes (pour savoir si le cheveu est sec, si on tire trop dessus...). 
  • C'est la 1ère fois à ma connaissance que Withings fait un partenariat avec une autre entreprise sur un de ses produits. Le rachat par Nokia y est peut-être pour quelque chose ... A suivre .. 
  • Pour la brosse à cheveux, j'y crois peu en B2C mais en B2B dans les salons de coiffure, cela aurait du sens en proposant un service complet autour des soins des cheveux.
  • Sowee, télécommande (design que j'aime beaucoup réalisé par Pierre:) et MicroEJ pour l'interface) pour piloter le chauffage (avec Delta Dore), la chaudière (ELM Leblanc) et la lumière (Philips Hue).  Clin d'oeil aussi à Tiphaine (ex-SFR) à la tête de Sowee, filiale d'EDF ;)

Les innovations des startups de la FrenchTech

Poursuivons sur le CES Unveiled avec les nouveaux ou évolutions de produits de Startups de la FrenchTech.

  • 10-Vins présente sa machine à déguster les vins avec un écran pour en savoir en plus sur les vins goûtés sans passer par un smartphone pendant la minute de préparation.
  • Elle devrait un jour permettre de commander et d'acheter directement (utile pour les hôteliers notamment) 
  • Sensorwake propose Oria qui après le réveil, veut aider à nous endormir avec deux senteurs Relax et Restore (pour récupérer, utile au CES !) 
  • Smart & Blue a créé une version US de son pommeau de douche Hydrao (appendice qui se place entre le vrai pommeau et le tuyau de sortie). Il faut peut-être voir comment l'utiliser pour accrocher des accessoires de douche. Smart & Blue va sortir aussi un autre produit en forme de 8 ou de symbole de l'infini (selon la position de votre regard et votre manière de réflechir ;) 
  • Seven hugs a amélioré son Smart Remote et notamment signale par une vibration qu'on rentre ou sort dans le champ d'action de la télécommande. Ce champ augmente / se réduit en fonction du nombre de produits proches qui peuvent être commandés 
  • Klaxoon Loupe permet de diffuser sur tout écran en particulier TV les brainstorming, échanges.. réalisé avec les outils Klaxoon (quizz, partage de contenu...). Au CES Unveiled, ce n'était pas super clair heureusement il y a les communiqués de presse de Jean-François K. ;)

 


Quelques bonnes idées

Quelques bonnes idées vues au CES Unveiled :

  • Enerbee qui lance Smart Vent, un ventilateur qui capacité le flux d'air pour s'alimenter en énergie et l'utilise pour mesurer la qualité de l'air et la température
  • Aryballe qui commercialise son capteur d'odeurs
  • Digitsole avec sa techno Zhortech qui peut analyser et conseiller sur la posture des enfants
  • Helia qui sort Soraa, une lampe modulaire qui calque sa lumière à celle de la lumière du jour avec un module qui mesure la température et détecte la présence et sera suivi par d'autres modules

Startups de la FrenchTech

Et enfin avant de terminer, quelques nouvelles startups de la FrenchTech au CES Unveiled avant l'ouverture officielle du CES Las Vegas

  • Equisense qui est un capteur d'activité pour cheveux et qui notamment évite les coliques mortelles
  • Love box pour envoyer un message à son chéri / sa chérie qui a été réalisée avec la Cité des objets connectés à Angers
  • 42tea qui vous alerte quand votre eau est à bonne température pour votre thé et vous conseille sur le thé
  • Urbanhello, réveil pour enfants
  • Wair, foulard connécté pour mesurer la qualité de l'air (Plume Labs était aussi là)

Il y a encore beaucoup d'autres éléments, que je compléterai dans un article détaillé. Si vous êtes intéressés par un debrief du CES adapté à votre métier, n'hésitez pas à m'en faire part : lien Contact.
Dimitri Carbonnelle Fondateur de Livosphere

 

Agence Conseil en IoT et Open Innovation (recherche de Startups et déploiement de leurs solutions en entreprise)  
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Prédictions 2017 - Rachat Sigfox par Amazon, Apple : Tesla, Fitbit, invasion des agents intelligents - IA, disruption blockchain

 

 

Comme chaque année, je me lance dans les prédictions pour 2017 pour l’Internet des Objets mais aussi d’autres sujets d’innovation tels que l’intelligence artificielle, le blockchain, les robots... juste avant le début du CES Las Vegas et les écrit durant la longue période de vol entre Paris et Las Vegas via Montréal ;).

 

Comme toujours je prends quelques paris hardis, c’est nettement plus fun que des prédictions type « ce que l’on sait déjà, va se développer encore plus demain » !

 

Les prédictions pour 2016 sont dans l'article ici.

 

 

 

 

 

Mes prévisions pour 2017 tournent autour de 6 axes :

(cliquez sur les premiers mots pour accéder directement au contenu)

 

1. Réseau bas débits (Sigfox, Lora, NB-IoT) et réseau local standard Bluetooth 5

  • Sigfox racheté par Amazon pour 1,2Md$
  • Pas encore d’explosion des objets connectés en bas débit pour le B2C sur des marchés mondiaux
  • Le Bluetooth 5 devient le protocole standard de la maison (à courte portée) au détriment de Thread, AllJoyn ...

2. Nouvelles technologies : IA, robots 

3. Le modèle économique des objets connectés et le développement du contenu personnalisé pour IoT 

4. Rachats par Google et Apple

  • Google et/ou Apple rachètent une entreprise qui fabrique des boitiers connectés (via prises OBD ou Bus CAN) aux véhicules (comme Automatic, Eliocity, Drust)
  • Rachat de Tesla et Fitbit par Apple (bis prédictions 2016)

5. L’arrivée de la blockchain en IoT et les prémisses de disruption sur les plateformes type Uber...

6. Développement du rôle de l’IoT sur les citoyens, la réglementation et notre planète

7. Réalité virtuelle portative

  • La réalité virtuelle en HD devient portative et de plus en plus intégrée avec la camera 360

 

Réseau bas débits (Sigfox, Lora, NB-IoT) et réseau local standard Bluetooth 5

Sigfox racheté par Amazon pour 1,2 Md$

Pourquoi une telle prédiction ?

 

Elle issue d’une convergence d’intérêts et de la stratégie de deux entreprises : Sigfox et Amazon.

 

Commençons par Sigfox. Certains diront qu’avec le développement du NB-IoT et Lora, Sigfox est en fort danger d’ici quelques années (cf. ci-dessous sur les problématiques des 3 réseaux). Je pense que chaque réseau est complémentaire dans ses usages et en fonction des technologies, de plus les besoins sont énormes, donc rien n'écrit.

 

Néanmoins, il y a un point qui me semble beaucoup plus important que le protocole utilisé, l’infrastructure créée par Sigfox en direct (France mais surtout USA…) ou via des SNO (Sigfox Network Operator comme IotNet Mexico.Arqiva pour le Royaume Uni, CELLNEX pour l’Espagne...)

 

En effet, aujourd’hui un seul opérateur a une couverture massive dans le monde (25 pays couverts) permettant de remonter pour un coût réduit des données : Sigfox.

 

Autre point, il y a un élément de la stratégie de Sigfox que j’avais beaucoup de mal à comprendre. Sigfox a un un effet de levier incroyable pour remonter des données et réduire très fortement les coûts ou développer les ventes d’une entreprise. Le gain donc pour une entreprise peut être extrêmement élevé, pourtant Sigfox depuis le début, récupère une infime partie du gain généré par ses clients (de quelques euros à une dizaine d’euros pour un produit connecté, soit pour un million d’objets connectés, 10 M€). 

 

À la différence des opérateurs télécoms, il ne vend pas d’hébergement, de traitement de données, de PAAS, IAAS ou SAAS et garde une stratégie visant exclusivement à augmenter sa couverture et à utiliser son réseau. La raison évoquée de cette stratégie est de ne pas empiéter sur le domaine de ses clients et de rester focalisé. Le problème est qu’à long terme, cette stratégie risque de ne pas générer suffisamment de chiffres d’affaires par rapport aux coûts d’infrastructure notamment. 

 

Une très belle option serait d’être vendu à une entreprise qui a un intérêt vital à bénéficier d’un moyen de communication pour faire communiquer ses produits ou celui de ses clients. Il est vrai que Samsung notamment a déjà des participations dans Sigfox comme Intel, et pourraient être des acquéreurs potentiels néanmoins une entreprise a aujourd’hui un besoin vital de cette communication, Amazon. 

 

Petit bémol, néanmoins sur le modèle économique qui serait en risque à long terme hors revente, Sigfox peut aussi avoir une stratégie similaire à la Facebook des débuts, créer un réseau et une couverture mondiale pour dans un deuxième temps proposer de l'hébergement, de traitement de données ... En revanche, si c'est le cas, il est important de commencer, selon moi, à mettre en place ce type de solutions sans nécessairement communiquer dessus à ce stade car c'est un métier à part entière, très différent de celui d'un opérateur pur de réseau télécom.

Amazon via son bouton Dash, est déjà intégré directement dans les machines comme Whirpool et aurait un intérêt majeur à racheter Sigfox.

 

Aujourd’hui, il est nécessaire de passer par du WiFi ou Bluetooth intégré dans l’appareil pour transmettre des commandes d’achat. Cela nécessite un appairage, potentiellement d’entrer des codes WiFi … rarement fait par les clients.

 

Avec Sigfox, c’est Plug and Play, votre appareil est connecté sans aucune intervention humaine et permet de commander des produits directement sur Amazon. Ainsi Amazon pourrait vendre un service complet aux fabricants intégrant la communication pour qu’ils puissent proposer aux clients finaux de racheter des consommables tels que la lessive, des filtres, ou de remplacer ou « upgrader » leurs produits…

 

Amazon rentabiliserait très facilement le coût de communication (quelques euros par an) grâce aux commissions sur les achats des utilisateurs finaux. D’autre part Sigfox est aussi un Amazon Web Services Partner.

 

Et le protocole Sigfox (non pleinement bidirectionnel) me direz-vous ?

 

Tout d’abord, en termes d’usage, Amazon a surtout besoin que le produit communique vers Internet, Amazon peut ensuite confirmer la commande directement sur le smartphone sans retour sur l’appareil même.

D’autre part, rien n’interdit Sigfox d’utiliser son infrastructure actuelle pour intégrer d’autres technologies comme Lora ou NB-IoT via des bases stations adéquates ...

 

Pour la valorisation de 1,2 Md $, c’est un "wild guess" ;)

 

Petite précision : il y a certainement des erreurs factuelles sur plusieurs points ci-dessus et juste ci-dessous, je les corrigerai dès que j'ai un retour avisé sur ces points d'ici demain.

 

Pas encore d’explosion des objets connectés en bas débit pour le B2C sur des marchés mondiaux

Un industriel qui veut connecter ses produits et qui fabrique des produits dans une usine pour les vendre sur un plan mondial a plusieurs problèmes à résoudre :

  • Il doit intégrer un composant standard utilisable dans le monde entier (donc couverture au minimum sur les principaux marchés mondiaux), qui n’a pas une obsolescence technologique trop rapide (si possible quelques années) et n’est pas lié exclusivement à un opérateur
  • Il veut avoir un coût fixe et non récurrent (donc sans abonnement, charge à l’opérateur de transformer son abonnement en coût fixe en fonction de la durée d’utilisation du produit )
  • Son surcoût doit être très réduit (< 5€ mais idéalement <1€)
  • Sans compter les autres problèmes inhérents à la connectivité (autonomie, contraintes et limites d’utilisation des technologies…)

Aujourd’hui, que ce soit via Sigfox, Lora ou NB-IoT, il y a toujours des éléments qui peuvent freiner un industriel pour connecter son produit en utilisant un réseau bas débit plutôt qu’un composant Bluetooth ou WiFi ( qui ne permet un accès à Internet qu’indirectement via le smartphone ou une passerelle)

 

Sans rentrer dans tous les débats où une grande littérature et moult polémiques ont déjà eu lieu ;), voici quelques points de repère sur les différentes technologies.

 

Sigfox

Sigfox est un opérateur donc pas de portabilité possible. Il ne permet pas de vrai bidirectionnel (on ne peut pas appeler un device via Sigfox en direct, c’est le device qui peut contacter une plateforme et ouvrir une fenêtre de réception de données dans les quelques secondes qui suivent).

 

Enfin il ne peut être utilisé en mobilité (s’il est situé dans un véhicule qui dépasse les 15 km/h en raison de l’effet Doppler).

NB-IoT

 

 

Lora

 

Concernant Lora, c’est vrai qu’il y a du vrai bidirectionnel, qu’il est possible dans une rame de TGV à 300 km/h de communiquer via Lora (impossible pour Sigfox en raison de l’effet Doppler qui communique en Ultra-Narrow Band (UNB) à la différence de Lora en Ultra Wide Band qui utilise l’étalement de spectre radio).

 

Néanmoins il reste encore à finaliser les accords de Roaming (a priori cette année) et à avoir une couverture similaire ou supérieure à Sigfox sur le plan mondial pour qu’un fabricant n’ait qu’un opérateur avec lequel conclure et non un par pays.

NB-IoT

 

Pour le NB-IOT, il faut intégrer une carte Sim soudée (format microprocesseur). Si l’upgrade du réseau pour les opérateurs telcos est relativement simple, pour les fabricants, c’est une autre histoire.

 

Il faut intégrer cette carte Sim  et le transmetteur (> 5€ aujourd’hui au lieu de quelques euros voire moins pour un transmetteur Sigfox ou Lora)  sur la carte électronique (PCB). La carte Sim aujourd’hui est rattachée à un opérateur telco et non remplaçable par une carte Sim d’un concurrent.  L’e-Sim ne permet pas aujourd’hui la portabilité entre opérateurs comme aujourd’hui avec une carte Sim standard (néanmoins il faut le faire manuellement ce qui coûte un bras car il faut déplacer un technicien ou il faut passer par un MVNO multi opérateurs.).

 

Autre problème, aujourd’hui même si c’est en cours, les accords de roaming ne sont pas encore fixés pour le NB-IoT, donc si vous produisez des produits pour le monde entier, je ne crois pas les fabricants chauds à l’idée d’intégrer des cartes Sim soudées (sous forme de bande de puces) différentes en fonction du pays où le produit doit atterrir.

 

Enfin, même si cela prendra du temps, a priori 2022, 2023, il y a la 5G qui va apparaître et rendre potentiellement obsolète la NB-IoT … ce qui refroidira certains fabricants qui s’empresseront d’attendre.

Bien sûr, vous pouvez passer par un opérateur virtuel comme Matooma ou Mobiquithings qui vous fournit leur carte Sim propre mais qui est capable de faire du roaming national et de se connecter aux différents opérateurs nationaux (Orange, SFR, Bouygues Télécom …) mais je ne pense que ces opérateurs virtuels puissent déjà proposer ces offres car ils doivent passer des accords spécifiques avec les telcos.

 

Bluetooth 5 devient le protocole standard de la maison

Le Bluetooth 5 devient le protocole standard de la maison (à courte portée) au détriment de Thread, AllJoyn (Qualcomm) et des protocoles défendus par l’ Open Connectivity Foundation (qui réunit désormais notamment Cisco, Electrolux, GE Digital, Intel, Microsoft, Qualcomm).

 

Aujourd’hui, il y a une foultitude de protocoles existants dans la maison (cf. article Prédictions 2016), j’étais persuadé d’ailleurs que ce serait Thread avec Google derrière qui gagnerait face aux autres protocoles AllJoyn, d’OCF ....

 

Errare humanum est, je me suis planté et tourne ma veste mais pas encore mon pantalon (ce sera pour l’année prochaine ;)

 

Le Bluetooth 5 vient d’être adopté début décembre et je pense qu’il va rafler la mise pour plusieurs raisons. D’abord, il garde son avantage d’avant, il est sur tous les smartphones et sa puce coûte moins d’un dollar.

 

Mais il n’a plus les gros inconvénients des versions précédentes :

  • il fonctionne en Many-to-Many (alors qu’avant il était en One-to-One, un appareil seulement en Bluetooth pouvait communiquer avec un autre) et même en mesh (et donc si vous avez un réseau d’appareils en Bluetooth Smart, les données peuvent sauter d’un appareil à un autre jusqu’à aboutir à un smartphone ou une gateway branchée sur Internet),
  • il a une portée plus grande (multipliée par 4 par rapport à Bluetooth Smart),, une vitesse multipliée par 2 et la capacité de diffusion de message multiplié par 8
  • est compatible IP
  • des appareils comme Google Home et Amazon Echo l’intègrent et d’autres équipements au CES vont certainement l’intégrer aussi (peut-être même des box opérateurs…)

Awox a d’ailleurs présenté à l’IFA ses lampes connectées en Bluetooth 5.

Nouvelles technologies : Agents intelligents / IA, majordomes / robots

Pullulement d'agents « intelligents » dans les objets connectés, les smartphones…et gratuité de l’IA

iLad imaginé il y a quelques années ;)
iLad imaginé il y a quelques années ;)

Après les applis qui ont grignoté tout l’espace de votre smartphone, voici l’arrivée des agents intelligents qui vont les remplacer soit directement en add-on sur votre messagerie instantanée (Messenger, WhatsApp, Snapchat et consorts) ou sur votre moteur de recherche (cf. Google Assistant qui a ouvert reçoit sa plateforme de développement en décision et s’intègre dans Google Now et Google Home) et bien sûr intégrés dans votre objet connecté en utilisant la reconnaissance vocale (avec Alexa, Cortana et celle de Google).

 

A l’image du développement de chatbots et roboadvisor, on pourra acheter des agents spécifiques pour gérer ses finances, faire ses courses et même trouver l’âme sœur, avant que n’arrive un agent intégrant tout : l’iLad !

 

Pour ceux qui sont intéressés par un peu de prospective et en savoir plus sur l’iLad - intelligent Life Advisor , voici un article que j’ai écrit en 2011 sur les agents intelligents et quelques effets bénéfiques mais aussi pervers de ceux-ci (en particulier, une uniformisation des décisions et une réduction des initiatives out of the box…)

 

D’autre part, comme pour Alexa d’Amazon tous les composants d’intelligence artificielle développés par Google, Facebook, Amazon et Microsoft comme la reconnaissance vocale, l’IA décisionnaire… seront accessibles à tous gratuitement car la meilleure façon d’améliorer son IA est de le nourrir de données et en le rendant gratuit, cela facilite grandement son alimentation en nombre incalculable de données.

 

Enfin, nous allons de plus en plus faire appel à l’intelligence artificielle embarquée directement dans le produit qui sera régulièrement mis à jour via une plateforme d’apprentissage IA (Machine Learning).

Arrivée de « majordomes » connectés sous forme de « robots » simplifiés chez Amazon, Google et Microsoft

Les formes cylindriques d’Amazon Echo et de Google Home, c’est « design » mais franchement cela ne donne pas envie de leur parler et de converser

 

Un peu d’humanité (fake bien sûr) nous donnera plus envie de discuter avec eux. A l’image des prototypes très basiques de Sony et Bosch présentés à l’IFA (cf. article), Amazon, Google et Microsoft vont proposer des robots avec une petite bouille et des expressions simplifiées.

 

Ils intégreront de la reconnaissance vocale, de l’IA notamment et deviendront l’interface usuelle dans la maison avec quelques répéteurs (type mini hauts-parleurs comme JBL) pour pouvoir communiquer avec eux dans toute la maison.

 

Oui, le smartphone pourrait servir mais c’est tellement plus simple de parler sans avoir à sortir son smartphone, apposer son doigt pour le déverrouiller et rechercher la bonne appli pour lui donner un ordre ou discuter avec lui.

Le modèle économique des objets connectés

Le déclin des objets connectés vendus seuls et le début de l’objet connecté complètement intégré dans un modèle économique plus vaste en B2C

Comme je l’ai souvent écrit, le modèle économique d’un objet connecté seul n’est pas pérenne (cf. article sur les différents modèles économiques possibles ) car vous recevez un revenu une fois pour toutes lors de l’achat (car personne n’achète de services en B2C) et vous avez des coûts récurrents (hébergement, support, mise à jour d’applications…) qui vous mange votre marge à vitesse grand V.

 

Ceux qui disent avoir un modèle économique fondé principalement sur la revente de leurs données à d’autres entreprises, sont des doux rêveurs pour la plupart. 

 

La valorisation de données d’un objet connecté n’a un vrai intérêt économique que s’il est conçu dès le départ dans une solution complète intégrant non seulement des objets connectés mais aussi des produits et services. Il s’intègre dans un modèle économique plus vaste que ce seul objet connecté. 

 

Si je reprends deux exemples, une entreprise qui vend un boitier connecté à la voiture (par prise OBD - On-Board Diagnostics, prise qui se situe dans chaque véhicule et permet de diagnostiquer un véhicule ou Bus CAN, Controller Area Network, colonne vertébrale d'un véhicule où toutes les données du véhicule transitent) à un particulier et qui espère vendre ses données à un assureur a selon moi toutes les chances de se planter (car en plus le particulier n’aura pas envie que ses données soient vendues).

 

En revanche (attention aux nuances) un assureur qui propose une assurance modulant la prime d’assurance (pour les conducteurs à fort risque comme les jeunes conducteurs) en fonction de la conduite de ses clients (comme Direct Assurance avec Youdrive) et qui propose un boitier connecté gratuitement y compris l’installation a bien plus de chances de réussir. C’est surtout vrai si le boitier connecté a été conçu pour remonter toutes les données pertinentes pour déterminer les facteurs déterminants dans le taux de sinistralité et le coût du sinistre en collaboration avec les actuaires et par ricochet permet de prévenir les clients et de moduler les primes.

 

Pour une entreprise fabriquant un boitier connecté (car ce n’est pas le métier d’un assureur), il peut vendre son boitier en B2B (marque blanche) potentiellement en co-branding à un assureur, s’il travaille dès le départ avec l’assureur pour remonter les données pertinentes. Deux startups françaises sont sur ce créneau avec d’ailleurs des approches différentes Drust et Eliocity avec Xee ;)

 

Pour ceux intéressés, j’ai réalisé une étude sur le véhicule connecté et autonome (marché, acteurs dans la chaîne de valeur, disruptions et stratégies pour y faire face) avec Les Echos.

Développement d’objets non connectés et d’accessoires pour avoir un modèle économique pérenne

Pour poursuivre sur le modèle économique, non seulement les objets connectés s’intègreront dans des solutions et modèles économiques plus vastes mais aussi ils se vendront dans une gamme plus complète intégrant des objets non connectés.

 

L’exemple le plus frappant est celui de Terraillon qui vend des ustensiles de cuisine en plus de sa balance connectée (cf. article sur le nouveau modèle économique de Terraillon) mais aussi de Holî qui vend son GoodVibes pour faciliter l’endormissement intégré dans une gamme complète avec des objets connectés (l’ampoule connectée et le réveil Bonjour.

 

Cela a d’autant plus de sens que les marges pour ces accessoires et leur coût (en SAV, récurrent…) sont bien plus faibles qu’un objet connecté. Il a un mix de ventes à trouver pour avoir un modèle économique pérenne.


Le boom des contenus personnalisés pour objets connectés

Les objets connectés permettent de connaître le contexte d’utilisation d’un produit, les habitudes et les envies des clients. Pour offrir une expérience unique à l’utilisateur, il est nécessaire de créer massivement du contenu personnalisé. Cela peut paraître paradoxal mais c’est possible 

  • en utilisant des combinaisons multiples de contenu standards, 
  • en utilisant l’intelligence artificielle pour adapter et personnaliser un contenu standard, en puisant dans l’UGC (User Generated Content) ou 
  • en crowdsourçant du contenu. 

Ce contenu personnalisé sera au minimum un facteur essentiel de différenciation et de fidélisation mais aussi un facteur de revenus additionnels.

 

Un tout premier niveau est proposé par Lunii et sa boîte à musique pour enfants qui à partir de plusieurs choix, raconte une histoire différente (aujourd’hui 48 de base). Avec l’IA, l’intégration d’informations comme le prénom de l’enfant qui écoute et de ses goûts notamment, nombre d’histoires pourraient être infinies (néanmoins, il faut que la création de ce contenu soit rémunératrice pour Lunii).

 

En 2017, on verra dans l’apparition de plateforme de contenus destinés aux objets connectés qui intégreront au fur et à mesure IA, personnalisation en temps réel.

Rachats majeurs d'entreprises par Google et Apple

Google et/ou Apple rachètent des startups fabriquant des boitiers connectés aux véhicules via la prise OBD / Bus CAN (comme Automatic, Pearl, Eliocity, Drust...)

Le problème de Google et d’Apple est qu’ils n’ont accès avec Android Auto et Carplay qu’aux données du smartphone dont la géolocalisation.

 

Pour avoir une vision globale du véhicule, il est nécessaire de récupérer les données du véhicule directement via la prise OBD ou mieux par le bus CAN (mais nécessite l’intervention d’un garagiste. Une bonne façon d'avoir cette expertise associée à la connaissance métier de ces données est de racheter des entreprises spécialisées dans ce domaine.comme Automatic, Eliocity, Drust et plus récemment Pearl qui regroupe 70 personnes dont 50 d’anciens d’Apple.

Rachat de Tesla et Fitbit par Apple (bis prédictions 2016)

Bis repetita placent … L’année dernière (article), j’ai dit que Apple rachèterait Tesla et Fitbit et que Elon Musk serait à la tête d’Apple, c’était audacieux ;) Je me suis trompé mais peut-être que d’une année …

 

Pour Elon Musk à la tête d’Apple, beaucoup de personnes m’ont dit que ce ne serait pas possible pour de multiples raisons, soit on verra !

 

En revanche vu que Donald Trump veut rapatrier des milliers de milliards de dollars amassés par les entreprises américaines à l’étranger (pour éviter leur imposition à 35% aux Etats-Unis qui taxent sur base des bénéfices mondiaux rapatriés aux USA– article Les Echos) en faisant bénéficier les entreprises acceptant de le faire d’un fort régime de faveur (10% d’imposition), il y a de très fortes chances qu’on assiste à des rachats massifs d’entreprises US par des Apple, Google, Microsoft et Amazon et consorts. 

 

Mon raisonnement sur Tesla tient donc toujours d’autant que malgré l’arrêt du projet Titan de voiture autonome d’Apple, il a confirmé son intérêt dans les voitures autonomes auprès de la NHTSA administration responsable de la sécurité (et des systèmes de conduite autonome).

 

Suivez mon regard …

L’arrivée de la blockchain en IoT et les prémisses de disruption sur les plateformes type Uber...

Les premiers pas dans l’intégration multi-technologie : Blockchain / IoT / IA

On va déjà voir beaucoup d’objets connectés intégrant la reconnaissance vocale et l’intelligence artificielle au CES, mais on va voirapparaître les premiers objets connectés intégrant aussi nativement le blockchain.

 

Pourquoi me direz-vous ?

 

Le blockchain a de multiples usages, mais il y en a un qui devrait émerger pour les objets connectés au-delà du micro-paiement, le partage …

 

On peut bien sûr, partager sa perceuse connectée, son escabeau connecté mais il y a deux usages en particulier où je vois un fort intérêt au blockchain, le partage de véhicule et les échanges énergétiques dans un périmètre local.

 

Voiture partagée

Dans le premier cas, une entreprise comme Drivy (mais ne le fera pas tout de suite car cela briserait son modèle économique actuel cf. ci-dessous) créerait un blockchain pour le partage de véhicules qu’il mettrait à disposition des fabricants de prise OBD et bus CAN et aux constructeurs automobiles en association avec des assureurs. Toutes les personnes qui utiliseraient ce blockchain pourraient partager leurs véhicules en bénéficiant d’une assurance adéquate (via des smart contracts avec Ethereum par exemple)

 

On pourrait aussi imaginer que Google ou même Apple crée une blockchain intégrée dans Android Auto / Carplay pour disrupter complètement le marché de l’auto-partage, du covoiturage et même du VTC. Avis à Uber !

 

Energie

Pour l’énergie, c’est le même principe sauf que ce sont des producteurs d’énergie solaire, des stockeurs d’énergie (via leurs batteries notamment de véhicule) et les consommateurs qui vont grâce à leur véhicule, maison, batterie connectés pouvoir échanger dans un périmètre au départ local puis plus vaste leur énergie pour un coût de transaction quasi nul (hors potentiellement acheminement entre les différents logements et un coût très réduit potentiellement fixe pour accéder au blockchain crée par l’entreprise) .

Uber, Blablacar, AirBnb blockchainés : Les premières disruptions sur les plateformes

Les premières startups vont commencer à disrupter les plateformes comme Uber, Blablacar, AirBnb en créant des blockchain concurrentes avec un succès modeste cette année mais en forte croissance en 2018 et potentiellement un raz de marée en 2019.

 

Pour aller plus loin, le blockchain représente une très grande menace pour les plateformes type Uber, Blablacar et AirBnb.

 

Pour rappel et en très bref, le blockchain permet de distribuer parmi un très grand nombre d’acteurs le tiers de confiance. Aujourd’hui, la raison pour laquelle vous passez par Blablacar ou Airbnb est qu’il agit comme tiers de confiance entre possesseurs de logements et occupants occasionnels ou conducteurs et voyageurs. Il garde en mémoire un « registre centralisé » de toutes les transactions entre chacun de ses membres et prélève une commission à chaque transaction.

 

 

Le blockchain permet que ce registre soit partagé par tous ses membres au lieu d’être centralisé (ce qui assure en plus sa quasi inviolabilité, sa transparence…). L’effet collatéral est qu’il n’y a plus de commission versée à chaque transaction (ou beaucoup plus faible car le registre et les données sont distribués et non plus centralisés)

 

Demain, une startup ou même un acteur n’étant pas du secteur comme Google ou Apple peuvent créer une blockchain qui réunirait une communauté grandissante et disrupterait les plateformes existantes. Il y a du boulot pour créer une communauté mais comme Facebook ou d’autres plateformes, ça peut aller très vite.

 

A l’image des constructeurs automobiles qui transforment de plus en plus leur modèle économique, les plateformes comme Airbnb, Uber, Blablacar intégreront la blockchainpour éviter de se faire blockchainer par de nouveaux entrants, dès qu’ils verront qu’il y a une fuite fortement croissante de leurs membres (je dirais 2019 …).

D’ici là ils seront en phase test secret:;)

Développement du rôle de l’IoT sur les citoyens, la réglementation et notre planète

Avec l’IoT, les particuliers, agents anonymes de la répression des fraudes et les Etats obligent à connecter certains produits (pour la sécurité et l'environnement)

Détecteurs de fumée

Pour 70% des incendies aux USA, il y avait un détecteur de fumée qui ne fonctionnait pas en raison d’un problème de l’appareil ou d’une batterie morte.Cela signifie que les détecteurs d’incendie ne servent à rien dans 70% des cas aux USA …

 

Normes de pollution pour les véhicules 

Volkswagen et quelques autres ont manipulé leurs logiciels pour truquer les tests d’émissions polluantes (révélé par l’EPA sur bases de test de l’ONG International Council on Clean Transportation). Effectivement, les tests se durcissent et se rapprochent des conditions réelles d’utilisation. 

 

La Commission Européenne mettra en place un nouveau dispositif de tests « WorldWide harmonized Light Vehicules Test Procedures » (WLTP ) en 2017) et veut renforcer ses pouvoirs de contrôle notamment a posteriori sur les véhicules mis en circulation (amendes de 30 000€ par véhicule en cas de non conformité).

 

En premier lieu, la baisse drastique des prix des objets et capteurs connectés et la collecte via des plateformes de crowdsourcing de données, va fortement faciliter le contrôle par les consommateurs de la véracité et la fiabilité des infos données par les constructeurs sur la consommation et des émissions polluantes atmosphériques de leur véhicule. Ça leur permettra aussi de les partager de manière anonyme (indépendamment du régulateur).

L’éthylomètre deviendra un jour nécessairement connecté au bénéfice… des autorités et des victimes évitées d’accidents de la route.

 

D’autre part, pour éviter des absurdités (détecteur de fumée non fonctionnel) ou tromperies, le régulateur va de plus en plus imposer aux fabricants de connecter leurs produits (surtout s’ils sont liés à la sécurité, la pollution, la consommation d’énergie… ).

 

Ils devront remonter de manière anonyme leurs données de consommation et de pollution réelles auprès du régulateur à l’image de ce qui se passe avec l’Arcep, régulateur des télécoms qui demandent aux opérateurs télécoms de fournir des données détaillées sur leur réseau et sa qualité. Chaque individu deviendrait potentiellement un agent de la répression des fraudes.

 

En 2018, l’eCall (bouton et système d’alerte en cas d’accident utilisant le réseau télécom ) devient obligatoire en Europe sur tous les véhicules.

 

En 2017, je prédis donc que ces premières réglementations vont apparaître.

L’intégration des problématiques environnementales dans les objets connectés.

Les objets connectés posent de nombreuses problématiques pour l’environnement, pour donner quelques exemples :

  • en rendant un produit connecté, on intègre de l’électronique qui rend son recyclage plus difficile (en particulier pour des objets non électriques comme des meubles, des vêtements …) 
  • il consomme de l’énergie surtout s’il est connecté en WiFi mais aussi via les datacenters en raison de l’énergie nécessaire au traitement des informations 
  • il utilise des ressources rapidement épuisables (terres rares notamment) ...

Pour ces raisons, les nouveaux objets connectés vont intégrer les caractéristiques suivantes : 

  • ils seront autonomes en énergie sans alimentation extérieure (grâce à l’energy harvesting : cellules photovoltaïques, récupération des ondes radio…) 
  • ils seront modulaires afin de faire évoluer et de réparer les produits sans devoir les remplacer entièrement 
  • ils auront une connectivité réduite au strict nécessaire en termes de fréquence de transmission et quantité de données transmises en favorisant l’embarqué au cloud et en réalisant les calculs par des processeurs puissants mais économes en énergie (ce qui réduit aussi les risques de piratage) 
  • ils seront facilement partageables avec des modèles économiques fondés sur l’usage plutôt que la propriété. Cela permet de basculer d’un modèle économique favorisant l’obsolescence à un modèle économique fondé sur la longévité des produits (afin d’être utilisés le plus longtemps possible au bénéfice de celui qui le loue). 

Ces nouveaux produits commenceront à faire leur entrée commerciale en 2017.

 

Réalité virtuelle portative

La réalité virtuelle en HD devient portative et de plus en plus intégrée avec la camera 360

Aujourd'hui, la réalité virtuelle en HD n'est possible que si on est rattaché à un ordinateur par un fil en raison de la quantité de données vidéo à transmettre.

 

Certains comme XMG résolvent partiellement le problème en utilisant un sac à dos, néanmoins c'est un pis-aller.

 

En 2017, les premiers casques HTC Vive sans fil devraient apparaîitre.

 

D'autre part, il y aura une intégration de plus en plus simplifiée et rapide entre la caméra 360° et le casque pournous faciliter la capture puis la visualisation.

Prédictions de janvier 2016 sur 2017

J’ajoute aussi deux prédictions que j’avais faites pour 2017 en janvier 2016 :

  • Les premiers produits connectés grands public modulaires et évolutifs (type : DIY ) feront leur apparition commerciale en étant notamment combinés à de l’impression 3D.
  • Les objets connectés en 2017 commenceront à intégrer du vivant (cellules, ADN) et seront de plus en plus intégrés dans le vivant (pompe à insuline intégrée, produits pour les animaux…).

Revue des prédictions de 2016 

Voici une revue des prédictions de 2016 :

La note totale est de 5 sur 10 (sur base de 8 sur 16), pas terrible par rapport à l’année dernière (7/10) ;)

1. Évolution du marché et acteurs des objets connectés

  • Un modèle économique en profonde mutation pour les acteurs des objets connectés analogue à celui des applications mobiles dû à une chute drastique des prix
  • Note : 1, les acteurs se tournent de plus en plus vers un modèle économique récurrent (via la commande de consommables comme pour 10-vins ou Sensorwake) et le développement de l’OEM (marque blanche) et de partenariats avec des grands groupes (ex : Netatmo avec Engie ou Scio avec Terraillon)
  • Des investissements majeurs de grands groupes (dont CAC40) dans des entreprises d’IoT (produits, infrastructure, software…) et des lancements et de partenariats commerciaux débouchant sur des produits mass market
  • Note : 1, Nokia a racheté Withings, Somfy a racheté Myfox, Legrand a investi dans Netatmo …
  • Omnipuissance de Google après son omniprésence grâce à la commercialisation massive de produits utilisant les briques et produits Google (Thread, Weave, Brillo, Works with Nest)
  • Note : 0,25, Google n’a pas su développer massivement ses protocoles (Thread, Weave, Brillo, Works with Nest) et les soucis qu’il a eus avec Nest n’ont guère favorisé cela. Néanmoins Google avec Google Home et ses investissements massifs en IA (symbolisés par la victoire d’AlphaGo) reprend du poil de la bête et devrait mieux se porter en 2017 sur les objets connectés de la maison. Pour les protocoles, cela me semble plus difficile. 
  • Restructuration majeure d’Apple pour combler son retard en IoT via le rachat d’entreprises sur les deux marchés principaux IoT : Wearables (Fitbit) et Voiture (Tesla) et changement d’état-major qui pourra voir Elon Musk à la tête d’Apple (c’est un pari osé !)
  • Note : 0, Je me suis complètement trompé, néanmoins je retente ma chance pour 2017 car avec Trump, il devrait être beaucoup plus avantageux de rapatrier massivement des capitaux aux Etats-Unis et de racheter des entreprises américaines.
  • Coopétition accrue pour développer le marché avec des produits interopérables
  • Note : 0,25, Il y a des efforts via Works with Nest (mais encore faiblards) ou l’intégration avec IFTTT mais c’est faible encore. Ce n’est pas encore la priorité des consommateurs.
  • Facebook rachète une entreprise réalisant une caméra 360° pour être le versant de l’Oculus Rift
  • Note : 0, Pas de rachat réalisé

2. Objets connectés « intelligents » avec une interaction plus naturelle, apportant de vrais services

  • L’arrivée massive d’ objets connectés utilisant des interfaces naturelles (voix, geste, bouton…),
  • Note: 1, Amazon Echo, Google Home, Bonjour d’Holî, Triby d’Invoxia, Smart Remote de Seven Hugs et cela devrait se poursuivre en 2017
  • avec de l’intelligence artificielle, une connexion intégrée et directe (Sigfox, Lora) et autonomes en énergie,
  • Note : 0,5, on voit cela apparaître mais c’est en 2017 qu’ils seront commercialisés massivement
  • tout cela embarqué (plutôt que dans le cloud, on verra pourquoi ) afin d'être plus simples à utiliser et de répondre à de vrais besoins
  • Note : 0,5, cela commence mais c’est timide.2017 devrait voir cela se développer

3. Guerre dans les réseaux bas débit

  • La guerre frontale entre Sigfox & LoRaWAN en 2016 et un de ceux-ci prenant le dessus d’ici fin 2016
  • Note : 0,5, Oui c'était la guerre frontale, mais non rien n’est joué, les usages sont complémentaires et le NB-IoT va encore rendre les choses plus compliquées pour les industriels qui doivent se décider 
  • La concurrence : Nwave, Weightless-N, Ingenu, Opérateurs multi-technologies
  • L’arrivée du LPWAN dans les fréquences sous licence, Offres bundlées des opérateurs
  • Nouvelle Version IoT du WiFi : WiFi Halowet de Bluetooth Smart
  • Note globale : 0,5, Les offres bundlées arrivent, le Bluetooth 5 se développe mais nous sommes aux prémisses

4. Nouvelles frontières, services rendus possibles avec les objets connectés et risques

  • Le paiement intégré aux objets connectés
  • Note : 0, Trop tôt encore
  • Pas de révolutions sur le véhicule connecté mais plus une accélération des tendances actuelles
  • Note : 0,75, Il y a une accélération des projets de véhicules connectés et autonomes mais pas encore de révolution
  • Utilisation accrue des objets connectés dans le monde de l’assurance
  • Note : 1, avec Youdrive de Direct Assurance et les autres assureurs
  • Premières faillites ou mise en péril d’entreprises liées au hacking, utilisation abusives des données d’objets connectés ou au pouvoir donné par les objets connectés aux clients (pour s’assurer qu’elles ne les trompent sur leurs produits (comme pour VW, forme de crowdsourcing des contrôles de la DGCCRF)
  • Note : 0,75, car pour la première fois on a massivement utilisé des objets connectés pour faire tomber le prestataire technique Dyn, qui gère le DNS de sites tels que Twitter, Netflix, Spotify, Airbnb, Reddit, ou encore Paypal, Playstation Network
  • J’ai fait aussi des prévisions sur Parrot (article) et en particulier j’avais prévu que Parrot cèderait sa partie Automotive à Faurecia…
  • Note : 1, Bingo c’est ce qui s’est passé ! 

Et voilà c'est tout pour cette année qui sera très chargée ...

 

Pour le fun, petite prédiction sur les résultats de l'élection présidentielle ... Si je fais le quarté dans l'ordre, je me donne un bonus de 1 point  + 1 point si je devine le nouveau président correctement ! J'ai un avis un peu biaisé ;)

 

1er tour :  François: 27%, Emmanuel : 19%, Marine :17%, Jean-Luc: 14%, Manuel :12%, François (vous devinez lequel;) : 6%, leurs collègues mais néanmoins amis : 5%

2ème tour : Emmanuel : 52%, François : 48 % !!!!

 

Je vous souhaite à tous ceux qui lisent cet article en janvier, une très bonne année 2017 ;)

 

Dimitri Carbonnelle, fondateur de Livosphere 

Agence conseil en Open Innovation (startups) et Internet des Objets

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IFA Berlin, Retour sur le salon : Terraillon-Scio et propriété des données, IA, robots, innovation Dyson, business model services...

IFA Berlin entrée

L'IFA de Berlin s'est achévé. C'est l'occasion ici de vous faire un retour sur cet événement.

 

Vous trouverez toutes les vidéos ici : https://youtu.be/YWkU5Rx4UE0 

dont Mix Fader (Dj Connecté), Balance Terraillon intégrant Scio (détection de l'aliment), Awox et BlueTooth Smart, HTC Vive  avec un sac à dos XMG, Logitech sur la voiture connectée comparé à Google Now, Sony, Rétro-projecteur tactile, Piano Yamaha connecté 

 

Après une rapide comparaison avec le CES Las Vegas et MWC, je donnerai des tendances,  des réflexions et curiosités que j'ai trouvées au salon. 

  • tendances : interopérabilité et smart home, moins de gaspillage dans l'électroménager, robotisation
  • quelques innovations que j'ai trouvées (intégration du capteur Scio dans la balance Terraillon, sèche-cheveux Dyson et le piano connecté de Yamaha, Bluetooth Smart en mesh chez Awox, arrivée de Logitech dans la voiture connectée... )
  • quelques réflexions autour de la problématique de la propriété des données capturées entre Scio, Terraillon et le consommateur, le modèle économique ( vente de consommables)
  • quelques curiosités dont l'intégration d'un mode Shabbat dans le menu d'un réfrigérateur avec les problématiques de collecte de données privées

Parfois assimilé au CES européen, l'IFA s'en distingue sur de nombreux points. D'autre part, par sa date, début septembre, il a lieu quelques mois avant les fêtes, et permet en particulier aux distributeurs de voir ou commander les produits avant la période de Noël. Ce sont donc en très grande majorité des produits commercialisés ou d'ici peu qui sont présentés. Le revers est à qu'il y a peu d'innovations par rapport au CES. A l'IFA, on verra grosso modo, les produits commercialisés et annoncés au CES. Ceux qui étaient l'année dernière m'ont indiqué que cette année était décevante et que c'est innovant une année sur deux !

Plan IFA Berlin
La durée du salon est très longue puisqu'il commence vendredi, se poursuit le week-end et se termine mercredi. A la différence du CES qui est réservé aux professionnels  (même si certains visiteurs ont plutôt l'âge d'user leurs fonds de culotte sur les bancs de l'école), l'IFA est largement ouvert au grand public (source notamment de rentrées financières importantes), ce qui remplit les stands de groupe de teenagers durant le week-end ou certaines heures de la journée, ce qui, entre nous, n'est pas la cible prioritaire des exposants.
 
En deux jours, le salon se visite entièrement (au pas de course néanmoins). Je pense que les Français n'ont pas rougir de leur anglais, car même parmi les exposants (ce qui est sans doute favorisé par la proportion importante de particuliers allemands), j'ai rencontré beaucoup de personnes incapables de parler l'anglais ou à peine mieux qu"une vache espagnole. Les démonstrations de produits se font toutes en allemand à quelques exceptions près.
 
Concernant les exposants, il y a des différences substantielles avec le CES. les grands de l'électro-ménager (AEG, Bosch, Miele...)  ont des stands importants voire des halls entiers à eux (Samsung, Sony, Philips, LG).

Les Stands

Bosch - Stand IFA Berlin
AEG - Stand IFA Berlin

Intégration du Smart Home dans tous les produits

Le Baiser de Gustav Klimt, Malou

Haier - Interopérabilité

Le brun (TV, multimedia) et le blanc (l'électroménager) font la part belle à l'IFA  mais d'autres domaines émergent comme le Smart Home avec la volonté d'intégrer les différents univers (éléctroménager, TV, smart home) comme ici avec LG. Toujours amusant de voir Windows 10 sur un réfrigérateur !

 

Pour l'anecdote, je connaissais les French Fries, les French Beans (haricots verts), les French Kiss mais pas les French Doors (doubles portes) qui à ma connaissance ne sont pas ce qui est de plus commun en France ;)

Frenc door réfrigérateur

A l'inverse, on a l'impression que d'autres sont des startups. Le stand de Qualcomm est plus petit que celui d'Awox alors que c'est parmi les plus grands au CES !  

AWox et Qualcomm - Stand IFA Berlin
Qualcomm - Stand IFA Berlin
Axelle Lemaire - IFA Berlin

Beaucoup de distributeurs sont présents pour visiter (souvent pour une journée combinée avec un retail tour, visite de vrais magasins à Berlin). Axelle Lemaire est venue aussi le lundi et a d'ailleurs fait la une du journal de l'IFA.  

Techmarket- Stand IFA Berlin

Tech Market

TechMarket - Entrée IFA Berlin

Le "Tech Watch" , tout petit frère de l'Eurêka Park, est assez décevant.

 

Deux stands regroupent des startups, en particulier celui du Hardware Club (fonds d'investissement dirigée par Barbara et Alexis, qui accompagne les startups de bout en bout, conception, prototypage, industrialisation, commercialisation et à vocation mondiale - SevenHugs, SensorWake, Plume Labs, MixFader sont quelques-unes des startups françaises accompagnées) sont intéressants. 

J'ai joint une petite vidéo de MixFader pour ceux qui ne l'avaient pas vue au CES. Ici, en plus il est devenu compatible avec Windows 10 (utile pour les MS Surface) ainsi qu'avec n'importe quelle source Midi. J'ai demandé s'il pouvait me remixer "She" d'Aznavour, malheureusement pas de bol ce n'était pas dans sa playlist ;)


Aurora - LED cpnnectées

Autres startups, Aurora propose des dalles lumineuses commandées par smartphone et Curio propose des jeux éducatifs pour programmer des mini objets connectés avec des capteurs (on en voit régulièrement, ici la programmation est facile et les capteurs sont reliés en Bluetooth sans connexion filaire).

 

C'est un avantage (plus de liberté) mais aussi un handicap car visualiser une liaison sur ordinateur qui n'existe pas physiquement n'est pas nécessairement à la portée du premier gamin venu. 

Curio - apprend à programmer Internet des Objets objets connectés pour les enfants

D'autres Français y sont dont Homido, Bell & Wyson (qui présentait sa lampe anti-moustique), Nodon  (fait partie du groupe Altyor).

Dans les autres halls, on trouve les usual suspects des objets connectés français, Withings (pardon ex-Français pour lui;), Netatmo, Parrot, Myfox (racheté par Somfy), Archos ...  

 


Quelques innovations : Pour Netatmo, la vanne thermostatique à poser sur votre radiateur (69€ ou pour le starter pack 179€ TTC),

 

On voit aussi que Netatmo se fait copier à deux reprises, pour sa vanne par Tado et sa caméra par Buddyguard qui réalise (en embarqué sans passer par une plateforme Internet) de la reconnaissance faciale.

 

Concernant Tado, il embarque de la reconnaissance vocale et s'intègre comme Netatmo avec IFTTT et Apple Home Kit notamment, plus Amazon Echo.

Tado IFTTT

Stand Withings IFA
Withings Montre connectée avec écran

Withings a bien agencé son espace en donnant une cohérence sur ses produits (pas évident quand votre message est autour du bien-être et de la santé et que vous vendez des caméras vidéos Home qui intègre un capteur de CO2 pour votre santé mais qui pour l'utilisateur n'est pas un critère d'achat d'une caméra).

 

La deuxième Tagline ("Connect with a healthier you") est selon moi est un peu compliquée et longue. Gardez juste "Inspire Health", c'est plus inspirant ;)

 

Withings a aussi lancé une montre connectée avec un mini-écran (pour la version blanche, je ne trouve pas que cela se marie bien mais son célèbre designer Pierre m'a dit que certains aimaient. Les goûts et les couleurs ...)

 

 

 

 


De manière générale, je suis dubitatif sur les entre-deux, soit on met un écran digital complet soit on n'en met pas, même si cela a une utilité d'avoir une combinaison des deux pour des notifications, sur le plan design, je suis moins fan même si cela s'intègre mieux avec une montre noire.

 

D'autre part, un des problèmes est que la police de caractères est très carrée ce qui ne s'associe pas bien avec la forme ronde de la montre. Pourquoi ne pas avoir rendu cette police plus cursive ?

 

Tout simplement parce que cela nécessite un microcontrôleur plus gourmand en énergie et plus cher car il y a plus de pixels à afficher pour donner cette impression de rondeur tout en gardant une bonne lisibilité. Ce sont les limites et contraintes du design produit !

 

 

Merci Pierre pour tes explications ;)

Tendances à l'IFA : Dosage automatique et moins de gaspillage